Esther (Orphan) de Jaume Collet-Serra

Esther est le troisième long-métrage sorti en France du réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra, après La maison de cire (House of Wax) en 2005 (joli film d’horreur d’ailleurs, avec Paris Hilton dedans, remake de l’Homme au masque de cire sorti en 1953 d’André De Toth) et Goal II – La Consécration, la suite de Goal qui n’a dû marcher qu’auprès des footballeurs en herbes et autres amateurs de ballons ronds. Ainsi, Esther rentre dans la droite ligne de Joshua (de George Ratliff) sorti en 2008, voyant un garçon débarquer dans une famille et mettant un peu beaucoup le souk.

Après avoir perdu l’enfant qu’elle attendait, la fragile Kate (Vera Farmiga) voit ressurgir les douloureux souvenirs d’un passé qu’elle préférerait oublier. Hantée par des cauchemars récurrents, et décidée à retrouver une vie de couple équilibrée avec son gentil mari (Peter Sarsgaard), elle fait le choix, avec son compagnon John, d’adopter un enfant. A l’orphelinat voisin, Kate et John se sentent étrangement attirés par une fillette, Ether (Isabelle Fuhrman). Mais Kate ne tarde pas à découvrir la face cachée de la  » douce  » enfant. Autour d’elle, personne n’a rien remarqué, et nul ne semble partager ses doutes et ses inquiétudes…

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Esther – Trailer – 2008

Produit entre autre par Joel Silver et Leonard di Caprio, Esther est le Thriller d’horreur familial type. A l’instar de Joshua, La Main sur le berceau de Curtis Hanson, Le Beau-Père (remake et original) ou encore Godsend, expérience interdite, c’est l’introduction d’un élement perturbateur au sein d’une famille plus ou moins unie qui causera un ou plusieurs drames. Le décor est donc bien planté, et Esther nous entrainera dans de plus en plus loin dans l’escalade de la violence, d’après minime à carrement des meurtres.

Ce n’est donc pas très original, pour peu que l’on aime ce genre de thriller et qu’on soit familiariser avec ce type de production. C’est donc sur le charisme des acteurs que peut se jouer l’histoire. Et la petite Esther, incarné par Isabelle Fuhrman, est sublime pour son jeune âge : tour à tout enfant, adolescente et femme (ah merde, je spoile un peu là), elle a, à son actif, une palette assez riche de variations qui permettent de rendre cette histoire quelque peu crédible.

Si Esther ne brille pas par une originalité folle au niveau de son histoire, ce sont surtout les rapports au seins de la famille, qui ont tendance à se déliter le temps passant, qui renforce l’intrigue. En effet, le père, joué par Peter Sarsgaard, semble conquis de plus en plus par cette fille brillante, qui répond plus à ses attentes, que les deux autres enfants de la famille. En ce sens, le parti pris du réalisateur Collet-Serra est assez intéressant, celui-ci ne se contentant pas seulement d’axer l’intrigue sur la petite fille mais le reste de la famille.

Enfin, Esther est assez plaisant puisque la fin diffère quelque peu. Ce n’est pas une envoyée du diable, ce n’est pas un supposé de Satan ni un clone d’un enfant disparu. C’est autre chose ici. Et cette autre chose semble assez crédible et trouve son origine dans une explication un peu plus rationnelle, même si elle peut être quelque peu alambiquée (le film se perd là dessus et patauge pas mal à un moment). A voir les jours de pluies, en DVD, sous la couette.

Esther (Orphan) de Jaume Collet-Serra | Scénario de David Leslie Johnson et Alex Mace | Photographie de Jeff Cutter | Musique de John Ottoman | Avec Vera Farmiga, Peter Sarsgaard, Isabelle Fuhrman, CCH Pounder, Jimmy Bennett, David Fine, Lorry Ayers, Aryana Engineer, Rosemary Dunsmore, Margo Martindale, Matthew Raudsepp  | Etats-Unis | 2008 | 123 min | Thriller, Epouvante-horreur | Distribué par Warner Bros. France | Crédit photographique : Warner Bros.