samedi 17 octobre 2009

Le Petit Nicolas de Laurent Tirard


Le Petit Nicolas est le quatrième long-métrage de Laurent Tirard après Mensonges et trahisons et plus si affinités... (2004), La Pause (2005) et Molière (2007), qui ont connu plus ou moins du succès. Ainsi, flirtant sur le succès de l'œuvre de  Sempé et René Goscinny, nous avons droit à un film qui ne répond malheureusement pas vraiment à notre attente, la faute à un parti pris un peu ennuyeux, celui d'évoquer les parents du petit Nicolas.


Nicolas (Maxime Godart) mène une existence paisible. Il a des parents qui l'aiment, une bande de chouettes copains avec lesquels il s'amuse bien, et il n'a pas du tout envie que cela change...
Mais un jour, Nicolas surprend une conversation entre ses parents qui lui laisse penser que sa mère est enceinte. Il panique alors et imagine le pire : bientôt un petit frère sera là, qui prendra tellement de place que ses parents ne s'occuperont plus de lui, et qu'ils finiront même par l'abandonner dans la forêt comme le Petit Poucet...

La guerre des boutons? Ben non...

Le Petit Nicolas - Trailer - 2009

Je ne sais pas qui a poussé les producteurs du Petit Nicolas à mettre les parents en évidence dans ce film. Peut-être parce que c'était plus simple de faire des entrées que si nous n'avions eu que des enfants. Le syndrome de La Guerre des Boutons n'a donc pas été exploité. Ce qui est bien dommage puisque c'est quand même l'essentiel de l'œuvre des auteurs. En effet, comme on l'a justement fait remarqué, Le Petit Nicolas, c'est un peu comme Calvin et Hobbes, entendez par là que les parents sont absents ou invisibles, tout étant centré sur les enfants et leur univers.

Et dans Le Petit Nicolas , il se trouve que cet univers est mis à mal par l'exploitation de données dont on se fout un peu. En effet, pourquoi nous parler de l'ancien temps à mettant en avant des problèmes actuels, comme la place de la femme au sein du foyer dans les sociétés bourgeoises? A quoi cela peut-il bien servir, hormis d'être légèrement anachronique? Il est en effet toujours un peu facile de réécrire l'histoire, surtout avec un recul de 40 années. N'importe quel clampin peut en faire de même.

D'autre part, les gags sont bien trop présents. Ca sent plus le stéréotype de l'essence de l'œuvre qu'une exploitation en bonne et due forme. Et pourquoi faire un Cameo avec Jugnot et les Choristes? Quel intérêt de mettre en lumière ces deux films qui ne flirtent pas vraiment sur la même veine. Il est vrai qu'il existe une nouvelle mode en France qui consiste à parler du cette époque puisqu'il se trouve que des gens sont vaguement intéressés par cette dernière. Mais à quoi bon vouloir à tout prix raccrocher des wagons qui n'ont pas bien de lien entre eux?

Quant au casting, j'avoue que j'ai un peu de mal avec le choix de l'acteur représentant Le Petit Nicolas. je ne le voyais pas aussi sage et lisse. On a l'impression que c'est comme une nature morte dans un tableau, surtout comparé à tous les autres enfants qui ont quelque chose de plus que lui. C'est bien dommage puisque c'est lui qui est censé porter le film. Sans compter que des passages qui sur le papier auraient pu être très drôle manque de justesse. D'ailleurs, le meilleur exemple là dessus est le rire des enfants dans la salle. On peut pas dire qu'ils se sont pliés en deux tout au long du film, puisque seulement quelques passage ont retenu leur attention. Et Le Petit Nicolas s'adresse et surtout doit s'adresser à eux. Et non pas aux adultes qui les amènent voir les aventures de ce dernier. D'où le fait que l'omniprésence de Merad ou Lemercier soit hors de propos (voire hors sujet), avec des thématiques bien trop adultes et qui dépassent le cadre de l'humour lié aux enfants. 

Il en y a néanmoins quelles blagues amusantes, comme le passage avec Bourguoin, en fleuriste, et les passages dans la classe avec Kimberlain. Mais, décidément, même dans ces moments là, les enfants sont mis de coté. Et on parle bien du Petit Nicolas, un monde où les grandes personnes sont certes présentes mais mises au second plan. Sans vouloir refaire un remake de la Guerre des Boutons, nous avons vraiment un problème en France: il faut faire manger beaucoup trop d'acteurs, au détriment de l'histoire. C'est un phénomène qui n'est pas nouveau, vu la palanquée d'œuvres sorties sur les écrans dans cette veine, des copies conformes de comédies de mœurs toutes aussi formatées les unes que les autres, bonnes à être simplement visibles à la télévision (et encore).

Vous l'aurez compris, le film souffre d'une trop grosse forte esthétisation de l'ensemble, par son joli générique, ses jolis décors travaillé et peut-être retouché par ordinateur. Mais, comme souvent et c'est le mal actuel, cette forme l'emporte trop sur le fond. Tout est trop beau par rapport au fond. Et dans ce genre du film, surtout si on se souvient bien des dessins, c'est le fond qui l'emporte sur la forme, puisque les décors n'étaient pas très présents et qu'on mettait surtout en valeur les situations. Dans ce film, on est surtout surpris par les décors mais les plans et les mises en situations sont bien pâlichonnes. Peut-être aurait-il fallu un réalisateur qui prenne des risques plus soutenus dans un choix de mise en situation. Je suis persuadé que l'œuvre en serait ressortie grandie et puisse compter comme une véritable oeuvre de cinéma, au lieu d'être seulement une adaptation.

Le Petit Nicolas de Laurent Tirard, scénario de Laurent Tirard, Grégoire Vigneron et Alain Chabat d'après l'oeuvre de Jean-Jacques Sempé et René Goscinny, photographie de Denis Rouden, musique de Klaus Badelt, produit par Marc Missonnier et Olivier Delbosc.
Avec Maxime Godart (Nicolas), Valérie Lemercier (La mère de Nicolas), Kad Merad (le père de Nicolas), Sandrine Kiberlain (L'institutrice), François-Xavier Demaison (Le Bouillon), Anémone (Melle Navarrin), Daniel Prévost (M. Moucheboume), Michel Galabru (Le ministre), Germain Petit Damico (Rufus), Damien Ferdel (Agnan), Virgile Tirard (Joachim), Jean-Michel Lahmi (Le gangster), Eric Berger (Le majordome), Vincent Claude (Alceste), Charles Vaillant (Geoffroy), Victor Carles (Clotaire), Benjamin Averty (Eudes)
Film français, 2008, Comédie, 90min.
Distribué par Wild Bunch Distribution
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1 commentaires:

Pipo on 19 octobre 2009 17:14 a dit…

Hein? Comment? Mais personne n'a vu ce film?

.... c'est moche!

Perso, j'ai pas été élevé au Petit Nicolas (plutôt au petit beurre) et donc malgré un intérêt survolant à peine celui que j'ai eu lors de la nomination de Pierre-Jean Baudoin comme président de l'amicale des commerçants de Chatougny-en-Braies en 2006, j'ai décidé de ne pas aller constater par moi-même que Kad allait au casse-croûte en compagnie d'une Valérie Lemercier qui peine de plus en plus à me faire avaler sa capacité à jouer aut' chose que les... le.... la.... Valérie Lemercier.....
Un jour, bientôt, cela passera sur TF1 (l'an prochain) et comme par hasard, ce soir là, je serais au taf....
Le petit Nicolas est comme l'acte pour moi : le film que j'aurais manqué.

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