Whiteout de Dominic Sena

Whiteout marque le grand retour de Dominic Sena, réalisateur plus ou moins apprécié selon ses films. en effet, il est l’auteur de Kalifornia, qui avait connu un grand succès d’estime à sa sortie, mais aussi de 60 secondes chrono avec Nicolas Cage et Angelina Jolie et Opération Espadon, avec John Travolta et Halle Berry, ces deux derniers flirtant plus vers la série B que vers le gros film. il a fallu plusieurs années à Sena pour mettre en chantier Whiteout, issu du comic du même nom. Et pour un film de cet acabit, on peut dire qu’il est assez bien fait.


L’Antarctique. 14 millions de kilomètres carrés de glace isolés du monde et plongés dans la nuit six mois par an. Température minimale : – 84 °C. Vitesse du vent : 160 km/h. Jamais la nature n’a voulu que l’homme puisse survivre là-bas.

Pourtant, pour Carrie Stetko (Kate Beckinsale), ce n’est pas l’environnement qui est le plus dangereux. Seule représentante de la loi dans ce territoire impitoyable, elle doit enquêter sur un corps retrouvé sur la glace. Le premier homicide de l’Antarctique. Cette découverte, effroyable par elle-même, va plonger Carrie dans un mystère plus étrange encore, et révéler des secrets longtemps enfouis sous la glace…

Des secrets qui ont poussé quelqu’un à tuer pour les préserver. Carrie doit tout faire pour démasquer le meurtrier avant que lui ne la trouve. Mais l’hiver approche, et dans la blancheur immaculée de l’Antarctique, elle ne pourra voir l’assassin que lorsqu’il sera sur elle…

Enfer Blanc :
http://www.youtube.com/v/4Ev9cIe4FFY&hl=fr&fs=1
Whiteout – Bande annonce – 2009

N’ayant pas lu le comic de l’excellent Greg Rucka (auteur, avec Whiteout, de Gotham Central, série dédiée aux policiers de Gotham City ou encore Queen & Country mais également de Wolverine (vol. 3 #1-19), Black Widow « Break Down » #1-3, « Pale Little Spider » #1-3 ou encore Elektra vol. 2 #7-22, Spider-Man Quality of Life #1-4) et Steve Lieber, je vais donc me garder de faire un comparatif, apanage en général des fans de l’œuvre originale par rapport à la version animée et jouée par des vrais gens.

Toujours-il est que Whiteout est un polar solide, tourné dans des décors naturels au Canada et qui mérite véritablement le coup d’oeil, autant par son atmosphère particulière (on pourrait bien sur le comparer à The Thing du cultissime Carpenter). Dominic Sena est un honnête faiseur assez spectaculaire, qui privilégie les scènes d’action aux longues tirages romantiques au coin du feu. Ce qui donne souvent des films sévèrement burnés plutôt gavé de testostérones que des trucs « à la Prada ».

Cependant, c’est Kate Beckinsale qui crève l’écran, dans le rôle du seul flic de la « ville » (la McMurdo Station en Antarctique). En effet, il se trouve que cette actrice, dont je n’arrive toujours pas à savoir si c’est une bonne actrice (surtout dans les Underworld où il fallait s’accrocher un peu après le premier volet), campe réellement une héroïne très courageuse, qui est venue se « perdre » dans cet enfer blanc après un drame survenu lorsqu’elle était une flic classique d’une grande ville. Ce drame nous est d’ailleurs souvent servi, dans le film, par des incessants flashbacks sur ce passé tortueux. D’autant plus que le nom du personnage, Carrie Stetko, est très classe. un peu comme celui de Jennifer Lopez, Karen Cisko, dans Hors d’Atteinte de Steven Soderbergh.

Whiteout surfe également sur, peut-être une nouvelle mode, après 30 jours de nuit, puisque c’est un peu le même background, au début qui est nous est servi (les deux films étant également tous les deux tirés de comics, ceux-ci pouvant peut-être expliquer cela). Bien entendu, les thèmes abordés ne sont pas du tout les mêmes, mais les ressemblances entre les deux peuvent interpeller.

Dominic Sena pond donc un honnête polar, solide, aux  multiples rebondissement. L’aspect « lunaire » du décor participe d’ailleurs à cette ambiance. On se croirait presque sur une station orbitale autour d’un astre inconnu, comme dans  Outland de Peter Hyams avec Sean Connery, film policier de Science-Fiction. Si on n’est pas sûr que le réalisateur ai eu ses références en tête, force est de constater que l’on a une réelle impression d’assister au même spectacle. Il est vrai que les univers clos sont propices à mal de fantasmes et quel univers dit clos mais ouvert que l’Antarctique, est le plus propice à ce genre d’histoire?

Whiteout permet donc de nous plonger dans l’univers de cette femme autant forte qu’émotionnellement fragile, qui n’a d’ailleurs rien d’une super-héroïne, comme on peut souvent faire l’amalgame lorsque l’on parle d’une adaptation de comics, puisqu’on fait automatiquement référence aux Spiderman, X-men ou autres Iron-Man. Sans en faire des caisses, comme dans son Opération Espadon qui souffrait d’ailleurs d’un manque de rythme important, Whiteout tiendra le spectateur en haleine, pour peu que ce dernier aiment les polars du bout du monde.

Whiteout de Dominic Sena | Scénario de Jon Hoeber, Erich Hoeber, Chad Hayes et Carey Hayes, d’après l’œuvre de Greg Rucka | Photographie de Christopher Soos, musique de John Frizzell, produit par Joel Silver, Susan Downey et David Gambino | Avec Kate Beckinsale (Carrie Stetko), Gabriel Macht (Robert Pryce), Tom Skerritt (Le docteur John Fury), Columbus Short (Delfy), Alex O’Loughlin (Russell Haden), Shawn Doyle, Joel S. Keller, Jesse Todd, Arthur Holden, Erin Hickock | Film américain, canadien | 2007 | 100 min. | Policier, thriller | Distribué par StudioCanal