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A l'origine, je suis allé voir ce film par défaut, étant donné le monde incroyable pour aller voir le dernier film catastrophe du moment, à savoir 2012 (et encore j'aurais été déçu, ce n'est que la fin du monde) et je me suis donc rabattu sur A l'origine, sans connaitre quoique ce soit de l'histoire. Mais ce n'est pas un mal puisque j'ai pu allègrement me plonger dans cette histoire d'un escroc qui voulait faire une route....



Ainsi, Philippe Miller (François Cluzet) est un escroc solitaire qui vit sur les routes. De larcins en larcins, il navigue au milieu de traffics divers liés au monde méconnu du BTP.
Un jour, il découvre par hasard un chantier d'autoroute abandonné, arrêté depuis des années par des écologistes qui voulaient sauver une colonie de scarabées, espèce protégée.
L'arrêt des travaux avait été une catastrophe économique pour les habitants de cette région.
Philippe y voit là la chance de réaliser sa plus belle escroquerie. Mais son mensonge va peu à peu lui échapper. En effet, les habitants croient dur comme fer à sa volonté de reprendre le chantier là où il s'est arrêté...


A l'origine - Trailer - 2009

A l'origine est basé à l'origine (ha ha ha) sur un fait divers, l'histoire vraie d'un escroc qui avait réussi à entourlouper une région entière avec son projet d'autoroute. Grâce au juge chargé de l'affaire, il pu ainsi rencontrer l'homme qui est à l'origine de tout cela (je sens que je fais les placer un peu souvent, ces termes). Après quelques entrevues, le réalisateur percevait que cet escroc, timide et solitaire, n'avait rien d'un homme affable mais plutôt d'une personne qui voulait vraiment faire cette autoroute et qui a mis tout en œuvre pour cela, au fil du temps.

Sans ce verni ô combien salutaire et gage d'entrée au cinéma (les spectateurs adorent les histoires vraies), A l'origine paraitrait totalement improbable. En effet, pour reprendre un chantier, il y a pas mal d'autorisation administratives à réunir, surtout si celui-ci s'est arrêté. Sans compter qu'il faut faire des dict, ect ect (maintenant que je sais ce que c'est, je le place, même si je ne suis pas sur que pour reprendre un chantier, il en faille, mais passons).

A l'origine est un film agréable. Entendez par là qu'il évite le pathos (ça se passe dans le Nord, département sinistrés avec 25% de chômage, comme on l'apprend dans le film) et qu'il joue plus la carte de la sensibilité sans effet de style. Et malgré le style du personnage, bien campé et interprété par François Cluzet (mais est-il besoin de rendre encore hommage à cet acteur qui tourne peu mais qui est toujours juste dans ses rôles souvent à la limite). A vrai dire, en France, on ne voit personne d'autre pour jouer ce type de personnage.

Le pari un peu fou et qui prend quand même pas mal de place dans le film est la construction de cette autoroute, complètement impossible sans l'appui d'entreprises de BTP. Cela aurait dû d'ailleurs être l'une de celles à l'origine de l'affaire mais elle s'est désistée au dernier moment. Heureusement, une autre entreprise locale a pu épauler l'équipe du film dans la construction de cette histoire et de cette route, ce qui donne des plans sublimes, un peu comme cette pub Total qui tentait de nous vanter les mérites de la marque.

On aurait en effet presque envie d'aller prêter main forte aux gars pour construire cette route. Mais c'est dû également au fait que l'entreprise à prêter ses gars pour mettre en branle le chantier, ce qui donne à l'ensemble une impression assez réaliste de cet univers visible-invisible.

Bien sûr, certains passages feront bondir les spécialistes du genre. Bien sûr, cette histoire est romancée (tout le monde se connait dans le BTP et il est un peu dur de ne pas connaitre un type qui connait un type qui connait la boite créée de toute pièce dans le film), notamment avec la pseudo histoire d'amour entre François Cluzet et la mairesse (bon dieu que je hais ce terme) du village, joué par Emmanuelle Devos, pleine de non dit (et ça se comprend) et pourtant touchante.

A l'origine semble avoir plu au spectateur, plus que que Mic Mac à tire l'Arigot que je suis allé voir ensuite. En effet, appuyé par une mise en scène efficace et sans temps mort, malgré le sujet peu passionnant de prime abord, le film tient bien la corde sans la lacher et on se plait à s'immiger dans cette histoire faite de non dits et d'espoir pour les habitants de la région. Ce dernier élement est d'ailleurs symbolisé par le rôle de Monika, joué par Stéphanie Sokolinski (plus connue comme Soko, la chanteuse qui chante en anglais sans que ça soit vraiment de l'anglais, bref, un truc comme ça) qui est aussi fragile que forte dans ce rôle un peu casse gueule lorsqu'il s'agit plus de suggerer une femme de caractère sensible que pour montrer une espèce d'amazone qui dévaste tout sur son passage.

A l'origine est donc tout cela, un film signé Europa (ce qui fait toujours craindre le pire) mais dont le succès d'estime de Quand j'étais chanteur du réalisateur, a permis de monter et de croire à ce projet qui n'était pas gagné à l'avance. Il est toujours bien dur de faire du social en France sans faire dans le Pathos et ce film réussit bien le passage.


A l'origine de Xavier Giannoli | Scénario de Xavier Giannoli | Photographie de Glynn Speeckaert | Musique de Cliff Martinez | Avec François Cluzet (Philippe Miller), Emmanuelle Devos (Stephane),  Stéphanie Sokolinski (Monika) | France |  2008 | 130 minutes | Distribué par EuropaCorp Distribution | Photo issue de l'affiche du film.

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