L’Enfer du dimanche d’Oliver Stone

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Posted 6 mars 2009 by Dextarian in

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by Dextarian
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Le scénario de L’Enfer du Dimanche a été un peu complique à mettre en branle puisqu’il résulte de l’amalgame de trois scénarios. En effet, Oliver Stone, le réalisateur, remania tout d’abord un scénario écrit par un ancien joueur de football professionnel, Jamie Williams (Monday Night). Stone obtint ensuite les droits de deux autres scripts (On Any Sunday de Chicagoan John Logan et Playing Hurt de Richard Donner et Lauren Schuller Donner). Il put ainsi élaborer, en collaboration avec John Logan, un scénario mêlant les éléments contenus dans ces différents scripts. Comme il n’a pu trouver d’accord avec la National Football Ligue, Oliver Stone et son producteur, Clayton Townsend, ont décidé de créer une ligue de football fictive, l’Assocation of Football Franchises of America (AFFA). Libre de toute contrainte, l’équipe du film a ainsi pu composer à loisir de nouvelles équipes et inventer de nouveaux logos. Ce qui est donc, au regard du statut un peu particulier du film que l’on pourrait qualifier, pour certains, de culte, un peu dommage tant il est vrai que sport toujours aussi méconnu en France y a gagné quelques galons, notamment par le discours du Coach Pacino qui reste comme l’un des discours marquant du cinéma américain.

C’est la descente aux enfers pour les Miami Sharks, une équipe de football américain qui subit une série de revers. Pour se maintenir à son poste, l’entraîneur qui commence à être sérieusement contesté fait jouer un débutant talentueux.

A travers cette fresque sur les enjeux du football américain, le réalisateur dresse un bilan des névroses de l’Amérique, en mettant aux prises tous les acteurs de ce sport (propriétaires de franchises, entraineurs, joueurs, spectateurs et commentateurs).

 


L’Enfer du dimanche – Bande-annonce – 1999

L’Enfer du dimanche est une fresque moderne sur un sport qui ne l’est pas moins, malgré son ancienneté. On a déjà pu se familiariser des travers du football américain à travers d’autres films qui ébauchent en partie ce milieu (comme Le dernier samaritain par exemple) mais jamais de manière aussi fouillée, en cherchant autant une certaine crédibilité, que le film obtient sans problèmes, qu’en mettant et confrontant les désirs des uns avec ceux des autres.

L’Enfer du dimanche est réellement et surtout pour cela, une œuvre assez particulière dans la filmographie de Stone puisqu’elle est moins, finalement, critique vis-à-vis d’un système qu’elle fait l’étude et le simple constat de ce dernier. En mettant en opposition les ambitions de chacun, les tiraillements et les états d’âme d’un coach à la dérive, un peu fini mais très bon par le passé, le film de Stone cherche autant à montrer l’envers du décor, de fort belle manière, que la difficulté de sortir du piège du jeu. Et de ce point de vue, ce n’est donc pas un simple film de sport assez banal, comme les États-Unis aiment en produire chaque année mais une œuvre transversale.

 


L’Enfer du dimanche – le discours du coach inspiré et transcendé – 1999

 

« Je ne sais pas quoi vous dire en fait. Trois minutes avant le plus grand combat de nos carrières. Tous se joue aujourd’hui. Soit nous guérissons en tant qu’équipe, soit nous nous écroulons, centimètre après centimètre, jeu après jeu, jusqu’à la fin… Nous sommes en enfer messieurs. Croyez-moi. Nous pouvons y rester, nous faire massacrer… Ou nous pouvons nous battre et revenir dans la lumière. Nous pouvons remonter de l’enfer centimètre après centimètre. Je ne peux pas le faire à votre place. Je suis trop vieux. Je regarde autour de moi, je vois ces jeunes visages et je me dis que j’ai fait tous les mauvais choix qu’un homme entre deux âge peut faire. Croyez-le ou non, j’ai claqué tout mon fric. J’ai fait fuir tous ceux qui m’ont jamais aimé. Et c’est ainsi. Je ne peux plus me regarder dans la glace… Vous savez quand on vieillit, certaines choses vous sont enlevées. Ca fait partie de la vie. Mais on n’apprend ça que quand on commence à perdre des choses. On apprend que la vie se joue centimètre par centimètre. Le football aussi. Dans les deux jeux, la vie ou le football, la marge d’erreur est si réduite… Un demi pas trop tard ou trop tôt, et on n’y arrive pas tout à fait. Une demie seconde avant ou après, et on n’attrape pas tout à fait. Ces centimètres que nous voulons sont partout autour de nous. Dans chaque phase de jeu, à chaque minute, à chaque seconde. Dans cette équipe, on se bat pour ce centimètre. Dans cette équipe, on se déchire et on déchire tout le monde autour pour ce centimètre. On griffe de nos ongles pour chaque centimètre. Parce qu’on sait qu’à la fin, le total de tous ces centimètres fera la putain de différence entre gagner et perdre ! Entre vivre et mourir ! Je vais vous dire : dans chaque combat, c’est le gars qui est prêt à mourir qui gagnera ce centimètre. Et si j’ai encore un peu de vie, c’est que je veux encore lutter et mourir pour ce centimètre e. Parce que vivre, c’est ça ! Ces 15 centimètres devant vous ! Je ne peux pas vous y forcer ! Regardez ce type à côté de vous ! Regardez-le dans les yeux ! Vous verrez un type qui foncera avec vous. Vous verrez un type qui se sacrifiera pour l’équipe parce qu’il sait que le moment venu, vous en ferez autant pour lui…C’est ça une équipe messieurs. Soit nous guérissons, maintenant, comme équipe… Soit nous mourrons, comme individus. C’est ça le football, les gars. Ca n’est que ça. Eh maintenant, qu’allez-vous faire ?« 

Voici donc le discours de L’Enfer du dimanche qui fera de cette scène une scène culte et particulière, reprise par pas mal de monde. Parce que cette histoire de centimètre nous ramène à notre vie de tous les jours. C’est aussi d’une certaine manière, un condensé de la philosophie américaine qui si aujourd’hui, on la conçoit plus aisément comme des GI’s sans grande intelligence, a permis de bâtir une nation en moins de 300 ans qui domine encore pour quelques années le monde, du haut de sa superbe. On peut évidemment le regretter mais force est de constater que ce discours, qui harangue les joueurs d’une équipe de football, trouve un un certain écho encore aujourd’hui.

L’Enfer du dimanche (Any Given Sunday) d’Oliver Stone | Scénario de Daniel Pyne, John Logan et Oliver Stone | Photographie de Salvatore Totino | Musique de Jamie Foxx | Avec Al Pacino, Cameron Diaz, Dennis Quaid, James Woods, Jamie Foxx, LL Cool J, Aaron Eckhart, Oliver Stone, Matthew Modine, Jim Brown | Etats-Unis | 1999 | 145 min. | Comédie dramatique et sports | Distribué par Warner Bros. France | Crédit photographique : Warner Bros.


Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

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