Albino Alligator de Kevin Spacey

Albino Alligator est le premier film, sorti en 1996 et le seul à l’heure actuelle de Kevin Spacey (Usual Suspect, Seven, La vie de David Gale…), avant la sortie prochaine de Beyond the Sea , que l’on ne présente plus, je pense, aujourd’hui.

Alors qu’ils croient avoir réalisé le casse parfait, Dova, Milo et Law déclenchent le système d’alarme. Les trois hommes parviennent à s’enfuir et trouvent refuge dans un bar. Très vite, l’endroit est assiégé par la police, qui a eu vent de l’histoire, enfin, du moins, le pensent-t-ils. Traqués, à bout de souffle et de ressources, les gangsters prennent cinq otages, les clients de ce bar de la dernière chance, qui peut être aussi le bar où leur destin va se jouer, entre ces murs miteux et ces personnages tout aussi mystérieux qu’étrange.

Albino Alligator tire son nom d’une tactique de billard américain, qui consiste à sacrifier une ou plusieurs boules pour faire croire à l’adversaire qu’il a l’avantage. Bien entendu, ce sacrifice calculé n’a jamais d’autre but que de manipuler l’autre pour mieux le vaincre ensuite, par un effet de manche.

J’aimerais ajouter que si vous aimez le cinéma, vous serez surpris par ce film qui présente la particularité de se dérouler en huis clos. C’est le genre de film qui fait aimer le cinéma et qui surtout montre qu’avec peu de moyens, mais une vraie histoire, on arrive à quelque chose d’assez intéressant à regarder.

J’ai eu plaisir à revoir Viggo Mortensen (Le Seigneur Des Anneaux ) et Matt Dillon (Sex Crimes, Mary à tout prix) dans ce film, ou les personnages sont tour à tour sympathiques et antipathiques, et qui nous font croire à l’histoire.

La mise en scène, d’une facture commune, est pourtant assez bien ficelée pour que l’on entre de plein pied dans l’histoire, qui est assez prenante, il faut bien en convenir.

Kevin Spacey montre dans ce film des qualités indéniables de réalisateurs, qui montre évidemment qu’il n’est pas seulement un très bon acteur, mais qu’il dispose d’autres atouts dans sa manche. Pour un premier film, je dois avouer qu’il a fait mouche.

De facture classique, les différentes scènes sont emmenées avec un certain brio, les confrontations entre les différents personnages sont assez prenantes et l’univers de ce film est conforme à une certaine tradition du film noir et poisseux.

Albino Alligator de Kevin Spacey | scénario de Christian Forte | photographie de Mark Plummer | Musique de Michael Brook | Avec Matt Dillon (Dova), Faye Dunaway (Janet Boudreaux), Gary Sinise (Milo), William Fichtner (Law), Viggo Mortensen (Guy Foucard), John Spencer, Skeet Ulrich, Frankie Faison, Melinda McGraw, Joe Mantegna | Etats-Unis | Thriller | 1996 | 100 min.