Du tandem dissocié au Buddy movie
Qui, à l’heure actuelle, ne connaît pas le tandem dissocié qui à donné naissance au Buddy Movie, cette spécialité Made In America, dont les déclinaisons se sont opérées à l’infini pendant les années 80-90? Vous croyez tout savoir de ce genre? Suivez le guide.
Les prémisses
En 1962, Dino Risi, dans le Fanfaron, montre un tandem dissocié formé par Vittorio Gassman et Jean-Louis Trintignant mais sans l’action, la légèreté et le rythme du Buddy Movie. Cinq ans plus tard, avec Dans La Chaleur De La Nuit (Norman Jewinson), le duo Rod Steiger – Sidney Poitier compose l’un des premiers tandem de couleur du cinéma, sans toutefois être un divertissement pur, de par le caractère et le message du film (racisme). C’est en 1973 que la naissance du genre est officielle avec L’Arnaque (George Roy Hill), mettant en scène l’incroyable tandem Redford – Newman.
L’année 1982 marque le tournant du Buddy Movie, avec 48 Heures, (Walter Hill), succès commercial, avec tous les ingrédients du Buddy Movie. Le genre reçoit ses lettres de noblesse en 1987 avec L’Arme Fatale (Richard Donner), sur un scénario de Shane Black (Kiss Kiss Bang Bang). La série des Arme Fatale est d’ailleurs considérée, à ce jour, comme le modèle du Buddy Movie: deux flics que tout oppose sont chargés de mener la même enquête et d’affronter des ennemis communs.
L’âge d’or
L’attaque des clones diront certains. L’attaque des clowns, pour d’autres. Le buddy Movie s’étoffe et les oppositions se multiplient : blanc/noir, blond/brun, homme/chien, vieux/jeune, Américain/Russe, grand/petit,… 48 Heures (1982), Le Flic De Beverly Hills (1984), L’Arme Fatale (1987), Double Détente (1988), Tuner and Hootch (1989), Tango & Cash (1989), The Rookie (1990), Le Dernier Samaritain (1991), Bad Boys (1995), Men In Black (1997), Rush Hours (1998)… La liste est longue, les chefs-d’œuvre rares.
Les séries américaines, durant cette période, ne seront pas en reste: Les Mystères De l’Ouest, Chapeau Melon Et Bottes De Cuir, Starsky Et Hutch, reprenant les ressorts habituels du Buddy Movie et hissant parfois le genre à un niveau bien plus stratosphérique que nombre de films.
La France s’est mise au Buddy Movie surtout à la fin des années 1990, après un démarrage poussif, comme en témoigne L’Union Sacrée (duo Bruel – Berry) avec une avalanche de productions jouant autant sur l’aspect comique entre la dissociation des personnages que sur l’aspect purement visuel, très codé du Buddy Movie, apanage du tandem dissocié. Mais cela tourne vite court, comme en témoigne les Taxi, Gomez Et Tavarez ou encore Les Rivières Pourpres, tombant dans la photocopie de ce qui s’est fait auparavant, plutôt que de chercher à développer de nouveaux codes.
Quelles règles faut-il respecter impérativement dans un Buddy Movie ?
Règle n°1
Un duo de protagonistes que tout oppose: Une différence de couleur de peau avec un blanc et un noir (48 Heures, L’Arme Fatale, Men In Black) ou bien un asiatique et un noir (Rush Hours), voire même deux noirs (Bad Boys). Cela peut être une différence de nationalité avec un américain et un russe comme dans Double Détente, une simple différence capillaire avec un blond et un brun (Starsky et Hutch) ou même un homme et un chien (sic) dans Turner & Hooch.
« Martin Riggs : On sait tous les deux pourquoi j’ai été transféré. Tout le monde pense que je suis suicidaire, dans ce cas je me fais baiser et personne ne veut travailler avec moi ; ou alors ils pensent que je simule pour aller dans un asile, auquel cas je me fais baiser et personne ne veut travailler avec moi. Dans tous les cas, je me fais baiser.
Roger Murtaugh : Devine quoi ?
Martin Riggs : Quoi ?
Roger Murtaugh : Je ne veux pas travailler avec toi.
Martin Riggs : Et bien ne travaille pas avec moi.
Roger Murtaugh : J’ai pas le choix. On dirait qu’on s’est fait baiser tous les deux ». (L’Arme Fatale 1)
Règle n°2
De l’action. Car le Buddy Movie est avant tout un divertissement. Un film, le plus souvent policier, bourré d’explosions, de voitures qui roulent à toute vitesse, défiant parfois les lois de la physique ou explorant le coté réaliste de la chose (McLane dans Die Hard 3 qui débranche l’ABS pour faire un demi-tour).
Règle n°3
Un chef grincheux, bougon. Le chef, puisque les deux héros sont dans la police, se doit d’être excédé par les facéties des deux protagonistes : Le gros black qui hurle dans son bureau « amenez-moi ces deux abrutis! » Avec son cigare collé au coin du bec, qui menace de les virer… Mais au fond qui les aime bien.
« Chef de la police : On vient d’inventer un nouveau truc, le rasoir !
Joe : Trop risqué : Je pense à toi et j’ai plus qu’une idée en tête : M’ouvrir les veines ». (Le Dernier Samaritain).
Règle n°4
Les héros des Buddy Movies ne respectent pas forcement la loi mais ont toujours une éthique. Ils ne tuent jamais femmes et enfants.
« Eddie : Hey Jack, Jack Mosley… Pourquoi tu fais ça ?
Jack : Je fais quoi ?
