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lundi 30 novembre 2009

Twilight - Chapitre 2 : tentation ( New Moon) de Chris Weitz

Ah, Twilight, la Saga que tous les adolescents adorent (et leurs parents par défaut, puisqu'ils sont obligé de se coltiner cette mièvrerie cul cul la praline). Car oui, c'est une saga, une vraie, une pure, une dure, une qui fait mal, qui donne de l'acné, comme le public de ces films. Alors qu'on croirait être débarrassé de ces vampires qui n'en sont pas vraiment, on sait maintenant, nous pauvre français qui n'avaient pas mérité ça,  que c'est une quadrilogie, donc que forcément, ça va faire quatre films (le pur bonheur en paquet de douze), et assez rapidement d'ailleurs puisque le premier est sortie début 2009, le second est déjà là et le troisième arrive bientôt et vite. Voici le pitch, retravaillé par mes soins.


Ainsi, vous vous rappelez de :"Tu ne me reverras plus. Je ne reviendrai pas. Poursuis ta vie, ce sera comme si je n'avais jamais existé." Et oui, c'est moche mais c'était ce qui se passait dans à la fin du premier Twlight. Ainsi, Abandonnée par Edward, celui qu'elle aime passionnément, Bella ne s'en relève pas (on la comprend, vu la tête du mec, il y a de quoi tomber par terre en effet). Comment oublier son amour pour un vampire et revenir à une vie normale ? (oui parce qu'un vampire qui scintille, c'est quand même quelque chose qu'on a du mal à oublier et en plus, ça vit le jour, ces trucs).


New Moon - Trailer - 2009

Pour combler son vide affectif (elle se touche un peu? Elle se rue sur le chocolat? Elle fait du sport? Elle milite dans une association caritative? Elle devient journaliste? Elle fait un bébé avec le premier venu? Elle se prostitue à L.A.?), Bella court après le danger (ah oué, elle est forte, la mademoiselle) et prends des risques de plus en plus inconsidérés (Oui, enfin ça, à cet âge là, c'est plus se donner du plaisir qui serait complètement inconsidéré, surtout dans un film pour ado).

Edward n'étant plus là pour la protéger (enfin, la protéger, la protéger, la prendre par les f.... plutôt oui! et remarquez il a le temps, vu qu'il est pas prêt de mourir de vieillesse le petiot!), c'est Jacob, l'ami discret et indéfectible qui va la défendre et veiller sur elle. Mais peu à peu elle réalise l'ambigüité des sentiments qu'ils éprouvent l'un envers l'autre...

Alors Twilight - Chapitre 2 : tentation est un pur et vrai film Mormon comme on en faisait plus. C'est long, c'est encore plus chiant, le trio amoureux est bigrement emmerdant. C'est toujours assez pathétique au niveau de la mise en scène et ça nous rend un ensemble indigeste. Mais on s'en fout, surtout moi, puisque je ne suis pas le public cible. Dire que la petite actrice, Kristen Stewart, que j'ai bien aimé dans d'autres films, devient de plus en plus tarte avec son jeu tout en mièvrerie et badinage foireux.

Bref, je ne vais pas trop m'appesantir sur Twilight - Chapitre 2 : tentation puisque je risque d'en dire encore plus de mal. J'en ferais bien des tonnes question second degré, mais je me dis qu'après tout, ça peut pas faire plus de mal que d'autres films français, aussi calibré pour les adolescents que LOL (mon dieu ce film). Alors ainsi soit-il.

Twilight - Chapitre 2 : tentation ( New Moon) de Chris Weitz | Scénario de Melissa Rosenberg d'après l'œuvre de Stephenie Meyer | Photographie de Javier Aguirresarobe | Musique d'Alexandre Desplat | Avec Kristen Stewart, Robert Pattinson, Taylor Lautner, Ashley Greene, Nikki Reed, Jackson Rathbone, Kellan Lutz, Peter Facinelli, Billy Burke, Elizabeth Reaser | États-Unis | 2009 | 130 min. | Fantastique et (surtout!) Romance | Distribué par SND

dimanche 29 novembre 2009

Hyper tension 2 (Crank 2: High Voltage) de Mark Neveldine et Brian Taylor

Il y a des films que l'on aime parce qu'ils sont bête, sales et méchants, comme les Hyper tensions. Le but d'ailleurs des deux films de Mark Neveldine et Brian Taylor (également réalisteurs d'Ultimate Game)  est plus de nous en mettre plein la vue visuellement qu'autre chose. Autant dire que le pari est plus que réussi, Crank 2 étant encore plus gras, lourd et rapide que le premier du nom, ce qui n'était pas, à la base une mince affaire.

Ainsi, on reprend l'action là où l'avait laissé. Souvenez vous qu'à la fin du premier, Chev Chelios (Jason Statham qui reprend ici son rôle) tombe en pleine ville, et semble voué à une chute complètement mortelle. Mais au début du second, on nous explique, on ne sait d'ailleurs par quel miracel, celui-ci va se relever. Las, pour lui, il n'a plus de coeurs. Donc, un parrain de la mafia chinoise va remplacer ce dernier  par une prothèse et Chelios doit régulièrement le stimuler en s'envoyant des décharges électriques pour survivre et ceci de manière très très régulière.

On reprend donc le même point de départ qu'Hyper tension en y changeant deux ou trois élements. Si les acteurs sont les mêmes et l'intrigue presqu'inchangée, plusieurs autres évolutions se font néanmoins sentir. Ca bouge en effet encore plus vite que dans le premier, si cela été possible. On est complètement chamboulé par les mouvements d'une caméra qui ne nous laisse strictement aucun répis.

Mais las, totalement boudé par les distributeurs français, Hyper Tension 2 est directement sorti en vidéo, malgré la présence de Jason Statham, Bai Ling ou encore Amy Smart. C'est d'ailleurs assez étrange mais on comprend bien les réticences lorsque l'on voit le film : ca tue, ça baise, ça fait de l'humour gras, c'est glauque et un peu débile. le film aurait d'ailleurs gagné à être diffusé en salle puisque c'est là que réside sa force.

Mais à la manière de Shoot them up qui jouait aussi sur ces codes, en insistant sur ce côté irrévérencieux, Hyper tension  nous plonge dans un univers digne d'un jeu video (en gros Gran Theft Auto) en jouant sur l'aspect "cartoonesque" de l'ensemble. On peut bien entendu, ne pas être sensible à ce type de films, qui lorgne trop vers le bête et méchant, mais je dois dire que je le trouve bien plus irrévérencieux, au final, qu'un Bruno de Sacha Baron Coen qui se moque que d'une frange de la population. Et je dois dire également que je préfère qu'on s'attaque à l'esprit puritain d'une société en simulant encore une fois une scène de baise en plein jour plutôt que de voir deux homosexuels dans une chambre d'hotel s'enfiler des trucs.

Hyper tension 2 explore donc des pistes laissé en suspend par d'autres. Est-ce une bonne chose? Peut-être pas. Mais toujours est-il que le fun, le vrai est là, que les deux réalisateurs semblent moins bêtes qu'ils en ont l'air avec leur film (leur Ultimate Game joue d'ailleurs sur des codes un plus réalistes, entendez par là l'univers des jeux vidéos que bons nombres de réalisateurs qui n'y comprennent strictement rien). Sans bouleverser quoique ce soit au niveau scénaristique et au point de vue d'une histoire vraiment universelle, les Cranks sont une bonne bouffée d'air frais dans un cinéma hanté par les comédies romantiques, les dessins animés et autres blockbuster vite oubliés.

Hyper tension 2 (Crank 2: High Voltage)  de Mark Neveldine et Brian Taylor |  Scénario de Mark Neveldine et Brian Taylor | Photographie de Brandon Trost | Musique de Mike Patton | Avec Jason Statham, Amy Smart, Efren Ramirez, Bai Ling, Dwight Yoakam | États-Unis | 2009 | 96 min. | Action | Distribué par Sony Pictures Releasing France

samedi 28 novembre 2009

Five minutes of Heaven d'Oliver Hirschbiegel


Oliver Hirschbiegel est connu pour avoir réalisé un film marquant, L’expérience (qui se rapproche d’ailleurs de La Vague, sorti quelques années plus tard), mais également La Chute, consacré à la mort d’Adolf Hitler ou encore pour Invasion, nouvelle version de l’Invasion des profanateurs de l’auteur Jack Finney, avec Nicole Kidman et Daniel Craig dans les rôles titres. Five minute of Heaven, son dernier film, est un film intimiste liée à un sujet sensible : la violence en Irlande du Nord et ses conséquences.


L'histoire de deux hommes brisés (Liam Neeson et James Nesbitt) par la violence qui contamine l'Irlande du Nord de la fin des années soixante jusqu'au processus de paix en 1998, et comment ils essaient de s'entendre sur les retombées de ces évènements. C’est ainsi l’histoire d’un homme qui a perdu son frère, assassiné par un jeune homme d’un petit groupuscule. Toute sa vie, sa mère lui a reproché de n’avoir rien fait pour empêcher cela. Le destin, des années plus tard, lui permettra d’être confronté à son meurtrier

Le titre du film, les cinq minutes du bonheur ou du paradis sont donc les cinq minutes que ressentira cet homme vis-à-vis de l’assassin de son frère. Ces cinq minutes où ce père de famille de deux filles se sentira vivant, vraiment et réellement  et surtout débarrassé de ses démons qui l’empêche de vivre.


Five minutes of Heaven, après une introduction qui plantera le décor, met beaucoup de temps à démarrer et à faire confronter les deux individus. Cet affrontement final n’aura d’ailleurs lieu qu’à la toute fin. Mais c’est plus le parallèle entre les deux hommes qui a plut au réalisateur que leur rencontre et c’est à travers ces deux hommes que l’on peut se rendre compte du conflit qui a sévi en Irlande du Nord.

Sans avoir la porté de Bloody Sunday ou Au nom du père, Five minutes of Heaven est intéressant pour un aspect plus intimiste de ces événements. Sans grandiloquence, il amène une certaine pointe de réflexion autour de la vengeance, du pardon et du rejet, thèmes universels traité de manière un brin subtile.


