Gabriel de Shane Abbess
L’Archange Gabriel quitte le bonheur éternel de la Lumière pour être envoyé au Purgatoire tenus par les Sept Déchus dirigés par Sammael. Il est le dernier des Archanges, les six autres n’en sont jamais revenus, Gabriel vient à la suite de Michael, le plus fort des Archanges, qui à son tour vient de disparaître.
C’est par hasard que j’ai vu Gabriel. Un hasard total, mais ce genre de hasard qui arrive au bon moment, au bon endroit. Mon film culte est et sera toujours The Crow pour différentes raisons qui dépassent totalement le film lui-même. Il se trouve que The Crow est effectivement l’une des trois influences majeures des réalisateurs pour l’ambiance du film. C’est par le visuel que j’ai beaucoup accroché à Gabriel, puis ensuite par toutes les idées et les petits tiroirs qu’il ouvre, même s’il ne parvient pas à tous les refermer de façon satisfaisante.
Ce film m’a pris par surprise malgré des maladresses de réalisation. Mais il est impossible de commencer par là… Gabriel est donc un film presque amateur et était prévu dès l’origine pour être une trilogie. Mais par faute de budget (moins de 200 000$ australiens) les réalisateurs, Shane Abbess et Matt Hylton Todd ont préférés raccourcir l’histoire pour que « Gabriel » serve d’introduction à leur monde. Malgré les rajouts de la Warner sur le trailer, il n’y a aucune référence directe à Dieu ou à Satan, ni au Paradis ou à l’Enfer, et c’est volontaire. On y parle d’un affrontement entre la Lumière et les Ténèbres, dans un lieu oublié de tous.
Comme ses prédécesseurs, l’Archange Gabriel doit s’incarner pour son enquête. L’introduction du film nous montre cette incarnation, en peu d’images, qui traduisent le passage douloureux de l’état de créature céleste non physique (totalement suggéré) à celui d’être humain. L’intrigue est assez limpide, pour ne pas dire fine. Gabriel cherche à apprendre ce qui est arrivé aux autres Archanges avant lui, et ses convictions célestes se heurtent à la dure réalité du Purgatoire dans lequel « La lumière ignore ce qu’il se passe ». Les méchants sont… Méchants, jusque là rien d’étonnant, mais ils sont surtout malsains. Même si le texte n’est pas toujours à la mesure de l’image, cette dernière, très sombre, sale, humide et glauque, renvoie le vice intérieur des personnages en le projetant sur les murs. La corruption ambiante n’est pas le fait des Déchus, mais des hommes qui l’habitent et qui s’en contentent. Gabriel va retrouver d’autres Archanges, détruits, fous, résignés luttant sans pouvoir dans un monde où les Déchus se repaissent de leur échec. Une mention spéciale pour le personnage d’Uriel qui symbolise à lui seul la peur et la folie.
On peut ou pas aimer la façon de filmer, les effets spéciaux et la réalisation, mais l’image reste soigné, tout en clair / obscur, rongée, rouillée, les visages sont très importants (et les différences de qualité de jeu entre les acteurs sont visibles dans ces portraits d’ailleurs…).
Gabriel s’humanise au fil de son enquête, il est obligé d’abandonner une partie de ce qui fait de lui un être surnaturel pour échapper aux Déchus, continuer à se battre et ce faisant il se rapproche des autres Archanges, des autres humains et il commence à comprendre ce qui c’est vraiment passé pour eux. C’est un film « fantastique » qui lance des pistes un peu partout, celle de la chute, celle du choix, est presque la seule que l’on pourra suivre jusqu’au bout mais est bien dans un univers pensé, construit que parfois on regrette de ne faire que traverser trop vite. Évidemment le héros retrouve chaque Déchu et leur fait la peau, mais il se perd un peu plus à chaque fois. Au fond ce film est une sorte de peinture de la chute de l’état de grâce et de son point de non retour. Et si le film a parfois des situations téléphonées et des personnages inégaux dans leur qualité de jeu, il reste qu’il pose une atmosphère et qu’on aimerait vraiment voir la suite.
En conclusion Gabriel est un film à voir, ne serait-ce que pour son ambiance, dynamique, qui se tient facilement de bout en bout et possédant beaucoup de qualités graphiques, fourmillant de détails liés au monde qu’il présente, vraiment glauques avec des méchants bien tordus et des effets spéciaux finalement simples et efficaces.
Anecdote amusante, Andy Whitfield, l’acteur qui incarne Gabriel, était à deux doigts d’arrêter le métier d’acteur avant ce film. Depuis il est devenu le héros de la série Spartacus Blood and Sand.
Gabriel de Shane Abbess | Scénario de Shane Abbess et Matt Hylton Todd | Photographie de Peter Holland | Musique de Brian Cachia | Avec Andy Whitfield, Dwaine Stevenson, Samantha Noble, Erika Heynatz, Michael Piccirilli, Jack Campbell, Harry Pavlidis, Kevin Copeland | Australie | 2007 | 109 min. | Action et Fantastique





































Ah ben… du coup, je le note dans ma liste de films à voir.
Je pense que tu sais pourquoi j’ai bien envie de le voir !
Indices : Angel Sanctuary et Constantine, mais surtout Angel Sanctuary.
Puis en plus si ça fait référence à The Crow, c’est une bonne raison de plus.
RIP – Andy Whitfield…
Ouaip, les cancers, en général…