vendredi 15 janvier 2010

Invictus de Clint Eastwood

Invictus, avant d'être le nouveau film du très prolixe réalisateur Eastwood, qui était à Lyon en octobre dernier,  est le titre d'un court poème de l'écrivain William Ernest Henley, cité à de très nombreuses reprises dans la culture populaire et qui contribua à le rendre célèbre. Invictus qui signifie invincible est donc le titre du trentième film de Clint Eastwood, qui le cite puisque c'était également le poème favori de Nelson Mandela (enfin, il parait). Si on comprend aisément que le réalisateur avait besoin de faire un film sur ce Grand Homme pendant la Coupe du monde de Rugby en 1995, la troisième édition après celle de 1987 et 1991, j'avoue que j'ai trouvé un peu le temps long, surement parce que j'ai suivi cette histoire, comme des millions de gens, étant donné que la portée historique de l'évènement a été assez considérable. Mais bon, ce bon vieux Clint Eastwood n'a plus rien à prouver, et encore moins depuis son dernier film, Gran Torino (pour ne citer que le dernier en date et éviter de parler de ces 28 autres films... Quoique un mois Clint serait bien cool, mais ça serait à but purement narcissique vu que je parlerais trop de cinéma).



Nous sommes en 1994. Avec l'élection de Nelson Mandela (incarné par Morgan Freeman), premier président noir de l'Afrique du Sud, c'est définitivement la consécration de la fin de l'Apartheid, mais l'Afrique du Sud reste une nation profondément divisée tant sur le plan racial que le plan économique.

Pour unifier le pays et donner à chaque citoyen un motif de fierté et d'appartenance à une nation meutrie, Mandela mise sur le sport, et fait cause commune avec le capitaine de la modeste (à l'époque) équipe de rugby sud-africaine, François Pienaar (incarné par Matt Damon). Leur pari : se présenter au Championnat du Monde 1995 et tenter de la remporter..

Ainsi commence l'histoire de l'Afrique du sud moderne...

Invictus - Trailer - 2009

 Invictus est l'adaptation du livre de John Carlin, Playing the Enemy: Nelson Mandela and the Game that Made a Nation. Le cadre est donc planté : La Coupe du monde. Mandela qui remet la coupe à un Afrikaners,  Pienaar, le capitaine des Springboks avait évidemment une valeur de symbole, d'ultime symbole pour la "réunification" (si tant est que l'on puisse utiliser ce terme) d'une Afrique du Sud moribonde.

Comment d'ailleurs critiquer ce film et son réalisateur? C'est pourtant loin d'être le meilleur de ce bon vieux Clint, celui-ci n'échappant pas à la succession de poncifs qui sentent bon une certaine idée de l'Afrique du sud et de l'homme Mandela. D'ailleurs, on est surpris au début de voir Freeman jouer ce rôle qui semble trop grand pour lui. Puis on s'y fait et puis on se dit que finalement, ce rôle était fait pour lui.


Ce film n'est de toute façon pas fait pour les européens, habitués de football et de rubgy et qui connaissent bien la situation, du moins sportive du pays. Les blancs jouent au rugby et les noirs au foot. C'est d'ailleurs une des premières images marquante du film puisqu'avec un très joli plan, on passe d'un "camps" à l'autre, symbolisé par une route qui semble cloisonner les deux mondes, où passe une voiture dont l'homme à l'interieur va tenter de mettre d'accord les uns et les autres. Le plan est joli. Le Symbole évident. Le reste du film ne sera que la consecration de cette idée.

Car oui, l'Afrique du sud a été fière de ses joueurs à ce moment précis. Oui, le nouveau drapeau de ce pays, complètement foireux en terme de couleurs mais hautement symbolique a remplacé l'ancien. Oui, l'équipe de Rubgy sud africaine a été, à ce moment, l'équipe de tous les sud africains. Même si, à l'heure actuelle, on peut pas dire non plus que les noirs jouent toujours autant au rugby.

Eastwood a donc montré cela, avec sa mise en scène, sa photographie si caractéristique et ses compositeurs. Mais tout ceci nous semble si proche, encore. Les joueurs de l'équipe de France ont été ému par Mandela. Je serais même persuadé qu'ils ont été heureux de perdre leur match contre les Springboks, qui certes, avaient perdu de leur superbes pendant quelques années, mais qui n'a jamais été trop une petite équipe minable. D'ailleurs ils ont encore gagné cette putain de coupe du Monde en 2007.



