Il est de ces films, sans que l'on sache trop pourquoi, qui sont plus critiqués que la moyenne sans que l'on sache également pourquoi.
Martyrs fait partie de ceux là. Et tout y passe. Du choix des acteurs à l'histoire, du scénario au jeu des acteurs. Tout est bon dans le cochon.
J'ai longtemps hésite à parler de ce film, me demandant "a quoi bon"? Personne ne l'a vu et les esprits cynique diront "HEUREUSEMENT", mais c'est plus la faute à sa possible mais au final non effective interdiction au moins de 18 ans, qui a failli l'empêcher de sortir en salle. Une interdiction de ce type étant rédhibitoire pour toute sortie en salle. Mais vu le shoot en salle, puisque seulement 38 236 spectateurs l'ont vu, l'effet souhaité s'est avéré réussi. Un vrai High Score du Box office, pour sûr!!
Martyrs n'est ni un nanar, ni un navet. Il y a du boulot derrière et ça correspond à ce que l'on pourrait entendre d'un film d'auteur. Sauf que voilà, il y a de grandes chances que si vous n'êtes pas une nana et que vous n'avez pas été confronté à l'histoire qui lie les deux héroïnes du film, vous allez complètement passer à coté de ce film et ne voir là qu'une vulgaire bouse sur un sujet éculé dans le cinéma de genre, c'est-à-dire la religion et les effets pervers de celle-ci.
En fait, si le film n'avait pas été français, mais américain ou espagnol, il est fort à parier qu'il n'aurait pas subit autant de critiques virulentes. En France, tout film ou personne qui sortent un tantinet des sentiers battus et des clous tracés par des décennies d'histoire du cinéma est irrémédiablement conspué sur la place publique. Le nouveau boboisme étant d'encenser les films de genre, mais surtout pas les films français, qui se font de toute façon descendre par toute critique qui se veut objective et qui sait de quoi elle parle.
Martyrs n'échappe pas à la règle. C'est un film qu'il est bon ton de descendre. On ne sait pas trop pourquoi puisque c'est un film de genre, catégorie horreur qui fait peur et surtout rend très malaise. Puisque c'est le propos du film. Une descente aux enfers et la matérialisation d'une Martyr, et ça prend du temps. C'est donc long, insoutenable par moment et c'est fait pour.
Et oui, on n'est pas dans un film pop corn, ni dans un film auteurisant urbain et forcément parisien (au delà du Périph, c'est
le Mordor, de toute façon, peuplé de créatures débiles et facho, comme dans la bouse Frontières, d'ailleurs). C'est moche, glauque, pathétique, un brin cynique et désabusé. C'est la vision du réal, Pascal Laugier. Le type a l'air d'être un sacré émotif et ses interview s'en ressentent un peu. Pourquoi vouloir le démonter? Simple, c'est un pote à Gans. Ce sont à peu près les seuls mecs qui en France tentent de porter au nue un genre qui n'a pas vraiment bonne presse, hormis pour les ados boutonneux lecteurs de
Mad Movies (d'ailleurs Martyrs fait partie de leur top 10 de l'année 2008, mais c'est surement des gros cons). Mais les films de genre sont pour les geeks et les ado. Enfin, il paraît. Et les geeks sont chics, man, ils sont chics, now! (foutre dieu).
Il est reproché aux deux petites nanas Morjana Alaoui (Anna) et Mylène Jampanoi (Lucie) de ne pas savoir jouer. Je les ai trouvé juste et tout à fait à propos dans ce film. Bien excessives, puisque c'est un film excessif. Peu de nuance, puisque ce n'est pas le propos. Bien dans leur rôles.
On a aussi reproché à ce film d'être incompréhensible avec deux parties qui n'ont strictement rien à avoir l'une avec l'autre. En fait, il y a une première partie thriller classique et une seconde horreur. Normal, puisque nous suivons deux héroïnes qui ne savent pas bien tout à fait ce qu'elles sont venues faire là. Une vengeance ou autre chose...
Bien entendu, ce retour sur ce film n'a pas vraiment lieu d'être. Ce film s'est fait shooté à sa sortie, peu de gens ont pu le voir. Il fera peut être une petite carrière en DVD et entamera sa carrière dans l'oubli le plus profond des cinéphiles avertis.
Mais je vous conseille de le voir. Pour être énervé. Comme je l'ai été. J'ai voulu sortir de la salle parce que c'était insoutenable. Et j'en transpirais un peu. Je ne suis pas quelqu'un de très émotif pour le cinéma, mais là, c'est une petite expérience. Et c'était bien cool, avec le recul.
Je vous conseille de le voir pour avoir un peu les boules. C'est bon d'avoir les boules. Et puisque parce que c'est limite expérimental, avec une seconde partie qu'on ne voit pas souvent dans ce genre de prod. Et qui mérite un petit coup d'oeil, même si je suppose que les scènes ne seront pas reprises par d'autres réal. Si je parle d'expé, c'est aussi parce qu'il est beaucoup moins formaté que la plupart des films américains, espagnols et japonnais de sa catégorie. C'est peut être ça son problème. Et qui rend le film un peu unique.
Il est par contre vrai que ce film n'était ni fait, ni à faire. Mais c'est le cinéma ça. Pas besoin de toujours faire du téléfilm qui passe au cinéma. Pas besoin de toujours faire la sempiternelle comédie bonne marché avec trois acteurs connue. Et pas besoin non plus de faire un film choral du 7e arrondissement de Paris, avec des histoires à pleurer de connerie. Parce que les histoires de bobos sont aussi connes que celles des films de genre, mais c'est avec des acteurs dits sérieux, donc ça passe mieux... Ho, ho, ho.
Heureusement qu'il faut se foutre d'avoir bon goût, dans la vie. Et ne rien choisir quand on regarde des films. Prendre tout et faire un tri après. C'est peut être une démarche scientifique dans un bousin, enfin, un domaine, où il faut opérer d'abord un tri. Mais c'est dommage. Parce qu'on passe à coté de certaines choses.
Martyrs en fait partie.
C'est marrant, en faisant un tour de la blogosphère françaises des gens qui ont bon goût en ciné, j'ai vu qu'ils avaient tous descendu
Martyrs. Ça me fait aussi doucement rire. Surtout quand ils me comparent ce film à des bouses américaines comme
Star Trek (ah non merde ils ont aimé ST) puisque c'est sur le même niveau. Mais ce qui est intéressant, c'est que ce film s'est plus fait démonter par les critiques de spectateurs d'
allociné que par ceux d'
IMDB.
Alors, je fais un peu le croisé. Je lutte en faisant un article qui dit un peu autre chose. Ça sert à rien, mais je ressentais le besoin de le faire. Il y a surement d'autres sujets sur lesquels je devrais m'exprimer, mais je m'en fous un peu. Déjà parce que vu le nombre de lecteurs que j'ai, je peux me permettre de parler de ça. Et qu'ensuite, pour le reste, des tas de blogs font déjà le boulot. Et que des expériences cinématographiques actuelles, j'en ai pas beaucoup, plus le temps passe. C'est un peu chiant d'ailleurs et je vais devoir me résoudre à habiter dans une vraie ville, avec des vrais cinémas qui passent des trucs que personne ne peut voir.