Le Poulpe de Guillaume Nicloux
Les Plus:
Répliques cultes, casting impressionnants et une pure ambianceLes Moins:
Il faut aimer les polars.
Le Poulpe : « Pour l’attendrir, il faut taper dessus« . troisième film du réalisateur Guillaume Nicloux (après Les enfants volants et Faut pas rire du bonheur), Le Poulpe est, même si je n’aime pas l’expression, bien trop souvent galvaudée par les publicitaires et autres journalistes pour vendre n’importe quelle merde sur le marché, un film culte. Libre adaptation du personnage crée par Jean-Bernard Pouy (et dont Nicloux signera également un livre, Le Saint des seins sorti en 1996), il a une réelle touche personnelle, par sa mise en scène, sa musique, et surtout ses répliques, véritables petites perles d’un cinéma d’un autre temps, celui d’Audiard, entres autres choses. Avec Le Poulpe, on a l’alliance du polar traditionnel associé à un certain esprit punk, qui fait mouche.Gabriel Letourneur (Jean-Pierre Darroussin), alias le Poulpe, accompagne son amie Cheryl (Clotilde Courau) à Morsang, petite ville balnéaire de l’ouest de la France ou ses grands-parents reposent, plus exactement reposaient, car leur tombe vient d’être profanée. La police n’a pas l’ombre d’une piste sur les pilleurs du cimetière mais le Poulpe se rend compte très vite que deux des profanateurs ont déjà été assassinés.
Pourquoi ces adolescents sans ambition sont-ils devenus des témoins gênants ? Qu’est ce qui se trame dans cette petite ville ? C’est ce que Le Poulpe va essayer de découvrir (« même si elle commence à (le) faire chier, cette enquête »).
Le Poulpe – Bande-annonce – 1998
Le Poulpe dispose d’une réalisation originale, incisive et assez particulière, qui sera la marque de fabrique de Nicloux par la suite, ainsi que d’une belle gestion de la voix off, très surprenante ici et qui renforce le coté décale du film. On est dans un polar, un vrai, avec toute une gallérie de personnage tout aussi particulier les uns que les autres, comme souvent d’ailleurs dans les romans de Jean-Bernard Pouy (qui s’est fait connaître en tant qu’auteur avec son Spinoza encule Engel, tout un programme rien que dans le titre, n’est-ce pas ?).
Avec un casting composé essentiellement des meilleurs second rôles du cinéma (Philippe Nahon ou encore François Levantal), Le Poulpe constitue de par ses répliques magiques et son sens de la répartie particulier une œuvre originale dans le paysage français, à des années lumières de qu’il existe en terme de polars ou plus généralement de films policiers. Le côté décallé du personnage principal, cette volonté et abnégation de vouloir coute que coute connaître la vérité tout en étant foncièrement de gauche, est l’anti thèse de la plupart des flics, qui se rangent plus à gauche.
Doté également d’une très bonne bande originale que l’on doit à d’Alexander Balanescu du Balanescu Quartet, qui avait une bonne côte à l’époque et à Laconic, Le Poulpe pioche également dans les artistes électro qui marquent comme Aphex Twin, dont le générique final est Girl / Boy Song.
Le Poulpe est donc une œuvre originale, conçue avec de l’envie et du plaisir, qui dispose d’un charme tellement particulier qu’il faut vraiment le voir. Sans entrer trop dans les détails, il fait la part belle à l’actualité, toujours brulante, au niveau politique, ainsi que les thèmes chers du réalisateur et des scénaristes. Une œuvre originale à part.
Et voici une petite sélection des répliques du film, pour terminer :
Barman : À croire que le génie c’est comme les champignons : ça s’épanoui dans l’humide.
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Barman : Oh toi ça va. Quand on picole à crédit on fais pas chier l’patron.
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Le Poulpe : Tenez.
Chauffeur de Taxi : Vous voulez un reçu ?
Le Poulpe : Ah bah oui tiens.
Chauffeur de Taxi : J’en ai pas.
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Cheryl : Ah il est marrant celui là.
Vendeuse : Si je peux me permettre, c’est du 16 ans.
Cheryl : Ah ouai ? Alors ?
Vendeuse : Euh … pas mal.
Cheryl : Le t-shirt ou mes seins ?
Vendeuse : Les deux.
Cheryl : Je l’prends si vous me montrez les vôtres.
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Barman : Vous êtes pas flic, par hasard ?
Le Poulpe : Non.
Barman : Tant mieux. Parce qu’on est jamais flic par hasard.
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Travesti : Vous avez déjà sucé un militaire ?
Le Poulpe : Non, pas à ma connaissance.
Travesti : Alors vous connaissez rien à l’amour.
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Chauffeur de Taxi : Vous m’avez l’air d’un mec vachement occupé.
Le Poulpe : Oui. Disons que je suis vachement occupé à prendre des taxis.
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Nicolas : Vous n’avez pas d’enfant mon p’tit vieux.
Le Poulpe : Pourquoi, vous vendez les vôtres ?
Le reste ici : www.replikultes.net/films/fiches/315/le_poulpe/










