Five minutes of Heaven d'Oliver Hirschbiegel, Scénario de Guy Hibbert, photographie de Ruairi O'Brien, Avec Liam Neeson, James Nesbitt, Anamaria Marinca
Grande-Bretagne, 2008, 90 min, Drame et Historique Distribué par Pathé Distribution

vendredi 27 novembre 2009

L'abominable vérité de Robert Luketic

Gerard Butler, depuis trois ans et le succès de 300 est l'acteur qui à la côte aux Etats-Unis, malgré un physique un peu strange. Ainsi, il enchaîne les rôles de mecs, de vrais mecs, les producteurs et réalisateurs hollywoodiens voyant en lui l'incarnation du mec, du vrai, mais qui sait aussi se confronter à la gente féminine et révéler son petit cœur d'artichaud qu'il cache tout au fond de lui. C'est tout le sujet de L'abominable vérité, où lui et Katherine Heigl vont apprendre à se connaître et s'apprécier.

Ambitieuse productrice de talk-show, Abby Richter (Katherine Heigl) se targue de pouvoir trouver instantanément une solution à n'importe quel problème. Le seul qu'elle n'a pas réussi à résoudre, c'est son célibat, qui a tendance à durer (ça et le fait qu'elle n'a plus vraiment couché avec un mec depuis quelques temps déjà).

Lorsque le taux d'audience de son émission faiblit, Abby est obligée d'engager un nouvel animateur soi-disant expert en relations humaines, Mike Chadway (Gerard Butler) qui cartonne avec son émission The Ugly Truth (d'où le titre du film, L'abominable vérité  en français) sur une chaine concurrente. Dans l'émission, celui-ci traite de ce qui plaît vraiment aux hommes. Le choc est rude entre la jeune femme et ce provocateur odieux et macho. Le pire, c'est qu'il fait grimper l'audience et devient incontournable...

C'est alors qu'Abby rencontre Colin, son voisin, un chirurgien célibataire qui est tout l'opposé de Mike Chadway. Cette fois, Abby veut mettre toutes les chances de son côté. A contrecœur, elle fait appel à Mike... Alors que Mike conseille Abby à coups de théories provocantes qu'elle finit par suivre, tous deux découvrent une autre vérité : aussi différents puissent-ils être, hommes et femmes ont en commun certains sentiments...

Et c'est ainsi que le sujet de départ, rigolo, devient au finale une comédie sirupeuse concoctée comme il se doit pour plaire à la petite ménagère de moins de 50 ans. C'est d'ailleurs la cible du film et l'impact sera plus grand chez elle que pour d'autres publics. Ce qui est un peu dommage, c'est qu'on applique toujours et souvent les mêmes recettes, les mêmes filons pour faire naître une histoire d'amour : deux personnes, qui ne s'aiment pas, mais qui sont obligées de bosser ensemble vont finir par s'aimer au final. C'est en fait la traduction du tandem dissocié (ou du buddy movie) américain appliqué à la romance.

Et ici, ce n'est que ça. Le plan final, en montgolfière est très mal fichu. C'est du bon vieux numérique qui tâche et on sent le décor en carton pate (pardon, en fond vert) derrière. Ce qui est dommage, en fait, c'est que les 20 premières minutes insufflaient un autre rythme, plus dur et plus impactant. La suite se révèle assez platouille, la Abby, après des errements sentimentaux, va trouver la personne idéale chez le Chad, que tout devrait opposer.

C'est peu dire que l'australien Robert Luketic fait le métier, sans plus. Mais après La Revanche d'une blonde et Las vegas 21 peut-on dire que le réalisateurs a vraiment quelque chose à apporter. Le second cité manque cruellement d'originalité, malgré encore une fois un départ prometteur, tout comme d'ailleurs le premier.

C'est assez dommage qu'avec des sujets un brin provoc, la suite de ses histoires se révèlent ensuite être très banales. On ne sait si c'est dicté par le cahier des charges de la production ou si c'est les désirs du jeune metteur en scène (enfin, il est né en 1973, c'est considéré comme jeune). Toujours-est il qu'à chaque moitié de ses longs-métrage, on retombe sur du classiscime très comédie  américaine années 50-60 (enfin, si j'ai bien compris d'où venait ce classiscime de la comédie américaine).

L'abominable vérité  est donc au final plan plan. Ce n'est pas un mal, il y a toujours pire. Mais ça aurait pu être corsé du début à la fin. Ca sera peut-être une autre fois.

L'abominable vérité (The Ugly Truth) de Robert Luketic | Scénario de Karen McCullah Lutz, Kristen Smith et Nicole Eastman | Photographie de Russell Carpenter | Musique d’Aaron Zigman | Avec Katherine Heigl, Gerard Butler, Bree Turner, Eric Winter, Nick Searcy | États-Unis | 2009 | 96 min. | Comédie romantique | Distribué par Sony Pictures Releasing France

jeudi 26 novembre 2009

Hardwired d'Ernie Barbarash

Les temps sont durs pour les star des années 80-90. Ceux qui ont fait la gloire des producteurs américains, tout comme le bonheur du public selon les cas, se retrouvent à cachetonner dans des productions sans le sous, comme Cuba Gooding Jr, Val Kilmer et Michael Ironside. Pourtant, le  Hardwired du réalisateur Ernie Barbarash, s'il avait disposé de moyens financiers assez conséquents, aurait pu être un bon thriller de science-fiction, dans un monde futuriste et cybernétique. Mais ce n'est pas le cas et il ressemble donc à un téléfilm, avec plan en bois et effets spéciaux au rabais. Dommage, surtout pour ses acteurs.

Il se nomme Luke Gibson. C'est un homme qui est heureux avec sa femme. Cependant, sa vie bascule tragiquement du jour en lendemain suite à un accident de voiture causant la mort de sa compagne. A son réveil à l'hôpital, il ressent des symptômes perturbant sa mémoire qui ne semble pas être le sien et des visions étranges lui apparaissent. En effet, ceux-ci sont dûs à une micro-puce dangereuse implantée dans son corps qui risquerait de lui couter la vie...


Hardwired - thirller - 2009

Hardwired a donc une bonne idée de départ. Implanter des puces chez les gens pour leur vendre encore plus de publicité et faire d'eux des zombies consommateurs, prêt à acheter tout ce qui bouge en 3D, tout ceci pour permettre à des méga corporation à la Shadowrun de s'enrichir sur leur compte. Une bonne idée, mais mal exploitée ou pas exploitée du tout, selon le cas.

La réalisation est pataude, les cadrages sont digne d'un téléfilm du dimanche après-midi. Les scènes filmées servent plusieurs fois, histoire de faire 1H30. On ne peut pas dire que Cuba Gooding Jr. et Michael Ironside ne fassent pas le métier, mais comme rien ne suit derrière, malgré la trame, ça reste en surface. Val Kilmer fait son gros poseur devant des écrans, et on suppose que l'écran vert qui a du servir à insérer les effets spéciaux n'a pas du l'air.

Tout comme Killer Hacker, on sent que le scénariste, Michael Hurst comme le réalisateur, Ernie Barbarash, avaient des choses à dire et des thèmes à exploiter. Mais tout est en surface, sans consistance et la fin est banale. Ca serait presque du sous John Carpenter sans le fun... Ce qui avec les moyens actuels, techniquement est un peu un comble. Le tout fait d'Harwired un film totalement dispensable, à moins de voir tous les films de Science-fiction et d'anticipation avant... et autant dire qu'il y a du boulot...

Hardwired d'Ernie Barbarash | Scénario de Michael Hurst | Photographie de Stephen Jackson | Musique de Schaun Tozer | Avec Cuba Gooding Jr., Michael Ironside, Alastair Gamble, Val Kilmer, Hiro Kanagawa, Juan Riedinger, Robert Clarke, Rachel Luttrell, Matt Anderson, Tatiana Maslany, Sunita Prasad | Etats-Unis et Canda | 2009 | 95 min. | Thriller et Science-fiction

mercredi 25 novembre 2009

Bienvenue à Zombieland de Ruben Fleischer

Bienvenue à Zombieland  de Ruben Fleischer est sorti sur nos chers écrans français aujourd'hui et ne va surement pas faire grand bruit, hormis auprès des fans de zombies, de la fin du monde, et pour ceux qui aiment l'humour un peu décalé, à l'anglo-saxonne. D'ailleurs, le parallèle avec Shaun of the Dead est éloquent, même si Zombieland est un film américain, donc avec de l'humour forcément plus gras que Shaun (enfin, toutes proportions gardées, il faut quand même pas non plus déconner).

Dans un monde infesté de zombies, deux hommes tentent de survivre. Columbus, le plus jeune, est terrorisé à l'idée d'être dévoré. C'est une poule mouillée, mais sa prudence pourrait bien lui sauver la vie... Tallahassee, lui, est un chasseur de zombies qui ne craint plus rien ni personne. Armé d'un fusil d'assaut, il se donne corps et âme à la seule mission qui compte pour lui : trouver les derniers exemplaires de ses biscuits préférés, des Twinkies, encore disponibles sur Terre.
Dans leur périple, les deux survivants sont rejoints par Wichita et Little Rock, deux jeunes filles. Tous ont désormais deux défis impossibles à relever : affronter les zombies et apprendre à s'entendre...


Bienvenue à Zombieland - Trailer - 2009

Pour quiconque est vaguement ou furieusement amateur de film de zombies, de films catastrophe nouveau genre (entendez par là, monde rongé par un virus et entrainant une nouvelle condition de vie), Zombieland ne constituera pas vraiment une surprise, tellement le thème est éculé depuis plusieurs années maintenant. On penser bien évidemment à 28 jours plus tard, à 28 semaines plus tard (et en attendant 28 mois plus tard suivi surement de 28 ans plus tard ou encore 28 décennies plus tard et enfin 28 siècles plus tard pour terminer avec le chiffre 28), à Blindness (même si les zombies sont des aveugles dans ce film) et j'en oublie surement beaucoup d'autres.

