Public Enemies de Michael Mann

Sorti le 8 juillet, Public Enemies de Michael Mann promettait une belle rencontre entre les stars du moment, Johnny Depp et Christian Bale. Et cela s’arrêtera là. En effet, le film a déjà été tourné il y a un moins de quinze ans maintenant et il s’appelait Heat.


On ne sait pas trop ce qui, du point de vue du spectateur, a poussé le réalisateur à adapter à l’écran l’histoire de John Dillinger, le braqueur de banque hors pair qui a sévi à de nombreuses reprises dans l’Amérique des années 30. Peut-être parce qu’il était avancé comme « l’ennemi public numéro 1 » par le patron du BI qui deviendra pendant la même époque le FBI, John Edgar Hoover, Dillinger sera traqué sans relâche par Melvin Purvis (Christian Bale), l’un des agents fédéraux des plus efficaces, qui démissionnera après la mort de Dillinger. Toujours est-il que cette histoire, qui prend corps au cours de l’année 1933, en pleine dépression, est molle et sans saveur.

La faute à l’utilisation des mêmes moyens que ces précédents longs métrages, Collateral et Miami Vice, la DV (en fait HD, mais ça fait plus DV hé hé hé) qui donne un aspect téléfilm à l’image sur grand écran, vu que toutes les salles ne sont pas équipées. Autant cela peut passer quand on s’appelle De Palma et qu’on tourne Redacted pour une bouchée de pain, autant pour ce film, de vraies caméras auraient peut-être été un choix judicieux. Mais Mann n’a plus grand chose à prouver et il fait bien ce qu’il veut. Et même nous refaire le coup de plusieurs films, dont Heat, bien entendu. On peut reprocher en effet que l’histoire au lieu de nous entrainer autant sur des rapports bien humains mais également politiques comme L’échange de Clint Eastwood, ne nous laisse qu’un duel à distance entre les deux hommes, dont la rencontre s’apparenterait encore une fois à Heat entre Al Pacino et Robert de Niro.


Que dire de la bande annonce, dont le gunfight et la course poursuite dans les bois est un copié collé du score du Joker dans Dark Night, le compositeur ne se foulant pas vraiment.

Une scène marquante aurait pu être le passage à tabac en règle de Marion Cotillard. Sauf que le True Romance de Tony Scott est déjà passé par là niveau intensité et que la petite n’est pas aussi mimi que la Patricia Arquette.

On aurait même droit à un hommage à Barton Fink, avec la scène dans l’hôtel, où d’ailleurs l’alcolyte de Purvis se prénomme, étrange hasard ou coïncidence ou donc effet voulu, Barton.

Si Depp tient bien son rôle, mais il a toujours aimé joué ce genre de personnage, imitant Clark Gable pour la scène finale, les autres acteurs sont poussifs. Bale est toujours fidèle à lui-même, c’est-à-dire qu »il nous ressert son jeu au deux mimiques faciales typées blockbuster et Cotillard joue très bien la potiche de service.

Bref, le Mann de 2009 n’est pas un grand cru et hormis les décors somptueux, mais j’aurais envie de dire heureusement et hormis des gunfights toujours aussi percutant, on décolle pas vraiment. Une déception. Encore une de 2009 après Terminator (toujours avec Bale) pour ma part. Je sens qu’avec le Tarantino, je suis bien parti pour une troisième.

PS: Bien entendu, comme le dit Guiyomus, faut voir ce film en HDDC, sauf que toutes les salles ne sont pas équipées, et ça sera fouttrement mieux quand ça sortira en DVD:Blu ray.

Public Enemies de Michael Mann | Scénario de Ronan Bennett, Ann Biderman d’après l’oeuvre de Bryan Burrough | Photographie de Dante Spinotti | Musique de Elliot Goldenthal | Avec Johnny Depp, Christian Bale, Marion Cotillard, Channing Tatum, Billy Crudup, Giovanni Ribisi, Stephen Dorff, Jason Clarke, Stephen Graham, David Wenham | Etats-Unis | 2009 | 133 min. | Policier et Drame |  Distribué par Universal Pictures International France