John Rambo de Sylvester Stallone
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Sortie le 6 février 2008
John Rambo est un vrai patriote. Un de ces vétérans du Vietnam fracassé par la guerre qui l’impliqua malgré lui, trahi par la suite par les siens. C’est ce qu’écrivait dans son admirable texte David Morell, auteur à ce jour d’une vingtaine de romans noirs et d’espionnage, et qui inventant le personnage de Rambo, créait avec talent et merveille cet orphelin national auquel Ted Kotcheff donnait corps et visage en 1982. Le mythe du super héros marginal, nourris de traumas plutôt que d’identité, était installé. Rambo, ses tics faciaux et son monologue d’anthologie face à son recruteur de colonel, devenait une icône.

Serpent à sornettes
John Rambo joue sur la parution de l’ultra violence et de l’immédiateté aussi nauséabonde soit- elle. Voici notre John retiré dans le nord de la Thaïlande, où il mène une existence simple et retirée du monde et susbsite en bracconnant. Il croise alors un groupe de missionaires humanitaires qui lui demande de l’emmener en Birmanie, afin d’aller aider la minorité Karen persécutée par l’armée de ce charmant pays. Bon, au début, il refuse. Mais comme il se font enlever par les birmans et que parmi eux (les enlevés, pas les birmans) il y a Julie Benz qui est la caution bonnasse du film, il décide d’aller les chercher
On s’en doute, le tout finira en boucherie.
http://www.youtube.com/v/QutcmcEBu24&hl=fr_FR&fs=1&
John Rambo – trailer – 2008
J’avais peur pour John Rambo, peur pour plusieurs raisons :
- La bande annonce ne m’avait absolument pas convaincu, j’avais peur que le discours des autres Rambo soit détourné pour donner au final un vieux truc bien FAF du genre « OK, faut faire la guerre pour faire la paix ».
- Je suis encore traumatisé par Die hard 4, qui a tout simplement dénaturé l’une des plus belles franchises du cinéma d’action.
Mais ce que j’avais oublié, c’est Rocky Balboa (tiens, un film portant prénom + nom du mythe, comme John Rambo) qui avait fini la saga des Rocky en beauté.
Ainsi, John Rambo avec Stallone à la réalisation termine la franchise en beauté, peut-être même le meilleur épisode des quatre.
Prenons tout d’abord ce qui saute aux yeux, les scènes d’action. Elles sont très intenses et spectaculaires (on n’en attendait pas moins), mais aussi super lisibles (plans pas surdécoupés, cadrage maitrisé), ce qui est à mettre au crédit du réalisateur qui sait mener sa barque dans ces moments-là.
Ces scènes sont superposées à des séquences de massacres purs et simples, mais ceux-ci portent un sens en eux, et ne sont pas dénués d’émotions. Notamment lorsqu’un groupe de civils est forcé de traverser un champs de mines en courant, sous peine d’être exécutés, cela nous montre simplement que la guerre nous pousse dans nos derniers retranchements et que la menace de mort nous fait faire, de façon contre-naturelle, les choses les plus insensées. Et c’est aussi l’un des propos de John Rambo.
Car Rambo IV est loin d’être une apologie de la guerre, au contraire. Rambo dans le film, est un personnage qui a tout simplement perdu sa foi en l’homme et qui va la retrouver un instant au travers d’une femme profondément humaniste (cette même personne qu’il part sauver).
Son « vous ne pourrez rien changer sans arme » n’est pas un appel à la violence, c’est simplement un constat difficile de ce qu’est la guerre, de ce qu’est une zone de guerre. Rambo est une machine de guerre qui n’a pas choisi d’en devenir une, et qui ne souhaite pas en demeurer une, il y est simplement poussé, de la même façon que les civils sont poussés à traverser des champs de mine.Au final, un film plus touchant que ce que l’on aurait pu penser, simplement parce qu’il faut voir au delà des apparences.
John Rambo, malgré toutes ses qualités dans les séquences d’action, n’est pas un film de brute sans esprit. Mais il n’en reste pas moins qu’il est encore très loin du premier du nom.
John Rambo (Rambo) de Sylvester Stallone | Scénario de Sylvester Stallone | Photographie de Glen MacPherson | Musique de Brian Tyler | Avec Sylvester Stallone, Julie Benz, Paul Schulze, Matthew Marsden, Graham McTavish, Ken Howard, Rey Gallegos, Tim Kang, Jake LaBotz, Suparkorn Kijsuwan | Etats-Unis | 2007 | 90 min. | Action | Distribué par Metropolitan FilmExport | Crédit photographique : Metropolitan FilmExport








































