RTT de Frédéric Berthe
Sortie le 9 décembre 2009
RTT est le nouveau film de Frédéric Berthe , le réalisateur des deux gros succès que sont Nos 18 ans et Alive (non, je déconne, c’est juste deux trucs informe que seul le cinéma français sait produire). Dans ce nouveau long-métrage, on parle d’un phénomène assez récent, les RTT et on tente de faire un film Weberien à la Chèvre, mais sans l’aspect comique ni le talent. Film très ennuyeux.
Arthur (Kad Merad) vit des jours tranquilles entre Florence, sa compagne depuis cinq ans, et son magasin de sport spécialisé dans la montagne. Tout va parfaitement bien jusqu’au jour où Florence lui annonce (piteusement et sans talent) sans préavis qu’elle le quitte pour un autre homme (qui ne ressemble à rien mais qui a du pognon), qu’elle va même se marier, qu’elle part vivre désormais à l’étranger. Sous le choc, Arthur est pourtant convaincu que Florence ne sait plus trop ce qu’elle fait. Il n’aura de cesse de la retrouver, même lorsqu’il apprend que le mariage a lieu dans quelques jours à Miami. Il n’est certes pas invité, mais sa décision est prise : il ira à ce mariage.
Au même moment, Émilie Vergano réalise un vol de tableau dans un musée parisien pour le compte d’un commanditaire vivant lui aussi à Miami. Arthur et Emilie vont alors se croiser à l’aéroport de Paris en partance pour le continent américain et ne vont plus vraiment se quitter pour une raison assez simple : recherchée par la police, Emilie a placé la toile volée dans le sac d’Arthur. Ce dernier va alors être embarqué dans une aventure qu’il n’avait pas, mais pas du tout, prévu… à l’occasion de ses quelques jours de RTT.
Le problème en France, c’est que nous avons de très jolies filles mais qu’elles sont incapables de jouer correctement la comédie pour la plupart d’entre elles. Mélanie Doutey rentre dans cette catégorie avec ce film. Pour s’en convaincre, il suffit de voir le passage dans l’aéroport où elle joue tellement mal que c’en est très drôle à rebours. Il faut dire que son jeu se base sur une moue des lèvres et des yeux qui tentent de dire quelque chose. Ces deux expressions faciales, digne des plus grands acteurs d’action movie qui sortent en direct-to-video sont pourtant ce qui va nous accompagner tout au long du périple floridien.
La deuxième blague est de confier encore une fois un rôle de gentil rêveur un peu beauf à Kad Merad, devenu un collectionneur de ce type de personnages, mais devant en plus être assez agréable à l’œil pour qu’une voleuse plaque tout pour vivre avec lui. Mon dieu, mais c’est là où on se dit que l’on est vraiment dans un film..
Question réalisation, c’est très mauvais: le rythme est très long, le film ayant du mal à démarrer. Les vingt premières minutes semblent une éternité, où on nous martèle des choses sans que cela ne serve à rien. Le pire, c’est que c’est sensé être amusant mais les personnages secondaires sont tout simplement absents.
On ne parle même pas des erreurs de plans : la Mélanie Doutey, qui doit porter des talons haut pour montrer que c’est une bonasse, se retrouve dans le bayou en talons plats (forcément, c’est plus simple pour faire des cascades) et se retrouve en talons haut par la suite, sans qu’elle ai eu le temps de changer quoique ce soit, puisque ses affaires ont été confisquées. Sans parler également des menottes, qui après avoir été coupées, sont au poignet des deux, puis d’un seul (Kad Merad) puis n’y sont plus et enfin, on les retrouve ensuite au poignet.
Ces petites erreurs nous font dire que RTT est bâclé. De plus, dans ce genre d’histoire, il y a des sous-intrigues assez importantes, les personnages principaux étant poursuivi par tout d’un tas de types. Ici, c’est juste des flics français, qui doivent s’habiller en homosexuels des années 70 pour passer inaperçu. C’est d’une ringardise totale.
Mais tout est ringard dans ce film : les plans à la con sur un bateau qui est sensé accompagné la love story des deux, en faisant soi-disant virevolter la caméra. La lumière est très parisienne. Ce qui est amusant puisqu’en Floride, il y a souvent un soleil de plomb. Mais là, on se croirait sous les nuages parisiens. Très amusant. Sans parler également des tentatives comiques déployées par Merad qui n’est malheureusement pas vraiment à son aise ici.
Voilà, RTT, c’est un peu tout ça : un film ni fait, ni à faire. Aucune trouvaille, aucune ingéniosité et aucun intérêt. Une actrice qui a encore à faire ses preuves ou alors, être entourée d’un vrai réalisateur, comme Claude Chabrol (c’est là où je l’avais découvert, dans Les Fleurs du mal). Sans compter qu’ils se sont quand même mis à 5 pour pondre un chef d’œuvre pareil.
RTT est donc très instructif pour voir tout ce qu’il ne faut pas faire pour fabriquer un film réussit. Ce film serait à montrer dans les écoles de cinéma tellement ça sent bon l’amateurisme et les plans ratés. Un vrai bonheur pour les yeux et les oreilles. Quand, en plus, c’est sponsorisé par Studio Canal, qui a « refusé de donner de l’argent à Bertrand Tavernier pour Dans la Brume électrique, on se rend compte encore plus que ce Studio est définitivement mort et qu’il n’a plus rien à voir avec le cinéma.
RTT de Frédéric Berthe | Scénario d’Alexandre Charlot, Alexandre de La Patellière, Mathieu Delaporte, Franck Magnier et Julien Rappeneau | Photographie de Giovanni Fiore Coltellacci | Avec Kad Merad, Mélanie Doutey, Manu Payet, Francis Renaud, Pierre Laplace, Daniel Duval, Nathalie Levy-Lang, Arthur Dupont, Géraldine Nakache, Laurent Claret, Arthur Benzaquen, Eric Naggar | France | 2008 | 88 min. | Comédie et Aventure | Distribué par StudioCanal | Crédit photographique : StudioCanal






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