vendredi 25 décembre 2009

Solomon Kane de Michael J.Basset‎

Produit en partie par Samuel Hadida (celui qui a donné un petit coup de pouce à Quentin Tarantino au début de sa carrière), Solomon Kane Michael J.Basset‎ constitue une véritable et pure déception. L'adaptation du personnage à l'écran de Robert E. Howard (le créateur de Conan le barbare, entres autres pour ceux qui ont du mal avec tout ce qui existaient avant et pendant J.R.R. Tolkien), mort à 30 ans (1936) qui avait déjà fait l'objet d'une transposition en comic chez Marvel et Dark Horse. Mais ici, dans le film, tout se relève plat, terne, lent, et sans réelle consistance.

Dans un XVIe siècle ravagé par les guerres, le capitaine Solomon Kane (James Purefoy) est une redoutable machine à tuer, aussi cruelle, brutale qu'efficace. Armé de ces deux pistolets qui font sa marque, de sa dague et de sa rapière, lui et ses hommes laissent libre cours à leur soif de sang alors qu'ils combattent au nom de l'Angleterre d'un continent à l'autre.


Solomon Kane - Trailer - 2009

Pourtant, lorsque Kane décide d'attaquer une mystérieuse forteresse quelque part en Afrique du Nord, sa mission va prendre un tournant fatal. En effet, un par un, ses hommes sont décimés par des créatures démoniaques, jusqu'à ce qu'il reste seul face à l'envoyé du diable, venu des profondeurs de l'Enfer pour s'emparer de son âme atrocement corrompue. Kane parvient à s'échapper, mais il sait qu'il doit maintenant se racheter en renonçant à la violence et en se consacrant désormais à une vie de paix et de pureté. Ainsi se réfugie-t-il dans un monastère, à l'abri de toute tentation de faire couler le sang. Mais sa nouvelle spiritualité ne tarde pas à être mise à l'épreuve lorsqu'il revient dans une Angleterre dévastée par des hommes diaboliques à la solde d'un être masqué terrifiant, l'Overlord, qui sème le chaos et la terreur partout où ce dernier foule les pieds.

Le film de Michael J.Basset‎ n'est pas à proprement parlé un bon film. Il est déjà trop long par rapport à ce qui se passe réellement devant nos petits yeux qui fatiguent devant la longueur de certaines scènes et la roubladise des autres. En effet, la scène d'introduction fait très Indiana Jones et les aventuriers de l'Arche perdue. Une foison de ralentis plus ou moins grotesques surgissent de manière régulières, très action movie des années 1980, mais sans le fun qui va avec.

En effet, Solomon Kane, à l'inverse de Conan le Barbare, est un héros solitaire, taciturne et d'une certaine manière tragique. Il est donc assez difficile, de ce point de vue, de le jouer au second degré. Mais c'est ce qui manque pourtant à ce film, trop premier degré et trop mal fichu, pour donner un semblant d'importance à ce personnage qui  a pourtant un conflit intérieur très poussé.

Ce qui est assez étonnant, quand je le voyais, c'est que je ne pouvais m'empêcher de faire un parallèle avec le jeu vidéo Vagrant Story, le pur chef d'oeuvre de Square Soft, qui avait réussi à allier admirablement religion, magie, musique, tragédie et univers fantastique à travers un jeu vidéo bien foutu. Ici, les sons de musiques classiques sont plats, les acteurs sont assez ridicules (non mais James Purefoy quoi, qui a la voie française de Hugh Jackman et Pete Postlethwaite qui s'est totalement perdu ici ), la mise en scène se contente de reprendre ce qui a fait le succès des films des années 70-80 (le méchant fait très Dark Vador, au passage), le découpage du scénario aurait gagné à être un peu plus rapide et insister de temps en temps, mais seulement de temps en temps, sur l'aspect torturé de Solomon Kane, aborant son costume de puritain comme un étendart.

Si John Milius, avec son Conan le Barbare, avait rendu hommage à l'oeuvre de Robert E. Howard, tel n'est pas le cas de Michael J.Basset‎ avec son adaptation de Solomon Kane, qui se contente de reprendre de vieilles recettes complètement éculées pour nous fournir une copie digne d'un direct-to-video (ce qui n'est souvent pas un mal quand on voit que cela a été le sort reservé à Southland Tales, qui a constitué la bonne surprise de 2009 en DVD).

Solomon Kane de Michael J.Basset‎ | scénario de Michael J. Bassett d'après l'oeuvre de Robert E. Howard | Photographie de Dan Laustsen | Musique de Klaus Badelt | Avec James Purefoy (Solomon Kane), Rachel Hurd-Wood (Meredith Crowthorn), Pete Postlethwaite (William Crowthorn), Samuel Roukin (Marcus Kane) | États-Unis | 2008 | 104 min. | Fantastique et Action | Distribué par Metropolitan FilmExport
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1 commentaires:

Pipo on 27 décembre 2009 09:09 a dit…

Déjà commenté ce film sur l'article "REC"

Et putain, ça fait ch*** que des connards sans âme massacrent des oeuvres littéraires et des héros si bien décrits sur papier!

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