The Wrestler de Darren Aronofsky
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Darren Aronofsky après The Fountain, qui a connu un succès assez relatif, a remis en selle, et de quelle manière, Mickey Rourke dans un rôle qui lui va comme un gant : celui d’une ancienne star du catch qui veut à tout prix continuer son sport, malgré la fatigue et les muscles qui lâchent. The Wrestler, tout comme le dernier Rocky Balboa, raconte l’histoire de ces ex star des rings qui n’arrivent pas à raccrocher et qui ont bien du mal, en sus, à communiquer avec leurs enfants. Moins stylisés, tout en retenu, le nouveau film d’Aronofsky mérite non seulement le coup d’œil mais constitue en plus une des surprises de ce début d’année 2009.
A la fin des années 80, Randy Robinson (Mickey Rourke), dit The Ram (« Le Bélier »), était une star du catch. Vingt ans plus tard, il ne se produit plus que dans des salles de gym de lycées ou des maisons de quartier… Brouillé avec sa fille Stéphanie (Evan Rachel Wood), il est incapable d’entretenir une relation durable avec quiconque : il ne vit que pour le plaisir du spectacle et l’adoration de ses fans.
Mais lorsqu’il est foudroyé par une crise cardiaque au beau milieu d’un match, son médecin lui ordonne d’abandonner le catch : un autre combat pourrait lui être fatal. Contraint de se ranger, il tente de renouer avec sa fille et, dans le même temps, entame une liaison avec une strip-teaseuse vieillissante. Pourtant, son goût du spectacle et sa passion pour le catch risquent bien de reprendre le dessus et de le propulser de nouveau sur le ring…
http://www.youtube.com/v/61-GFxjTyV0&hl=fr_FR&fs=1
The Wrestler– trailer – 2009
Randy Robinson ne vit que pour le catch. Mais ça ne paye plus depuis qu’il a un certain âge ». il dois faire des petits boulots comme boucher dans une grande surface, sans qu’il y trouve son compte. Il vit piteusement et a bien du mal à faire face aux choses de la vie. Il n’est bien que sur un ring et ne sait rien faire d’autres.
Le Corps fatigué de Rourke est dans The Wrestler bien exploité, ainsi que son petit coté bling bling qui permet à ce personnage de prendre toute sa dimension. Sa petite folie intérieure alimentée par son succès passé, l’entraîne peu à peu dans une descente aux enfers qu’il a lui-même programmé. Le film tourne donc essentiellement sur cela et voir cet univers très brut, réaliste autant que triste crée une certaine émotion.
Aronofsky dresse un portrait moins tranchant de ce Randy que les personnages dans Requiem for a dream. Et c’est évidemment tout en son honneur puisque l’histoire méritait, en dépit du sujet, un traitement plus fin. Le scénario de Robert D. Siegel est concret et bénéficie en même temps d’un joli impact et Aronofsky a su en tirer correctement parti sans faire dans la démesure. Les autres personnages du film méritent aussi une éloge, que cela soit Marisa Tomei ou encore la jeune Evan Rachel Wood.
En effet, l’image est réaliste, froide et grise et constitue d’ailleurs la marque de fabrique des films estampillés Sundance ou plus généralement les films dit « Indé » aux États-Unis. Mais ici, le cadre est parfait puisque l’univers s’y prette bien évidemment. Il contraste avec la rage des combats, le ring, les chaises qui s’entrechoquent sur des corps usés par les coups reçus pendant des années. Ce parallèle manifeste, est exploité à sa juste mesure et rend hommage à tout une partie de la population américaine, qui fait certes des boulots de merde, mais qui s’accomplissent personnellement dans leurs centres d’intérêt tous les week-end. Et The Wrestler leur rend hommage de manière générale, en étant correct et concret…
Vous l’aurez donc compris, The Wrestler mérite le coup d’œil et le charme du film, pour peu que les non amateurs de catch fassent abstraction de ce sport, réside dans la force du personnage, tout comme dans une certaine conception de l’Amérique, celle des petits, celle où ils cherchent à retrouver leurs gloires passés, autant par envie que par besoin. Ce dernier élément est peut-être le principal et fait ici la force de The Wrestler…
The Wrestler de Darren Aronofsky | Scénario de Robert D. Siegel | Photographie de Maryse Alberti | Musique de Clint Mansell et Bruce Springsteen (chansons) | Avec Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood, Judah Friedlander, Ajay Naidu, Mark Margolis, Todd Barry, Wass Stevens | Etats-Unis | Drame | 2009 | 105 min | Distribué par Mars Distribution







































