Choke de Clark Gregg
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Les Plus:
Une bonne histoire avec un bon castingLes Moins:
Un peu trop nombriliste
L’acteur Clark Gregg signe avec Ckoke son premier film en tant que réalisateur. Choke est le deuxième film tiré d’un roman de Chuck Palahniuk paru en 2001, après Fight Club, mis en scène par David Fincher (1999). Choke (le film comme le roman) risque de dérouter les amateurs de bons sentiments, puisqu’y sont abordés la démission des parents face à l’éducation des enfants, la sexualité débridée, les excès de la société de consommation, les addictions, l’histoire coloniale et ses reliques sacrées, les dérives abyssales du corps médical, les arnaques sans scrupules, le sentiment d’échec et le pouvoir à la fois transcendant et effrayant de l’amour.
Cherchant de quoi payer la clinique privée où sa mère est hospitalisée en psychiatrie, Victor Mancini (Sam Rockwell), ancien étudiant en médecine et sexoolique, monte une redoutable escroquerie. Alors qu’il dîne dans les meilleurs restaurants, il fait semblant de s’étouffer et s’arrange pour que de bons Samaritains viennent à son secours : ces derniers, en bon sauveurs, se prennent alors d’affection pour lui et finissent par le couvrir de chèques.
Son boulot est tout aussi surprenant puisqu’il endosse le costume d’un domestique irlandais du XVIIIème siècle dans un parc d’attractions historiques, véritable « musée vivant », replique de ville où chaque figurant à un rôle à jouer. C’est dans cet environnement, où chaque élément anachronique est passible de sanction, qu’il peut retrouver chaque jour son meilleur ami, Denny (Denny (Brad William Henke), adepte du pilori. Et lorsqu’il n’est pas en train de jouer les pèlerins, de s’étouffer en mangeant – ou encore de rendre visite à sa mère qui ne le reconnaît plus -, il participe à des thérapies de groupe pour obsédés sexuels.
Pas étonnant que Victor se sente largué. Mais quand sa mère (Anjelica Huston), dont l’état de santé se détériore, laisse entendre qu’elle est prête à lui révéler l’identité du père qu’il n’a jamais connu, Victor espère obtenir enfin les réponses aux questions qu’il se pose depuis si longtemps. Grâce à la complicité de Denny, tout aussi obsédé sexuel que lui, il se lie d’amitié avec le ravissant médecin de sa mère : en discutant avec elle, Victor finit par croire qu’il a peut-être des origines célestes… Du coup, est-il vraiment un bon à rien pathétique ou une sorte de Messie venu sur Terre pour sauver l’humanité ?
De plus, hanté constamment par ses fantasmes (qu’il met en pratique) il arpente les réunions de sexooliques anonymes, autant pour avoir des relations sexuelles avec Nico (Paz de la Huerta) que pour se guérir. La vie de Victor tourne essentiellement autour de sa mère, malade et interné dans un hôpital, qu’il déteste tout en l’aimant. Néanmoins, ses nombreuses visites lui apporteront enfin satisfaction lorsqu’il rencontrera Paige (Kelly Macdonald), fascinante « femme docteur » qui veut plus que tout au monde lui faire un enfant.
http://www.youtube.com/v/yMZ3Mi1vT-w&hl=fr_FR&fs=1&
Choke - trailer – 2008
Afin de mieux cerner le rôle de Victor, Sam Rockwell a participé à des séances de thérapie de groupe pour obsédés sexuels, avant de visionner un documentaire sur ces gens, et de lire plusieurs fois le roman de Chuck Palahniuk. L’auteur est évidemment depuis Fight Club et son adaptation ciné, considéré comme un écrivain à l’univers sombre et nihiliste, mais Choke va au-delà de ça. En effet, l’histoire est un peu plus optimiste et d’une certaine romantique, même s’il s’agit d’un traitement pervers et post-moderne.
D’autant plus que les personnages qu’il croise, autant à ses réunions, que dans son travail et dans l’hôpital où sa mère ont tous plus ou moins un grain. Et là dedans, il semble que Victor soit le moins fou de tous. Cela peut paraître paradoxal, mais le fait qu’il soit un obsedé sexuel l’empêche de sombre dans une folie, comme l’est un peu sa mère et l’est complètement Paige.
Au niveau formel, Choke est un film estampillé Sundance, et ceci par sa photographie en lumière naturelle et cadrage souvent fixe, légitimant plus le rôle des acteurs que des effets de caméra pour souligner l’action. Bien entendu, c’est surtout à travers les scènes de sexe, avec Paz de la Huerta, qui pourrait sembler le plus choquant. Mais étant donné la fluidité de la mise en scène, le réalisateur passant d’un endroit à l’autre sans difficulté, tout ceci rentre finalement bien dans le moule et on apprécie, à juste titre d’ailleurs, les tribulations de Victor.
Et de ce point de vue, Choke est beaucoup moins tape-à-l’œil et donc moins culte, peut-être que Fight Club, mais tout ceci intriguant et sous couvert d’un nihlisme rageur se cache dans cette œuvre une certaine humanité, bien mise en valeur par un Sam Rockwell au mieux de sa forme.



















