Ce qui est intéressant, c'est aussi les phases de jeu. D'après ce que j'ai compris, ça s'apparente à un niveau de troisième division qu'à de la classe mondiale, mais c'était un peu logique. On voit meme un acteur ressembler à peu près à Jonah Lomu, qui avait emerveillé tout le mond à l'époque par son physique impressionant. C'était l'éclosion d'une star. Marrant de se rappeller de cela à travers le film.

Car pour le reste, Invictus est surtout un film pour rendre hommage à Mandela. Comment blamer le réalisateur, même s'il n'apporte pas plus à l'Histoire avec un H. Oui, c'est important, tout comme l'organisation de la Coupe du monde de Football en Afrique du Sud, dans ce pays qui a bien changé en quelques années. Et où apparaissent d'autres phénomènes tout aussi condamnables que ceux décrits dans le film (les rapports de force ont changé et beaucoup de blanc sont dans une grande pauvreté, sans compter les autres qui se planquent pas mal).

C'est d'ailleurs pour cela qu'Invictus est une photographie d'un temps qui parait révolu. C'est aussi pour cela que le sujet est moins fort que s'il avait été tourné en 1998 ou 2000. Que Damon et Freeman incarnent très bien les deux principes protagonistes du renouveau sportif du pays et également donc, de la nation. Que le symbole d'un Mandela portant le maillot des Boks est évidement présent. Ainsi, si Invictus ne restera pas dans les annales comme l'un de très grand Eastwood, les problèmes de ce pays sont à peine évoqués et surtout pas encore vraiment réglés, il en constitue tout de même un hommage essentiel, comme d'autres films, autant pour l'homme que pour cette nation...


Invictus de Clint Eastwood | Scénario d'Anthony Peckham d'après l'œuvre de John Carlin   | Photographie de Tom Stern | Musique de Kyle Eastwood et Michael Stevens | Avec Morgan Freeman, Matt Damon, Scott Eastwood, Robert Hobbs, Langley Kirkwood, Tony Kgoroge, Bonnie Mbuli, Penny Downie, Julian Lewis Jones, Grant Roberts | États-Unis | 2009 | 133 min. |  Drame, Historique et Biopic | Distribué par Warner Bros. France.
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21 commentaires:

Pipo on 15 janvier 2010 07:54 a dit…

N'oublions pas, que d'un point de vue sportif, cette coupe du Monde a été une escroquerie sans nom.
Les politiques ont tout fait pour que ça se passe bien pour les sud-africains.
Notamment avant la finale ou les néozélandais de Jonah Lomu ont eu une étrange intoxication alimentaire qui les a affaiblis.
Rappelons que les français éliminés par les sudaf' en 1/2 finale, ont eu eux aussi, quelques joueurs "malades" sans parler de l'arbitrage.
Le monde sportif l'a reconnu, preuves et commentaires à l'appui mais comme c'était pour la bonne cause.... On a laissé "pisser".....
Et sinon le film... pas vu.

Dextarian on 15 janvier 2010 22:04 a dit…

Je suis assez d'accord, voir d'accord tout court. C'est l'impression que j'ai eu aussi. Mais bon, il fallait un symbole... et un symbole fort.

Dimrost a dit…

Chuis d'accord en partie avec ton article, Dex.
Beaucoup de poncifs, une vision un peu trop rose...

Après, on peut pas reprocher à Clint d'avoir montré quelque chose de non-réaliste:
on a la chance de faire partie du cercle fermé des nations qui ont gagné une coupe du monde d'un sport majeur à domicile (et en plus on s'en souvient) et le rendu du film est très fidèle: une espèce d'harmonie et d'euphorie passagère, doublées d'un sentiment d'unité tout aussi passager qui fait oublier, voire occulte, tout les problèmes présents.

De ce point de vue-là, le rendu de l'évènement sportif et de son influence, je trouve ça plus que fidèle.
Après, pour le rendu du rugby, la reconstitution des phases de jeu est impressionante, les gestes y sont et tout. Ça manque juste un peu d'énergie pour faire réaliste comme y faut. Sauf dans les dix dernières minutes de film où j'ai trouvé que ça passait plutôt bien.

Ah, et la façon de filmer la mêlée est top, par contre! :D


Et pour ce que dit Pipo, chuis pas, mais alors, pas du tout d'accord.
C'est du même acabit que ceux qui disent que les joueurs brésiliens ont été intoxiqués volontairement avant la finale contre la France.
J'me souviens encore de chaque match de 1995, et la victoire des sudafs est plus que logique:
battre la France, chuis désolé, modèle de beau jeu, modèle d'inconstance, la France de 95 c'est la représentation-type de la réputation qui nous a collé aux basques jusqu'à ce qu'on devienne les chèvres de 2007. Aucune chance on avait contre une équipe aussi balèze, rigoureuse, et motivée.
Et les Blacks, c'est toujours la même chose: dès qu'ils arrivent contre une équipe qui les contrecarrent un tant soit peu, ils arrivent jamais à modifier leur jeu même s'ils sont supérieur de beaucoup à leurs adversaires.
Puis faut rappeller qu'avec Lomu, ils ont jamais rien gagné d'important. Grand attaquant, plus mauvais plaqueur de tout les temps.
D'ailleurs, c'est comme ça que les sudaf en 95 et la France en 99 ont gagné: Lomu? Ouais, il est dangereux, mais si on attaque sur son aile, alors t'as un boulevard entier.

