Battle Royale II – Requiem de Kinji Fukasaku et Kenta Fukasaku
Battle Royale 2 est un film japonais réalisé par Kenta Fukasaku et Kinji Fukasaku, sorti le 5 juillet 2003 au Japon. Mais c’est surtout la suite de Battle Royale réalisé trois ans plus tôt par Kinji Fukasaku, le père de Kenta, décédé malheureusement pendant le tournage. On a donc fait appel à son fils pour terminer le film et cela se ressent un peu. En effet, ce deuxième volet n’a plus grand-chose à voir avec le postulat de départ et surtout la manière de filmer et de concevoir ce film est bien moins percutante que lors du premier opus..
L’histoire se déroule un an après le premier film. On y suit les deux survivants rentrer chez eux et tenter d’alerter l’opinion publique sur ce qui s’est passé sur l’île. Shûya Nanahara, l’un survivant du dernier jeu intitulé BR, a en effet déclaré la guerre aux adultes. Sa stratégie : le terrorisme. Leurs déclarations provoquent un chaos sur tout le pays, violemment réprimé par le pouvoir militaire.
Ce dernier décide alors de faire participer les deux opposants à la deuxième session de Battle Royale en compagnie d’une classe beaucoup moins tendre que la précédente. Le gouvernement japonais, clairement fascisant, va kidnapper une nouvelle classe de jeunes à la dérive afin de l’envoyer combattre, contrainte et forcée, l’armée de Shûya, aujourd’hui repliée sur une île éloignée.
http://www.youtube.com/v/YBRHp6881kA?fs=1&hl=fr_FR
Battle Royale II – Requiem – Bande-annonce – 2002
Très différent du premier, Battle Royale II – Requiem aborde des sujets aussi importants et variés comme la position de l’impérialisme américain, le terrorisme comme réponse à tout voire unique réponse tout court ou encore et c’est plus surprenant venant de la part de ce pays, l’héroisme individuel contre le collectif (qui est, on le rappelle une des valeurs centrales de la nation japonaise). Ainsi, là où le premier était politiquement très axé sur le Japon, ce film est très différent, parce que très axé hors Japon, voire même tout de go, une certaine vision des Etats-Unis et une haine assez franche de la part des jeunes gens contre la manière non dissimulée de ce pays de s’immiscer dans leurs relations. Bien entendu, ces attaques sont assez peu criantes dans le film puisqu’on n’est plutôt dans une critique d’un pays « qui nous a réduit en enfance depuis cinquante ans ». D’ailleurs, le parti pris est intéressant puisque ce pays est vu comme ingérant dans les affaires internes du Japon, qui se permet de réduire les poches terroristes à coup de missile sans se préoccuper de savoir ce que pensent les japonais.
On sort donc avec Battle Royale II – Requiem du message principal – qui était la critique de la politique fascisante mais acceptable par le peuple japonnais dans Battle Royale où dans ce dernier, pour régler les problèmes de violences scolaires un loft destructeur est créé – pour entrer dans un univers politique internationale où les enfants sont utilisés pour lutter contre les terroristes réels ou supposés. L’Afghanistan devient donc une terre de refuge autant que d’apprentissage. Les États-Unis sont un leader peu apprécié mais auquel le premier ministre se plie sous les missiles.
Battle Royale II – Requiem joue donc à fond la carte de la politique, de manière assez naive, avec d’ailleurs un propos assez enfantin de comment il faudrait concevoir les choses pour que les gens puissent s’entendre, sans ingérence de la part des Etats-Unis. Ce procédé est assez intriguant et renvoi donc, du coté du Japon, au 11 septembre et notamment à ses conséquences.
Sauf que ce volet, tourné également comme une pauvre série-B, suggère plus cela qu’elle ne le met en pratique et surtout en image de manière impactante. Les scènes sont bordeliques, comme si tout devait être filmé et tourné dans l’urgence. Les acteurs n’arrivent donc pas à produire le meilleur d’eux-mêmes et tout le message du premier volet part en éclat, comme si les ennemis de la société étant forcément à l’extérieur et non plus à l’intérieur.
Battle Royale II – Requiem a donc une volonté certaine de dénoncer des choses qui se passe à l’heure actuelle, à travers un film de SF, sur la société japonaise. Mais entre vouloir faire quelque chose et le réaliser vraiment, il y a quelque fois un pas de géant. Ce qui est d’autant plus dommage ici que le concept est un vrai bon concept de série-B et de film catalogué comme « cool ».
Battle Royale II – Requiem (Batoru rowaiaru II : Rekuiemu) de Kinji Fukasaku et Kenta Fukasaku | Scénario de Kenta Fukasaku et Norio Kida, d’après les personnages d’une nouvelle de Koushun Takami | Photographie de Katsumi Yanagishima | Musique de Masamichi Amano | Avec Tatsuya Fujiwara, Aki Maeda, Shugo Oshinari, Ayana Sakai, Haruka Suenaga , Yuma Ishigaki, Miyuki Kanbe, Masaya Kikawada, Yoko Maki, Ai Iwamura | Japon | 2002 | 134 min. | Action, Epouvante-horreur





































