Richard kelly retrouve enfin les grâces des distributeurs en faisant son retour dans les salles obscures avec The Box, après avoir été complètement boudé pour Southland Tales, devenu complètement culte en DVD depuis. Est-ce qu'on y gagne au change? Est-ce que Kelly fait décidément partie des réalisateurs à suivre jusqu'à sa mort ou est-il déjà fini? Ces questions, plus d'autres, ne pourront pas donner de réponses dans l'immédiat. En effet, The Box déçoit, et pas qu'un peu...
Norma et son époux mènent une vie paisible à Richmond, capitale de la Virginie, petite ville des États-Unis jusqu'au jour où une mystérieuse boîte est déposée devant leur domicile. Quelques jours plus tard, se présente l'énigmatique Arlington Steward qui leur révèle qu'en appuyant sur le bouton rouge de la boîte, ils recevraient 1 000 000 $, mais cela entraînerait la mort d'un inconnu...
The Box - Trailer - 2009
Ce qui est ennuyeux avec le cinéma, lorsque l'on s'y intéresse un brin, c'est que l'on a tendance à connaitre la filmographie du réalisateur, les principaux acteurs, un peu la musique et un tantinet l'histoire du cinéma. Et il se trouve que The Box est un fanmovie. En effet, la mise en scène lorgne bien comme il faut du côté de Kubrick et pas qu'un peu. Il est assez incroyable que certains plans soient tellement inspirés de ce dernier que cela en laisse patois. Mais ce n'est malheureusement pas le principal écueil de ce réalisateur qui rentre dans le rang, malgré, d'après les dires du spectateur, une histoire assez complexe.
De cette supposée complexité, Kelly nous la balaye à la fin, en retombant sur du classicisme à faire peur et surtout avec une morale complètement judéo chrétienne et douteuse. Sous couvert du surnaturel et autre, on se trouve avec un propos que l'on connait très bien parce que l'histoire du cinéma et en partie de la Science-Fiction, nous a déjà pondu des histoires avec ce type de morale. Sans trop dans les détails, même s'il est difficile de ne pas dévoiler les rouages de cette intrigue voulue à escient très alambiquée et au final d'une linéarité à faire pleurer, on peut d'ores et déjà dire que la fin ne surprendra pas. Du moins, pas comme celle de la nouvelle, qui n'a de toute façon, hormis le concept, plus grand chose à voir avec le film.
S'il est toujours agréable de voir un mec qui a des références cinématographiques et de les exploiter, il est bon de les dépasser. Entre Clarke et Kubrick, en passant par les films de SF des années 50/60 dont celui qui vient à l'esprit est Le jour où la terre s'arrêta (plus pour le message, la morale du film que pour le film en lui-même).
Si The Box est emmerdant, c'est que la réalisateur lance beaucoup de pistes, d'indices, comme par exemple le fait que l'histoire se passe en 1976, deux ans jours après la fondation des États-Unis ou encore le lien avec Sartre, Clarke, ect, ect. Tous ces éléments seront balayés alors qu'ils auraient pu constituer des pistes très intéressantes pour plonger dans l'humanité. Mais non, le dernier quart d'heure retombe sur le début et on se trouve avec une espèce de polar merdique, où par exemple, les flics sont pas foutus de faire des liens entre les meurtres qui ont lieu...
De la même manière, les décors sont très bossés, l'ambiance des années 70 est très propre et bien rendue. On dirait presque que l'ensemble est trop propre, étant donné ce que l'on voyait des films de l'époque.
Si Southland Tales était réellement intriguant, si Donnie Darko était émotionnellement parlant assez fort, The Box se révèle être un film qui ne fera malheureusement pas date. Kelly, dans ce film, donne l'impression, tel un enfant gaté, de casser ses propres jouets, qu'il a savamment construit tout au long du film, s'amusant à nous montrer des plans pour la beauté du geste sans réel fond derrière. Si ce réalisateur n'était qu'un vulgaire Yes Men, on pourrait s'en contenter et presque hurler au pur génie, mais dans le cas de ce réalisateur, qu'on attend souvent à travers ses films, on se retrouve avec un truc assez insipide, que les rares moments d'émotion sont complètement contrebalancé par cette fameuse morale que je ne peux pas révéler pour ne rien spoiler (et ça me démange complètement).
En résume, The Box, sous couvert d'être complexe et bizarre, se révèle être un banal film trop référencés et pas assez maitrisé dans le fond. La forme primant sur le fond, on se retient de ne pas quitter la salle avant la fin. Et c'est bien dommage puisque cette nouvelle méritait un meilleur traitement.
The Box de Richard Kelly, Scénario de Richard Kelly d'après l'œuvre de Richard Matheson, photographie de Steven Poster, musique de Win Butler, Régine Chassagne et Owen Pallett .
Avec Cameron Diaz (Norma Lewis), James Marsden (Arthur Lewis), Frank Langella (Arlington Steward)
Long-métrage américain, Thriller, Science fiction, 115 min, 2009



6 commentaires:
Ouais, décevant, mais genre, pas qu'un peu. (ouais, tu dis pas qu'un peu "pas qu'un peu", dans cette chronique...)
je vous rejoins tout deux... j'attendais mieux.
Oui Dim, je suis pas dans le "pas qu'un peu" après ce qu'il a fait avec Southland tales..
Mais peut etre que The Box connaitra un meilleur succès d'estime après coup..
En attendant 2012 et la fin d'une époque
Vexatile....ca dépend des nuits.....
Ptain, j'ai kiffé sa maman sur ce film >.<
Son moins bon de sa courte filmo certes, mais quand même...
Faut que je fasse une critique, ça m'manque ^^"
un sanji versus djool !
ahh ça me manque les bon vieux versus des familles ...
@sanji : southland tales est juste le film qui m'a fait un deuxième trou ... ça m'etait pas arrivé depuis un moment. alors après the box est vraiment decevant.
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