Battle Royale (Batoru rowaiaru) de Kinji Fukasaku
Sortie le 21 novembre 2001
Le célèbre réalisateur japonais Kinji Fukasaku (Le Cimetière de la morale, Gangsters en plein jour, Hommes, porcs et loups, Le Caïd de Yokohama ou encore Combat sans code d’honneur) et dont l’influence a été très grande pour les réalisateurs actuels tels que Takeshi Kitano, Takashi Miike, John Woo et bien entendu Quentin Tarantino, a signé avec le percutant et violent Battle Royale l’un de ces derniers films avant sa mort en 2003. Scénarisé par Kenta Fukasaku, le fils, ce dernier met en scène une étrange conception de l’éducation sur une ile coupée de tout : pour survivre, il faut abattre les autres…
Dans un avenir proche, les élèves de la classe B de 3ème du collège Shiroiwa ont été amenés sur une île déserte par une armée mystérieuse. Un adulte surgit tout à coup devant eux : leur ancien professeur Kitano. Il leur annonce qu’ils vont participer à un jeu de massacre dont la règle consiste à s’entretuer. Seul le dernier des survivants pourra regagner son foyer.
Kitano leur présente deux nouveaux élèves très inquiétants. Des coups de feu retentissent pour convaincre les incrédules. Selon la loi de réforme de l’éducation pour le nouveau siècle, ce sacrifice permettra de former des adultes sains.
Abandonnés chacun à son sort avec de la nourriture et une arme, les adolescents disposent d’un délai de trois jours pour s’entretuer.
Battle Royale – bande-annonce – 2000
Premièrement, il faut savoir que Battle Royale est un film japonais. C’est une information assez intéressante pour plusieurs choses. La première c’est qu’évidemment, ce cher pays n’a pas la même vision des relations humaines que nous et là je m’explique. Vous savez qu’il n’existe pas de première personne au japon, c’est-à-dire que dans une phrase, elle ne dit jamais j’ai fait ça ou je veux ça mais nous ou vous.
Ensuite, la vision n’est pas basée sur l’individu comme dans tous les pays occidentaux (européens et américains) mais sur la vision du groupe. Enfin, il existe un rapport de hiérarchie Personnes âgées – enfants qui est différentes de la notre. Si pour nous les enfants sont tout, pour eux ce sont d’abord les adultes qui sont important.
Pourquoi tous ses rappels ? Parce que c’est bien simple, si vous regardez Battle Royale au premier degré vous ne verrez qu’un jeu et une histoire gore à la limité du ridicule le plus complet, le concept de tuer les gens pour les éduquer n’étant pas vraiment un concept novateur. C’est plus un scénario de série B et de jeux vidéos qu’autre chose, un simple film d’action en somme. Et ce n’est pas le cas, les japonais, lorsqu’ils filment font preuve d’une grande ironie envers eux-mêmes et envers leur semblable. Il suffit pour s’en rendre compte de ne voir qu’un des nombreux films de Takeshi Kitano ou « Beat Kitano » (nom qu’il utilise lorsqu’il fait l’acteur), pour s’en rendre compte. Sans cette ironie bien présente dans ce film, on serait dans un Street fighter ou dans un Tekken, ou il ne peut en rester qu’un…
Il faut donc se laisser aller dans Battle Royale, en ne perdant pas de vue ses éléments, sans quoi l’histoire et la fin du film paraitrons bien dérisoire et inutile pour des yeux européens et le mythe de l’enfant roi. De plus, les autres bonus sont nombreux, très nombreux, et si vous voulez savoir tout ce qui se passe autour du film, vous allez être servi. on ne dénombre pas moins de 10 bonus, dont deux assez intéressant car il parle du prof de cette école un peu spéciale, M. Kitano himself. Bref, rien que pour ca, vous pouvez acheter le DVD (il y a évidemment un making of et tous les bonus traditionnels).
En conclusion, Battle Royale n’est pas à visionner comme les autres films d’action des spécialistes Van Damme ou Seagal. Il faut être un peu plus distant avec l’histoire et peut être arriverez vous à vous faire une autre idée de ce film. (Il est d’ailleurs fortement recommander de le voir plusieurs fois pour s’en rendre compte). Une suite a été d’ailleurs tournée ensuite, sans grandement avoir le même succès ni les mêmes prétentions.
Battle Royale (Batoru rowaiaru) de Kinji Fukasaku | Scénario de Kenta Fukasaku | Photographie de Katsumi Yanagishima | Musique de Masamichi Amano | Avec Takeshi Kitano, Tatsuya Fujiwara, Aki Maeda, Taro Yamamoto, Masanobu Ando, Kô Shibasaki,Chiaki Kuriyama, Sousuke Takaoka, Ai Iwamura, Michiko Yamamura | Japon | 2000 | 113 min. | Action et Epouvante-horreur






