Bref, beau film, en tout cas :D

Pipo on 16 janvier 2010 08:22 a dit…

Quand je dis un truc, même sur un blog intimiste, c'est que j'ai des preuves...
Je connais personnellement quelqu'un qui l'a vécu de l'intérieur.
Après, je vais pas m'étendre.... J'ai pas vu le film...

Dimrost on 16 janvier 2010 16:56 a dit…

Des excuses de merde. Des témoignages bidons selon lesquels yaurait une "Suzie" qui aurait donné des boissons à la NZ et à la France. On a perdu, on a perdu, c'est tout.

Dimrost on 16 janvier 2010 17:32 a dit…

Et le fait que l'arbitrage avantage toujours les équipes qui jouent à domicile, c'est pas nouveau. C'est pas pour ça que le pays hôte gagne la coupe du monde à chaque fois.

Corto on 16 janvier 2010 17:51 a dit…

Dimrost épouse moi

Pipo on 17 janvier 2010 07:34 a dit…

Ahhh non.... il y a jamais eu de Suzie, ça c'est une certitude...

Mais je veux pas vous contrarier hein!

Dextarian on 17 janvier 2010 12:13 a dit…

Ben vu qu'il y a prescription (ah moins qu'on soit dans le cadre de crime de guerre ou de génocide, mais j'en doute, vu la teneur de l'évènement), tu peux en dire plus. Ca changera rien à l'histoire, de toute façon.

Dimrost on 17 janvier 2010 20:17 a dit…

"Dimrost épouse moi"

Et ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants (même si non seulement je vois mal comment mais en plus, j'ose même pas imaginer la gueule des quadrisomique que ça pondrait...)

Et comme dit Dex, vas-y, sors les dossiers, Pipo :D Pour l'instant, j'en ai entendu beaucoup, mais j'ai jamais vu de preuves, si t'en as, je demande qu'à voir, hein :p

mumu on 18 janvier 2010 09:28 a dit…

blog de pédales.

j'me tire d'ici

Corto on 18 janvier 2010 11:59 a dit…

Ah ben attends, un coup on est des frustrés de la bite parce qu'il y a une photo avec des gonzesses a poil, un coup on est des pédales, ça craint !

mumu on 18 janvier 2010 13:48 a dit…

oué, les mecs ça craint, j'te l'fais pas dire..

Corto on 18 janvier 2010 14:21 a dit…

Non j'ai pas dit que les mecs craignait, je parlais de la situation....
les mecs craignent pas tous, si ?

Pipo on 19 janvier 2010 13:18 a dit…

Ohhh la la si!!!

Les mecs, ça craint !!! Avoue le Corto, T'es craignos comme type!!!

Dextarian on 19 janvier 2010 19:37 a dit…

Je m'absente deux jours et c'est le bordel sur les comm...

Je vais aller chercher de nouveaux commentateurs sur facebook moi, je vous prévient !!!

(ha ha ha)

Pipo on 20 janvier 2010 13:58 a dit…

C'est ça papa, reviens vite.... Ca se chamaille quand t'es pas là!

Dextarian on 20 janvier 2010 14:10 a dit…

oué, j'tiens à ce que mes 50 visiteurs journaliers soient pas perturbés.

Bon et le dossier, il est pas encore sorti la?

Pipo on 21 janvier 2010 08:25 a dit…

Naan, les dossiers je les garde pour mon blog intimiste! Mouahahahahahaha

Dimrost on 22 janvier 2010 19:10 a dit…

Ben voilà.
Dire "non, j'ai raison, j'ai une info que le public ne connaît pas" et pas vouloir la donner, ça rend ton argumentation un peu chiottesque... :D

(je dis ça sans méchanceté)

Pipo on 23 janvier 2010 14:16 a dit…

Effectivement, j'ai pas d'arguments pour expliquer que je ne veux rien dire... Je ne veux juste rien dire.....
On appelle ça l'omertà ou un truc du genre.
En fait, vous n'êtes pas obligé de me croire. ;)

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