X-Men Origins: Wolverine de Gavin Hood

7
Posted 3 mai 2009 by Cédric Le Men in Action

Rating

Réalisation
70%


Casting
75%


Scénario
65%


Photo
80%


Musique
65%


Intérêt
75%


Total Score
72%


Genre: , ,
 
Réalisation:
 
Avec: , , , , , , , , ,
 
 
Scénario: , ,
 
Photographie:
 
Musique:
 
Pays:
 
Distributeur:
 
Date De Sortie:
 
Année De Production:
 
Durée: 105 minutes
 
Crédit photographique: Twentieth Century Fox France
 

Les Plus:

Des acteurs convaincants, des scènes d'action plutôt bien foutues, une photographie très soignée.
 

Les Moins:

Quelques longueurs, la romance entre Logan et Kayla est un brin trop mielleuse.
 
by Cédric Le Men
Full Article

Plus encore que la plupart des autres grandes figures de Marvel, les X-Men ont, des années durant et aujourd’hui encore, bercé l’adolescence de nombreux jeunes. La célèbre firme de comic books américaine – qui tire son nom actuel du premier comic book publié par Timely Comics, créée par Martin Goodman à la fin des années trente – apprenant le succès de la Ligue de Justice d’Amérique (Justice League Of America ou JLA en version originale, est une équipe regroupant l’essentiel des super-héros créés par la firme DC Comics, parmi lesquels Batman, Superman, Green Lantern ou Wonder Woman), décide alors de créer, dès le début des années soixante, une nouvelle équipe de super-héros. C’est la naissance des Quatre Fantastiques, sous les plumes des légendaires Stan Lee et Jack Kirby1. Deux ans plus tard, une nouvelle équipe sera formée, composée de jeunes mutants aux noms farfelus tels que Cyclope, Iceberg, Le Fauve, Marvel Girl ou Angel et supervisés par le Professeur Xavier (aussi appelé Professeur X).

Faute d’un public pour soutenir la série, celle-ci s’effondre en 1969, six ans à peine après sa naissance. Ce n’est qu’à force de rééditions qu’un intérêt va renaître, entraînant en 1975 la création des nouveaux X-Men, des mutants cette fois-ci adultes, certains faisant partie du groupe original et d’autres apparaissant pour la première fois. C’est le cas de Colossus, Diablo ou Tornade, ainsi que d’un certain James « Logan » Howlett, bientôt connu sous le pseudonyme Wolverine (Serval en France).

Il apparaît pour la première fois en 1974 à la dernière page du magazine Incredible Hulk2, qui annonce son arrivée dans le numéro suivant. Ses pouvoirs le rendent virtuellement indestructible : il possède un squelette recouvert d’un métal extrêmement résistant, l’adamantium, un sens de l’odorat surdéveloppé, des griffes rétractiles aux mains, ainsi qu’un pouvoir d’auto-guérison. Il devient rapidement la coqueluche des lecteurs, son histoire d’amour platonique avec Jean Grey, son passé oublié – il est amnésique – avivant les fantasmes les plus farfelus de la part des fans. Il est certainement l’un des personnages les plus troubles et les plus intrigants de l’univers Marvel et en devient du coup l’un des plus charismatiques. Il est aussi le plus violent des X-Men, ce qui joue aussi en sa faveur après du public et il ne tardera pas à rejoindre les super-héros les plus populaires, aux côtés de Spider-Man notamment3.

À tel point que lorsque Bryan Singer signe X-Men en 2000, c’est déjà autour du personnage de Wolverine que le filme tisse sa trame, bien que les autres personnages soient eux aussi à l’honneur. Mais, déjà, il était avant tout question de comment il avait rejoint les X-Men, de sa love story avec Jean Grey et du triangle amoureux impossible composé d’eux deux et de Cyclope. Une impression que le second film confirmera, trois ans plus tard. Là, il est clairement question de la quête identitaire de Wolverine : son retour à Alkali Lake, sa rencontre avec le Colonel Stryker4

Après un troisième film plus général et surtout beaucoup moins réussi, c’est donc tout naturellement que la saga se poursuit en reprenant l’histoire du plus grand X-Men de tous les temps. Si, en 2000, la mention du quasi-inconnu Hugh Jackman dans le rôle de Wolverine avait fait grincer des dents – il ne faut pas oublier que dans le comics, Wolverine est un personnage petit, trapu, à l’opposé du mètre quatre-vingt-neuf arboré par le comédien australien – il avait bien fallu se rendre à l’évidence : l’acteur était tout simplement parfait dans son rôle. On le retrouve donc dans X-Men Origins : Wolverine avec un immense plaisir. Comme son nom l’indique, le film illustre les origines du personnage, en se basant pour ce faire sur la série Origin publiée entre novembre 2001 et mars 2002, écrite par Bill Jemas, Joe Quesada et Paul Jenkins, et illustrée par Andy Kubert et Richard Isanove.

