Thirteen de Catherine Hardwicke
Thirteen est le premier film de la réalisatrice Catherine Hardwicke (l’un des rares dans le cinéma américain) sorti en 2003. Il n’est pas à mon avis, un film spécialement marquant, spécialement choquant, spécialement beau ni spécialement fort, et je le ferais finalement rentrer dans la catégorie de ces films que vous appréciez regarder une fois, pour des raisons que vous ignorez un peu, sans vraiment de conviction, mais qui vous permettent quand même de passer un relativement bon moment. Après tout, le cinéma, c’est aussi fait pour ça, surtout que celui-ci est interdit, et on le comprend un peu, au moins de 16 ans, lors de sa sortie en salle.
Après avoir vu Evie (Nikki Reed, également coscénariste du film) et ses copines se « servir » froidement dans une boutique de mode, Tracy (Evan Rachel Wood ) vole un sac à main richement garni. L’argent dérobé lui sert de viatique : il n’en faut pas plus que cela pour intégrer la bande, et après quelques plans fringues, Tracy devient la nouvelle protégée d’Evie.
Avec les encouragements de son inséparable « mentor », relookée, tatouée, la langue et le nombril percés, Tracy découvre très vite les clés de la popularité et l’art de plaire aux garçons.
Constatant chez Tracy les signes de plus en plus nombreux d’une dérive accélérée, Melanie (
Holly Hunter) finit pourtant par s’inquiéter et décide vaille que vaille de reprendre sa fille en main. Trop tard peut-être…
http://www.youtube.com/v/D7g3g7e2A1Y&hl=fr_FR&fs=1&
Thirteen – Bande annonce – 2002
Ainsi donc, Thirteen nous parle de Tracy, préadolescente plutôt coincée, se sent donc pousser des ailes en fréquentant l’élite populaire de son collège, en la personne d’Evie, qui fait rapidement d’elle sa petite protégée. A travers cette Tracy, c’est l’adolescence actuelle qui est mise en lumière, faite de doutes mais aussi de volonté de changements perpétuels.
C’est en cela que l’influence de la grande méchante Evie est bien évidemment dévastatrice sur la jeune inconsciente puisque cette dernière va vouloir tout faire : se faire percer et tatouer, par se droguer et même, tenez vous bien, par coucher avec des garçons. La mère de Tracy va rapidement se rendre compte que sa fille ne tourne pas bien rond, et tâche, avec plus ou moins de succès, d’intervenir, jusqu’à ce que ce soit finalement la trahison d’Evie qui ouvre les yeux à Tracy et qui la pousse à remonter la pente. Je vous le disais, stéréotypé au possible…
Après une histoire pareille, on pourrait légitimement se demander ce qui peut plaire dans Thirteen, et je serais tentée de répondre que ça tient surtout à la présence d’Evan Rachel Wood. Muse révoltante ou non, force est de constater que Kiddy (car tel est son surnom) se débrouille plutôt bien face à la caméra, et parvient non seulement à être très crédible, mais en plus à garder, au milieu de l’avalanche d’auto destruction dans laquelle elle se trouve prise, beaucoup de pureté, et un côté très ingénu qui n’est jamais vraiment souillé par le vice. Kiddy, avec ses cheveux clairs et ses grands yeux bleus, nous fait finalement passer un bon moment devant notre poste de télévision, et même si on ne la plaint pas vraiment en raison du caractère très « déjà vu » de ses péripéties, au final, ce n’est déjà pas si mal que cela.
Thirteen de | Musique de Mark Mothersbaugh et Brian Zarate | Avec Holly Hunter, Nikki Reed, Evan Rachel Wood, Jeremy Sisto, Brady Corbet, Deborah Unger, Kip Pardue, Sarah Clarke, Vanessa Hudgens, D.W. Moffett | Etats-Unis | Grande- Bretagne | 2002 | Drame | Distribué par UFD





























