Brice de la Corte, que certains d'entre vous connaissent sous le pseudo d'Hobbs, que j'ai rencontré à l'époque sur ce défunt site communautaire. J'avais déjà parlé d'un de ses projets, un court métrage, disponible ici.
Voici donc son nouveau projet, S.A.R.L (Société Angélique à Responsabilité Limitée) et j'espère que ce dernier connaitra un sort heureux.
Le Pitch : Daniel et Mathias sont deux anges gardiens travaillant pour la Christ Corp.
Réalisation : Brice de la Corte
Les Anges : Vincent Bonnaseau et Boris Ravaine | Le mort : Florent Steiner
Assistant à la réalisation : David Paté
Image : Romain Brugerolle et Fanny Mazoyer
Son : Benoît Guerret et Briac Lessard
Script : Camille Lamy
Maquillage : Aude Durocher
Photographie plateau : Julia Brechler
Montage : Jean-Guillaume Buckel
Mixage : Stéphane Larrat
Esther est le troisième long-métrage sorti en France du réalisateur espagnol Jaume Collet-Serra, après La maison de cire (House of Wax) en 2005 (joli film d’horreur d’ailleurs, avec Paris Hilton dedans, remake de l'Homme au masque de cire sorti en 1953 d'André De Toth) et Goal II - La Consécration, la suite de Goal qui n’a dû marcher qu’auprès des footballeurs en herbes et autres amateurs de ballons ronds. Ainsi, Esther rentre dans la droite ligne de Joshua (de George Ratliff) sorti en 2008, voyant un garçon débarquer dans une famille et mettant un peu beaucoup le souk.
Après avoir perdu l'enfant qu'elle attendait, la fragile Kate (Vera Farmiga) voit ressurgir les douloureux souvenirs d'un passé qu'elle préférerait oublier. Hantée par des cauchemars récurrents, et décidée à retrouver une vie de couple équilibrée avec son gentil mari (Peter Sarsgaard), elle fait le choix, avec son compagnon John, d'adopter un enfant. A l'orphelinat voisin, Kate et John se sentent étrangement attirés par une fillette, Ether (Isabelle Fuhrman). Mais Kate ne tarde pas à découvrir la face cachée de la " douce " enfant. Autour d'elle, personne n'a rien remarqué, et nul ne semble partager ses doutes et ses inquiétudes...
Esther - Trailer - 2008
Produit entre autre par Joel Silver et Leonard di Caprio, Esther est le Thriller d'horreur familial type. A l'instar de Joshua, La Main sur le berceau de Curtis Hanson, Le Beau-Père (remake et original) ou encore Godsend, expérience interdite, c'est l'introduction d'un élement perturbateur au sein d'une famille plus ou moins unie qui causera un ou plusieurs drames. Le décor est donc bien planté, et Esther nous entrainera dans de plus en plus loin dans l'escalade de la violence, d'après minime à carrement des meurtres.
Ce n'est donc pas très original, pour peu que l'on aime ce genre de thriller et qu'on soit familiariser avec ce type de production. C'est donc sur le charisme des acteurs que peut se jouer l'histoire. Et la petite Esther, incarné par Isabelle Fuhrman, est sublime pour son jeune âge : tour à tout enfant, adolescente et femme (ah merde, je spoile un peu là), elle a, à son actif, une palette assez riche de variations qui permettent de rendre cette histoire quelque peu crédible.
Si Esther ne brille pas par une originalité folle au niveau de son histoire, ce sont surtout les rapports au seins de la famille, qui ont tendance à se déliter le temps passant, qui renforce l'intrigue. En effet, le père, joué par Peter Sarsgaard, semble conquis de plus en plus par cette fille brillante, qui répond plus à ses attentes, que les deux autres enfants de la famille. En ce sens, le parti pris du réalisateur Collet-Serra est assez intéressant, celui-ci ne se contentant pas seulement d'axer l'intrigue sur la petite fille mais le reste de la famille.
Enfin, Esther est assez plaisant puisque la fin diffère quelque peu. Ce n'est pas une envoyée du diable, ce n'est pas un supposé de Satan ni un clone d'un enfant disparu. C'est autre chose ici. Et cette autre chose semble assez crédible et trouve son origine dans une explication un peu plus rationnelle, même si elle peut être quelque peu alambiquée (le film se perd là dessus et patauge pas mal à un moment). A voir les jours de pluies, en DVD, sous la couette.
Esther (Orphan) de Jaume Collet-Serra | Scénario de David Leslie Johnson et Alex Mace | Photographie de Jeff Cutter | Musique de John Ottoman | Avec Vera Farmiga, Peter Sarsgaard, Isabelle Fuhrman, CCH Pounder, Jimmy Bennett | Etats-Unis | 2008 | 123 min | Thriller, Epouvante-horreur | Distribué par Warner Bros. France
J'ai enfin réussi à voir Avatar, après deux tentatives avortées, qui m'ont fait voir d'un côté [REC] 2 et Salomon Kane et de l'autre RTT (oui, ça craint mais c'est la vie quand on n'a pas de chances). Que dire sur ce film qui n'a pas été déjà dit par tous les journalistes, les sites plus ou moins pro, les gens qui ont un avis sur tout et enfin, les bloggers, nouveaux chroniqueurs des temps modernes? J'avoue que je n'ai pas la réponse à cette question... Mais je vais quand même dire des choses.
Malgré sa paralysie des jambes, Jake Sully ( Sam Worthington, qui a la côte ces temps-ci, entre Terminator - Renaissance et Le Choc des Titans), un ancien marine immobilisé dans un fauteuil roulant, est resté un combattant au plus profond de son être. Parce qu'il est le frère jumeau d'un chercheur, il est recruté pour se rendre à des années-lumière de la Terre, sur Pandora, où de puissants groupes industriels exploitent un minerai rarissime destiné à résoudre la crise énergétique sur Terre, ravagé par des siècles de pollution. Comme l'atmosphère de Pandora est toxique pour les humains, qui sont obligés de porter un masque chaque fois qu'ils tentent une sortie à l'extérieur, ceux-ci ont créé le Programme Avatar, qui permet à des " pilotes " humains de lier leur esprit à un avatar, un corps biologique commandé à distance, capable de survivre dans cette atmosphère létale. Ces avatars sont des hybrides créés génétiquement en croisant l'ADN humain avec celui des Na'vi, les autochtones de Pandora.
Sous sa forme d'avatar, Jake peut de nouveau marcher. On lui confie une mission d'infiltration auprès des Na'vi, devenus un obstacle trop conséquent à l'exploitation du précieux minerai. Mais tout va changer lorsque Neytiri (Zoe Saldana), une très belle Na'vi, sauve la vie de Jake...
Avatar - 2009 - Trailer
Ainsi, le nouveau film de Cameron, qui n'avait plus tourner depuis plus de 11 ans, s'est lancé le pari fou de faire encore des prouesses techniques, comme pour Terminator 2 en son temps et comme pour le Titanic. Avatar n'échappe donc pas à la règle, bénéficiant de pas mal d'innovations que je serais bien incapable de décrire mais qui ont l'air de plaire à ceux qui savent, les purs et les durs de la technologie. Je crois qu'il y a de la motion capture vidéo (mais ça, ça a pas l'air bien nouveau), de la 3D encore plus améliorée qui ne fait pas mal aux yeux (ce qui est totalement faux, soit dit en passant, vu que j'ai eu un léger mal de crâne à la sortie de la projection).
Avatar est un vrai film "Cameronien". Pire, c'est du pur recyclage comme il faut de tout ce qu'il a semé un peu partout auparavant, entre les exo-squelettes qui étaient déjà présents dans Aliens (certes largement bien mieux amélioré depuis, cela va de soi), l'incompréhension des être humains vis-à-vis de ce qu'ils ne connaissent pas, comme dans Abyss (enfin, une des fins d'Abyss vu qu'il y en a plusieurs et que je ne me souviens jamais laquelle est l'originale et laquelle est l'alternative), un personnage paumé dans son univers qui va aller en trouver un (bon là, le parallèle est un peu plus dur, il faut dire que Cameron s'intéresse en général plus à l'accomplissement de la Femme qu'à celui de l'homme, ce qui est peut-être un changement ici).
Sinon, le film, c'est une relecture Science fictionesque de ce qu'il aurait été bien cool de faire à l'époque de la colonisation de l'Amérique du Nord, ni plus ni moins. Mélangé à ce qui s'est passé, bien entendu, en Amérique du Sud et centrale. Le gentil Cowboy qui va découvrir que les Autres sont pas si mauvais que ça et que sa mission première pue du cul. Ce thème, qui a connu un certain succès aux Etats-Unis il y a quelques décennies (je me souviens plus du FILM de référence mais dès que je l'ai, je le met, promis).Et en faisant un autre parallèle, le Nouveau Monde de Terence Malick montre très bien ce qu'on fait les colons avec les indiens ou les natives.
De ce point de vue, le nouveau long métrage de James Cameron n'innove pas un brin, l'histoire étant toujours une perpétuelle quête de vraies racines (ça, c'est Terminator 2, par contre, avec le monologue de Sarah Connor lorsqu'elle voit son gamin s'amuser avec son seul ami, un robot ou encore Rose, l'héroïne de Titanic, qui ne sent pas à la place qui devrait être la sienne jusqu'à ce qu'elle rencontre Jack).
