Eden lake de James Watkins
Habitants d’une grande ville, n’allez pas dans la forêt/village de campagne! Tel pourrait être le titre d’Eden lake, survival irrévérencieux, lorgnant autant sur les chiens de paille que sur une nouvelle vague du cinéma anglais où les bouseux et autres habitants de petits bleds de campagnes sont aussi méchants, vil et inhumain que les pires aliens ou monstres du cinéma.
Bref, autant dire que pour accrocher sur Eden lake, il vaut mieux ne pas être un habitant d’une de cette chouette bourgade. Il parait que ce film est transgressif. Certes. Mais il l’est seulement si on agit pour aller jusqu’au bout, comme c’est le cas avec la protagoniste principale. Cette histoire de couple qui a tout pour être heureux et que leur petit weekend se transforme en cauchemar est autant bien foutue qu’irréelles. Et oui, nous sommes au cinéma mais force est de constater que le film nous présente une situation qui se veut fort réaliste et c’est là que le bat blesse.
http://www.youtube.com/v/gMRX9WGf9z0&hl=fr&fs=1
Eden lake – Trailer – 2008
On ne FAIT pas ce que fait l’homme du couple quand il y a un souci avec une bande de jeune. Je passe sur les incohérences du film où les jeunes torturent et traquent ce couple pendant plus de 3 jours non stop (et oui, les enfants des villages ne rentrent pas chez eux, ce sont bien entendu des bouseux qui vivent dans les arbres). Autant on veut nous montrer qu’ils sont désosciabiliser, autant cette volonté est bien trop appuyée. Kelly Reilly est par contre, très crédible dans ce rôle, et à ce niveau là, il n’y a pas d’erreur de casting. Elle a une voix douce et une gentillesse certaine et la voir se dépêtrer par tous les moyens de cette situation est assez jouissif autant qu’intriguant, pour peu que l’on ai Les Poupées Russes et L’Auberge Espagnole en tête, films qui l’a révélé auprès du public français.
Bien sûr, Eden Lake lorgne sur les chiens de paille, délivrance (je m’attendais, comme dans Vengeance à froid, à une scène de viol) ou encore Orange Mécanique plus évidemment Scarface. Le scénariste, James Watkins, qui office aussi en tant que réalisateur est des fans de films d’horreur autant que des classiques cités plus haut et ça se voit. Pour le reste, la fin est conforme à cette descente aux enfers et on se demande surtout pourquoi certains acteurs de cette histoire ne pètent pas plus les plombs à un moment. A croire que le propos doit dépasser nécessairement le coté psychologique des personnages. C’est bien dommage, même si la réalisation est d’une très bonne facture et si on arrive à bien s’immerger dans cette histoire, pour peu qu’on oublie certains aspects.
La transgression, il aurait fallu la poursuivre jusqu’au bout, dans un sens comme dans l’autre, mais ça aurait été se dégager d’un public avide de films de genres pour aller vers une vision encore plus noire. A l’heure actuelle, c’est pas vraiment dans l’optique des producteurs, si l’on veut disposer d’une sortie conséquente en salle. Malgré ce détail, Eden Lake a quelques qualités pour lui et vu le peu de moyens, une envie de nous déranger un peu dans nos convention qui n’est pas non plus forcément pour nous déplaire.
Eden Lake de James Watkins | Scénario de | Photographie de Christopher Ross | Musique de David Julyan | avec Kelly Reilly, Michael Fassbender, Thomas Turgoose, Bronson Webb, Jack O’Connell, Finn Atkins, James Gandhi, Alyssa Cooper, Thomas Gill, Eliza Elkington | Grande-Bretagne | 2008 | 90min | Science-Fiction, Thriller et Horreur-Epouvante | Distribué par La Fabrique de Films






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