L’Œil du mal de D. J. Caruso

3
Posted 24 décembre 2008 by Cédric Le Men in

Rating

Réalisation
60%


Casting
70%


Scénario
65%


Photo
70%


Musique
40%


Intérêt
45%


Total Score
58%


 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario: , , ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 114 minutes
 
Titre original: Eagle Eye
 
Crédit photographique: Paramount Pictures
 

Les Plus:

Un bon divertissement, sans plus.
 

Les Moins:

Un film brouillon, des personnages stéréotypés...
 
by Cédric Le Men
Full Article

D. J. Caruso est bien connu des aficionados de séries télé pour sa précieuse participation à la réalisation des première et cinquième saisons de la série policière culte The Shield1. Étant donné les standards de la série, tant au niveau de son scénario – véritable tissu d’embrouilles magnifiquement construit, se développant sur sept saisons entières – de son interprétation – absolument fabuleuse : tous les personnages, malgré leurs défauts, leur médiocrité, sont attachants – que de sa mise en scène – ultra réaliste, style caméra embarquée, portée à l’épaule, au cœur de l’action – on aurait pu penser que le travail du jeune réalisateur états-unien plaçait la barre systématiquement aussi haut. Pourtant, quand on regarde de plus près sa filmographie, on n’y remarque que des films de seconde zone, sortis de façon confidentielle chez nous et, il faut bien le dire, généralement plutôt banals, voire mauvais. L’Œil du mal n’appartient heureusement pas à cette dernière catégorie de films et tire honorablement son épingle du jeu, malgré d’évidentes faiblesses.

L’histoire est simple : un jeune homme, dont le frère jumeau vient de décéder, rentre chez lui pour y trouver du matériel manifestement sensible – armes, explosifs… – dont il ignore bien évidemment la provenance. Il est contacté par une voix de femme qui lui ordonne de quitter les lieux, faute de quoi il sera arrêté par le FBI. Incapable de réagir, il est fait prisonnier. Dans un autre endroit de la ville, une jeune femme reçoit elle aussi un appel de la voix, lui ordonnant de monter à bord d’une voiture sous peine de voir son fils assassiné. Le jeune homme et la jeune femme finiront par se rencontrer et, toujours sous la menace de la voix téléphonique, devront mener à bien une mission dont ils ignorent tout des tenants et des aboutissants.

« On a déjà vu ça quelque part, non ? » me direz-vous. « Eh bien oui, et plutôt deux fois qu’une ! », vous répondrai-je. À la lumière des événements qui suivent, on se rend vite compte qu’on se place dans un banal thriller politique comme il en existe déjà tant. Le scénario, cousu de fil blanc, se suit d’un œil distrait et les personnages jouent donc à celui qui enfoncera le plus de portes ouvertes, jusqu’à une révélation – en milieu de film – qui n’aura évidemment rien de surprenant. Dès lors, on attendra patiemment de savoir comment tout ça va pouvoir se finir pour le mieux pour nos deux héros.

Pourtant (car il y a un pourtant), le film se suit malgré tout sans déplaisir, il faut bien l’avouer. L’action est rondement menée, l’image est belle et le duo d’acteurs fonctionne plutôt bien. L’Œil du mal reste un divertissement pur et dur, le genre de films qu’on peut facilement aller voir en famille ou entre amis, pour peu que l’on soit disposé à ne pas assister à un chef d’œuvre. Pour ceux qui en veulent plus, je ne saurais trop vous conseiller de vous précipiter sur L’Échange, du grand Clint Eastwood. Mais quitte à choisir entre L’Œil du mal et le pathétique Australia, qui sort à la même date, autant aller voir le sympathique thriller de D. J. Caruso. Les moins fortunés et/ou les plus exigeants pourront quant à eux attendre le 28 janvier avec la sortie de Walkyrie de Bryan Singer.

On retrouve donc avec un grand plaisir la charmante et talentueuse Michelle Monaghan, vue récemment dans le très beau et surprenant Gone Baby Gone de Ben Affleck. À ses côtés, le fils d’Indiana Jones lui-même : Shia LaBeouf, qui interprète le rôle d’un jeune homme dépassé par les événements, à l’instar de sa prestation dans un Transformers de sinistre mémoire. À leurs trousses, on retrouve aussi la belle Rosario Dawson, actrice plutôt confidentielle que l’on aura pu voir dans Clerks 2 de Kevin Smith et Boulevard de la mort de Quentin Tarantino l’année dernière et qu’on retrouvera aux côtés de Will Smith dans Sept vies de Gabriele Muccino en 2009, ainsi que l’excellent Billy Bob Thornton, qui se contente ici d’un honnête minimum syndical. Enfin, dans le rôle du secrétaire de la défense, le Vic Makey de The Shield : Michael Chiklis2. Tout ce beau monde, sans pour autant obtenir de prix d’excellence, mènera à bien sa mission et construira des personnages sans grande surprise mais agréables à suivre dans leurs douloureuses et pénibles pérégrinations.

C’est le talentueux Dariusz Wolski qui se charge ici de modeler la lumière, et avec brio : bien qu’encore une fois peu originale pour un thriller, la lumière dans les tons bleutés, plutôt désaturée, est une réussite incontestable. En même temps, Dariusz Wolski, c’est le chef opérateur à l’origine de la lumière de Sweeney Todd, le diabolique barbier de Fleet Street – peut être le seul élément correct du navet de Tim Burton – et des trois épisodes de Pirates des Caraïbes de Gore Verbinski, sur lesquels je m’abstiendrai de tout commentaire afin d’éviter l’ire et la vindicte populaires. On peut donc légitimement s’attendre à des images de très haute volée quand on fait appel à une telle pointure.

Malheureusement, si la lumière est une réussite, il en va très différemment en ce qui concerne la musique du film, servie par Brian Tyler. Le compositeur du dernier opus des aventures de Rambo nous pond cette fois-ci une musique pénible, principalement composée de percussions assourdissantes et de cuivres lourdingues. Seuls quelques moments du film se détachent du brouhaha général, mais dans l’ensemble, cette bande originale est une horreur, qui sert peut-être le côté « bordélique » de l’intrigue, mais est absolument inécoutable sortie du cadre du film.

L’Œil du mal est donc un film que l’on pourra apprécier sans trop de problèmes, pour peu que l’on y soit préparé : ceux qui s’attendront à un film de la qualité de Spy Game de Tony Scott en pâtiront, et pas qu’un peu. Ceux qui n’en attendent rien d’autre qu’un divertissement inoffensif et qui auront pris le soin de laisser leur cerveau à l’entrée de la salle3 en auront quant à eux pour leur argent, ou pour leur carte illimitée – ce qui reste préférable.

À tous, en tous cas, une excellente fin d’année et un joyeux Noël !

  1. Diffusée entre le 12 mars 2002 et le 25 novembre 2008 sur le réseau FX. En France, la série est diffusée depuis le 23 novembre 2003 sur Jimmy, le 24 avril 2004 sur Canal+, le 27 juin 2007 sur France 3 et le 3 septembre 2008 sur NT1. Source : Wikipedia. []
  2. Tout oubli de sa prestation dans les deux lamentables épisodes des Quatre Fantastiques est bien évidemment volontaire. []
  3. À ceux-là, je ne saurais trop recommander de ne pas quitter la salle par la sortie de secours… []

Le Rédacteur

Cédric Le Men
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Rédacteur en chef du magazine When you have to shoot, shoot, don't talk.

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