Enfin, je ne vous ferais pas injure en disant que Romero a également sorti des films, outre le fait d'avoir été bien bien remaké, pendant cette période récente tel The Land of The dead ou encore (ce dernier prouvant d'ailleurs la totale méconnaissance du réalisateur du net et de ses dangers supposés ou réels mais c'est surement ni le premier ni le dernier à avoir un problème avec ce média multiforme, des pseudo intellectuels français ont le même problème, traitant tout bonnement les internautes d'"imbécile. Il faudrait d'ailleurs que je retrouve la référence du Diary of the Dead du Nouvel Obs où j'ai lu ce passage sidérant de bêtise et manquant totalement de réflexion et de connaissance du support critiqué, l'auteur de ce billet aimant enfoncer des portes ouvertes pré mâchées par d'autres, ce qui est purement un comble lorsque l'on veut proposer un contenu avec un tantinet de réflexion. D'ailleurs, il faudrait qu'on arrête de laisser écrire et de payer des gens pour ça, le net est aussi rempli de mecs comme le type qui a écrit mais eux, au moins, il faut ça gratuitement).

Que dire de Zombieland? Ben pas grand chose en fait. C'est un pur divertissement avec le thème des Zombies en toile de fond. On n'est pas dans Dead Snow (ou encore Dead Sno) avec des Zombies Nazis ou des Nazis Zombies (oué parce qu'ils était nazis avant d'être zombies ou c'était des zombies qui ont enfilé des costumes nazis... mystère). En fait, plusieurs choses sont rigolotes, comme le thème des Règles pour survivre qu'utilise le protagoniste principal, Columbus (comme celle d'avoir un bon cardio, de tirer une seconde fois sur un zombie, ect, ect). L'histoire nous narre donc la rencontre improbable de quatre personnes qui vont, après s'être fait des coups tordus, devoir survivre dans ce monde changeant.




D'ailleurs le thème de la fête foraine accentue ce côté entertainement. On n'est pas ici dans la réflexion du zombie qui était un homme avant, de manière politique comme l'a pu faire Romero et vaguement d'autres réalisateurs après lui. On est purement et simplement dans le fun, les protagonistes étant protégé contre le mal, malgré des situations périlleuse.

Zombieland n'est pas vraiment un hommage aux films de Romero, comme l'a été Shaun of the Dead. C'est plutôt un bon divertissement, dont le titre français reprend bien le coté humoristique de la chose (même si le Bienvenue à commence à fatiguer avec des traductions bêtes de films comme Bienvenue au Cottage pour lorgner du coté de Bienvenue chez les chtis, surement...)


Bienvenue à Zombieland est donc un très grand n'importe quoi, dont la réalisation est maîtrisé, sans plus. Pas de volonté de surprendre outre mesure un spectateur fan du genre. Pas non plus de volonté de délivrer un message. On prendra juste plaisir à revoir les codes des zombies, de voir certains guest star en action, comme Bill Murray.

Bienvenue à Zombieland  (Zombieland) de Ruben Fleischer | Scénario de Rhett Reese et Paul Wernick  | Photographie de Michael Bonvillain | Musique de David Sardy | Avec Abigail Breslin, Jesse Eisenberg, Woody Harrelson, Emma Stone, Bill Murray, Amber Heard  | Etats-Unis  | 2009 | 80 minutes | Horreur-epouvante | Distribué par Sony Pictures Releasing France.

mardi 24 novembre 2009

K-20 l'homme aux 20 visages de Shimako Sato

K-20 l'homme aux 20 visages de Shimako Sato fait partie d'une certaine tradition et histoire nippone, parait-il. J'avoue que je ne le savais pas quand j'ai inséré le DVD dans mon charmant lecteur. Toujours est-il que cette histoire de super héros japonnais est assez bien fichue et remplie bien son rôle de film d'action, à la sauce américaine autant qu'à celle des yamakasi, qui ont décidement le vent en poupe depuis quelques années (voir l'avant dernier James Bond, Casino Royale pour s'en convaincre).

L'action se déroule en 1949 dans la capitale de Teito, dans un univers à la sauce Steampunk (pour plus de détails, voir ici), les aristocrates monopolisent la plupart de la richesse. La rumeur court qu'un homme mystérieux appelé K-20 et ayant la capacité de changer son apparence, vole fréquemment les riches par d'incroyables méthodes.


K-20 l'homme aux 20 visages - Trailer - 2009

Un jour, K-20 réussit pourtant à duper la police en faisant croire qu'un acrobate de cirque nommé Heikichi Endo (Takeshi Kaneshiro) est le vrai criminel. Kogoro Akechi (Tôru Nakamura ), un détective réputé et astucieux, fait tout pour arrêter ce voleur masqué et découvrir sa réelle identité. Mais Endo a toujours un compte à régler et choisit un combat face à K-20.

Doté d'assez gros moyens,  K-20, l'homme aux 20 visages se laisse regarder pleinement. Sans atteindre le niveau d'un Spiderman (auquel il emprunte bon nombre de codes) de Sam Raimi et flirtant sur un univers un peu sombre, à la Dark Knight, il constitue une bonne surprise dans un univers aux codes multiréférencés et aux pièges nombreux.

Le réalisateur Shimako Sato a fait appel à des grosses pointures, dont le très célèbre Takeshi Kaneshiro, que les fans de films japonais connaissent très bien, et l'histoire baigne dans une uchronie à la steampunk très raffrachissante, même si cela semble être autant à la mode qu'en Europe (ainsi, voir Steamboy, le film d'animation). Sans être autant envolé et autant glauque que les univers dépeint par un Moore en plein trip hallucinogène, K-20 l'homme aux 20 visages rempli son contrat de pur film de divertissement.

K-20 l'homme aux 20 visages (K-20: Kaijin Niju Menso Den) de Shimako Sato, scénario de Shimako Sato, d'après l'œuvre de Kitamura So, photographie de Kôzô Shibasaki, musique de Naoki Sato, produit par Shuji Abe et Seiji Okuda | Avec Tôru Masuoka, Takeshi Kaga, Takeshi Kaneshiro, Kanata Hongô, Yuki Imai, Takeshi Kaga, Jun Kaname, Hana Kino, Fumiyo Kohinata, Jun Kunimura, Kazuyoshi Kushida, Toru Masuoka | Japon | 2009 | 137 min. | Policier et drame

lundi 23 novembre 2009

Saw 6 de Kevin Greutert


Jigsaw revient (oui, parce qu'il n'est jamais vraiment mort) et Saw 6 (la blague française depuis qu'il a été annoncé, étant donné que ça donne Saucisse, ho ho ho) est le premier long métrage de Kevin Greutert. Ce dernier est en territoire (très) connu, puisqu'il est le monteur attitré des cinq premiers volets de la saga. A ce propos, les scénarios de Saw 5 et Saw 6 ont été rédigés en même temps que celui de Saw 4 par Patrick Melton et Marcus Dunstan, ce qui donne au second arc de la série une cohérence un peu plus importante que dans le premier.

L'agent spécial Strahm est mort, et le détective Hoffman s'impose alors comme le légataire incontesté de l'héritage de Jigsaw. Cependant, tandis que le FBI se rapproche de plus en plus dangereusement de lui, Hoffman est obligé de commencer un nouveau jeu qui révèlera enfin quel est le véritable grand dessein derrière les machinations de Jigsaw...


Saw VI - Trailer - 2009

Cet épisode permet donc de voir encore une fois les motivations de Jigsaw, qui sont de plus en plus calculées et établies à l'avance et dont les ramification d'un plan froidement calculé touchent un maximum de personnes. Si les pièges sont toujours au rendez-vous, on s'attache plus en détail ici à ce qui a motivé le tueur au puzzle pour commettre ses crimes et autres tortures sanguinaires.

L'opus en question respecte donc le cahier des charges : du sang, des bras arrachés, des membres coupés, des pièges plus ou moins masochistes, de la torture et un brin de morale, véritable soupaudrage pour une machine à succès (chaque Saw remplit son quotat de spectateurs à chaque sortie).

Si l'ensemble fait toujours pensé à un sombre téléfilm, il reste néanmoins quelques aspects intéressants. En effet, il se dégage un petit côté brut et série B non déplaisant, dans la mesure où, les moyens manquant, il faut un tantinet arriver à faire semblant de voir un film correct, alliant de l'horreur à une volonté plus "sociale" de protéger les plus faibles contre les plus fort, ce qui tend à s'écarter un peu de l'origine, puisqu'on ne survit pas soi-même mais au travers les autres. La vengeance sera donc au rendez-vous ici et cette saga doit donc se voir d'une traite.

Saw 6 (Saw VI) de Kevin Greutert, scénario de Patrick Melton et Marcus Dunstan, photographie de David A. Armstrong , musique de Charlie Clouser
Avec Tobin Bell, Costas Mandylor, Betsy Russell
Etats-Unis, 2009, 90 min., Epouvante-horreur

samedi 21 novembre 2009

The Mutant Chronicles de Simon Hunter

La vie est dure lorsqu'on est acteur ou réalisateur et qu'on bénéficie de budget de The Mutant Chronicles, fresque de Science fiction qui a connu un certain succès, tant comme jeu de rôle que comme jeu vidéo, avec une histoire complexe et riche, dont seulement quelques aspects sont repris à l'écran. C'est un peu le syndrome Donjons et Dragons qui refait surface, sans pourtant bénéficier d'une sortie cinéma. Il faut bien avouer en effet que les décors en numériques aurait pu être plus soignés, comme la fin du film assez cheap…

Constantine (John Malkovich) est à la tête d'une organisation des Nations-Unies, gérée par quatre pays régis par d'énormes corporations qui ont pillé les ressources naturelles de la Terre.
Lorsqu'une armée extra-terrestre, les NecroMutants, organise une guerre contre les humains pour s'approprier le peu qu'il reste à prendre sur Terre, Constantine envisage de quitter la planète avec quelques proches et de la faire exploser pour qu'elle ne tombe jamais aux mains de l'ennemi.
Mais le Major Mitch Hunter (Thomas Jane) du corps des marines qui mène la rébellion humaine s'avère être aux antipodes de Constantine.


