Hors du temps de Robert Schwentke

La femme du voyageur du temps (The Time Traveler’s Wife) ou Hors du temps en français, nous raconte, sur le mode fantastique, l’histoire d’amour banale entre un homme et une femme, un peu comme dans L’étrange histoire de Benjamin Button et un peu comme dans l’Effet Papillon. Ces deux derniers films semblent avoir servit de références principales pour ce long-métrage, adapté d’un roman d’Audrey Niffenegger, Le temps n’est rien, premier roman publié en 2003. Le fait que Brad Pitt, acteur de Button, ait produit le film, confirme peut-être la similitude entre les deux.


Clare (Rachel McAdams, vu également dans Sherlock Holmes) aime Henry (Eric Bana, qu’on ne présente plus depuis Munich et son interprétation dans Hulk) depuis toujours. Elle est ainsi convaincue qu’ils sont destinés l’un à l’autre, même si elle ne sait jamais quand ils seront séparés… Henry est en effet un voyageur du temps.

Il souffre d’une anomalie génétique très rare qui l’oblige à vivre selon un déroulement du temps différent : il va et vient à travers les années sans le moindre contrôle sur ce phénomène, ce qui est assez ennuyeux. Même si les voyages d’Henry les séparent sans prévenir, même s’ils ignorent lorsqu’ils se retrouveront, Clare tente désespérément de faire sa vie avec celui qu’elle aime par-dessus tout.

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Hors Du Temps (The Time Traveler’s Wife) – bande annonce

Hors du temps ressemble donc autant à l’Effet Papillon qu’à LEtrange histoire de Benjamin Button, au niveau de la forme. Ici, le côté fantastique de l’histoire est mise de côté au profit d’une histoire d’amour assez banale, finalement. En effet, la téléportation dans le temps (ou le voyage dans le temps, question de perspective et de point de vue, si l’on peut dire) n’est qu’une trame de fond sans véritable conséquence. En effet, le voyageur en peut intervenir physiquement sur les évènements qui ont lieu. La belle affaire, n’est ce pas ? Ainsi, sera-t-il impossible pour lui d’intervenir lorsque sa propre mère sera morte. Il devra donc vivre avec le fardeau de cette histoire.

Très rapidement, l’intrigue, déjà brève, tend finalement à ne devenir que peau de chagrin, nous suivons ainsi un couple qui, après s’être aimé follement, veut maintenant faire des enfants. Le truc marrant, ici, c’est que l’enfant ne peut pas naître puisqu’il cherche sans cesse à se téléporter avant de naître. C’est un peu l’aspect fun du film, qui sera bien entendu vécu comme une tragédie pour Clare. Elle arrivera pourtant à ses fins, en bernant d’ailleurs son mec avec un autre avatar de ce dernier.

Vous l’aurez donc comprise, Hors du temps est un film digne d’une après-midi sur M6. Point d’autres éléments intéressants ici à se mettre sous la dent que cette romance à la guimauve, aussi improbable que l’homme dans Benjamin Button qui naquit vieux pour mourir jeune. C’est typiquement le genre de film où le fond l’emporte sur la forme, ce qui est dommage, surtout lorsqu’il s’agit de traiter d’amours impossibles. Il est vrai qu’en la matière, il vaut mieux parler d’un vieux ou d’un voyageur dans le temps que de parler d’un musulman avec un catholique par exemple ou un juif, tiens, comme dans Mauvaise Foi, l’unique film réalisé par Roshdy Zem.

Hors du temps (The Time Traveler’s Wife) de Robert Schwentke | Scénario de Bruce Joel Rubin d’après l’oeuvre d’Audrey Niffenegger | Musique de Mychael Danna | Photographie de Florian Ballhaus | Avec Eric Bana, Rachel McAdams, Ron Livingston, Jane McLean, Stephen Tobolowsky, Hailey McCann, Michelle Nolden, Arliss Howard, Brooklynn Proulx, Alex Ferris, Maggie Castle | Etats-Unis | 2009 | 110 min. | Science fiction, Drame et Romance | Distribué par Metropolitan FilmExport | Crédit photographique : Metropolitan FilmExport