Mais si Avatar n'est pas typiquement un film "caméronien", c'est qu'il manque l'essentiel : le combat de la femme contre les machines, en se servant de la force d'un homme pour s'accomplir. On ne peut pas vraiment dire que ça soit le cas ici ou alors de manière beaucoup plus diffuse que dans les deux Terminator, Aliens et Titanic. La place réservée à la femme est mise de côté au profit d'un homme paraplégique, qui suscite beaucoup plus l'émotion du spectateur par son impossibilité à se déplacer (quoique cette scène soit assez rapidement évacuée, au final).
Question technique, rien à dire. On est toujours dans un progrès certain par rapport aux autres productions du genre, même si l'effet 3D lasse à partir d'un moment et que surtout, pas mal de scènes sont beaucoup moins bien travaillées sur ce plan là que d'autres. Sans compter également ce flou qui entoure les plans, insistant sur le cœur du plan au détriment du reste. C'est assez ennuyeux. L'autre gros point faible au niveau formel est l'absence de belles photographie, la faute aux lunettes 3D qui assombrissent vraiment l'image, donnant certes l'illusion de 3D mais en palissant trop ce qui faisait la touche Cameron. D'ailleurs, en les enlevant, on retrouve cette pâte au niveau de la photo assez caractéristique.
L'histoire d'Avatar est bof. Encore une énième variation sur l'écologie et la protection d'un éco-système (quand on sait qu'Avatar est le film le plus cher de l'histoire et que tout ce pognon aurait pu justement servir à autre chose que de faire joujou sur des écrans, on sent bien l'ironie de l'intrigue mais bon, le thème est cher au réalisateur, ce n'est pas non plus une nouveauté). L'action est donc très lente, mais c'est normal puisque le personnage principal change d'univers. Bon nombres de films sont déjà passés par là, comme par exemple Danse avec les loups (mais c'est une récurrence, je vous l'avais dit, dans le cinéma américain, les changements d'univers). On suit donc le parcours initiatique du héros qui va apprendre à connaitre un peuple peint en bleu et qui se baladent à poil et, à force, va se lier d'amitié, d'amour et combattre pour la survie ce de peuple.
Si Avatar est un film bien américain, ce n'est pas seulement donc pour l'histoire des Cow Boys et des indiens, mais que c'est comme cela que c'est constituée la nation américaine, en foutant les anglais dehors pour être libre. Ce message, universel, transpire donc de tous les plans dans ce gentil petit film des familles (c'est un film que les petits enfants vont voir et c'est fait pour eux, je dirais, vraiment pour eux).
On est donc ici loin des thématiques de "pas de destin" des Terminator ou le fait que le héros doit clamser pour que vive l'ancien monde. C'est ici plus optimiste, un peu trop même. En effet, il fait partie de ce nouveau monde ou plutôt de cet ancien nouveau monde. Le monde de Pandora est certes très joli mais un peu peu trop clairement coloré. A croire que tous les peuples lointains, habitants sur des terres lointaines boivent tous de l'energy drink vert ou jaune fluo et voient le monde différemment. Mais c'est comme ça quand on est un extra-terrestre, on voit pas la vie pareil.
C'est donc une ode à la liberté, une ode à l'universalité, une ode au peuple de pouvoir disposer d'eux-mêmes. Des thèmes trop souvent bafoués par les temps qui courent mais qui donnent toujours du cœur à l'ouvrage. Le film a plus à la salle, qui a applaudit comme il se doit au générique final, comme souvent pour communiquer une émotion certaine, malgré l'absence de quiconque pour recevoir les applaudissements. Pour ma part, j'irai me réfugier dans d'autres films. Il est bien foutu, on joue bien avec les espèces de dragons, les messieurs en bleu sont bien fait, les combats sont renversants, l'impression de planer à certains moments est réelle. Mais tout ça sent encore bien le factice, malgré ce que certains peuvent en penser. Ça reste toujours une bonne expérience de cinéma, déjà partagée, de toute manière, par plus de 5 millions de spectateurs à l'heure actuelle.
Sinon j'ai raté
Le Ruban blanc de Michael Haneke 2012 de Roland Emmerich The Descent : Part 2 De Jon Harris Twilight - Chapitre 2 : tentation De Chris Weitz
Antichrist
L'Enfer d'Henri-Georges Clouzot
The Girlfriend Experience
La vida loca
Quand on s'appelle Francis Ford Coppola, que l'on a fait partie de la génération, avec les Lucas, Spielberg et De Palma, à avoir réinventé le cinéma dans les années 70 et 80, qu'est ce qu'on peut faire maintenant? Qu'est ce qui peut motiver un monstre sacré qui a, sur le plan artistique, tout connu? Et bien dans son cas, on réalise un film à la limite de l'expérimental, dans un univers un brin décalé, avec des acteurs hors pairs et également décalés, tout ceci accompagné d'une mise en scène très personnelle, mélangeant les genres, les situations et les codes. Présent à la Quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes cette année, Tetro fait partie de ces films où le fond et la forme sont tellement et intimement liées qu'elles en constituent un tout.
Tetro (interprété par le monstre sacré vivant Vincent Gallo, qui sait très bien en joué, d'ailleurs) est un homme sans passé. Il y a dix ans, il a rompu tout lien avec sa famille pour s'exiler en Argentine et vivre à La Boca, quartier hors du temps avec Miranda (Maribel Verdú). A l'aube de ses 18 ans, Bennie (Alden Ehrenreich), son frère cadet, part le retrouver à Buenos Aires à l'occasion d'un arrêt de son paquebot où il officie en tant que serveur. Entre les deux frères, l'ombre d'un père despotique, illustre chef d'orchestre, continue de planer et de les opposer. Mais, Bennie veut comprendre. A tout prix. Quitte à rouvrir certaines blessures et à faire remonter à la surface des secrets de famille jusqu'ici bien enfouis.
Tetro - Trailer - 2009
Comme Brian de Palma avec son dernier film en date, Redacted, Francis Ford Coppola depuis un Homme sans âge, fait des films atypiques, explorant de nouvelles pistes, comme un jeune réalisateur qu'il est, à 70 ans. Certains ont dit que Tetro pourrait être un premier film ou un second film. Un film d'un jeune réalisateur. C'est un peu vrai. Cette exploration d'un univers fascinant (l'argentine) où Tetro s'y perd et va finalement se retrouver par l'intermédiaire de son frère, qui lui apporte un second souffle, une nouvelle vitalité, comme si ce frère était bien plus que cela.
A ce propos, Alden Ehrenreich, qui joue Bennie, est subjuguant de maturité et incarne à la perfection ce frère, entre un Brando (dixit Coppola) et un Di Caprio. Le réalisateur dira d'ailleurs de lui qu'il fera une vraie carrière. C'est ce qu'on lui souhaite. Il donne le ton au film, laissant Vincent Gallo exploser, se calmer, rire, exploser, se calme. Il est le métronome, il donne le tempo et le véritable personnage principal du film est bien plus lui que Tetro.
Mais Tetro est intéressant parce qu'il joue sur les couleurs, les lumières et les niveaux de gris. C'est un film en noir et blanc. Mais un N&B numérique au début, il passe bien vite à un autre ton de noir et blanc. Mais il y a également la couleur. Qui renvoi au passé. La couleur, c'est ce qui se passe avant, le noir et blanc, ce qui se passe aujourd'hui, à la Boca, dans un quartier de Buenos Aires, en Argentine, là où on peut se perdre sans que jamais on ne nous retrouve. Le jeu sur les lumières et sur les couleurs ou leurs absence de couleurs est la forme du film de Coppola. D'ailleurs, Tetro est éclairagiste pour un théâtre. C'est le seul boulot qu'il puisse encore faire, lui, l'écrivain au génie non encore éclot, qui s'est perdu, est devenu fou (à ce propos, le passage dans l'asile, La Colifata, existe vraiment : c'est un asile où on pratique la thérapie par le son, c'est-à-dire la radio, où les patients viennent expliquer leurs histoires. Manu Chao a d'ailleurs composé un album là bas). C'est là-bas, dans un asile, qu'il est redevenu humain.
Les personnages du film n'en sont pas vraiment. C'est un opéra. Ce sont, chacun, des mises en scènes: un auteur raté, une danseuse, un frère matelot, une critique omnipotente qui s'appelle Alone (nom tout à fait prédisposé d'ailleurs pour les critiques), la figure du père omnipotent et omniprésent, étouffant ("The Big One", comme Tetro ne cesse de l'appeler à chaque fois qu'il daigne le nommer). Le père renvoi au succès, à la rivalité entre un père et un fils, ce conflit qui existe lorsqu'il ne peut y en avoir qu'un, un seul, qui a du succès. C'est avec les flashback en couleurs que l'on se rencontre du drame qui se joue, autant que ce qui va se jouer par la suite, dans la sobriété du noir et blanc.
