Dante 01 de Marc Caro
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Sortie le 2 janvier 2008
On pourra dire que Dante 01, le premier film de Caro sans Jeunet avec lui aux commandes aura mis du temps à se faire. Pendant que Jean-Pierre Jeunet allait conquérir les foules avec son Amélie Poulain et le quatrième volet de la série Alien, Caro pauffinait son long métrage de science-fiction en développant un univers proche par certains cotés de ceux de Delicatessen et de La Cité des Enfants Perdus, c’est-à-dire en insistant sur une cohérence d’ensemble. Pari assez réussi pour tout fan de SF qui se respectent, même s’ils ne sont pas légion, Dante 01 pourra pourtant décevoir le jeune spectateur. En effet, le film fleure assez bon un certain esprit punk des années 80…
Dante 01, prison spatiale, dérive dans l’atmosphère suffocante de Dante, planète hostile, son seul horizon. À l’intérieur, six des plus dangereux criminels des mondes environnants servent de cobayes à d’obscures expériences.
Une résistance s’organise autour de César (Dominique Pinon), psychopathe manipulateur. Mais son autorité se voit remise en cause par l’arrivée de St Georges (Lambert Wilson), mystérieux détenu, possédé par une force secrète, qu’il apprendra à maîtriser pour faire face à l’hostilité de ses co-détenus, et les libérer de l’attraction maléfique de Dante.
Dante 01 – trailer – 2008
Le romancier Pierre Bordage, auteur des ouvrages Abzalon, Les Guerriers du silence et Kaena, la prophétie, a contribué à la création scénaristique de cet univers futuriste. Les images sont par ailleurs assez sublimes, avec cette prison perchée au milieu de nulle part dans un environnement spatial complètement hostile. On se croirait presque dans la suite d’Alien 3. Le fait qu’il y ait de dangereux criminels, associés à un univers de huis-clôt font irrémédiablement penser à cet illustre film, boudé pourtant par les fans de la série et par Fincher lui-même.
Mais nous sommes ici dans un film de Caro et autant dire que cela se voit. L’aspect « BDesque » de l’ensemble s’en ressent pas mal et on pourrait s’en peine imaginer une suite dans ce média, tant le choix des couleurs que les contrastes reflètent cette influence manifeste. Ce n’est pas un mal pour tout ceux qui adorent le mélange des genres. Ils seront servis ici.
Il est pourtant dommage que l’histoire ne soit aussi banale et que malgré une tension assez palpable, des acteurs hauts en couleurs et pour la plupart des habitués du célèbre duo Caro-Jeunet1. Leurs prestations n’a d’égal que leur talent et hormis un Lambert Wilson qui est clairement la seule tête d’affiche, c’est un petit bonheur de voir ces grands seconds couteaux du cinéma français. Et dans cette ambiance un peu froide et légèrement suffoquant, ils emportent haut la main le morceau.
Il est juste un peu dommage que Dante 01 ne soit pas toujours très emballant, l’histoire étant en fait très vite pliée (ou du moins pour le spectateur averti). On garde bien en tête certaines images mais le film de Marc Caro semble un peu comme inachevé sur certains points (notamment au niveau des dialogues, pas toujours d’une grande justesse et pas toujours rondement menés). Hormis cela, les films de SF étant rares (même si Eden Log, autre projet ambitieux est sorti la semaine dernière), et encore plus en France, il ravira tout de même ceux pour qui le futur n’est qu’une extrapolation du présent. Et ici, c’est, par son histoire, le cas.
Dante 01 de Marc Caro | Scénario de Marc Caro et Pierre Bordage | Photographie de Jean Poisson | Musique de Raphael Elig et Eric Wenger | Avec Lambert Wilson, Linh-Dan Pham, Simona Maicanescu, Dominique Pinon, Bruno Lochet, François Levantal, Gérald Laroche, François Hadji-Lazaro, Lotfi Yahya-Jedidi, Yann Collette | France | 2008 | 88 min. | Science fiction | Distribué par Wild Bunch Distribution | Crédit photographique : Wild Bunch
- Comment ne pas penser ici à Dominique Pinon, déjà vu dans à peu près tous les films de Caro-Jeunet et de Jeunet seul aux commandes. [↩]










































