Démineurs de Kathryn Bigelow
Réalisé avec un budget dérisoire comparé aux grandes et très grandes productions américaines, le nouveau film de Bigelow, dont tout le monde sait maintenant qu’elle a été la femme de James Cameron il fut de cela un temps lointain que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître, est une réussite. Ceci est dû en partie à une volonté de coller au plus près de certaines unités d’élite de l’armée américaine, associés à une mise en scène explosive, allié à une justesse dans le propos. Démineurs est donc une bonne surprise pour la réalisatrice qui nous a habitué à des films plus ou moins réussis, comme Point Break (forcément le plus connu), Strange Days (le meilleur selon moi) ou encore Blue Steel (un des moins bons).
Bagdad. Aujourd’hui. Le lieutenant James est à la tête de la meilleure unité de déminage de l’US Army. Leur mission : désamorcer des bombes dans des quartiers civils ou des théâtres de guerre, au péril de leur vie, alors que la situation locale est encore… explosive. Le parcours de cette unité sera filmé sous tous les angles. Si James est complètement drogué par la guerre, qui agit sur lui comme un shoot d’adréaline permanent, ce n’est pas le cas de ses camarades..
Certains ont considéré que Démineurs était le chef d’œuvre de Bigelow. Je ne suis pas loin de penser la même chose, toute proportion gardée (on parle bien de son chef d’œuvre, et non pas d’un chef d’œuvre universel et immuable). Démineurs a pour lui énormément de qualités : de l’action/inaction, une photographie sublime, un scénario moins bourrin que pourrait le laisser entendre le résumé, des acteurs jouant juste, une série de scènes d’action, répétitive mais voulue, tout en gardant à l’esprit qu’à la moindre erreur, c’est le drame.
C’est donc un film important dans cette guerre, parce qu’on ne traite rarement de la guerre comme une véritable drogue. D’ailleurs, dès le début, avec une citation, nous sommes dans l’ambiance. Oui, la guerre, tout comme le sport à outrance, peut être une véritable drogue, et certains sont véritablement fait pour cela. Ce n’est donc pas les thèmes classiques liées à la guerre qui sont abordés ici, comme la volonté de s’en sortir en s’engageant dans l’armée, la volonté de servir son pays mais celle, plus personnelle, de déminer des situations complètement explosives. Bien évidemment, tous les démineurs ne sont pas logés à la même enseigne, et s’il y en a un en particulier qui souffre de ce syndrome, les autres sont beaucoup plus mesurés. C’est d’ailleurs ce décalage qui fait tout le sel de ce film, entre un esprit jusqu’auboutiste pour l’un et une volonté d’attentisme pour les autres…
Avec Démineurs, Bigelow arrive à dépeindre la guerre de manière réaliste et esthétique. Bien évidemment les puristes, entendez par là :ceux qui ont fait le Vietnam et autres pisse froid bon à chercher dans tout film et toutes scènes une crédibilité hors normes, que même la réalité tu vois, elle est moins crédibles que leur réalité, trouveront que deux ou trois choses ne tournent pas rond et que tout n’est pas véritablement crédible, comme le fait que l’un des démineurs s’amusent à jouer au sniper durant tout une scène alors que théoriquement, il n’est pas formé pour cela (bien que l’on puisse supposer que le déminage étant plus ou moins considéré comme une unité d’élite, il y a de grandes chances qu’il sache tirer juste).
Si Démineurs est esthétique, c’est que les scènes de déminages sont époustouflantes. J’ignorais qu’on pouvait faire aussi « joli » avec un costume de déminage, et voir à ses hommes marcher lentement mais sûrement vers leur objectif, avec autant d’aisance qu’un panda en rut, tel des cosmonautes, fait forte impression lors de certaines scènes. C’est peu de dire qu’on aimerait être à leur place à ce moment précis, sans bien sûr subir les dommages qu’ils reçoivent. D’ailleurs, la première scène est là pour rappeler comme ce métier est dangereux, surtout sur un terrain (miné.. ha ha ha.. pardon) où on doit autant faire attention à ce que l’on fait qu’à ce qu’il se passe aux alentours.
En bref et pour résumer, Démineurs, avec ses acteurs quasi inconnus, ses guest stars (David Morse, Guy Pearce et Ralph Fiennes, qui retrouve Bigelow après Strange Days), ses situations visuelles et le tissu narratif, constitue une très bonne surprise de cet automne. Il faut bien évidemment aimer voir des films sur la guerre, mais aussi des films quasi bourrin, mais pas que.

















































Oué, juste dommage qu’il marche pas tant que ça en salle..
C’est une bombe ce film!!! (^_^)
en tout cas il a bien marché aux states par rapport au nombre de salles dans lequel il est sorti, genre ca a commencé en sortie technique et comme ca a bien marché ils ont augmenté le nombre de salles au fur et à mesure et a rencontré un succès sympa, genre il a commencé avec 4 salles aux states et a quand meme fait 145 000 dollars le 1er week end et au bout de 6-7 semaines, au top de sa carrière il était dans 535 salles et au final il a rapporté 12 000 000 et des poussières, pour un film fait avec 8 millions de dollars et distribué un peu n’importe comment je trouve que c’est plutot bien, au moins le film est remboursé, c’est pas tous les films qui peuvent se targuer de rapporter 2 fois leur mise (il en est à un peu plus de 15 millions dans le monde).
Maintenant j’espère juste que Kathryn va pas remettre 10 à faire un film! ^^
Oui, j’ai vu tous ses chiffres sur IMDB. Me semble que par contre, le budget tourne plus autour des 10 millions de $. Ce qui empêche pas que de toute façon, le film s’est rentabilisé rien qu’en vente à l’étranger.
Mais bon, pour un film comme ça, qui peut attirer du public, je trouve que c’est bien palot..
C’est bizarre, mais ce film, ya plein de moments où j’l'ai trouvé long, mais au final, j’ai bien aimé.
Spa faux, ce que tu dis, Dim