C'est un film de lumière, c'est un film d'Opéra, un film intimiste autant qu'universel (par son histoire), un film de soif de reconnaissance autant qu'un film original. Coppola peut maintenant s'amuser. Il en a le droit. Peut-être que cette nouvelle carrière qui se dessine, avec l'Homme sans âge, va être encore plus passionnante que la première, après une longue coupure.
Il y aurait tellement d'autre choses à dire sur Tetro. Mais après tout, une analyse encore plus poussée de ce qui nous a marqué dans ce film équivaudrait à faire sien un film qui ne l'est pas. Parce que ça ressemblerait presque à une histoire de famille, à celle des Coppola, même si le parallèle, un peu trop évident, est surtout un peu trop facile.
Tetro de Francis Ford Coppola | Scénario de Francis Ford Coppola | Photographie de Mihai Malaimare Jr. | Musique d'Osvaldo Golijov | Avec Vincent Gallo, Alden Ehrenreich, Maribel Verdu, Klaus Maria Brandauer, Carmen Maura, Rodrigo De la Serna, Leticia Brédice | États-Unis et Argentine | 2009 | 127 min. | Drame | Distribué par Memento Films Distribution
Le Soliste (Soloist), nouvelle œuvre de Joe Wright est sensé nous montrer une histoire d'amitié entre un journaliste aux dents longues et un artistes schizophrène et paranoïaque. Lorsqu'on regarde ce film, tiré d'une histoire supposée vraie (enfin, on suppose que c'est le cas, vu le peu d'importance que l'on peut attacher à cette dernière) d'un livre de Steve Lopez, on se demande bien qui a pu pousser les producteurs à donner de l'argent, à moins de chercher un oscar.
Steve Lopez (Robert Downey Jr.) est dans une impasse. Le journal pour lequel il travaille est en pleine crise, son mariage est un échec et le temps où il aimait son métier de journaliste est bien loin.Après un accident de vélo, un jour, dans la rue, il entend de la musique. Un étrange vagabond, Nathaniel Ayers ( Jamie Foxx), joue de toute son âme, et même si son violon n'a que deux cordes, une émotion unique surgit. Pour Steve, l'étonnant violoniste est d'abord un bon sujet pour sa chronique, et il va peu à peu percevoir tout le mystère qui entoure ce personnage.
Le journaliste décide de sortir Ayers de la rue et de le rendre au monde de la musique. Alors qu'il s'acharne à sauver la vie de ce sans-abri hors norme, Steve Lopez se rend peu à peu compte que c'est finalement Ayers qui, à travers sa passion dévorante, son obstination à rester libre et ses tentatives courageuses pour nouer des liens avec les autres, va profondément le changer...
Vous avez lu le résumé du film? Vous avez vu le film. En effet, aucun élement supplémentaire ne vient émailler ce film taillé pour les oscars, où on louera la performance des deux acteurs principaux. Enfin, performance, on se trouve plutôt en face de deux acteurs qui font le métier, sans plus. En même temps, l'idée n'est pas non plus, je cherche toujours le mot, originale. Non pas originale. En fait, on s'en fout un peu. Oui, c'est ça. Leurs histoires d'amitié bien virile à travers la musique aurait pu toucher mais on sentait bien que cela ne suffirait pas, alors on rajoute des scènes, on parle des SDF, on parle de l'accident du journaliste au début qui n'a pas vraiment beaucoup d'intérêt pour le reste de l'histoire.
Le moment fort du film, la scène ou Ayers et Lopez en arrive aux mains manque cruellement de profondeur et de coeur. C'est là où, dans les films dramatiques, on peut voir ce qui sont capables du sublimer des personnages qui ont des problèmes psychologiques, physiques ou mentaux et ceux qui n'en sont pas capables. Tout le monde n'est pas Dustin Hoffman, pour son personnage dans Rain Man (encore que ça en était presque un super héros, avec sa faculté de lire les cartes de jeux) et encore moins Daniel Day-Lewis. Ici, c'est à peine survolé et le réalisateur (ou le romancier) n'a pas su, peut-être, tirer toute la portée des échanges entre les deux personnages.
Le Soliste est donc un film assez ringard dans son ensemble. Pathétique puisque jouant essentiellement sur une corde (pour un film musical, c'est un peu bancal), celle d'une émotion factice, il ne parvient pas à se détacher de ce qui le plombe vraiment : un manque cruel de fond au film et une mise en scène réellement prenante, qui nous aurait plongé dans l'univers torturé d'Ayers autant que dans l'univers feutré de Lopez et de voir réellement ce que pouvaient s'apporter ces deux personnages l'un pour l'autre.
Le Soliste (Soloist) de Joe Wright | Scénario de Susannah Grant d'après l'oeuvre de Steve Lopez | Photographie de Seamus McGarvey | Musique de Dario Marianelli | Avec Jamie Foxx, Robert Downey Jr., Catherine Keener | Etats-Unis et Grande-Bretagne | 2008 | 117 min. | Drame et Biopic | Distribué par StudioCanal
Produit en partie par Samuel Hadida (celui qui a donné un petit coup de pouce à Quentin Tarantino au début de sa carrière), Solomon Kane Michael J.Basset constitue une véritable et pure déception. L'adaptation du personnage à l'écran de Robert E. Howard (le créateur de Conan le barbare, entres autres pour ceux qui ont du mal avec tout ce qui existaient avant et pendant J.R.R. Tolkien), mort à 30 ans (1936) qui avait déjà fait l'objet d'une transposition en comic chez Marvel et Dark Horse. Mais ici, dans le film, tout se relève plat, terne, lent, et sans réelle consistance.
Dans un XVIe siècle ravagé par les guerres, le capitaine Solomon Kane (James Purefoy) est une redoutable machine à tuer, aussi cruelle, brutale qu'efficace. Armé de ces deux pistolets qui font sa marque, de sa dague et de sa rapière, lui et ses hommes laissent libre cours à leur soif de sang alors qu'ils combattent au nom de l'Angleterre d'un continent à l'autre.
Solomon Kane - Trailer - 2009
Pourtant, lorsque Kane décide d'attaquer une mystérieuse forteresse quelque part en Afrique du Nord, sa mission va prendre un tournant fatal. En effet, un par un, ses hommes sont décimés par des créatures démoniaques, jusqu'à ce qu'il reste seul face à l'envoyé du diable, venu des profondeurs de l'Enfer pour s'emparer de son âme atrocement corrompue. Kane parvient à s'échapper, mais il sait qu'il doit maintenant se racheter en renonçant à la violence et en se consacrant désormais à une vie de paix et de pureté. Ainsi se réfugie-t-il dans un monastère, à l'abri de toute tentation de faire couler le sang. Mais sa nouvelle spiritualité ne tarde pas à être mise à l'épreuve lorsqu'il revient dans une Angleterre dévastée par des hommes diaboliques à la solde d'un être masqué terrifiant, l'Overlord, qui sème le chaos et la terreur partout où ce dernier foule les pieds.
Le film de Michael J.Basset n'est pas à proprement parlé un bon film. Il est déjà trop long par rapport à ce qui se passe réellement devant nos petits yeux qui fatiguent devant la longueur de certaines scènes et la roubladise des autres. En effet, la scène d'introduction fait très Indiana Jones et les aventuriers de l'Arche perdue. Une foison de ralentis plus ou moins grotesques surgissent de manière régulières, très action movie des années 1980, mais sans le fun qui va avec.
En effet, Solomon Kane, à l'inverse de Conan le Barbare, est un héros solitaire, taciturne et d'une certaine manière tragique. Il est donc assez difficile, de ce point de vue, de le jouer au second degré. Mais c'est ce qui manque pourtant à ce film, trop premier degré et trop mal fichu, pour donner un semblant d'importance à ce personnage qui a pourtant un conflit intérieur très poussé.
Ce qui est assez étonnant, quand je le voyais, c'est que je ne pouvais m'empêcher de faire un parallèle avec le jeu vidéo Vagrant Story, le pur chef d'oeuvre de Square Soft, qui avait réussi à allier admirablement religion, magie, musique, tragédie et univers fantastique à travers un jeu vidéo bien foutu. Ici, les sons de musiques classiques sont plats, les acteurs sont assez ridicules (non mais James Purefoy quoi, qui a la voie française de Hugh Jackman et Pete Postlethwaite qui s'est totalement perdu ici ), la mise en scène se contente de reprendre ce qui a fait le succès des films des années 70-80 (le méchant fait très Dark Vador, au passage), le découpage du scénario aurait gagné à être un peu plus rapide et insister de temps en temps, mais seulement de temps en temps, sur l'aspect torturé de Solomon Kane, aborant son costume de puritain comme un étendart.
Si John Milius, avec son Conan le Barbare, avait rendu hommage à l'oeuvre de Robert E. Howard, tel n'est pas le cas de Michael J.Basset avec son adaptation de Solomon Kane, qui se contente de reprendre de vieilles recettes complètement éculées pour nous fournir une copie digne d'un direct-to-video (ce qui n'est souvent pas un mal quand on voit que cela a été le sort reservé à Southland Tales, qui a constitué la bonne surprise de 2009 en DVD).
