Blindés (Armored) de Nimrod Antal

Le film de genre survit, de temps en temps, au cinéma. La preuve avec Blindés (Armored) tout droit sorti de la fin des années 80-90. En effet, Nimrod Antal, le réalisateur, ne cherche ni à innover, ni à apporter une quelconque pierre à l’édifice cinématographique. Tout est ici affaire de calibrage, de présentation des personnages, de leurs motivations. Et en plus, ça tombe bien puisque, grâce à Tony Muselin, lyonnais maintenant devenu célèbre, l’histoire d’Amored a un petit côté actuel de bon aloi…


Après la mort de ses parents, Ty Hackett (Columbus Short) rentre d’Irak où il était soldat pour s’occuper de son petit frère, qui fait que des conneries (il peint un aigle dans la cuisine, ne va jamais à l’école, bref un type qui va réussir dans la vie). Pour faire face aux factures, il accepte de travailler comme convoyeur de fonds pour la société qui employait son père, sous l’oeil bienveillant de son chef (Fred Ward).

Au dernier jour de sa période d’essai, Ty se voit proposer par Bill Cochrane (Matt Dillon), son chef d’équipe, de voler les 42 millions de dollars qu’ils doivent bientôt transporter. Le plan est aussi simple que génial : pas d’armes, pas de victimes, pas de violence, et aucune preuve… Toute l’équipe est dans le coup. D’abord réticent, Ty finit par accepter.
Le jour J, le plan se déroule sans accrocs, jusqu’à ce qu’un imprévu fasse tout déraper, à cause d’un SDF qui n’avait rien à faire là.

http://www.youtube.com/v/9OQxO4oNAO8&hl=fr_FR&fs=1&
Blindés – Trailer – 2009

Voilà, toute l’histoire est là, présentée en quelques lignes. On retrouve Reno, Fishburne et Dillon pour composer le casting de ce film plus ou moins spectaculaire. Bien évidemment, quand on pense fourgon blindé, on pense à Heat (dans le cas contraire, c’est mal), puisque c’est un peu le film qui fait frémir sur ce plan-là, sans le côté « reportage » qui semble ici être présent.

Ce qui donne cet aspect très film d’action années 80-90, c’est, paradoxalement, la réunion que tient le chef pour tous ces convoyeurs, l’intrigue de l’histoire et surtout l’économie d’énergie dans les scènes d’action. On sent que Blindés n’a pas un budget conséquent puisque les trois quart du film se passe dans une usine désaffectée, propice à limiter les interactions avec d’autres personnages.

Blindés est donc un film honnête, sans prétention, sans chi-chi et sans star. Peut-être pour cela qu’il a été difficile de le voir, puisqu’il est englué entre les Avatar, les films à Oscar et autres films comédies françaises carte vermeille. Mais c’est toujours un plaisir de voir que certains ont gardé le plaisir de présenter des histoires simples (même si le coup du GI qui revient d’Irak et qui s’occupe de tous ses potes est un peu encore une fois  tiré par les cheveux).


Blindés (Armored) de Nimrod Antal | Scénario de James V. Simpson | Photographie d’Andrzej Sekula | Musique de John Murphy | Avec Matt Dillon, Columbus Short, Jean Reno, Laurence Fishburne, Milo Ventimiglia, Skeet Ulrich, Fred Ward, Amaury Nolasco, Andre Kinney, Andrew Fiscella, Nick Jameson, Glenn Taranto, Richie Varga | Etats-Unis | 2009 | 88 min. | Policier | Distribué par Sony Pictures Releasing France