The Mutant Chronicles - trailer - 2009

The Mutant Chronicles a d'abord été proposé à trois réalisateurs : Stephen Norrington (Blade), Roger Christian (réalisateur du très gros nanar Terre champ de bataille) et surtout l'un des maîtres du fantastique : John Carpenter (Invasion Los Angeles, The Thing, Ghosts of Mars pour ne citer que quelques une de ces films). Après leurs trois refus, le film a finalement été confié au moins expérimenté Simon Hunter (réalisateur entre autres choses, du Phare de l'angoisse).

Mis à part la présence de John Malkovich, invité surprise et d'honneur de ce film, les autres acteurs présents au casting sont des habitués du genre : de Thomas Jane (The Mist) à Shauna Macdonald (The Descent) en passant par l'incontournable Ron Perlman (Alien, la résurrection, Hell Boy). Il est à noter également que le scénariste Philip Eisner a écrit auparavant le thriller de science-fiction Event Horizon.

The Mutant Chronicles a un univers assez riche. Mais dans l’œuvre de Simon Hunter, on le voit pas bien. Pourtant, il est vrai que la presence d’un beau casting aurait pu permettre au film de disposer d’un gros budget ou du moins de talentueux réalisateurs. Mais cela n’était pas le cas et malgré une ambiance post-apocalyptique, teinté de politique et d’horreur, avec des infectés, pourchassant à cors perdu les humains.

Tout comme Killer Hacker, c’est surtout le manque de budget qui est dommageable ici, tout comme la longue séquence sous terres, dont le seul et unique intérêt est faire tomber un à un les seules personnes capables de sauver la situation, pour n’en laisser qu’un au final. Et tout ceci est bien dommage parce que The Mutant Chronicles aurait pu bénéficier d’un meilleur traitement et pas d’une histoire aussi linéaire, malgré un prologue assez intéressant. Un petit gachis..

Pour en savoir plus sur l'univers, voir l'article wiki dédié à l'univers, assez bien fouillé et fourni :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Mutant_Chronicles

The Mutant Chronicles de Simon Hunter | Scénario de Philip Eisner | Photographie de Geoff Boyle | Musique de Richard Wells | Avec Thomas Jane, John Malkovich, Ron Perlman, Devon Aoki, Anna Walton, Benno Fürmann, Sean Pertwee, Justin Rodgers Hall, Shauna Macdonald | Etats-Unis | 2008 | 101 min. | Science fiction

vendredi 20 novembre 2009

Un Anglais à New York de Robert B. Weide


Un Anglais à New York de Robert B. Weid, réalisateur de Larry et son nombril depuis l'origine (qui met en scène Larry David, le "remplacant" de Woody Allen dans son propre rôle dans Whatever Works sorti le 1er juillet 2009 au cinéma) nous embarque dans l'univers impitoyable du journalisme cireur de pompe holywoodien et glamour, mettant aux prises un journaliste accerbe et arriviste avec le milieu très feutré, où tous les coups sont permis, du show business.

Sidney Young (Simon Pegg, Shaun of The Dead et Hot Fuzz !!), travaille pour un tout petit magazine en Angleterre. Mais il est ambitieux et veut devenir célèbre à tout prix. L'opportunité s'offre à lui lorsqu'il est engagé au sein du magazine "Sharps". Cependant, malgré ses tentatives pour s'adapter à ce milieu particulier, son côté arrogant et arriviste ne plaît pas à tout le monde. Malgré cela, il va s'obstiner à vouloir son quart d'heure de gloire. Ce qu’il finira par obtenir, s’appuyant sur les codes du milieu.

How to Lose Friends & Alienate People, traduit en bon français par Un Anglais à New York (paye ton titre en bois alors que le film n’est même pas sorti en salle) est une comédie qui se veut un tantinet acerbe dans le milieu du journalisme « people » et autres mondanités.Comme je n'ai pas lu le livre, je suis obligé de me fier à ce que j'ai vu.

Et c'est pas super glorieux, en fait. Simon Pegg semble un peu dépassé dans ce rôle, lui qui est beaucoup plus drôle dans des productions un brin plus originale, se retrouve ici catapulté dans un film où beaucoup d'acteurs tentent de tirer la couverture vers eux. Le réalisateur a su saisir toute l'importance de confier un rôle quasi muet à Megan Fox, utilisant surtout sa plastique. On ne saurait l'en blamer, comme le prouve ces quelques photos issues du film :


Megan Fox pensive


Megan Fox toute mouillée (rolalala, c'est pas bien ça)


Megan Fox toute mouillée qui fait bien attention à ses cheveux


Megan Fox encore un peu mouillée (oui, la scèbne est très longue )


Megan Fox en soutien gorge noir qui demande à Simon Pegg de faire le toutou
(Qui refuse d'ailleurs, à la fin du film, rolalala)

Vous l'aurez compris, tout repose sur une improbable histoire entre Simon Pegg et Megan Fox, cette dernière voulant qu'il soit à ses ordres, lui le journaliste mondain et lance définitivement sa carrière. Mais il est partagé également par l'amitié, puis l'amour naissant qu'il a pour Kirsten Durst (qui a du lacher Peter Parker un brin) et qui va finir par se concrétiser. Car oui, mes amis, le journaliste ambitieux, aux dents qui rayent le parquet (enfin, le gravier, tellement elles sont aiguisées) va s'appercevoir qu'il a des choses plus importantes dans la vie qu'avoir de beaux costumes, des belles montres, ect, ect.

Et c'est à ce moment précis qu'on retombe dans une brave comédie des familles, avec une love story bien chiante et peu en adéquation avec le milieu. Ce qu'on aurait pu voir comme une comédie acerbe se révèle être au final qu'une comédie romantique fleur bleue, malgré toutes les tentatives de Simon Pegg pour l'embarquer ailleurs. Le titre, Un Anglais à New York, n'est pas très represatatif, dans la mesure où cet anglais n'a rien de ce qu'on se fait comme clichés sur les habitants de la perfide Albion. C'est juste un gros crétin arriviste dans un créneau racoleur, qui tente par tous les moyens de se faire une place; Et ça aurait été très bien que ça finisse comme cela.

Un Anglais à New York manque donc un peu d'acidité qui aurait fait du bien. Mais ça sera pour une autre prochaine fois, avec un autre film, dans un autre contexte. En attendant, je retourne regarder Megan Fox barbotter dans l'eau.


Un Anglais à New York (How to Lose Friends & Alienate People) de Robert B. Weide | Scénario de Peter Straughan d'après l'œuvre de Toby Young | Photographie d’Oliver Stapleton | Musique de David Arnold | Avec Simon Pegg, Kirsten Dunst, Jeff Bridges, Gillian Anderson, Megan Fox, Miquel Brown, Emily Denniston | États-Unis | 2008 | 110 min | Comédie

jeudi 19 novembre 2009

Rapt de Lucas Belvaux

Rapt s'inspire de l'affaire de l'enlèvement du Baron Empain, homme d'affaire belge, patron d'un groupe industriel, qui fut victime d'un kidnapping en 1978. Il fut libéré après 63 jours de détention. A propos de la genèse de Rapt, le réalisateur Lucas Belvaux présicera que’ « Il y a quelques années, j'ai vu un reportage à la télévision dans lequel le baron Empain racontait son aventure. C'était extrêmement troublant et fort. J'y ai repensé régulièrement, avec toujours une envie intacte de faire un film autour de cette histoire-là (...) En fait, c'est l'histoire d'un homme qui a tout, pour lequel tout va bien et qui, tout à coup, se rend compte qu'il n'est pas ce qu'il croit être. Qu'il peut tout perdre d'une minute à l'autre. N'être plus rien. L'autre aspect passionnant de cette affaire, c'est qu'elle ne finit jamais. Après la fin du cauchemar de la captivité, c'est le cauchemar du retour. La façon dont le baron Empain était très impressionnante ». C’est à partir de cela qu’est né ce nouveau film, avec Yvan Attal dans le rôle titre, magistral dans cet emploi.

Ainsi, Rapt narre l’histoire de Stanislas Graff (Yvan Attal), capitaine d'industrie et homme de pouvoir, enlevé un matin comme les autres devant son immeuble par un commando de truands. Commence alors pour lui un calvaire qui durera plusieurs semaines. Amputé d’un doigt, humilié, nié dans son humanité, il résiste en ne laissant aucune prise à ses ravisseurs. Il accepte tout sans révolte, sans cri, sans plainte, c'est par la dignité qu'il répond à la barbarie.
Coupé du monde, ne recevant que des bribes d'informations par ses geôliers, Graff ne comprend pas que personne ne veuille payer la somme qui le délivrerait.

Au-dehors, son monde se fissure au fur et à mesure de la révélation de sa personnalité. Tout ce qu'il avait réussi à garder d'intimité, son jardin secret, est révélé à sa famille par l'enquête de police ou celle de la presse. Chacun découvre un homme qui est loin de ressembler à celui qu'il imaginait. Quand il retrouvera la liberté, ce sera pour s'apercevoir qu'il a tout perdu, l'amour des siens, l'estime de ses collègues, son pouvoir, la confiance en ses proches.
Sa libération se révélera plus difficile à vivre que sa captivité.


Rapt - trailer - 2009

Si l'enlèvement de Stanislas Graff présente bien des similitudes avec l'affaire Empain (du doigt sectionné aux rumeurs de faux enlèvement), Lucas Belvaux a souhaité transposer cette histoire à notre époque, plutôt que d'avoir recours à une reconstitution, pour des raisons budgétaires surtout mais aussi, parce que ce qui intéressait le réalisateur c’était son sujet plutôt que l’histoire. Ce n'est donc plus l'histoire du baron Empain, mais celle du président Graff. Même tout le monde pensera à faire le lien.

