Partir de Catherine Corsini

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Posted 14 août 2009 by Dextarian in

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by Dextarian
Full Article

Sortie le 13 août 2009

Suzanne (Kristin Scott Thomas) a la quarantaine. Femme de médecin et mère de famille, elle habite dans le sud de la France (le Gard), mais l’oisiveté bourgeoise de cette vie lui pèse de plus en plus. Elle décide donc de reprendre son travail de kinésithérapeute, qu’elle avait abandonné quinze ans plus tôt pour élever ses enfants, et convainc son mari de l’aider à installer un cabinet. A l’occasion des travaux, elle fait la rencontre d’Ivan (Sergi López), un ouvrier en charge du chantier qui a toujours vécu de petits boulots et qui a fait de la prison. Leur attraction mutuelle est immédiate et violente et Suzanne décide de tout quitter, son mari (Samuel, interprété par Yvan Attal) et ses enfants, pour vivre cette passion dévorante.


Partir est un film qui se veut autant romantique sur férocement réaliste et sauvage, sur les relations distendues entre une épouse, mère de famille aimante et son mari ambitieux prêt à tout pour barrer la route de cet amour naissant et déjà fort enter Suzanne et Ivan.

Partiiiir, Partiiiir
http://www.youtube.com/v/q4i5KCvlwGc&hl=fr&fs=1&color1=0x3a3a3a&color2=0×999999
Partir - Trailer – 2008

Kristin Scott Thomas est de tous les plans, de toutes les situations. Et elle est autant resplendissante que bien campé dans son rôle. En un mot, et pour faire très journaliste de cinéma : elle est impeccable, comme Sergi López ou Ivan Attal. Ce drame qui se noue entre ces personnages est très fort.

Maintenant, ce film qui se veut réaliste me pose problème à plusieurs niveaux. Certes, lorsqu’Ivan se blesse en voulant rattraper la voiture de Suzanne, qui a oublié de mettre le frein à main, toute contente de le retrouver, les dégâts causés sur la caisse est bien reproduit sur les plans suivants (il manque même un enjoliveur, c’est pour dire). Par contre, lorsque Suzanne arrive pour la Balle de match de la partie de Tennis que joue son fils, après trois set, ce dernier n’a aucune marque de transpiration, est hyper bien coiffée, resplendissant quoi. On se demande s’il a joué un match de tennis en plein cagnard ou s’il a fait bronzette au bord de la piscine.

Quant au fond de l’histoire, on sent bien que le scénario est issu d’un point de vue féminin où tout etre mis en œuvre pour que Suzanne ne vive pas un nouvel amour. Seulement voilà, une femme au foyer, qui a deux enfants, qui a été obligé d’arrêter de travailler pour s’en occuper, a non seulement une pension alimentaire (ou une pension de reconversion) parce qu’elle ne dispose d’aucune source de revenu, mais en plus, elle dispose souvent de la moitié des biens, puisque c’est la communauté des biens qui régissent les mariages en France, sauf convention. Et comme Samuel a l’air bien accroché, je doute qu’il a fait signé un contrat de mariage en bonne et due forme. Et quand bien même Suzanne aurait abandonné le domicile conjugal pour vivre son idylle, je vois pas bien en quoi un juge lui donnerait tous les tords.

Car oui, en France, lorsqu’on divorce, c’est le mari qui paye. Et c’est très rare que la femme n’ai rien. Aussi ce film est un peu de la science fiction, malgré ce coté réaliste.

On va même poursuivre en disant que non seulement tu peux bosser dans cette région toute l’année et enchainer les heures, mais que les agences d’interim adorent les vieux pour tous les boulots de merde (inventaire, manutention, serveur, ect, ect, ect). C’est une région touristique et il y a de quoi faire. Je comprend pourquoi alors ils doivent autant galérer pour récupérer trois francs six sous alors qu’ils peuvent être deux à taffer comme des malades (en intérim, on touche juste 20% de plus que le SMIC, quelque soit le boulot). Certes, le Ivan sort de prison et les reconversions sont chaudes. Mais la madame peut très bien faire un autre boulot. Et certes, le Gard (le département où a été tourné le film, voir les plaques d’immatriculation) est coincé entre deux gros départements porteurs : L’Hérault et les Bouches-du-Rhônes). Mais quand bien même, ce n’est pas non plus le département le plus pauvre de France (il faut bien faire vivre les Mandarins locaux, symbolisés par Ivan Attal dans ce film).

Aussi, sous couvert de réalisme, Partir est un peu inquiétant. Parce que c’est non seulement une grosse fiction et ça doit être vue comme telle, mais qu’en plus, rien des situations présentées dans le film ne peuvent s’enchainer vraiment comme cela dans la réalité. Et je connais d’ailleurs une personne qui a vécu la même situation décrite par le film (sans le drame) et qui a eu beaucoup moins de mal à s’en sortir, malgré quelques passages difficiles.

Il est certes important de vouloir décrire une réalité, une passion amoureuse, une tragédie actuelle, mais encore faut-il que les embuches que doivent traverser le couple puisse être crédibles. Sans quoi le film ne peut pas mériter plus d’égards que bon nombres de films taxés de bêtes, méchants, sales et affreux (comme les films de genre, les blockbuster et Jean Passe).

Dernière chose : il serait bien d’avoir un montage moins académique. C’est fou le nombre de films français montés tous de la même façon : un plan, une action, un autre plan, une autre action, sans linéarité. Je suppose que les monteurs sortent tous de la même école, mais c’est hyper relou à voir quand c’est jsute le 10000e film à faire la même chose. Pitié un peu de fluidité entre les scènes et un peu d’académisme. C’est du cinéma, autant s’amuser un peu, même pour conter un drame.

Mais bien entendu, ce n’est pas ce que l’on retient en priorité ici. Ce que l’on retient, c’est la prestation de Kristin Scott Thomas qui illumine tout ce film. La réalisatrice a su capter chez elle pas mal de choses, ce que bon nombre de réalisateurs avant n’ont pas vraiment sû faire. Elle est juste grandiose et elle enfonce tous les autres acteurs, qui sont ainsi relégués au second plan.

Partir est donc un joli drame, si l’expression peut être employée. Mais il manque un peu d’ambition pour être un grand film dramatique. Et c’est tout le problème, malgré un joli titre, une jolie affiche, de bons acteurs et une histoire alléchante sur l’ennui, l’amour, certains désillusions, le combat quotidien pour survivre et les barrières infranchissables, qui empêchent d’avancer.

Partir de Catherine Corsini |  Scénario de Catherine Corsini et Gaëlle Macé | Photographie d’Agnès Godard, Produit par Fabienne Vonier | Avec Kristin Scott Thomas (Suzanne), Sergi López (Ivan), Yvan Attal (Samuel), Bernard Blancan (Rémi), Alexandre Vidal (David), Daisy Broom (Marion), Aladin Reibel (Dubreuil), Gérard Lartigau (Lagache), Anne Marlange, Aurore Broutin | France | 85 min. |  2008 | Drame | Distribué par Pyramide Distribution.


Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

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