Solomon Kane de Michael J.Basset | scénario de Michael J. Bassett d'après l'oeuvre de Robert E. Howard | Photographie de Dan Laustsen | Musique de Klaus Badelt | Avec James Purefoy (Solomon Kane), Rachel Hurd-Wood (Meredith Crowthorn), Pete Postlethwaite (William Crowthorn), Samuel Roukin (Marcus Kane) | États-Unis | 2008 | 104 min. | Fantastique et Action | Distribué par Metropolitan FilmExport
La suite de [REC] était attendue, et encore plus depuis que le remake américain soit sortie en DVD (En Quarantaine). Entièrement tourné caméra à l'épaule, en vue subjective, le film avait fait le tour des festivals et remporté pas mal de prix. Bon nombre de spots de publicité (à la radio notamment) sont venus annoncer l'arrivée du deuxième volet, ce qui va surement contribuer à un certain succès du film. Est-ce que le deuxième volet mérite le détour? Telle est la question que l'on pourrait se poser.
L'histoire de [REC] 2 se déroule juste après la fin du premier [REC]. En effet, les autorités viennent de perdre le contact avec les occupants de l'immeuble mis en quarantaine. Personne ne sait donc vraiment ce qui se passe à l'intérieur. Sans compter que, dehors, le chaos règne... Une brigade d'intervention spéciale, avec à leur tête un civil (qui se révèlera être un prêtre), équipée de plusieurs caméras et envoyée sur place pour analyser la situation et trouver une solution. De l'autre côté, des jeunes inconscients vont se retrouver également dans l'immeuble "maudit" sans possibilité pour eux de sortir. ils vont tous devoir affronter une menace bien réelle
[REC] 2 - Trailer - 2009
Généralement, après un premier épisode de film d'horreur/fantastique, le second volet amène une équipe de GI Joe ou de super guerriers venus régler le problème. C'est ici le cas puisque l'équipe est chargée de nettoyer et de faire des recherches sur ce qui s'est réellement passé. Mais cela tourne vite à la débandade. Le principe de la caméra subjective est gardée. D'ailleurs à ce propos, il semble que la photographie soit plus propre, plus soignée que dans la premier volet.
Mais la nouveauté majeure, c'est que par rapport au précédent, nous sommes ouvertement dans un film d'horreur de genre. En effet, si le premier avait un certain ancrage dans la réalité, ce n'est plus vraiment le cas ici puisque nous explorons des pistes qui soient plus fidèle du film de genre. La piste du virus et la peur, bien réelle, que cela peut engendrer, se retourne vite vers une autre piste. Sans trop en dévoiler, [REC] 2 ne cherche plus à être très crédible et un brin réel (malgré l'aspect très étrange du premier volet) mais à rentrer de plein pied dans un univers connu des fans de films d'horreur.
Nous ne sommes d'ailleurs plus dans un huis clos oppressant, l'action se déroulant autant à l'extérieur qu'à l'intérieur. L'aspect réel a été remplacé par deux éléments : un aspect mystique d'un coté et un aspect plus "grand public" (toute proportion gardée, bien sûr) de l'autre (les adolescents présent sur l'affiche sont ici pour le confirmer). Sans compter que l'on ne prend plus le point de vue d'une seule caméra mais de plusieurs, ce qui renforce le côté un peu artificiel de la chose mais contribue à l'impact de l'ensemble.
[REC] 2 confirme donc que nous ne sommes pas dans un film réel et "politique" mais un bon vrai film de genre qui réussit son pari de faire peur que d'allier le surnaturel et le fantastique.Ce qui avait l'air très artificiel dans le premier et très technique se retrouve être une bonne idée au final. Le 2 permet donc de se faire une meilleure et plus substantielle idée de l'œuvre Paco Plaza et Jaume Balaguero.
[REC] 2 de Paco Plaza et Jaume Balagueró | Scénario de Paco Plaza, Luis A. Berdejo et Jaume Balagueró | Photographie de Pablo Rosso | Avec Manuela Velasco, Óscar Sánchez Zafra, Ariel Casas | Espagne | 2007 | 85 min | Epouvante-horreur | Distribué par Le Pacte |
House est le dernier film de Robby Henson, déjà réalisateur de The Badge (2002), The Visitation (2006) et Thr3e (2006), qui devait manquer cruellement de moyens pour habiller son dernier bébé (à moins, bien entendu, que tout ceci soit fait exprès). En effet, l'image est très téléfilmesque, sans compter qu'hormis Michael Madsen, le pote à Quentin Tarantino, cela manque cruellement d'acteurs sympathiques et surtout d'une mise en scène envolée.
Un couple, Jack et Stephanie Singleton, tombe en panne dans le désert (ça c'est le Pitch d'allociné, tout droit sorti des mails reçus pour vendre ce film alors qu'ils ne sont pas perdus dans un desert mais dans une foret, en plein Alabama, en voulant prendre un raccourci pour se rendre chez leurs avocats pour conclure leurs divorce. C'est donc en plein coin perdu au milieu de nulle part et ils ne tombent pas en panne, ils ont crevé leurs pneus, si mes souvenirs sont bons).
Il trouvent refuge dans une étrange maison victorienne. Ils vont bien vite s'apercevoir qu'ils ne sont pas réellement en sécurité, l'hotel étant habité par d'étranges locataires, une famille composée de trois personnes qui l'utilisent comme un hôtel, alors que celui-ci semble complètement abandonnée. Ces derniers vont les inviter à diner, ainsi qu'un autre couple, Randy et Leslie.. Et les problèmes vont commencer
House est l'adaptation du roman de Ted Dekker (auteur également de Showdown, Saint et Sinner, qui se déroule dans le même endroit que House) et Frank Peretti, sorti en 2006. House est un film d'horreur à effet, flirtant entre les forces maléfiques, l'univers de Saw et le cheap. En effet, chacun des protagonistes qui s'est retrouvé dans cette maison va revivre ses peurs, et le couple de héros, nos chers protagonistes, ne vont pas y échapper puisqu'ils ont subi un drame qui les amènent ainsi à divorcer. C'est à travers de choc psychologique que prendra place l'action puisque la sympathie se créa pour les deux personnages.
Mais House est bien trop cheap. Le budget, dérisoire, et la mise en scène, beaucoup trop Saw Style (les pièges sont aussi poisseux que ceux de la saga, ce qui montre en effet également que cette saga a bien été suivie par les réalisateurs américain), ce qui nous fait dire qu'il est dur aujourd'hui de faire de l'horreur épouavante sans références récentes.
Si l'idée est intéressante, si les personnages peuvent l'être, par leur background, la mise en scène et le peu de budget accordée à House font de ce dernier un film tout à fait dispensable, pour peu que l'on ne soit pas vraiment habitué aux films d'horreur. Dans le cas contraire, ce film est fait pour vous.
House de Robby Henson | Scénario de Rob Green et Frank Peretti d’après l'oeuvre de Ted Dekker et Frank Peretti | Photographie de Marcin Koszalka | Musique de David E. Russo | Avec Michael Madsen, Allana Bale, J.P. Davis, de Graft-Johnson Jeffrey, Heidi Dippold, Leslie Easterbrook, Julie Ann Emery, Bill Moseley, Reynaldo Rosales, Florentyna Synowiecka | Etats-Unis | 2008 | 101 min. | Epouvante-horreur | Disponible en DVD.
Dans la série, les 10 films d'adolescence, voici les 10 films de Mumu :
allez je me lance et avant que certains critiquent je précise :
j'ai classé les films en trois catégories :
-vus à la tv
-vus en K7
-vus au cinéma
j'allais peu au cinéma. c'était trop loin et trop cher. on avait pas non plus de magnétoscope, on nous le prêtait ou on le louait au carrefour pour noël.
mais j'ai respecté le deal : pendant l'adolescence.
et on me demande pas de commenter, c'est déjà un miracle que je m'en rappelle.
Ouais, je vais vous parler d'un manga.
Pas n'importe lequel.
Le premier volume de Berserk, sorti en 1990, commence ainsi:
un homme gigantesque, borgne, auquel il manque un bras, recherche de mystérieux démons afin de les abattre. Il semble victime d'une malédiction qui les attire à lui, donc, il choisit plutôt d'aller à eux pour se battre dans un combat qui semble des plus inégal au vu de sa nature humaine.
Qui est Guts, le héros? Comment a-t-il eu ses blessures? Comment fait-il pour manier cette épée d'une taille absurde? Quelle est sa relation avec les démons?
Vu comme ça, ça pourrait être le pitch d'un manga lambda. Mais ce point de départ n'est, justement, qu'un point de départ. Ne soyez pas rebutés par les premières pages, volontairement déroutantes et mâtinées d'heroic fantasy, ou plutôt, de dark fantasy. Vous allez très vite être plongés dans un flash-back d'une bonne dizaine de volumes, dans un monde médiéval européen au réalisme cru et brut qui vous fera oublier que vous êtes devant une bande dessinée japonaise. On suit, donc, l'itinéraire de Guts, et son ascension au sein de la Troupe du Faucon, une armée de mercenaires dirigée par le charismatique et très ambigu Griffith.
