Naked de Mike Leigh
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Dans les années 1990, il y eu toute une vague de films assez dépressifs, qui étaient en quelque sorte le reflet d’une époque finalement assez désenchantée et désabusée, faisant écho aux fastes et à l’opulence supposés des années 1980. Naked, du réalisateur anglais Mike Leigh (Secrets et mensonges, Deux filles d’aujourd’hui, Vera Drake ou encore Be Happy) est de ceux-là. Récompensé au festival de Cannes en 1993 par le prix de la mise en scène et le prix de l’interprétation pour son acteur principal, David Thewlis, il nous raconte l’errance et la folie qui submerge un homme qui perd autant le sens des réalités qu’il sombre progressivement dans la marginalité et l’obscurité.
A la suite d’un vol de voiture, Johnny (David Thewlis) s’enfuit de Manchester et arrive à Londres où il s’installe chez son ex-petite amie: Louise. Désabusé et sans attache, ne sachant plus qui il est vraiment, il erre dans les bas quartiers de la capitale. Il y fait des rencontres sans lendemain et cherche vainement une raison de vivre. A la fois violent, philosophe et incapable d’aimer, Johnny est devenu un »clochard » complexé…
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Naked – bande annonce – 1993
Pour interpréter le rôle de Johnnie, la petite histoire veut que Mike Leigh ait amené son acteur principal, David Thewlis et lui a montré un clochard qui passait son temps à brailler et à parler de manière cultivée sur un tas de sujet, comme si rien d’autres n’importait que ce qu’il disait et comment, surtout, il le disait. L’image a dû avoir un impact fort sur l’acteur car il est littéralement habité par ce rôle, qui la révélé au petit monde du cinéma en 1993.
Et il faut dire que Naked n’est pas un film facile. Les personnages sont désabusés, comme échoués dans des lieux qui ne sont pas faits pour eux. Leurs relations ne sont que colère, drame ou choses plus ou moins odieuses qu’ils se balancent autour d’eux. Au milieu de cela, le Johnnie passe son temps dans la rue, à lire des livres, à disserter avec des gardiens de nuit sur le sens de la vie et surtout sur sa vacuité. Le passage sur les codes barres est d’ailleurs assez éloquent.
Film marquant, Naked l’est pour sa photographie, terne, grises comme les rue de ce Londres qui est souvent flamboyant dans les comédies romantiques et qui relève ici sa véritable image, pour ne pas dire sa véritable nature pour ses personnages complètement paumés. Il n’y a pas trop d’histoire, pas trop de fil conducteur, hormis les relations de Johnny avec ses semblables qu’il a du mal à supporter, comme son ex-petite amie pour laquelle il est comporte comme un véritable salaud.
Œuvre qui s’inscrit dans la ligne droite de ce que faisait Mike Leigh à ce moment précis (avant qu’il ne se décide à être plus léger, comme le souligne le Be Happy), Naked symbolise son cinéma, peut-être parce qu’il a enfin reçu la consécration de la critique et un certain succès d’estime au cinéma autant qu’à la télévision. Le film a vieilli, comme les acteurs mais le propos peut toujours fait écho dans notre société actuelle puisqu’il est toujours, dans une certaine mesure, présent.
Naked de Mike Leigh | Scénario de Mike Leigh | Photographie de Dick Pope | Musique de Andrew Dickson | Avec David Thewlis, Claire Skinner, Lesley Sharp, Katrin Cartlidge, Greg Cruttwell, Peter Wight, Ewen Bremner, Susan Vidler, Gina McKee, Toby Jones | Grande-Bretagne | 1992 | 126 min. | Comédie dramatique








































Naked a surtout mal vieilli, je trouve.