Et autant dire qu’on ne sait pas si une telle histoire pourrait se reproduire d’ailleurs à l’heure actuelle, étant donné la médiatisation de chaque homme ayant un peu de pouvoirs dans notre bonne société. Mais c’est évidemment pas le sujet mais celui du personnage qui a commis des actions répréhensible moralement (joueur de carte invétéré et menteur) et qui se retrouve sur le devant de la scène alors qu’il est enfermé. Rapt, en présentant cette situation interroge le spectateur : est-ce qu’on peut aimer ou non cet homme ? est- ce qu’on peut avoir de la sympathie pour lui ou est-ce que les termes souvent utilisés, « Bien fait ! » sont de sortie ? Tout est ici mis en place pour qu’on soit dans cette situation et autant dire que Rapt est plutôt bien réussi.

D’autant que le charismatique Attal joue ici admirablement bien, élevant la voix quand il faut, se taisant à d’autres moments. Ce n’est pas tout à fait un lâche et encore moins un héros mais il fait ce qu’on lui demande tout en gardant une certaine tenue, une certaine dignité, comme c’est le cas, pour ce genre de personnes, bien élevé, dans ce genre de situations. D’une tente moisie, on passe à une maison et on note la présence de Gérard Meylan (Marius et Jeannette) qui joue le rôle du marseillais, le présumé chef de la bande qui kidnappe Graff. Il est d’ailleurs parfait lui aussi, n’étant pas en quête d’une quelconque vengeance mais d’argent, simplement d’argent, que Graff n’a pas. D’ailleurs la somme est quand même un peu trop importante et on sait très bien qu’aujourd’hui on ne pourrait jamais la réunir.

Comme le fait que dans l’histoire originale, les kidnappeurs ont demandé une somme, puis une autre puis encore une autre, sans savoir ce qu’ils voulaient réellement. Mais c’est un détail, bien sûr. Juste que la somme dans le film est un peu surprenante, même à notre époque.

Le retour à la maison pour Graff ne sera pas de tout repos. Sa famille lui tournera le dos et seul son chien sera content de le voir. Tout est là tout est dit. On ne peut pas tout pardonner et encore moins tout encaisser. Un film à voir, à méditer (même si je n’aime pas cette expression), où un otage est peint comme un bourreau, ce qui était un peu le cas d’ailleurs par la suite. La personne qui a servie de base au film y a d’ailleurs, par la suite, laissé beaucoup de plumes et d’argents.. Mais ceci est une autre histoire.

Rapt de Lucas Belvaux | Scénario de Lucas Belvaux | Photographie de Pierre Milon | Musique de Riccardo Del Fra | Avec Yvan Attal, Anne Consigny, André Marcon, Françoise Fabian, Alex Descas, Michel Voïta, Gérard Meylan, Maxime Lefrancois, Sarah Messens | France | 2009 | 125 min. | Drame et Thriller | Distribué par Diaphana Films

mercredi 18 novembre 2009

L'Imaginarium du Docteur Parnassus de Terry Gilliam

L'Imaginarium du Docteur Parnassus est le premier scénario totalement original (co-)écrit par Terry Gilliam depuis celui du film Brazil. Victime d’un écho important suite à la mort de son acteur principal Heath Ledger, que la profession a salué en lui donnant un Oscar posthume pour son rôle du Joker dans The Dark Knight, ce film est assez mineur dans la filmographie du célèbre réalisateur et dont certains lui vouent d’ailleurs un culte démesuré. C’est en effet une histoire sans âge, produite par sa fille et qui nous entraine dans des endroits colorés, remplis de magie et donc de fantastique.

Avec sa troupe de théâtre ambulant, " l'Imaginarium ", le Docteur Parnassus (Christopher Plummer) offre au public l'opportunité unique d'entrer dans leur univers d'imaginations et de merveilles en passant à travers un miroir magique qiu révèle d’étranges secrets. Mais le Dr Parnassus cache un terrible secret. Mille ans plus tôt, ne résistant pas à son penchant pour le jeu, il parie avec le diable, Mr Nick (Tom Waits), et gagne l'immortalité.

Plus tard, rencontrant enfin l'amour, le Docteur Parnassus traite de nouveau avec le diable et échange son immortalité contre la jeunesse. A une condition : le jour où sa fille, Valentina (Lily Cole), aura seize ans, elle deviendra la propriété de Mr Nick. Maintenant, il est l'heure de payer le prix... Pour sauver sa fille, lui et sa troupe, aidée par un mystérieux étranger nommé Tony (incarné par Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law, et Colin Farrell) va voyager à travers des mondes parallèles pour sauver la jeune fille, avec la ferme intention de réparer ses erreurs du passé une bonne fois pour toutes...


L'Imaginarium du Docteur Parnassus - trailer - 2009

L'Imaginarium du Docteur Parnassus, tout comme Cet obscur objet du désir de Luis Buñuel en 1977, et I'm Not There de Todd Haynes en 2007 prend le parti de faire jouer un seul rôle par plusieurs acteurs au sein d'un même film est un procédé qui a été utilisé à diverses reprises au cinéma. Ainsi le rôle de Tony sera incarné tour à tour par Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law et Colin Farrell dès que le personnage franchi le miroir et se retrouve dans l’autre monde. C’est une bonne idée, qui permet donc de pallier à l’absence du regretté Ledger, qui s’est suicidé entre les deux lieux de tournage.

Pour le reste, L'Imaginarium du Docteur Parnassus manque un tantinet de rythme, un peu comme Les Frères Grimm (également avec Ledger) si l’on doit faire une petite comparaison. En effet, les deux ont des similitudes assez importantes puisque le second degré est mis de côté au profit de la féerie et des effets spéciaux. Ces derniers ne sont pas toujours très bien rendus et manque un peu de charme, comme s’il manquait un je ne sais quoi pour que la magie opère. Et c’est bien dommage. Comme c’est dommage que le film ne s’emballe pas à partir d’un moment, restant sur un rythme faible, lymphatique voire amorphe.

Il est évident que réécrire un scénario n’est pas une tâche facile. Que la perte d’un être cher l’est encore plus. Ledger avait déjà tourné plusieurs fois avec Gilliam et il est évident que des liens d’amitiés très forts se sont noués dans les deux. Il est juste dommage qu’ici  L'Imaginarium du Docteur Parnassus ne lui rende pas plus hommage puisqu’il manque cruellement d’interet et que cette histoire d’immortalité et de sauvetage d’une fille des mains du diable à un petit côté vieillot, qui peut être certes sympathique mais qui ne prend pas toujours correctement, malgré certains dialogues bien écrit.

L'Imaginarium du Docteur Parnassus (The Imaginarium of Doctor Parnassus) de Terry Gilliam | Scénario de Terry Gilliam et Charles McKeown | Photographie de Nicola Pecorini | Musique de Jeff Danna et Mychael Danna | Avec Heath Ledger, Johnny Depp, Jude Law, Colin Farrell, Christopher Plummer, Lily Cole, Verne Troyer, Andrew Garfield, Tom Waits, Carrie Genzel | Grande-Bretagne, Canada et France | 2009 | 122 min. | Fantastique et Aventure | Distribué par Metropolitan FilmExport

mardi 17 novembre 2009

Trésor de Claude Berri et François Dupeyron

Trésor est une blague. Un vrai film blague sur une espèce qui je l'espère, sera un jour en voie de disparition: ceux qui sont capables d'appeler un clébard "bébé" et de se nommer "maman" ou "papa". Ce film, si ce terme pourrait convenir à ce que j'ai vu, narre donc l'histoire d'un homme, d'une femme et un chien. Ce dernier va arriver à les séparer... Dernier film de Claude Berri, même s'il n'a pas pu le tourner ni le terminer (logique), il est soit disant issu d'un vécu... Qui ne restera  pas dans les mémoires... Le temps de Tchao Pantin est loin loin loin loin...


Jean-Pierre et Nathalie s'aiment depuis quatre ans. Pour fêter cet anniversaire, Jean-Pierre offre à sa compagne un cadeau inattendu, un adorable bulldog anglais de trois mois. Nathalie est folle de joie. C'est décidé : il s'appellera "Trésor".Entre elle et l'animal, la relation devient immédiatement fusionnelle. Trésor fait de la chambre à coucher son territoire et y règne en maître, ronfle, bave, investit le lit. Le couple tangue, chavire, au gré des humeurs de ce monstre autoritaire...

Trésor narre donc l'histoire de deux bobos parisiens qui roulent en vélib (si on fait pas un film avec un vélib quelque part à Paris de nos jours, on doit pas avoir de subvention de la ville de Paris parce que je ne vois pas d'autres explications, voir également Victor qui partait sur le même principe....), qui n'ont pas d'enfants, ont pas mal de pognon pour pouvoir habiter paname et s'emmerdent donc dans la vie. Pour cela, le mari, Alain Chabat (dès fois, je me dis que ce mec ne sait pas jouer quand j'entends sa voix... autant il y a des films ça passe, autant celui-là, on dirait que c'est son premier film tellement ça passe pas) va faire un cadeau particulier à sa chère et tendre, un putain de clébard qui ressemble à rien. Car il ne faut pas se leurrer, les Bulldogs anglais, ça ne ressemble à rien, ça a une dentition improbable et ce sont réellement des casse couilles vivants. Mais c'est bien là tout l'objet du film. Montrer qu'un chien casse couille peut au final être attachant..

On va passer en fait sur tout le film puisque c'est un film  rétrograde, emmerdant, chiant et on se demande bien pourquoi on regarde ce flot de personnages qui nous emmerdent avec leur histoire de clébards. J'ai déjà du mal avec les gens qui "personnalise"' les clebs, mais là, c'est complètement bouquet puisqu'il n'y a strictement aucun second degré par rapport à ça, aucun recul et donc forcément aucun recul. Un chien qui dort sur un lit en pétant, c'est normal, un chien qui bouffe de la viande directement issu du boucher, c'est normal (surtout quand tu connais le prix de la viande ça te tue),  un chien qui te bouffe tout et qui te chie dessus, ça a l'air normal et c'est à l'humain à s'adapter. Franchement, je ne sais pas vous, mais un chien qui me chie dessus se prend une volet de bois verts ça trainerait pas.