Là, ça ne sera pas la table ronde, les nobles chevaliers, bref, la vision d'épinal que tout le monde a du moyen-âge et qu'on voit généralement dans toutes les oeuvres qui le représentent. Dans Berserk, la guerre tue, viole, pille, détruit sans distinction. Beaucoup parlent d'un manga nihiliste, mais je pense que c'est un raccourci un peu facile. La cruauté, de Guts et des autres, l'apparition des démons dans un monde, au départ, réaliste, tout sera expliqué et justifié.
Ce qui différencie Berserk des autres manga, c'est que Miura est principalement influencé par la culture européenne. C'est même d'ailleurs frappant de se dire que c'est un japonais qui dessine et scénarise un truc tellement "européen". Giger, Gustave Doré, Bruegel, Hellraiser, Phantom of the Paradise, voilà plutôt les influences visuelles de Miura, auxquelles on peut ajouter, par exemple, une fascination pour l'histoire de la torture et de la Sainte Inquisition en particulier qui donne un réalisme assez glaçant lors de certaines planches.
Ça va faire vingt ans que la série existe, et on en est au trente-cinquième volume. Par comparaison, une série comme One Piece n'existe que depuis 97 est en est déjà au cinquante-sixième volume. Miura prend son temps pour une oeuvre profonde et marquante, parfois dérangeante. Sachant qu'une des influences de Miura est Guin Saga, une série de romans de SF-Fantasy commencée en 1979 et arrêtée en 2009, au bout de 100 volumes (et pas parce que c'était fini, mais parce que l'auteure est morte des suites d'un cancer), on peut penser qu'on en a encore pour un moment. En espérant que la qualité soit toujours là.
A noter qu'un très bon dessin animé de vingt-trois épisodes reprend les treize premiers volumes du manga, soit la partie flash-back et la genèse des rapports de Guts, Griffith et des démons.
Sick Nurses (Suay Laak Sai) de Piraphan Laoyont et Thodsapol Siriwiwat s'inscrit dans une lignée de petits films d'épouvantes dont les thaïlandais commencent à inonder progressivement le marché. De facture classique, limite telefilmesque, ce long métrage explore le thème de la jalousie et de la tromperie amoureuse. Sans être parfaitement maitrisé, Sick Nurses, l'histoire de ces sept infirmières est pourtant intéressant à regarder, ne serait-ce que pour les quelques moment d'effroi qu'il procure.
À un hôpital thaï, Le docteur Taa et ses sept infirmières nubiles aux ordres de ce dernier, s'engagent dans la vente de corps. Les sentiments des infirmières envers le docteur ne faisant qu'augmenter avec le temps. La jalousie entraine Tawan, une des infirmières, de menacer de révéler les agissements de la pratique du cabinet. Cette jalousie fait éclater le petit groupe et elles décident de tuer Tawan. Bien sûr, le corps de la défunte sera revendu. Le négociant dans des corps ne prend pas des dispositions pour la livraison du cadavre de Tawan pendant une semaine complète.
Lorsque approches minuit du septième jour après le meurtre, chacune des infirmières restantes aussi bien que docteur Taa, font face à un vengeur surnaturel. Dans des retours en arrière nous voyons que les événements mener jusqu'au meurtre et réaliser la gamme complète de relations parmi les caractères(personnages) principaux, y compris le docteur Taa et la soeur de Tawan, Nook.
Sick Nurses est un petit film d'horreur, à budget réduit (les décors s'en ressentent) dont l'essentiel est de montrer la technicité au niveau des effets spéciaux. L'intrigue est intéressante, ainsi que le thème général. En effet, la jalousie est bien le maitre mot de ce film, qui, à mon sens, est assez bien rendue, notamment lorsque cette dernière est féminine.
il est juste dommage que les scènes d'épouvantes sont très conventionnelles. Également, que l'image soit particulièrement cheap et fasse penser à un téléfilm. De la même manière, la lenteur de certaines scènes ne se justifiaient pas, ce qui entraine une certaine somnolence pour le spectateur.
Hormis ces petits détails, Sick Nurses est un solide petit film d'horreur, assez bien ficelé et assez intriguant. Ca pourra aussi permettre de se rincer l'œil, avec ces charmantes infirmières, et en se disant qu'on aurait dû faire des études de médecine, même si ce domaine est trop largement répandu à la télévision, dans des soap de très mauvaise facture.
Sick Nurses (Suay Laak Sai) de Piraphan Laoyont, Thodsapol Siriwiwat | Avec Ase Wang, Dollaros Dachapratumwan, Wichan Jarujinda, Kanya Rattapetch, Chidjan Rujiphun, Chon Wachananon | Thaïlande 2007 | 82 min. | Epouvante-horreur et Policier | Disponible en DVD depuis fin septembre 2009
Le nouveau film de Spike Jonze, Max et les Maximonstres (Where The Wild Things Are) est sorti un peu en catimini (j'aime bien ce mot, j'essayerai de la replacer à l'occasion tiens). Il faut dire en effet que ce film ne s'adresse pas particulièrement aux enfants, étant donné le point de vue du réalisateur, très vif, brut et un peu fou. C'est une adaptation un peu particulière de l'œuvre de Maurice Sendak.
Max, un garçon sensible et exubérant qui se sent incompris chez lui, s'évade là où se trouvent les Maximonstres. Il atterrit sur une île où il rencontre de mystérieuses et étranges créatures, aux émotions sauvages et aux actions imprévisibles. Les Maximonstres attendent désespérément un leader pour les guider, et Max rêve d'un royaume sur lequel régner. Lorsque Max est couronné roi, il promet de créer un monde où chacun trouvera le bonheur. Max découvre vite toutefois que régner sur un royaume n'est pas chose aisée et que ses relations avec les autres sont plus compliquées qu'il ne l'imaginait au départ...
Comme dit plus haut, Max et les Maximonstress, version Spike Jonze (réalisateur qui s'est fait connaître avec son étrange et suprenant Dans la Peau de Jonh Malkovitch), ne s'adresse pas particulièrement aux enfants. En effet, le rythme est rapide, saccadé, énergique et n'a en tout rien avoir avec une production Disney, plus prompte à ralentir le rythme qu'à l'accentué (ou alors, c'est fait de telle manière que ça ne surprend pas le spectateur).
Il y en a effet quelque chose de troublant dans le rôle de Max, garçon hyperactif qui n'a pas beaucoup d'amis, obligé de jouer seul dans son coin et qui ne supporte assez mal de ne pas être le roi de son univers, malgré ses tentatives désespérées pour se faire remarquer auprès de sa sœur et surtout de sa mère. Le début est d'ailleurs tonique, filmé comme serait un enfant de cet âge là, virevoltant à travers les pièces de sa maison, se fabriquant un univers bien à lui.
Le passage du monde imaginaire au monde réel, plus symbolique dans le livre que dans le film, puisque dans ce dernier Max prend un bateau et navigue sur les océans, vers une contrée éloignée où vont l'attendre les Maximonstres, marque bien la touche de Jonze. D'ailleurs en parlant des Maximonstres, ceux-ci ne sont pas de simples peluches géantes au services du garçon, mais disposent d'une réelle personnalité, et surtout sont aussi attachant que réellement effrayant. Ce sentiment ne quitte pas Max, qui a beau les apprivoiser un par un, en se proclamant Roi (comme dans le livre évidemment). C'est à travers cela que la quête du petit garçon commence puisqu'il doit bien gérer les uns et les autres, comme un adulte le ferait, en prenant en compte les désirs des uns et des autres. Bien entendu, cela ne se passe jamais comme prévu, enfin, comme il le voudrait, ce qui créait des tensions entre les grosses peluches aux gros yeux.
Max et les Maximonstres ne fera vraisemblablement peu d'entrées en France. Le public visé est en fait celui du cinéma indépendant. Les relations entre les personnages, la musique très post rock (enfin, je pense), le coté brut, intriguant, attachant mais aussi effrayant des Maximonstres fait que ce film constitue plus un OVNI (mais vu le réalisateur, est-ce vraiment?) qu'une banale historiette avec des gros "monstroux" tout gentils, tout poilus...
Max et les Maximonstres (Where The Wild Things Are) de Spike Jonze | Scénario de Spike Jonze et Dave Eggers d’après l’œuvre de Maurice Sendak | Photographie de Lance Acord | Musique de Carter Burwell | Avec Max Records, Catherine Keener, Charlotte Gainsbourg, Mark Ruffalo | Etats-Unis | 2009 | 102 min. | Fantastique, Aventure et Drame | Distribué par Warner Bros. France
Réalisateur de séries télévisées américaines (il a un peu bossé sur toutes les séries de ces dix dernières anénes), Nelson McCormick, après la bouse Prom Night, revient avec un nouveau film et remake, Le Beau-père (The Stepfather ) dont l'un des principaux atouts (et peut-être le seul) est de montrer Amber Heard en maillot de bain. Pour le reste, si l'histoire peut-être intéressante, le scénario est une copie conforme d'autres productions du genre mais surtout c'est un bon petit Remake du Beau-père des années 1980.
