Il était une fois la révolution de Sergio Leone
Il était une fois la révolution est un film italien de Sergio Leone sorti en 1971. Tourné en post-synchronisé, son titre est d’abord : Duck You, Sucker (littéralement : « Plonge, crétin ! », mais traduit dans la version française par : « Planque-toi, connard ! ») puis : A Fistful of Dynamite. Le titre italien en est : Giù la testa (« Baisse la tête »). Il est celui que je préfère, à bien des égards, avec tout ce qu’il faut d’aventures, de passion, de tragédie, de non sens sur la vie et tout pleins d’autres choses que je garde un peu pour moi puisque ce film traite d’un sujet qui me touchait il y a de cela quelques années déjà .
L’histoire d’Il était une fois la révolution se déroule au Mexique, en 1913. Un braqueur de diligences et sa famille, Juan Miranda (Rod Steiger), et un Irlandais, membre de l’IRA en fuite, spécialiste en explosifs, John Mallory (James Coburn) — mais dont le véritable prénom est bien Sean, le personnage souhaitant occulter son passé irlandais en dissimulant son identité —, font connaissance de manière explosive.
Juan voit ainsi en John le complice idéal pour braquer la banque d’État (chose rare, les banques, au Mexique, étant toutes privées en 1913…), la fameuse Mesa Verde, qui se révélera plus riche en prisonniers politiques qu’en lingots d’or. Ils vont alors se trouver plongés en plein cÅ“ur de la tourmente de la révolution mexicaine, et ce malgré eux.
La révolution…
http://www.youtube.com/v/F_2QljcNC-4?fs=1&hl=fr_FR
Il était une fois la révolution – extrait – 1971
Les références que fait Sergio Leone dans Il était une fois la révolution sont très nombreuses. Par exemple, dans la scène de l’explosion du pont, le paysage désert renvoie à l’esthétique du peintre surréaliste Giorgio De Chirico, que l’on retrouve dans Le Bon, la Brute et le Truand lorsque Blondin est maltraité par Tuco dans le désert. Sergio Leone était en effet un grand admirateur de Chirico, dont il possédait deux oeuvres. De la même manière, la scène de la fusillade des révolutionnaires dénoncés par le docteur Villega est une référence explicite au tableau de Francisco de Goya Tres de Mayo. Ensuite, dans la Marche des Paysans d’Ennio Morricone, que l’on entend lors de l’attaque de la banque de Mesa Verde, on retrouve un air de la Petite Musique de nuit de Wolfgang Amadeus Mozart. On retrouve également l’influence qu’ont exercés les films de John Ford pour Sergio Leone, ses westerns, mais aussi pour Il était une fois la révolution, les films « irlandais » dont Le Mouchard.
En ce qui concerne les références historiques, on peut citer la scène où l’armée mexicaine fusille des condamnés dans des fosses fait directement référence aux fosses similaires qui existaient dans certains camps de concentration ou d’extermination durant la Seconde Guerre mondiale. De la même manière, la scène où la famille de Juan se fait fusiller dans la grotte de San Isidro est une référence au Massacre des Fosses ardéatines, où les troupes d’occupation allemandes massacrèrent 335 personnes le 24 mars 1944 en représailles d’une attaque perpétrée la veille dans le centre ville de Rome par des partisans.
Sergio Leone voulait tout d’abord appeler son film C’era una volta la Revoluzione, mais ses producteurs l’en dissuadèrent. Il pensa ensuite à Giù la testa, coglione! (littéralement : « Baisse la tête, couillon ! »). Le coglione ne sera pas retenu, mais cela n’empêche pas les personnages de passer leur temps à se traiter de « crétins ». Le film s’appellera donc simplement Giù la testa, repris dans le titre initial en anglais : Duck, you sucker. À noter que la version française, respectant la volonté initiale du réalisateur, s’appelle bien Il était une fois la révolution. Du coup, la trilogie Il était une fois… (...dans l’Ouest, …la révolution, …en Amérique) n’existe que dans les pays francophones.
Il y eu plusieurs erreurs dans ce film, dont notamment des erreurs d’accessoires puisqu’une des mitrailleuses utilisées MG42 (conçue au cours de la Seconde Guerre mondiale) pour une action censée se situer en 1914. La mitrailleuse de Juan lors de l’attaque du pont est bien une mitrailleuse Maxim de fabrication allemande (arsenal de Spandau) MG08 de 1908. La mitrailleuse de Sean (John) est un modèle allemand MG 42 fabriqué pour la première fois en 1942. Pour la scène finale où Juan crible de balles le colonel Reza qui a tiré sur Sean, il peut s’agir d’un autre modèle Hotchkis 1914.
Erreur d’Anachronisme aussi puisque l’action se déroule en 1913, alors que L’IRA, qui est le résultat de la jonction entre les Irish Volunteers et L’Irish Citizen Army de James Connolly, n’apparaît donc qu’à la suite de l’insurrection de Pâques en 1916. Le drapeau que Mallory garde dans son sac ne peut pas exister en 1913.
Reste qu’ Il était une fois la révolution, par sa musique géniale, son ambiance très nouveau siècle, son tandem, ses désillusions sur la révolution, son effet doux amer et cette grande épopée liée à l’armée mexicaine, où une histoire de famille et une histoire de pays se côtoient à trouver chez moi un echo plus important que les autres films de Leone. C’est mon préféré, à bien des égards, en dépit d’erreurs qui le maitre italien du western ne nous avait pas habitué par le passé. Mais ce n’est pas grave, le film reste une ode à l’amitié, la révolution (et son absence de) et d’autres choses plus personnelles, que chaque spectateur à eu l’occasion de ressentir au regard du film.
Il était une fois la révolution (Giu la Testa) de Sergio Leone | Scénario de Sergio Leone, Sergio Donati et Luciano Vincenzoni | Photographie de Giuseppe Ruzzolini | Musique d’Ennio Moriconne | Avec James Coburn, Rod Steiger, Romolo Valli,Maria Monti, Rik Battaglia, David Warbeck, Franco Graziosi, Antoine Saint-John | Italie | 1971 | 150 min. |Western







