On y découvre un enfant chétif, malade, James, qui va très rapidement faire l’expérience du décès de son père, assassiné par le gardien du domaine familial au Canada, ce qui aura pour effet de provoquer l’apparition de ses pouvoirs. Après avoir tué le gardien, qui s’avère être son véritable père, James s’enfuit en compagnie de Victor, le fils du gardien – son frère donc – lui aussi doté de pouvoirs étranges. Le temps passe et les deux frères grandissent ensemble, l’un rationnel, l’autre cédant à ses pulsions meurtrières, jusqu’au jour où James est forcé de s’opposer à son frère, lorsque le Colonel Stryker les entraîne avec lui, à la recherche d’une mystérieuse substance qu’il est décidé à trouver coûte que coûte.

Première claque : le générique, fabuleux montage des guerres auxquelles ont participé les deux frères – la guerre de sécession, première et seconde guerres mondiales et Viêt Nam – et le tourbillon de violence dans lequel s’engouffre Victor. La mise en scène est claire, signifiante, rien à redire. Gavin Hood, connu des amateurs de séries télévisées pour avoir incarné Anubis dans la série Stargate SG-1 le temps d’un épisode, l’est surtout pour son premier long métrage, Mon nom est Tsotsi, remarquable. Par une surprenante pirouette du destin comme Hollywood sait si bien les faire, il se retrouve donc aux commandes de ce film, à des millions de kilomètres de ses précédents travaux, et le résultat est fort plaisant !

Bien sûr, comme tous les films, a fortiori adaptés, celui-ci n’échappe pas à la règle et présente son lot de « libertés » : Stryker reste colonel, sans doute par cohérence par rapport aux précédents films ; Heather et James Hudson deviennent de paisibles petits vieux qui recueillent Wolverine après son évasion de l’installation Weapon X (et James se transforme en Travis, pour une raison inconnue) ; Emma Frost devient la sœur de Kayla « Silver Fox » et ce dernier personnage ne possède pas du tout les mêmes pouvoirs que dans le comic book… Mais tout ceci tient finalement du détail. Plus surprenant est cependant le traitement réservé à Deadpool, autre création estampillée « Weapon X », ici étrange mélange entre son alter-ego, Wade Wilson, le personnage des comic books et les délires des scénaristes. Enfin, certaines scènes, notamment celles illustrant l’amour de Wolverine et Kayla, tendent parfois vers le mielleux. Mais en prendre ombrage reviendrait à oublier la nature profondément romantique – au sens littéral – du personnage.

Point fort, la direction d’acteurs et l’ensemble du casting. Si Ryan Reynolds s’était montré époustouflant de nullité dans Blade : Trinity, il tient ici très correctement son rôle. Taylor Kitsch incarne un Gambit tout en séduction et cabotinage, à l’image du personnage original. Hugh Jackman est, comme à son habitude, absolument impeccable dans ce qui sera probablement le rôle de sa vie. Liev Schrieber possède ce qu’il faut de machiavélisme et d’innocence pour rendre son personnage haïssable et touchant à la fois. Le tout, servi par une photographie soignée, signée Donald McAlpine (Moulin Rouge, le premier Narnia…), un vieux de la vieille. À la musique, Harry Gregson-Williams, qui accouche d’une partition remplissant plus que correctement son office, après son travail remarquable sur Metal Gear Solid : Guns of the Patriots.

X-Men Origins : Wolverine n’est pas un grand film pour autant. C’est juste un très bon divertissement, qui se place en digne héritier des deux premiers opus de la franchise X-Men. Il ne faut donc pas y chercher beaucoup plus que ça, mais c’est déjà pas mal, à une époque où adaptation de super-héros rime trop souvent avec gaudriole et ridicule.

Et puis ça nous changera des navets français du genre de Mutants

  1. Ils sont à l’origine de la plupart des grands super-héros Marvel : Spider-Man, Hulk, Thor, Daredevil, X-Men… c’est eux ! []
  2. Le numéro 181 pour les puristes. []
  3. Il est classé en première position par Wizard Magazine dans la catégorie « Top 200 des super-héros » et en quatrième position dans la catégorie « Les 50 plus grands personnages de comic books » par Empire Magazine. []
  4. Ce qui constitue la plus grosse trahison du film envers le comic book : William Stryker n’avait rien d’un militaire dans la bande-dessinée, il s’agissait d’un révérend télé-évangéliste fondamentaliste qui se voyait comme investi d’une mission divine consistant à éliminer tous les mutants. []

Le Rédacteur

Cédric Le Men
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Rédacteur en chef du magazine When you have to shoot, shoot, don't talk.

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