Après avoir terminé son école militaire, Michael (Penn Badgley) rentre à la maison. Il y découvre sa mère, Susan (Sela Ward) en pleine histoire d'amour avec son nouvel petit-ami David Harris (Dylan Walsh). Alors que les deux hommes commencent à se connaître, Michael devient de plus en plus suspicieux : son beau-père a toujours été là pour rendre service, mais ne serait-ce pas un leurre pour cacher ses pires travers ? Le jeune homme décide alors de mener l'enquête avec de quelques amis et ne tarde pas à découvrir que ce "gentil homme" est un serial killer qui aurait déjà éliminé plusieurs familles... Déjà, dans le quartier, les quelques personnes ayant remarqué les incohérences du récit de David Harris commencent à mystérieusement disparaître. Michael doit rapidement mettre ses proches en sécurité.
Le Beau-père est donc un remake complètement inutile, l'original ayant déjà gagné un large succès, à tel point qu'une suite aura lieu. Si le sujet est ici retravaillé, c'est au profil de la famille. Mais en fait, l'essentiel du film est de montrer Amber Heard, une des nouvelles coqueluche d'Hollywood qui se fait les dents progressivement, malgré un jeu poussif. Ainsi, sans plus attendre, voici les photos de la belle extraites du film :
Amber en maillot qui montre ses jambes et qui sourit
Amber qui montre ses jambes, qui téléphone et qui sourit légèrement
Amber en maillot de bain qui sort de la piscine
Amber en maillot de bain
Voilà, sinon, pour le reste, Le Beau-père est très fatiguant à voir : ça n'a pas changé d'un pousse, c'est toujours aussi long, il faut trois plombes pour se débarrasser de ce pauvre gars prêt à dégommer la famille entière parce qu'on ne lui obéit pas en tranchouillant tout ce qu'il peut.
On se demande bien pourquoi refaire un remake alors que les temps ont encore plus changé que dans les années 80 qu'aujourd'hui, les familles monoparentales sont fun et qu'après tout, si tu veux une famille, il y a de quoi faire. Le film en devient donc tout à fait ridicule, le tout servi par des acteurs plat plat et une volonté du réalisateur de nous montrer son Amber Heard le plus courtement vêtue, principal argument du film que j'ai bien bien repéré.. Comme disent les vrais geeks internautes d'il y a trois ans : Next !
Le Beau-père (The Stepfather) de Nelson McCormick | Scénario de J.S. Cardone | Musique de Charlie Clouser| Photographie de Patrick Cady | Avec Dylan Walsh, Penn Badgley, Sela Ward, Amber Heard |États-Unis | 2009 | Distribué par Sony Pictures Releasing France
Tiens moi je vais faire comme si je savais écrire des articles.
J'vais plus vraiment au cinoche, vu que j'ai plus un rond, voire même moins (d'ailleurs, si un jour quelqu'un veut une toile, mon site c'est... ahem, non rien). Ceci étant dit, j'ai "récemment" vu un film d'animation qui m'a fortement plu, à savoir "Mary and Max".
Bon alors j'ai pas très envie de décortiquer la fiche type du film avec acteurs, réa, etc., pour ça, tu tapes allociné. J'ai juste été assez émerveillée par ce long mérage tant il mêle de la douceur, de la poésie, liées à un univers sinistre et froid en même temps.
Une petite fille australienne (Mary donc) salement moche avec une famille de merde va commencer à correspondre avec un parfait inconnu qu'elle aura pioché dans un bottin au hasard. Celui-ci est Max, un américain qui vit seul avec son quinzième poisson rouge et ses crises d'angoisses. On a donc deux persos complètement paumés, qui cherchent du réconfort au delà des frontières. Donc on découvre leur vies, puis ce qu'ils peuvent partager avec cette correspondance (à savoir principalement du chocolat, dont ils raffolent tous deux).
Ce flim est bourré de références subtiles dissimulées sans qu'on n'y prenne garde. Les décors sont juste excellents (on a des cadres photos faits avec des allumettes, tu te demandes d'où ça sort). L'univers est assez glauque et triste, presque tout est en noir et blanc, avec parfois des pointes de couleur vives. Ah oui, et quelques fois, Mary chante, chose pas trop terrible, parce qu'on n'est pas dans un Disney non plus, merde.
À part ça, ça change de l'animation d'aujourd'hui. J'ai vraiment rarement vu un film de ce genre (au niveau de l'anim), on peut même pas le classer. À part pour le côté esthétique des personnages qui rappellent un peu l'univers de Wallace et Gromit. Cette histoire est basée sur un fait réel, aussi, et c'est sympa d'imaginer ce que ça a donné dans la vraie vie tu vois.
Dans la foulée de "Neverwhere", je m'attaque là à une autre oeuvre de Neil Gaiman, "American Gods".
J'ai du mal à parler de ce bouquin. Ce n'est pas grace à lui que j'ai découvert l'univers de Gaiman, j'avais déja lu "Sandman".
J'ai découvert "American Gods" durant une nuit de novembre à Hamburg. Il neigeait dehors, et ça faisait marrer mes amis teutons de me voir écarquiller les yeux devant la neige. Difficile de leur faire comprendre que pour moi la neige en ville est un plaisir rare.
C'était en 2003, je rentrais d'Egypte après un séjour plus que désastreux qui m'avait mis face a moi-même et à mes démons, et je ressentais le besoin de voir mes amis les plus proches, et je pris le premier vol pour Hamburg.
Nos soirées existentialo-européennes me manquaient, même si désormais elles se limitaient plus qu'à un échange franco-germanique. Notre petit mélange de nationalités avait fondu avec le temps, l'argent et la Vie oeuvrant de concert pour dissoudre ce ciment qui nous liait. Mais j'aimais toujours autant me retrouver dans cet appartement de Friedrichstrasse, mélange bordelique baroque-boheme qui caractérisait Marcus et Lidia, et je ne compte plus les nuits passées à discuter en sirotant de l'absinthe bien avant que ce soit à la mode.
Ce soir là nous étions réunis, avec Lidia, Eva, Michiel and Marcus. Ce dernier était assis haut sur le canapé, et il semblait troner sur le bas peuple, ce que nous n'avions pas manqué de souligner et de copieusement le brocarder a ce sujet.
L'ambiance était d'une chaleur qui contrastait violemment avec le froid qui regnait à l'extérieur, un peu comme si nous étions en dehors du temps et de l'espace. D'ailleurs nous voulions à l'époque créer notre propre pays que nous aurions appelé "Nowhere", et nous y installer.
C'est ce soir là que Marcus m'a parlé de ce bouquin. Je l'écoutais me parler de l'histoire et des personnages, et sa derniere phrase qui disait "If you give some credits to my opinion, you should read this book". J'ai mis du temps à le faire, et à comprendre pourquoi on en avait parlé ce soir là.
C'est l'histoire d'un taulard nommé Ombre, qui est libéré quelques jours plus tôt parce que sa femme vient de mourir dans un accident de voiture. Il bénéficie donc de deux jours de moins de violon.
Quelques péripéties vont l'emmener à changer de vol, de classe, et il va se retrouver a coté d'un type assez agé, plutot costaud, arborant une longue barbe blanche, qui visiblement l'attendait pour lui proposer un boulot. Ce monsieur va se présenter sous le nom de Voyageur (Wednesday en anglais, ce qui a son importance, ce mot étant tiré de "Odin Woden's Day", surement en mémoire du sacrifice d'Odin sur une branche d'Yggdrasil ).
Ombre va accepter sa proposition et réaliser que M. Voyageur n'est autre que le dieu Odin, et qu'au cours de leur péregrinations, il va rencontrer encore d'autre dieux des anciennes mythologies, mais aussi des leprechaun, djinns, kobold et autre chimères.
Tous ces dieux existent à cause de la Foi. La foi des premiers colons qui emmenerent leurs croyances aussi bien que leur science et coutumes. C'est leur Foi qui a donné corps à ces dieux, et c'est leur nouvelle Foi qui en a fait ce qu'ils sont aujourd'hui. En effet, les divinités croisées sont pour la plupart minables, sans le sou, et autres. Voyageur/Odin est un escroc de haut vol, Czernobog est rongé par la clope et vit dans un appart crasseux, Thot et Anubis sont croque-mort dans la ville de Karr, Horus a pété les plombs et passe son temps sous forme de faucon et Thor a mal fini.
Les colons sont venus, puis le christianisme a fait son travail, de même que la société, et toutes ces anciennes croyances sont devenues désuetes, rendans les anciens panthéons obsolètes. Pour citer un des protagonistes, Jésus roule en limousine aux USA, mais on l'a vu en guenilles faire du stop en Afghanistan.
Mais tandis que ces reliques prenaient la poussière, de nouveaux dieux ont fait leur apparition, tant la ferveur de l'espece humaine était forte. Ces nouveaux dieux sont le dieu de l'Electricité, de la Télévision, de l'Automobile, et ces parvenus entendent bien faire la nique aux vieux et les effacer de la réalité.
"American Gods" se présentent comme un road trip, un bon road movie comme on les aime, et le héros, Ombre, qui porte bien son nom tant il traverse l'aventure plus comme un spectateur qu'acteur, véritable pantin dans les mains d'Odin, va finalement tirer son épingle du jeu et écrire l'épilogue de l'aventure.
