Hommage : Sergio Leone
Sergio Leone était un réalisateur italien, né le 3 janvier 1929 à Rome (Italie) et mort le 30 avril 1989 à Rome, alors qu’il préparait une adaptation de Salisbury Les 900 jours de Leningrad. Il est le fils de Vincenzo Leone dit Roberto Roberti (pionnier du cinéma italien) et de l’actrice Bice Waleran (Edwige Valcarenghi de son vrai nom).
Il commence sa carrière comme de nombreux réalisateurs italiens de son époque en réalisant (ou co-réalisant) d’abord des péplums (Le Colosse de Rhodes). Ensuite, alors que le western américain est en plein déclin, il participe au développement du western spaghetti (ou western italien ; il déclarait cependant : « Ce mot de spaghetti-western, c’est un des plus cons que j’ai jamais entendus de ma vie »), d’abord sous le pseudonyme à consonance américaine Bob Robertson (l’américanisation du nom est monnaie courante à l’époque pour les réalisateurs désirant percer aux États-Unis d’Amérique) puis sous son vrai nom. Ce pseudonyme n’est pas gratuit puisqu’il signifie Bob fils de Robert en référence à son père, le réalisateur Roberto Roberti. D’ailleurs, de spaghetti, il n’y a pas grand-chose puisque le célèbre réalisateur a fait appel à énormément d’acteurs différents pour ses films, quelque soit leur nationalité. Sans compter que sa vision de l’Amérique était assez proche de la réalité. Passionné de cette Amérique qui changea radicalement pendant cette époque, il était un grand érudit à la matière, comme le prouvent ses films.
Son style s’impose en cinq westerns devenus les plus représentatifs du genre : Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus, Le Bon, la Brute et le Truand (tous trois avec Clint Eastwood, qui débute ainsi sa carrière), Il était une fois dans l’Ouest et Il était une fois la révolution.
La trilogie de l’homme sans nom : Pour une poignée de dollars, Et pour quelques dollars de plus et Le Bon, la Brute et le Truand sont les trois films réalisés par Sergio Leone en 1964, 1965 et 1966 qui composent « la trilogie de l’homme sans nom » (on l’appelle également « la trilogie du dollar ») car le personnage principal qui traverse la trilogie, interprété par Clint Eastwood, n’y est presque jamais nommé : étant à lui seul un personnage archétypique, il est immédiatement reconnaissable et n’a donc pas besoin de nom. Toutefois, on peut noter que dans le scénario de Et pour quelques dollars de plus, Clint Eastwood joue le personnage du « Manchot » (Manco dans la version anglaise), et dans Le Bon, la Brute et le Truand, Clint Eastwood est nommé « Blondin » (Blondie en anglais) par Eli Wallach. Ces dénominations peuvent être prises pour des surnoms, bien que Clint Eastwood ne soit pas particulièrement manchot ni blond dans ces deux films. On peut toutefois penser que le terme manchot vient du poncho qui recouvre ses bras et dissimule jusqu’au dernier moment le pistolet prêt à tirer.
Pour une poignée de dollars est un remake du film Yojimbo d’Akira Kurosawa (Le Garde du corps). L’histoire, presque point par point, est transposée du Japon féodal dans un univers western. Un remake hollywoodien sur fond de prohibition : Dernier recours sera tourné en 1996 par Walter Hill, avec Bruce Willis et Christopher Walken.
La trilogie « L’histoire de l’Amérique » : Cette trilogie retrace trois passages très importants de l’Histoire, ou plus exactement la fin de trois grandes époques. Le premier, c’est la conquête de l’Ouest, que l’on retrouve dans le film Il était une fois dans l’Ouest. Le train arrive au bout de l’Ouest, amène la civilisation et le modernisme avec lui et met fin à la conquête. Dans le film Il était une fois la révolution, les protagonistes se retrouvent en pleine révolution mexicaine (1913). Puis, le dernier volet, Il était une fois en Amérique dépeint l’Amérique du temps de la prohibition et l’avènement du gangstérisme. Là encore, c’est aussi la fin d’une époque, la plus grande partie du film est constituée de flash-backs. Les deux principaux protagonistes entretiennent la « flamme », les codes qui étaient en vigueur dans leur jeunesse.
Cette trilogie devait être liée à la précédente par la première scène de Il était une fois dans l’Ouest. En effet, les trois personnages qui accueillent Charles Bronson à sa sortie du train devaient être interprétés par Clint Eastwood, Lee Van Cleef et Eli Wallach, interprètes des héros du film Le Bon, la Brute et le Truand. Cependant Eastwood, dans un souci de carrière professionnelle, ne souhaitait pas mourir dès la première scène du film, Sergio Leone n’a pas pu poursuivre cette idée malgré l’accord des deux autres comédiens.
En 2004 la revue italienne de cinéma Ciak a publié son dernier projet, Un posto che solo Mary conosce (ou en anglais A Place Only Mary Knows), écrit avec Luca Morsella et Fabio Toncelli, une histoire sur la Guerre civile américaine.
Le style Leone se décompose de plusieurs choses particulières dont le format de pellicule (Techniscope), la grande profondeur de champ (utilisation de focales courtes), les gros-plans extrêmes (scènes de duel). Ces derniers sont souvent sur les seuls yeux d’un personnage, en alternance avec de grandes vues d’ensemble. Le contraste qui en résulte est l’un des responsables de l’impression d’ampleur qui résulte de la mise en scène de Leone.
Dans une moindre mesure, on peut citer les travellings arrière, c’est à dire que l’on part d’un détail pour arriver au plan d’ensemble. Leone ne se privé pas aussi d’utiliser la technique du Le temps étiré. Ainsi, de nombreuses scènes d’observation longues, tendues et sans dialogue entre duellistes.
Enfin, que dire de la musique, qui est très présente (et composée par Ennio Morricone), souvent indispensable comme dans les scènes d’observation citées ci-dessus, musique qui alterne avec des moments de silence où les bruitages sont exacerbés.
Filmographie :
Il était une fois en Amérique (1984)
Un génie, deux associés, une cloche (1975) (non crédité)
Mon nom est personne (1973) (non crédité)
Il était une fois… la révolution (1971)
Il était une fois dans l’ouest (1968)
Le bon, la brute et le truand (1966)
Et pour quelques dollars de plus (1965)
Pour une poignée de dollars (1964)
En avant la musique (1962) (non crédité) (some scenes)
Le colosse de Rhodes (1961)
Les derniers jours de Pompéi (1959) (non crédité)
Hanno rubato un tram (1954) (non crédité)









































