Sans état d’âme de Vincenzo Marano

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Posted 4 avril 2008 by Dextarian in

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by Dextarian
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Sortie le 2 avril 2008

Sans état d’âme est adapté du roman Histoire d’une prostituée de Clara Dupont Monod, publié aux Editions Grasset & Fasquelle en 2007. C’est aussi le premier long-métrage de Vincenzo Marano, un fils de producteur baigné dans le cinéma qui s’était contenté de faire de la série jusque là (Le juge, Commissaire Valence, Père et maires ou encore Section de recherches). Et on ne peut pas vraiment dire que cela soit une brillante réussite. Il n’échappe pas en effet aux écueils d’un premier film et à trop vouloir en faire, il ne finit par ne plus rien montrer ni dire du tout. Le tout avec un joli casting composé de Laurent Lucas, Hélène de Fougerolles ou encore Thierry Frémont.

Sarah Rousseau (Candice Hugo) est une prostituée de luxe, Martin Delvaux (Laurent Lucas) un juge d’instruction arriviste et Jeanne (Hélène de Fougerolles) est une journaliste idéaliste…

Trois cultures différentes, trois êtres n’ayant pas les mêmes valeurs. A travers une histoire et un milieu où la vérité n’est pas toujours belle à connaître, l’amour que ces trois personnes éprouvent les uns pour les autres va devenir meurtrier.

http://www.youtube.com/v/ZbxKf1tEIsE?fs=1&hl=fr_FR
Sans état d’âme – Bande-annonce – 2007

A grand coup d’effets de caméra, avec une musique trop grandiloquente de Simon Cloquet-Lafollye par rapport à l’action et l’intrigue, Sans état d’âme veut trop montrer de personnages, de situations et d’enjeux dans ce qui n’est finalement qu’un ménage à trois avec des ramifications trop éloignés de l’histoire centrale. Si on ne doute pas une minute que le roman était aussi riche, peut-être aurait-il fallu moins développer les histoires annexes et plus se concentrer sur la principale, notamment parce qu’il est très difficile de savoir mêler plusieurs intrigues et sous intrigues pour n’en faire qu’une.

D’autant que l’on a bien du mal à croire qu’un juge d’instruction ait autant de temps à consacrer à ses histoires amoureuses hors mariage et hors de la famille de sa femme qui soi-disant lui amène de l’argent alors que le métier de magistrat est déjà très bien payé et bien fourni en carnet d’adresse, comme c’est pourtant suggérer dès le début.

Nous avons en effet vu l’Ivresse du pouvoir de Claude Chabrol, nous avons également assisté à la mise en scène par les parlementaires d’un juge d’instruction suite au procès Outreau. Nous avons donc pu constater à quel point ils avaient un vrai pouvoir et qu’ils n’avaient pas vraiment besoin de l’argent d’un beau-père. La scène du début est donc totalement inutile, tout comme le personnage de Laurent Lucas qui n’a pas vraiment besoin d’être un toutou à sa mémère, d’autant plus lorsque l’on réussit le deuxième concours le plus difficile de France, à savoir l’ENM (l’école nationale de la magistrature). Etre juge d’instruction, c’est un des métiers les plus en vus pour une carrière et ce n’est pas avec l’argent que ça s’obtient mais avec du travail.

Mais passons car après tout, c’est surtout un film, crédible ou non. Si le début de Sans état d’âme s’amorçait plus que correctement, avec un meurtre d’une pute, une maquerelle qui se retrouve aux assises et une histoire qui sentait bon l’emballement, tout s’essouffle très rapidement lorsque l’on s’attarde un peu trop sur le personnage de la pute qui veut qu’on l’aime à savoir Sarah, le personnage interprété par Candice Rousseau.

Ce dernier manque pas mal de crédibilité, qui n’est d’ailleurs pas très bien renforcé par le fait que visuellement, elle porte la même robe plusieurs fois de suite dans le film alors que le propre d’une pute de luxe est d’être vêtues différemment chaque jour. Sans compter qu’elle joue mal mais elle n’est pas la seule (l’avocate du début n’est pas mal non plus sans compter que les acteurs principaux ont bien du mal à être crédible à leur tour).

Sans état d’âme pour un premier film, n’est pas réellement une réussite. Des effets de mise en scène grandiloquents, une histoire qui tourne en rond, des personnages à la psychologie taillée à la truelle et sans grande envergure, des conflits et une enquête policière un peu trop mis de coté. Tout cela fait que l’on trouve autant le temps long que l’on ne peut pas non plus avoir beaucoup d’intérêt et d’estime pour ce premier film. On ne fait pas des films comme on fait un épisode de série, sinon le cinéma ne veut plus rien dire et pour un premier essai sur le grand écran, c’est un peu (beaucoup) raté…

Sans état d’âme de Vincenzo Marano | Scénario de Clara Dupont Monod, Candice Hugo et Marc Quentin d’après l’œuvre de Clara Dupont Monod | Photographie de Stefano Paradiso | Musique de Simon Cloquet-Lafollye | Avec Laurent Lucas, Hélène de Fougerolles, Thierry Frémont, Candice Hugo, Anna Galiena, Christine Citti, Cyrielle Clair, Bernard Verley, Carole Bianic, Magali Berdy | France | 2007 | 97 min. | Thriller | Distribué par Les Films de l’Astre


Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

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