Lire "American Gods" c'est faire un long voyage au coeur des mythologies et de l'âme humaine, et de son rapport avec la Foi, et c'est aussi l'occasion de retrouver les anciennes magies et légendes, comme si toutes ces croyances essayaient désespérement de rester à la surface de la terre, écrasées par le poids de la science, du rationalisme et du matérialisme. C'est aussi vivre une véritable critique de la société de consommation, et de rappeler a quel point nous en sommes devenus dépendants.
C'est aussi un moyen de rappeler a l'homme qu'il est lui même créateur de magie et de dieux, et qu'il est une créature capricieuse passant d'un jouet à l'autre, oubliant le précédent.
Je ne suis pas près d'oublier cette soirée à Hamburg, alors que la neige recouvrait le Riepperbahn d'un duvet blanc et froid, et que l'absinthe nous réchauffait le corps dans ce grand salon encombré de vieille étoffes, de fauteuils fatigués et de chandeliers baroques. Depuis, "American Gods" m'accompagne à chacun de mes voyages, et je le relis avec toujours autant de plaisir.
Je dois avoir quelque part l'espoir d'aller un jour en Islande pour offrir un morceau de soleil à un vieillard borgne...
RTT est le nouveau film de Frédéric Berthe , le réalisateur des deux gros succès que sont "Nos 18 ans" et "Alive" (non, je déconne, c'est juste deux trucs informe que seul le cinéma français sait produire). Dans ce nouveau long-métrage, on parle d'un phénomène assez récent, les RTT et on tente de faire un film Weberien à la Chèvre, mais sans l'aspect comique ni le talent. Film très ennuyeux.
Arthur (Kad Merad) vit des jours tranquilles entre Florence, sa compagne depuis cinq ans, et son magasin de sport spécialisé dans la montagne. Tout va parfaitement bien jusqu'au jour où Florence lui annonce (piteusement et sans talent) sans préavis qu'elle le quitte pour un autre homme (qui ne ressemble à rien mais qui a du pognon), qu'elle va même se marier, qu'elle part vivre désormais à l'étranger. Sous le choc, Arthur est pourtant convaincu que Florence ne sait plus trop ce qu'elle fait. Il n'aura de cesse de la retrouver, même lorsqu'il apprend que le mariage a lieu dans quelques jours à Miami. Il n'est certes pas invité, mais sa décision est prise : il ira à ce mariage.
Au même moment, Émilie Vergano réalise un vol de tableau dans un musée parisien pour le compte d'un commanditaire vivant lui aussi à Miami. Arthur et Emilie vont alors se croiser à l'aéroport de Paris en partance pour le continent américain et ne vont plus vraiment se quitter pour une raison assez simple : recherchée par la police, Emilie a placé la toile volée dans le sac d'Arthur. Ce dernier va alors être embarqué dans une aventure qu'il n'avait pas, mais pas du tout, prévu... à l'occasion de ses quelques jours de RTT.
Le problème en France, c'est que nous avons de très jolies filles mais qu'elles sont incapables de jouer correctement la comédie pour la plupart d'entre elles. Mélanie Doutey rentre dans cette catégorie avec ce film. Pour s'en convaincre, il suffit de voir le passage dans l'aéroport où elle joue tellement mal que c'en est très drôle à rebours. Il faut dire que son jeu se base sur une moue des lèvres et des yeux qui tentent de dire quelque chose. Ces deux expressions faciales, digne des plus grands acteurs d'action movie qui sortent en direct-to-video sont pourtant ce qui va nous accompagner tout au long du périple floridien.
La deuxième blague est de confier encore une fois un rôle de gentil rêveur un peu beauf à Kad Merad, devenu un collectionneur de ce type de personnages, mais devant en plus être assez agréable à l'œil pour qu'une voleuse plaque tout pour vivre avec lui. Mon dieu, mais c'est là où on se dit que l'on est vraiment dans un film..
Question réalisation, c'est très mauvais: le rythme est très long, le film ayant du mal à démarrer. Les vingt premières minutes semblent une éternité, où on nous martèle des choses sans que cela ne serve à rien. Le pire, c'est que c'est sensé être amusant mais les personnages secondaires sont tout simplement absents.
On ne parle même pas des erreurs de plans : la Mélanie Doutey, qui doit porter des talons haut pour montrer que c'est une bonasse, se retrouve dans le bayou en talons plats (forcément, c'est plus simple pour faire des cascades) et se retrouve en talons haut par la suite, sans qu'elle ai eu le temps de changer quoique ce soit, puisque ses affaires ont été confisquées. Sans parler également des menottes, qui après avoir été coupées, sont au poignet des deux, puis d'un seul (Kad Merad) puis n'y sont plus et enfin, on les retrouve ensuite au poignet.
Ces petites erreurs nous font dire que RTT est bâclé. De plus, dans ce genre d'histoire, il y a des sous-intrigues assez importantes, les personnages principaux étant poursuivi par tout d'un tas de types. Ici, c'est juste des flics français, qui doivent s'habiller en homosexuels des années 70 pour passer inaperçu. C'est d'une ringardise totale.
Mais tout est ringard dans ce film : les plans à la con sur un bateau qui est sensé accompagné la love story des deux, en faisant soi-disant virevolter la caméra. La lumière est très parisienne. Ce qui est amusant puisqu'en Floride, il y a souvent un soleil de plomb. Mais là, on se croirait sous les nuages parisiens. Très amusant. Sans parler également des tentatives comiques déployées par Merad qui n'est malheureusement pas vraiment à son aise ici.
Voilà, RTT, c'est un peu tout ça : un film ni fait, ni à faire. Aucune trouvaille, aucune ingéniosité et aucun intérêt. Une actrice qui a encore à faire ses preuves ou alors, à être entouré d'un vrai réalisateur, comme Claude Chabrol (c'est là où je l'avais découvert, dans Les Fleurs du mal). Sans compter qu'ils se sont quand même mis à 5 pour pondre un chef d'œuvre pareil.
RTT est donc très instructif pour voir tout ce qu'il ne faut pas faire pour fabriquer un film réussit. Ce film serait à montrer dans les écoles de cinéma tellement ça sent bon l'amateurisme et les plans ratés. Un vrai bonheur pour les yeux et les oreilles. Quand, en plus, c'est sponsorisé par Studio Canal, qui a "refusé de donner de l'argent à Bertrand Tavernier pour Dans la Brume électrique, on se rend compte encore plus que ce Studio est définitivement mort et qu'il n'a plus rien à voir avec le cinéma.
RTT de Frédéric Berthe, scénario d'Alexandre Charlot, Alexandre de La Patellière, Mathieu Delaporte, Franck Magnier et Julien Rappeneau, photographie de Giovanni Fiore Coltellacci
Avec Kad Merad, Mélanie Doutey, Manu Payet, Francis Renaud, France, 2008, 88 min., Comédie, Aventure, Distribué par StudioCanal
Soyons clairs de suite : je vais ici parler de la BD et pas de cet ersatz de film. Pourquoi ? Parce que tout simplement il est à mon avis strictement impossible de retrouver la richesse du comics dans un film, comme c'est souvent le cas avec les oeuvres d'Alan Moore, du reste.
La Ligue des Gentlemen Extraordinaires est une équipe de super-héros à la sauce Steampunk ( merde je l'ai dis ), formé par un certain Campion Bond, afin de faire face à une menace pesant sur Londres.
Ce cher Monsieur Bond, sur l'ordre d'un certain "M", charge Wilhemina Harker ( née Murray, qui a repris son nom de jeune fille après son divorce de Johnathan Harker, cas rare à l'époque victorienne qui la met au ban de la société) de recruter certains individus avec l'aide du Capitaine Nemo.
Elle commencera son travail au Caire, en ramassant ( le terme n'est pas trop fort ) Allan Quatermain, célèbre explorateur et opiomane ravagé. Par la suite, ils devront enqueter sur un détraqué qui assassine des prostitués a Paris, dans la rue Morgue, et c'est grâce au chevalier Raoul Dupin qu'ils mettront la main sur le Dr Henry Jekyll sous la forme de Edward Hyde. Ils élucideront ensuite le mystere d'une école de jeunes filles dans laquelle certaines élèves se sont retrouvé engrossées par le Saint Esprit, en fait Hawley Griffin, l'Homme Invisible. L'équipe sera alors au complet afin de combattre un chinois rappelant étrangement le Fu Manchu de Sax Rohmerqui vola la Cavorite, minerai qui échappe a l'attraction terrestre.
Ca semble complètement confus et farfelu présenté comme ça, non ? Ne vous plaignez pas, vous n'avez pas les images sous les yeux. L'uchronie est totale, en témoigne les différentes illustrations de Paris, Londres, l'apparence du Nautilus, bref, le dessinateur s'en est donné a coeur joie.
Vous l'avez surement remarqué dans le résumé ci-dessus, nous sommes en pleine littérature du XIXeme. Pele mèle on retrouve "Dracula", "Allan Quatermain et les mines du roi Salomon", "Dr Jekyll & Mister Hyde", "L'Homme Invisible", "20.000 lieues sous les mers", rien que pour les principaux protagonistes. Sans compter les fines allusions, comme quand Campion Bond va voir son boss "M" et que ce dernier lui dit "je vous en prie, appelez moi James".