Mais ici, le chien est roi. Enfin, je ne sais pas. J'ai pas pu m'empêcher de somnoler tout le long, aider en cela par une musique d'ascenseur et une mise en scène complètement pataude, à l'image de l'immonde clébard que le spectateur est sensé s'approprier et aimer. Chabat et Seigner font le métier sans trop y croire. On se demande d'ailleurs si c'était pas pour payer les impôts. C'est le genre de film, comme une personne de ma connaissance le dit souvent, qui "a fait bosser des techos". Et ça s'arrête là.

Que dire de plus sur ce film? Qu'il est consternant? Pathétique? Qu'on serait dans un épisode de confession intime si cette émission de merde ne se concentrait pas sur les travers des petites gens mais sur ceux de ces putains de bobos qui nous emmerdent avec leurs histoires à la con, qu'ils nous nique des salles de cinéma où on pourrait avoir d'autres films (comme par exemples The Box, qui est, même si je l'ai critiqué, autrement plus intéressant que cette merde infame). Pathé devrait arrêter de programmer ce genre de merde, hormis pour faire plaisir à une partie de sa clientèle, les retraités qui vont en nombre voir ces trucs (oué j'étais le plus jeune de la salle, clafites de pépés et mémés qui arrivaient à loler de temps en temps).


Trésor est donc une blague. Je ne mettrais pas de bande annonce. Parce qu'il faut pas déconner la promotion pour ce genre de merde, c'est juste pas cool. A la limite, ils me filent un chèque, je verrais ce que je peux faire. Ca pourrait être le seul trésor que je pourrais retirer de cette merde. Après on s'étonne que le téléchargement est aussi efficace. Non mais sans déconner, à part les gens qui appellent leur clébards "mon bébé" ou les retraités qui s'emmerdent et ne se savent pas encore se servir d'un ordi, qui peut bien aller voir et aimer cette merde, hormis moi pour faire mon article du jour par manque total d'inspiration et pour amortir ma putain de carte Pathé?


Trésor de Claude Berri, François Dupeyron | Scénario de Claude Berri | Photographie d'Agnès Godard | Musique de Frédéric Botton | Avec Mathilde Seigner, Alain Chabat, Fanny Ardant, Isabelle Nanty, Hélène Vincent, Stéphane Freiss, Laurent Spielvogel, Bruno Putzulu | France | 2009 | 85 min. | Comédie | Distribué par Pathé Distribution

lundi 16 novembre 2009

Les Rois de la Suède - Socialisme

Je me sens un peu obligé de buzzer sur Les Rois de la Suède puisque je suis un lecteur plus ou moins régulier de Monsieurpoulpe.overblog.com, le geek qui voulu être le roi des médias.


Ainsi avec Ivan avant un I, issu du Groupe des Fatal Picards, il a monté un groupe, Les Rois de la Suède dont Socialisme, véritable ôde à ce courant politique (j'ai d'ailleurs pas trop perçu le pseudo second degré dans cette chanson, hormis que c'est traité sur un ton vaguement humoristique.

Bref, c'est pas trop came, on s'emmerde en écoutant les paroles et j'ai bien du mal à le passer en boucle. C'est plus instructifs pour les djeuns qui connaissent rien à rien. Sales jeunes! Ca permettra peut-être au PS d'avoir un peu plus de voix, qui sait ?

Mais bon, c'est pas bien de casser une dynamique alors voici le clip :


Les Rois de la Suède - Socialisme.

Le site des Rois de la Suède : http://www.lesroisdelasuede.com/

samedi 14 novembre 2009

Les Zintrus (Aliens in the Attic) de John Schultz

Les Zintrus de John Schultz flirte allègrement avec la nostalgie des années 80 et des films pour enfants/ado/préado où, pour résumer, les enfants sont bien plus intelligents et malins que leurs parents, qui ne les comprennent pas vraiment et qui font comme si tout était normal. Popularisé par Spielberg, ce genre avait été perdu de vue par les cinéastes. Et les Zintrus ont remis ce courant au gout du jour.


Pour resserrer les liens familiaux, toute la famille Pearson décide de passer ses vacances dans une grande maison perdue en pleine campagne. L'oncle Nate, son fils Jake, grand-mère Nana Rose et les jumeaux Art et Lee viennent les rejoindre.

Un soir, une étrange tempête s'abat sur la maison, et quatre mystérieux objets atterrissent sur le toit. Ce sont des vaisseaux spatiaux transportant des extraterrestres bien décidés à conquérir la Terre... Les aliens disposent d'une technologie redoutable capable de contrôler les esprits... mais cela ne marche que sur les adultes ! Pour sauver leur famille – et le monde – les enfants ne peuvent compter que sur eux-mêmes. S'engage alors dans l'ombre, à l'insu des adultes, un combat dont l'issue décidera du sort de l'humanité tout entière...


Les Zintrus - Trailer - 2009

Les Zintrus, titre relativement couillon mais qui appuie néanmoins sur le coté fun du film, nous presente donc une bande d'aliens venus conquérir la terre (avec chacun leur specificité), avec une technologie de pointe et tout le bazard. Tout se passe dans une maison de campagne, où les uns et les autres vont devoir bouger de pièces soit pour contrer les aliens, soit pour leur échapper. L'unité de temps et de lieu est ainsi respecté. C'est d'ailleurs une qualité lorsque l'on sait qu'il est bien difficile de gerer en peu d'espace et de temps une histoire digne de ce nom.

Avec Les Zintrus, John Schultz fait le boulot. On lui doit notamment Pour le meilleur et pour le pire (2005), Magic baskets (2003) ou encore Drive me Crazy (1999) , des purs chefs d'oeuvre du 7eme art qui sont restés bien bien discrets. La mise en scène est donc relativement bien standard, sans trop en faire, tout en gardant un rythme assez soutenu pour permettre aux petits de ne pas trop s'ennuyer lorsqu'ils regarderont ce film. En effet, les thèmes et les situations sont du point de vue des enfants et ce film flirtent d'ailleurs avec les modes vestimentaires actuelles, tout comme avec les clichés du genre.


Les Zintrus (Aliens in the Attic) de John Schultz
Avec Ashley Tisdale, Robert Hoffman, Thomas Haden Church.

vendredi 13 novembre 2009

Micmacs à tire-larigot de Jean-Pierre Jeunet


Ah, Micmacs à tire-larigot, voilà le genre de film qui ne sert strictement à rien. Vous prenez ce que fait Jean-Pierre Jeunet depuis des années, à savoir un truc nostalgique où les petits gens ils font rien que s'entraider contre les méchants, un humoriste propulsé sur le devant de la scène grâce à un seul succès, Dany Boon (on peut pas dire que le reste de sa filmographie soit à se taper le cul par terre), des personnages secondaires qui font plus ou moins parties de l'univers Jeunet depuis quelques films (enfin, c'est surtout pour Dominique Pinon), une petit air d'Amélie Poulain bien bien appuyé et le tour est joué, le succès doit être au rendez-vous.. Et ben, je sais pas si c'est cela mais ce film était bien fatiguant...


Une mine qui explose au cœur du désert marocain en 1979 et, des années plus tard, une balle perdue qui vient se loger dans son cerveau... Bazil (Dany Boon) n'a pas beaucoup de chance avec les armes. La première l'a rendu orphelin, la deuxième peut le faire mourir subitement à tout instant. A sa sortie de l'hôpital, Bazil se retrouve à la rue. Par chance, ce doux rêveur, à l'inspiration débordante, est recueilli par une bande de truculents chiffonniers aux aspirations et aux talents aussi divers qu'inattendus, vivant dans une véritable caverne d'Ali-Baba : Remington, Calculette, Fracasse, Placard, la Môme Caoutchouc, Petit Pierre et Tambouille. Un jour, en passant devant deux bâtiments imposants, Bazil reconnaît le sigle des deux fabricants d'armes qui ont causé ses malheurs. Aidé par sa bande d'hurluberlus, il décide de se venger. Seuls contre tous, petits malins contre grands industriels cyniques, nos chiffonniers rejouent, avec une imagination et une fantaisie dignes de Bibi Fricotin et de Buster Keaton, le combat de David et Goliath...


Micmacs à tire-larigot - trailer - 2009

En France, on souffre de la nostalgie d'une certaine époque. Je pensais pas que c'était aussi présent, mais depuis Amélie, La Mome, Les Choristes, ect, ect, je me rends compte que les réalisateurs adorent le cinéma d'avant et sont infoutus de faire du cinéma de maintenant. Comme s'il était plus simple de détourner les codes d'une époque révolues et sublimée et les intégrer de manière plus ou moins réussies à des thématique de maintenant.

Micmacs à tire-larigot surfe donc sur cette voie-là. La bande de joyeux laissés pour compte sort tout droit du début du siècle dernier, chacun ayant sa spécificité (femme élastique, homme canon, fillle qui compte tout ce qui bouge, cuisinière, ect ect). Si ce film était pas aussi cher et si on se disait pas que prendre Boon ne servait pas à faire des entrées, on pourrait presque trouver cela sympathique. Sauf que la mayonnaise à du mal à prendre...

La faute à  plusieurs choses. Déjà, Boom manque  de ressort comique muet. N'est pas Charlot ou Keaton qui veut et il ne suffit pas d'être silencieux pour évoquer un ressort comique digne de ce nom. Et l'impression d'être dans un Amélie Poulain  2 est très très fatiguant (tics des uns et des autres, ressorts appuyés sur certains passages caractéristiques d'une certaine psycho rigidité).

Cette histoire du pot de fer contre le pot de terre est d'un cul cul la praline. Oué, les armes c'est pas bien, tu vois et moi, avec mes amis, je vais tout faire pour mettre ça par terre. Sauf que si le réalisateur est super doué pour planter des univers, j'ai toujours eu du mal à pouvoir voir en lui quelqu'un qui mène une action digne de ce nom. Je ne sais pas mais j'avais l'impression de découvrir un jeune réalisateur à partir du moment où toute ces bande décide de faire payer les méchants marchands d'armes. J'aurais presque pu me retrouver dans un obscur dessin animé de 20 minutes que je regardais quand j'étais petit, sans queue ni tête mais qui devait avoir une morale.

