Transformers 2 : La revanche
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Sortie le 24 juin 2009
L’avantage, avec Michael Bay, c’est qu’on sait d’avance qu’on en aura pour notre argent. Ou, plutôt, pour l’argent de la production qui, comme ça n’est pas toujours le cas au cinéma, saute littéralement aux yeux du spectateur. Et que de chemin parcouru depuis son premier long-métrage, Bad Boys, en 1995 ! Alors doté d’un budget « modeste » de vingt-trois millions d’euros, le film est un succès colossal et permet au sympathique réalisateur californien de rapidement gravir les échelons du star system hollywoodien. Il nous revient aujourd’hui avec la suite de Transformers, doté, tenez-vous bien, d’un budget presque dix fois supérieur à celui de Bad Boys avec deux cents millions de dollars.
Petit retour au début des années 80, à l’époque où la firme japonaise Takara crée les Transformers, des jouets hybrides dont les personnages, des robots, offrent l’étonnante capacité de pouvoir se transformer en véhicules, avions et autres animaux mécaniques. En 1984, Hasbro achète les droits des jouets et en fait une distribution mondiale, avec le succès que l’on connait. En est tiré un comic book édité par Marvel, un dessin animé – lui aussi produit par Marvel et diffusé en France dès 1987 sur la chaîne Antenne 2 dans l’émission Récré A2. Bientôt oubliée en France, la série continue de faire des émules outre-Atlantique et c’est ainsi qu’en 2007, le premier film sort au cinéma sous l’égide de Michael Bay et de son producteur exécutif, Steven Spielberg.
Festival étourdissant d’effets spéciaux absolument ahurissants de réalisme, Transformers ne peine pas à convaincre le public et double sans mal la mise initiale sur le seul territoire nord-américain, malgré un scénario timbre poste. Une suite était donc inévitable et nous parvient donc ce 24 juin 2009. On y retrouve les mêmes ingrédients qui ont fait le succès du premier opus, ce mélange d’humour et d’excès visuels en tout genre. Mais, Michael Bay oblige, il eut été naïf de penser que le réalisateur amateur de belles voitures, de belles filles et de grosses explosions – le tout en même temps si possible – s’arrêterait là. Il applique donc soigneusement la célèbre devise « bigger, better, louder1 » à la lettre et livre un film qui frôle le génie, le travail incroyable sur les effets spéciaux et la mise en scène n’ayant finalement d’égal que la bêtise d’un scénario strictement prétexte à des situations plus rocambolesques les unes que les autres.
Michael Bay accouche donc d’un film qui, par bien les aspects, est le digne héritier du cinéma d’exploitation américain des années 80 et 90, quand un film ne se construisait que sur un acteur estampillé « action », sans aucun autre égard pour la qualité du script2. L’essentiel se situant alors dans la cool attitude du héros qui, inévitablement, se sortira sans grand mal des pires situations en emballant par la même occasion la blonde plantureuse qui le dévore des yeux depuis les premiers instants de leur rencontre et en faisant, si possible, tout exploser sur son passage.
Remplacez la blonde par une magnifique – il faut bien le reconnaître – brune, le héros musclé par un jeune pas franchement dégourdi et le sidekick3 habituel par un robot muet et aux attitudes funky et vous obtiendrez Transformers et sa suite, le reste se « limitant » finalement à une surenchère d’effets spéciaux de toute beauté et à un surnombre de robots tous plus impressionnants les uns que les autres – tant par leur taille que par leur conception. Car s’il faut bien reconnaître une qualité à Michael Bay c’est sa capacité à réinventer, à chaque film, les codes du gigantisme à l’écran. Jamais dépassé par la technique, ses films n’hésitent pas à en faire des tonnes, quitte à se montrer parfois un brin transgressifs : on pense par exemple aux cadavres lancés sur l’autoroute ou au bidonville défoncé à grand renfort de Hummer dans Bad Boys 2. Le fait est que Michael Bay ne s’en formalise pas et livre à chaque fois un film qui va égratigner les limites du possible, sans complexe aucun.
Les amateurs du premier Transformers y trouveront donc sans aucun doute leur compte. Ceux qui, par contre, n’y ont vu aucun intérêt pourront sans problème faire l’impasse sur ce deuxième opus. Toutefois, indéniablement, ce nouveau film de Michael bay remplit encore amplement – outre les poches de ses producteurs – ses fonctions premières en offrant un spectacle vertigineux.
On attend dès lors le troisième volet des aventures d’Optimus Prime et ses acolytes avec impatience, ne serait-ce que pour reluquer une nouvelle fois la magnifique carrosserie… de Megan Fox !
Transformers 2: la Revanche (Transformers: Revenge of the Fallen ) de Michael Bay | Scénario de Ehren Kruger, Roberto Orci et Alex Kurtzman | Photographie de Ben Seresin | Musique de Steve Jablonsky | Avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, Tyrese Gibson, John Turturro, Kevin Dunn, Julie White, Isabel Lucas, John Benjamin Hickey, Ramon Rodríguez | Etats-Unis | 2009 | 151 min. | Action, Aventure et Science fiction | Distribué par Paramount Pictures France | Crédit photographique : Paramount Pictures
- Littéralement, « plus gros, meilleur, plus bruyant ». [↩]
- Nous pensons avec émotion à Sylvester Stallone dans Cobra, Tango & Cash ou Haute Sécurité, pour ne citer que lui et quelques-uns de ses plus « grands » films. [↩]
- Personnage servant de ressort comique. [↩]









