Au cours de l'histoire seront mentionné également Sherlock Holmes, Robur le conquérant, on croisera le Dr Moreau et ses créations, et j'en passe.
Oui j'en passe parce que la richesse de "La Ligue des Gentlemen Extraordinaires" se retrouve quasiment à chaque pages. Elles sont en effet truffées de réferences à des oeuvres littéraires, à des légendes britanniques, et c'est d'ailleurs un point que je releve souvent, c'est qu'à mon avis, à moins d'être féru d'histoire et de littérature britannique, une bonne partie des subtilités de l'oeuvre nous passe sous le nez. Ceci étant, je parle uniquement de subtilités qui n'entrave pas la bonne lecture et compréhension de l'histoire.
Bon certains pourraient être rebuté par le dessin, je lui reconnais une certaine étrangeté. Pourtant il faut passer outre, et découvrir une histoire excellente, intelligente, et qui vous fera passer un très bon moment Steampunk ( arrghh ) que ce soit à Londres ou sur Mars....
Il est rare que je relise un bouquin, encore plus rare donc que je le relise 5 fois. "Neverwhere" de Neil Gaiman en fait partie ( avec son acolyte "American Gods" ).
"Neverwhere" nous narre l'histoire de Richard Mayhew, jeune comptable écossais qui emmenage sur Londres, sans trop d'idées sur son avenir ni sur ce qu'il veut en faire.
Il a une petite amie, a priori aussi jolie que froide et carriériste, un boulot avec son petit bureau en open space où il collectione les trolls, bref, on ne peut pas dire que Richard Mayhew ai une vie ni palpitante ni mouvementée.
Jusqu'au jour où, alors qu'il doit subir un diner d'affaire au cours duquel sa girlfriend doit rencontrer un client extremement important, une jeune fille ensanglanté surgit littéralement d'un mur et s'écroule a ses pieds. Et contre toute attente, Richard va décider de lui porter secours (ce qui met immédiatement un terme à sa relation avec la blonde Jessica).
Sans le savoir, Richard vient de secourir la jeune Porte, et ipso facto de mettre un pied dans le Londres d'En-Dessous.
Car au dessous de Londres vit un total univers, qui obéit a ses propres règles et lois, moitié féodal moitié branque, où la magie est présente, où la mort n'est pas irrémédiable parfois et où le temps s'écoule différement.
Seul problème pour Richard, on peut exister que dans un monde à la fois, et en sauvant Porte, il appartient désormais au Londres d'En-Dessous.
Là commence sa quête pour revenir chez lui.....
"Neverwhere" est un conte de fées pour adultes, un véritable voyage dans le merveilleux et le tragique, avec pour toile de fond notre monde vu dans un miroir déformant. Le roman est truffé de références, il y a de l'humour, de l'amour, du drame, de la peur.
Et la fin est une véritable remise en question de tout, quelque chose qui inmanquablement nous fait penser à nos vies et à nos choix.
Neil Gaiman est plus connu pour "Sandman", son oeuvre phare, et pour sa collaboration avec Terry Pratchett sur "De Bons Présages". Mais ce qui en fait un bon auteur c'est sa capacité a créer un univers, une atmosphère, et à nous y inviter.
Astroboy revient sur les écrans de cinéma. LA bande dessinée d'Osamu Tezuka (très très connu maintenant), célébré en son temps, que l'on connaissait en France sous le nom d'Astro, le petit robot, est devenu une licence américaine et fait donc office de la primeur du sortie cinéma.
Toby pense être un petit garçon comme les autres... jusqu'au jour où il découvre qu'il peut voler, possède une force surhumaine et même des super-pouvoirs ! Apprenant qu'il est en fait un robot créé par un scientifique de génie qui le considère comme son fils, il panique et s'enfuit... Il va pourtant se rendre compte que sa ville, Metro City, a besoin d'un justicier, et que son courage et ses pouvoirs font de lui un robot unique en son genre !
Astroboy a donc subi un lifting, et est rentré de plein pied dans le XXIe siècle, c'est-à-dire totalement allégé de ce qui faisait le sel du manga original. Si c'est toujours un petit garçon, si cela baigne toujours dans un univers de science-fiction, le reste n'est qu'une banale histoire de deux situations sensées être paradoxales, ce qui vivent dans l'opulence et ceux qui vivent dans les détritus.
Astro s'adresse donc à un public jeune, presqu'excluvisement. Les quelques adultes qui se perdent à regarder ce dessin animé ne verront que des thèmes très enfantins où l'union fait la force, où les monstres ne sont pas forcément ceux qu'on croit, ect, ect. C'est un dessin animé très dans l'air du temps, sans réellement pousser un peu une réflexion mais après tout, ce n'est pas vraiment le but.
Astroboy donne donc un goût d'inachevé dans la bouche. Ce petit goût qui nous fait nous sentir vieux alors qu'on a l'air encore jeune. C'est une expérience un brin amère.
Astroboy de David Bowers (II) | Scénario de Timothy Harris d'après l'œuvre de Osamu Tezuka | Musique de John Ottman | Photographie de Pepe Valencia | Avec Freddie Highmore, Nicolas Cage, Charlize Theron |
États-Unis, Japon et Hong- Kong | 2007 | 95 min. | Animation | Distribué par SND
Dan Brown, le nom qui fait frémir les foules en mal de symbologie, théorie du complot, sociétés secrètes et autres.
Après "Ange & Démons" et "Da Vinci Code", dont sont tirés deux prétendus films, voici venu (le temps des rires et des chants ?) "Le Symbole Perdu", dernière aventure en date de son héros fétiche, Robert Langdon, professeur en iconologie religieuse et symbologie a l'université d'Harvard.
Allez un petit résumé
Alors qu'il se prépare à passer un dimanche tranquille, Robert Langdon est contacté de toute urgence par son vieil ami et mentor Peter Solomon, richissime érudit en charge de la gestion du Smithsonian Institute et Franc-Maçon du 33eme degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté ( je vous le livre tel qu'il est présenté )
Je vais éviter de spoiler la suite, mais bien évidemment notre sympathique professeur va etre entrainé dans une intrigue où se trouvera mêlée les Francs-Maçons, un fou furieux et la CIA ( tant qu'a faire )
Comme a son habitude, Dan Brown balance pèle-mêle une foule d'informations, mélange divers courant scientifiques ( en l'occurence la noétique ) et occultes, afin de créer un écheveau d'implications qui parfois tient la route.
La question majeure que je me suis posé au long de la lecture de cet ouvrage durant mon vol Nice-Zurich-Vienne et retour ( oui une grande qualité des bouquins de Brown est qu'ils sont aussi facile a lire que Picsou Magazine ou Pif Gadget ) était de savoir si c'était un livre de commande ou un vrai roman. En effet, durant les 600 pages de rebondissement, Dan Brown nous fait l'apologie de la Franc-Maçonnerie, à tel point que ça en devient presque gênant. D'un point de vue personnel il aurait pu faire tout aussi bien l'apologie de Francis le Ptésosaure ou de Raymond le boulanger que j'en aurai rien eu a talquer, c'est le coté passage de miel sur les couilles qui m'a un peu gêné ( chouette j'ai réussi à la placer ).
A coté de ça, c'est vachement tendance la Franc-Maçonnerie, on ne compte plus les ouvrages qui pullulent en librairie au sujet de cet Ordre ancien ( et pas qu'en France, vous en voulez des bouquins sur les Freimaurer en Autriche ? ), et il faut reconnaitre l'aspect commercial de la chose.
Et il semblerai que M. Brown soit bigrement renseigné, au vu de ce qu'il dévoile comme "secrets" maçonniques.
Le coté que j'ai trouvé particulièrement intéressant dans ce bouquin c'est l'étude de la ville de Washington et de son architecture. Ce n'est un secret pour personne, les pères fondateurs de la nation américaine étaient tous maçons, George Washington en tête, et d'après Brown, une pléïade de batiments ont été conçus suivant certains principes maçonniques
Si j'ai trouvé "Le Symbole Perdu" bien plus intéressant que le "Da Vinci Code", ce n'est sans doute pas a cause de l'intrigue, qui est particulièrement bancale, ni surtout a cause de ce coté "regardez je vous balance ma sapience" que Brown a dans ses bouquins et qui m'exaspère, et encore moins a cause du méchant qui m'a fait immédiatement penser a Francis Dollarhyde de "Dragon Rouge" ( d'ailleurs c'est une des critiques récurrente aux USA sur ce bouquin, merde j'aurai du être critique littéraire on dirait ).
Non c'est plutot sa régularité dans le thème choisi, et encore une fois sa vision de l'architecture de Washington. Et aussi l'épilogue, qui rattrape bien la fin hollywoodienne de l'histoire, il apporte vraiment quelque chose et est particulièrement pertinent
Bref, ça reste pas mal de l'ésotérisme mode Auchan, mais si c'est un domaine qui vous intéresse quelque peu et que vous avez une poignée d'heures a perdre, ça reste un bon choix de bouquin intéressant mais pas indispensable