C'est bien ça le problème avec ce film. Les petits DOIVENT TELLEMENT gagner et être des gens hyper cool et solidaires que l'intrigue passe complètement au second plan, ne laissant que des acteurs faisant leur numéro. On pense d'ailleurs à un Pinon pas vraiment inspiré même s'il fait toujours bien le métier. A un Omar d'un Omar et Fred qui à force de balancer des expressions, se perd là dedans (d'ailleurs, il aurait été plus cool de lui faire balancer des expressions africaines et de le lui faire mixer avec les françaises). Si cela fonctionne sans problème pour une histoire d'amour avec Amélie Poulain, ça ne fonctionne pas forcément dans d'autres registres.

Micmacs à tire-larigot est donc long, ennuyeux, fatiguant et pompeux. Ca aurait été peut-être mieux avec Jamel Debbouze, si ce dernier n'avait pas décliné le rôle qu'avec Boon. Mais ça, nous ne le seront finalement jamais. Ce Micmac sent vraiment trop le formol et la naphtaline. A part les grand pères et grand mères, je me demande qui va bien pouvoir être emballé par l'histoire....et en faire son film culte.


Micmacs à tire-larigot de Jean-Pierre Jeunet,
Avec Dany Boon, André Dussollier, Nicolas Marié.
France, 2008, 104 min

jeudi 12 novembre 2009

A l'origine de Xavier Giannoli

A l'origine, je suis allé voir ce film par défaut, étant donné le monde incroyable pour aller voir le dernier film catastrophe du moment, à savoir 2012 (et encore j'aurais été déçu, ce n'est que la fin du monde) et je me suis donc rabattu sur A l'origine, sans connaitre quoique ce soit de l'histoire. Mais ce n'est pas un mal puisque j'ai pu allègrement me plonger dans cette histoire d'un escroc qui voulait faire une route....


Ainsi, Philippe Miller (François Cluzet) est un escroc solitaire qui vit sur les routes. De larcins en larcins, il navigue au milieu de traffics divers liés au monde méconnu du BTP.
Un jour, il découvre par hasard un chantier d'autoroute abandonné, arrêté depuis des années par des écologistes qui voulaient sauver une colonie de scarabées, espèce protégée.
L'arrêt des travaux avait été une catastrophe économique pour les habitants de cette région.
Philippe y voit là la chance de réaliser sa plus belle escroquerie. Mais son mensonge va peu à peu lui échapper. En effet, les habitants croient dur comme fer à sa volonté de reprendre le chantier là où il s'est arrêté...


A l'origine - Trailer - 2009

A l'origine est basé à l'origine (ha ha ha) sur un fait divers, l'histoire vraie d'un escroc qui avait réussi à entourlouper une région entière avec son projet d'autoroute. Grâce au juge chargé de l'affaire, il pu ainsi rencontrer l'homme qui est à l'origine de tout cela (je sens que je fais les placer un peu souvent, ces termes). Après quelques entrevues, le réalisateur percevait que cet escroc, timide et solitaire, n'avait rien d'un homme affable mais plutôt d'une personne qui voulait vraiment faire cette autoroute et qui a mis tout en œuvre pour cela, au fil du temps.

Sans ce verni ô combien salutaire et gage d'entrée au cinéma (les spectateurs adorent les histoires vraies), A l'origine paraitrait totalement improbable. En effet, pour reprendre un chantier, il y a pas mal d'autorisation administratives à réunir, surtout si celui-ci s'est arrêté. Sans compter qu'il faut faire des dict, ect ect (maintenant que je sais ce que c'est, je le place, même si je ne suis pas sur que pour reprendre un chantier, il en faille, mais passons).

A l'origine est un film agréable. Entendez par là qu'il évite le pathos (ça se passe dans le Nord, département sinistrés avec 25% de chômage, comme on l'apprend dans le film) et qu'il joue plus la carte de la sensibilité sans effet de style. Et malgré le style du personnage, bien campé et interprété par François Cluzet (mais est-il besoin de rendre encore hommage à cet acteur qui tourne peu mais qui est toujours juste dans ses rôles souvent à la limite). A vrai dire, en France, on ne voit personne d'autre pour jouer ce type de personnage.

Le pari un peu fou et qui prend quand même pas mal de place dans le film est la construction de cette autoroute, complètement impossible sans l'appui d'entreprises de BTP. Cela aurait dû d'ailleurs être l'une de celles à l'origine de l'affaire mais elle s'est désistée au dernier moment. Heureusement, une autre entreprise locale a pu épauler l'équipe du film dans la construction de cette histoire et de cette route, ce qui donne des plans sublimes, un peu comme cette pub Total qui tentait de nous vanter les mérites de la marque.

On aurait en effet presque envie d'aller prêter main forte aux gars pour construire cette route. Mais c'est dû également au fait que l'entreprise à prêter ses gars pour mettre en branle le chantier, ce qui donne à l'ensemble une impression assez réaliste de cet univers visible-invisible.

Bien sûr, certains passages feront bondir les spécialistes du genre. Bien sûr, cette histoire est romancée (tout le monde se connait dans le BTP et il est un peu dur de ne pas connaitre un type qui connait un type qui connait la boite créée de toute pièce dans le film), notamment avec la pseudo histoire d'amour entre François Cluzet et la mairesse (bon dieu que je hais ce terme) du village, joué par Emmanuelle Devos, pleine de non dit (et ça se comprend) et pourtant touchante.

A l'origine semble avoir plu au spectateur, plus que que Mic Mac à tire l'Arigot que je suis allé voir ensuite. En effet, appuyé par une mise en scène efficace et sans temps mort, malgré le sujet peu passionnant de prime abord, le film tient bien la corde sans la lacher et on se plait à s'immiger dans cette histoire faite de non dits et d'espoir pour les habitants de la région. Ce dernier élement est d'ailleurs symbolisé par le rôle de Monika, joué par Stéphanie Sokolinski (plus connue comme Soko, la chanteuse qui chante en anglais sans que ça soit vraiment de l'anglais, bref, un truc comme ça) qui est aussi fragile que forte dans ce rôle un peu casse gueule lorsqu'il s'agit plus de suggerer une femme de caractère sensible que pour montrer une espèce d'amazone qui dévaste tout sur son passage.

A l'origine est donc tout cela, un film signé Europa (ce qui fait toujours craindre le pire) mais dont le succès d'estime de Quand j'étais chanteur du réalisateur, a permis de monter et de croire à ce projet qui n'était pas gagné à l'avance. Il est toujours bien dur de faire du social en France sans faire dans le Pathos et ce film réussit bien le passage.


A l'origine de Xavier Giannoli | Scénario de Xavier Giannoli | Photographie de Glynn Speeckaert | Musique de Cliff Martinez | Avec François Cluzet (Philippe Miller), Emmanuelle Devos (Stephane),  Stéphanie Sokolinski (Monika) | France |  2008 | 130 minutes | Distribué par EuropaCorp Distribution | Photo issue de l'affiche du film.

mercredi 11 novembre 2009

The Box de Richard Kelly

Richard kelly retrouve enfin les grâces des distributeurs en faisant son retour dans les salles obscures avec The Box, après avoir été complètement boudé pour Southland Tales, devenu complètement culte en DVD depuis. Est-ce qu'on y gagne au change? Est-ce que Kelly fait décidément partie des réalisateurs à suivre jusqu'à sa mort ou est-il déjà fini? Ces questions, plus d'autres, ne pourront pas donner de réponses dans l'immédiat. En effet, The Box déçoit, et pas qu'un peu...



Norma (Cameron Diaz) et son épouxArthur (James Marsden) mènent une vie paisible à Richmond, capitale de la Virginie, petite ville des États-Unis jusqu'au jour où une mystérieuse boîte est déposée devant leur domicile. Quelques jours plus tard, se présente l'énigmatique Arlington Steward (Frank Langella) qui leur révèle qu'en appuyant sur le bouton rouge de la boîte, ils recevraient 1 000 000 $, mais cela entraînerait la mort d'un inconnu...



The Box - Trailer - 2009

Ce qui est ennuyeux avec le cinéma, lorsque l'on s'y intéresse un brin, c'est que l'on a tendance à connaitre la filmographie du réalisateur, les principaux acteurs, un peu la musique et un tantinet l'histoire du cinéma. Et il se trouve que The Box est un fanmovie. En effet, la mise en scène lorgne bien comme il faut du côté de Kubrick et pas qu'un peu. Il est assez incroyable que certains plans soient tellement inspirés de ce dernier que cela en laisse patois. Mais ce n'est malheureusement pas le principal écueil de ce réalisateur qui rentre dans le rang, malgré, d'après les dires du spectateur, une histoire assez complexe.

De cette supposée complexité, Kelly nous la balaye à la fin, en retombant sur du classicisme à faire peur et surtout avec une morale complètement judéo chrétienne et douteuse. Sous couvert du surnaturel et autre, on se trouve avec un propos que l'on connait très bien parce que l'histoire du cinéma et en partie de la Science-Fiction, nous a déjà pondu des histoires avec ce type de morale. Sans trop dans les détails, même s'il est difficile de ne pas dévoiler les rouages de cette intrigue voulue à escient très alambiquée et au final d'une linéarité à faire pleurer, on peut d'ores et déjà dire que la fin ne surprendra pas. Du moins, pas comme celle de la nouvelle, qui n'a de toute façon, hormis le concept, plus grand chose à voir avec le film.

S'il est toujours agréable de voir un mec qui a des références cinématographiques et de les exploiter, il est bon de les dépasser. Entre Clarke et Kubrick, en passant par les films de SF des années 50/60 dont celui qui vient à l'esprit est Le jour où la terre s'arrêta (plus pour le message, la morale du film que pour le film en lui-même).