Eddie : T’as tiré sur un flic. Un flic, ça tire pas sur un autre flic. Surtout pour un type comme moi ». (16 Blocks)
Règle n°5
Un méchant digne de ce nom. Souvent russe, depuis peu allemand. Il se doit d’être toujours intelligent mais surtout machiavélique. Le méchant a souvent une fatale envie de se venger d’un des deux compères qui a été béret vert dans une vie antérieure et a causé la mort de son père, frère, cousin, voisin… Le méchant se doit d’être vil, peu sympathique, voir carrément antipathique. Pour un exemple de méchant, on pense évidemment à Simon dans Die Hard 3, exemple type du frère de l’oncle du méchant d’en face qui veut se venger à tout prix, même s’il doit faire péter New York pour ça.
« Simon : Je veux jouer à un jeu.
Inspecteur Cobb : Quel genre de jeu ?
Simon : Jacques a dit. Jacques va dire au lieutenant Mclane ce qu’il doit faire et le lieutenant Mclane s’exécutera. Tout manquement entraînera une pénalité.
Inspecteur Cobb : Quelle pénalité?
Simon : Un autre Big Bang dans un lieu public ». (Die Hard 3).
« Milo : Nous pourrions nous présenter si tu te retournais ?
Joe : Qu’est ce qu’on en a à foutre ? Tu es le méchant, c’est clair.
Milo : Oui c’est ça, je suis le méchant.
Joe : Et maintenant je suis supposé faire quoi: Etre mort de trouille ?
Milo : Oui, dans ce goût là.
Joe : D’accord. J’essaie de trembler une minute. En attendant j’peux avoir un p’tit verre ? » (
Le Dernier Samaritain)
Règle n°6
De la vanne à profusion. Répliques à l’emporte-pièce et surtout une bonne humeur communicative.
« Roger Murtaugh : Je suis seulement à huit jours de la retraite et je ne ferais AUCUNE erreur stupide.
Martin Riggs : Ecoute, il n’y a aucune bombe dans cet immeuble. Je parierai les parties vitales de mon anatomie là-dessus. Fais-moi confiance ok ? Fais-moi confiance.
Roger Murtaugh : C’est toujours ma première erreur ».
(L’Arme Fatale 3)
« Joe : Dans les années 90, on cogne pas d’entrée, faut d’abord dire un truc cool, tu vois ce que j’veux dire ?
Jimmy : Ouais, du genre « Je reviendrai ».
Joe : Ou alors tu lui balances un énorme coup de planche de surf et tu lui dis…
Jimmy : « Wow, c’est fun ! »
Joe : Bravo, c’est ça l’idée.
Jimmy : Et quoi d’autre ?
Joe : Oh, c’est à peu près tout, l’eau mouille, le ciel est bleu et le Pire Noël est de plus en plus fort, chaque jour qui passe.
Jimmy : Et nous qu’est ce qu’on fait ?
Joe : On se tient prêts. C’est ma devise : Toujours prêt. »
(Le Dernier Samaritain).
Règle n°7
Un p’tit marrant qui vient perturber le duo dans les séquelles. Joe Pesci dans L’Arme Fatale 3:
« Léo Getz : Où c’est écrit qu’une blessure par balle nécessite un examen rectal ?
Roger Murtaugh : Examen rectal ?
Léo Getz : Ouais ! Avec un télescope assez grand pour voir Vénus.
Martin Riggs : Je suppose qu’ils n’ont vu qu’Uranus.
Léo Getz : Eh bien vous savez ce que je dis. Ils vous ENCULENT à l’hôpital. D’abord ils vous droguent, et puis ils vous ENCULENT, et quand ils ont fini de vous ENCULER, voilà la compagnie d’assurance qui vous ENCULE encore plus. Dix dollars pour une putain d’aspirine ».
Règle n°8
Pas de gonzesses… Elles sont mortes dans d’affreuses souffrances à cause du méchant pas beau dans un attentat à la bombe, ou mieux à cause du héros qui culpabilise à mort depuis…
Ou alors elles veulent divorcer… Mais elles aiment toujours leur aventurier de mari… Elles hurlent dessus au téléphone, mais elles seront bien contentes de se faire délivrer par nos héros quand elles seront prises en otage par le méchant.
Ou alors elles attendent à la maison…
« Sarah : Mais j’en ai ma claque moi d’être toujours toute seule le soir !
Joe : Prends-toi un chien.
Sarah : J’suis pas ton ennemie Joe. C’est toi qui détruit tout.
Joe : Oui… et dire que j’dois me supporter à longueur de journées ». (Le Dernier Samaritain)
Règle n°9
Une fin heureuse. Un Buddy ne finit jamais mal. Si tout oppose les protagonistes au début du film, ils doivent s’en sortir. Lutter contre la triade asiatique, la mafia pakistanaise, les méchants russes doit faire ressortir le coté « l’union fait la force ». L’amitié virile doit prévaloir. C’est le fil conducteur d’un Buddy Movie, ce qui fait qu’un tandem dissocié vire du bon coté.
Règle n°10
J’ai pas encore trouvé, mais dix règles, ça pète!!! BOM !
« Joe : J’ai oublié de te dire, » BOM » c’est une insulte en polonais.
Jimmy : C’est pas drôle ! J’ai failli me la prendre en pleine poire ! »
(Le Dernier Samaritain)
Pour plus de répliques chocs:
www.replikultes.net/index.php
Article réalisé avec la très importante collaboration de mobil.






