Si The Box est emmerdant, c'est que la réalisateur lance beaucoup de pistes, d'indices, comme par exemple le fait que l'histoire se passe en 1976, deux ans jours après la fondation des États-Unis ou encore le lien avec Sartre, Clarke, ect, ect. Tous ces éléments seront balayés alors qu'ils auraient pu constituer des pistes très intéressantes pour plonger dans l'humanité. Mais non, le dernier quart d'heure retombe sur le début et on se trouve avec une espèce de polar merdique, où par exemple, les flics sont pas foutus de faire des liens entre les meurtres qui ont lieu...

De la même manière, les décors sont très bossés, l'ambiance des années 70 est très propre et bien rendue. On dirait presque que l'ensemble est trop propre, étant donné ce que l'on voyait des films de l'époque.

Si Southland Tales était réellement intriguant, si Donnie Darko était émotionnellement parlant assez fort, The Box se révèle être un film qui ne fera malheureusement pas date. Kelly, dans ce film, donne l'impression, tel un enfant gaté, de casser ses propres jouets, qu'il a savamment construit tout au long du film, s'amusant à nous montrer des plans pour la beauté du geste sans réel fond derrière. Si ce réalisateur n'était qu'un vulgaire Yes Men, on pourrait s'en contenter et presque hurler au pur génie, mais dans le cas de ce réalisateur, qu'on attend souvent à travers ses films, on se retrouve avec un truc assez insipide, que les rares moments d'émotion sont complètement contrebalancé par cette fameuse morale que je ne peux pas révéler pour ne rien spoiler (et ça me démange complètement).

En résume, The Box, sous couvert d'être complexe et bizarre, se révèle être un banal film trop référencés et pas assez maitrisé dans le fond. La forme primant sur le fond, on se retient de ne pas quitter la salle avant la fin. Et c'est bien dommage puisque cette nouvelle méritait un meilleur traitement.

The Box de Richard Kelly | Scénario de Richard Kelly d'après l'œuvre de Richard Matheson | Photographie de Steven Poster | Musique de Win Butler, Régine Chassagne et Owen Pallett | Avec Cameron Diaz (Norma Lewis), James Marsden (Arthur Lewis), Frank Langella (Arlington Steward), Gillian Jacobs, James Rebhorn, Chris Conte, Andrew Levitas, Basil Hoffman, Frank Ridley, Michele Durrett | Etats-Unis | Thriller, Science fiction, 115 min,  2009.

mardi 10 novembre 2009

Stag Night de Peter A. Dowling

10000 personnes disparaissent chaque année dans le métro. Du moins est-ce qu'on veut bien nous faire croire et Stag Night part de ce postulat de base pour relate son histoire. Toujours est-il de savoir comment les gens disparaissent. Les films de métro sont donc toujours à la mode, puisqu’ils sont propices à univers clos, sombre et suffoquant, dans certains cas, et ici c'est une bande de dégénérés sans foi ni loi, prêt à tout pour découper du bonhomme qui sont les enfoirés de l'histoire. C'est donc un slasher, un pur de dur, un peu coullion mais toujours avec de l'énergie et de l’envie.

Ainsi Stag Night est comme son titre l’indique, « l’enterrement de vie de garçon » en français. C’est ainsi qu’un groupe de jeunes, en route pour un club de strip-tease dans le but d'enterrer la vie de garçon de l'un d'entre eux, se retrouve accidentellement coincé dans les couloirs d'une station abandonnées du métro new-yorkais.

Alors qu'ils cherchent une issue, ils assistent au meurtre sanglant d'un policier. Les assassins, qui vivent dans les sous-sols de la ville et se nourrissent de leurs proies, les aperçoivent, et décident de les traquer. Le cauchemar ne fait que commencer...


Stag Night - Trailer - 2009

Les enterrements de vie de garçon sont toujours un moment propice à des drames ou des films trash, comme l’étonnant Very Bad Thing. Ici, c’est plutôt Very Bad Night puisque ce groupe va se faire dépecer un par un par des ostrogoth tout droit sorti de leur époque. Le seul problème, c’est que l’on est au XXIe siècle. A ce propos, ce film a surement été délocalisé en Russie, étant donné la consonance russe des différents acteurs autre que les principaux et qui incarnent donc pour la plupart la bande de dégénérés qui sévissent dans le métro.

Bien entendu, le métro est toujours propice aux pires légendes, déjà exploitée dans Creep, film de 2004 réalisé par Christopher Smith avec l’actrice allemande bien connue depuis Cours, Lola Cours, Franke Potente où cette dernière, coincée dans le métro, était en proie avec un monstre tout droit sorti d’expériences malsaines. Bien sur, c’est aussi l’endroit idéal pour faire un casse ou pour tourner un solide film d’action. Le métro est donc bien l’endroit rêvé, surtout qu’au niveau des décors, il peut y avoir moins de boulot à faire.

Ce qui est le plus surprenant avec Stag Night, c’est la barbarie et la réelle boucherie dont son victimes les protagonistes, qui y passent un par un sans que leurs bourreaux esquissent la moindre compassion. Vous me direz, le genre de l’ Horreur-Epouvante n’est pas vraiment le genre où l’on fait dans les sentiments et la compassion. Et c’est d’ailleurs pas ce que demandent les amateurs du genre.

Hormis ce détail certes amusant, Stag Night se révèle être un slasher assez classique et ne mérite pas plus d’égards, hormis si vous avez vu tous les slashers de ces dix dernières années. Le coté cheap de l’affaire ne permettant pas vraiment d’accrocher et hormis l’élément cité plus haut, il y a de grandes chances que l’ennui général soit le seul vainqueur de cette histoire.

Stag Night de Peter A. Dowling | Scénario de Peter A. Dowling | Photographie de Toby Moore | Musique de Benedikt Brydern | Avec Breckin Meyer, Vinessa Shaw, Scott Adkins, Kip Pardue, Karl Geary, Suzanna Urszuly, Luca Bercovici, Nikolai Sotirov, Jo Marr, Sarah Barrand | Etats-Unis | 2009 | 90 min. | Horreur-Epouvante

lundi 9 novembre 2009

Pandorum de Christian Alvart

Les films de Science-Fiction qui sortent chaque année se comptent en général sur les doigts d'une main. Pandorum du réalisateur Christian Alvart est donc sorti dans l'indifférence générale. Et c'est un tort, vraiment. Mais néanmoins une réelle habitude. En effet, Il constitue une très bonne surprise dans la section des films de genre, et lorgne, surtout sur le première partie du coté du frenchie Eden Log... A voir et peut-être à revoir (enfin dans mon cas).

Deux astronautes, le Lieutenant Payton (joué par Dennis Quaid, l'homme au 15 films par ans depuis quelques années, entre les GI Joe et les Cavaliers de l'apocalypse) et le Caporal Bower (Ben Foster) se réveillent dans leur gigantesque vaisseau spatial après un long séjour en hyper-sommeil. Désorientés et plongés dans le noir, ils ne se souviennent ni de leurs identités ni de leur mission. Les seuls sons qui leur parviennent sont des vibrations provenant du cœur du vaisseau. Le Caporal Bower part en exploration et ne tarde pas à découvrir quelques survivants qui vivent cachés, reclus dans les méandres de l'imposant engin, traqués par d'effroyables créatures. Ensemble ils vont essayer de découvrir ce qui s'est réellement passé lors de cette mission et connaître ainsi la vérité.


Pandorum - Trailer - 2009

Pandorum réussit le pari de mélanger assez habilement le thriller efficace, le film d'horreur et la science fiction dans une ambiance très désenchantée. En effet, le sujet actuel, la fin de notre monde, celle de la planète Terre, peut-être soit mise en lumière comme l'a fait Danny Boyle avec Sunshine, soit comme postulat de départ dans Planète Rouge, avec Val Kilmer, pour ne citer que les films de Science fiction qui ont pour cadre la fin du monde due à une catastrophe nucléaire et/ou écologique. Si l'histoire se dégage de ce cadre, c'est que l'humanité a désertée la planète terre. Il n'y a plus rien et plus rien ne pourra retenir les derniers humains. L'intrigue est donc, d'une certaine manière, très catastrophique et dramatique, imposée par la progression du caporal Bower

Cette dernière ressemble assez à celle emprunté par Clovic Cornillac dans le film français Eden Log, passant de pallier en pallier et se rapprochant de plus en plus vers quelque chose de plus imposant, de plus gros, vers ce qui s'est réellement passé au cours de son sommeil. L'effroi est à chaque portes et les survivants sont comme des bêtes reclus dans un coin, n'ayant plus foi en l'humanité..

Et c'est d'ailleurs ce qui peut réfléchir ici. Il y a autre chose. Il n"y a plus d'humanité vivante. Il ne reste plus rien de concret à part des créatures terrifiantes. Cet univers est donc très désenchanté et cette absence d'humanité est très bien marquée à un moment où un des survivants cherchent plus à tuer les autres survivants pour survivre qu'à savoir ce qui s'est passé.

Mais le film est beaucoup moins pessimistes que certains autres. Si le Pandorum est au cœur d'une intrigue plus vaste, il y a bien entendu le sort de l'humanité en jeu et, de ce fait, un certain happy end se justifiera. Comme si le réalisateur, le scénariste et les producteurs ne pouvaient s'empêcher de donner, à l'instar de Sunshine, une touche positive finale à ce qui ne pourrait être que finalement désillusion finale, tragique et sans fard.

Pandorum constitue donc une bonne surprise. C'est un solide film de Science-Fiction. Un bon thriller d'épouvante et d'horreur. Une mention spéciale pour Antje Traue, qui a des faux airs de Milla Jovovich et plus connue pour son rôle de Diana Wrobel dans la série Division criminelle, qui campe ici un rôle solide, loin de ce que son physique avantageux pourrait le suggérer.

Pandorum de Christian Alvart | Scénario de Travis Milloy | Photographie de Wedigo von Schultzendorff | Musique de Michl Britsch | Avec Dennis Quaid (Payton), Ben Foster (Bower), Cam Gigandet (Gallo), Antje Traue (Nadia), Cung Le (Manh), Eddie Rouse (Leland), Norman Reedus, Wotan Wilke Möhring, Delphine Chuillot, Friederike Kempter | États-Unis |105 min |  2008 | Science fiction et  Epouvante horreur | Distribué par SND
 

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