Protéger et servir d’Eric Lavaine
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Protéger et servir nous embarque dans la vie de deux amis flics losers, Kim Houang (Cornillac) et Michel Boudriau (Kad Merad) qui se sont croisés à l’orphelinat. Boudriau est un flic très marqué par l’éducation catholique qu’il a reçu à l’orphelinat. De cet enseignement salutaire, il a retenu des valeurs qui font honneur à la police française : le pardon, le partage, la compassion…. De son côté, Houang a été adopté à la naissance par un couple de restaurateurs vietnamiens avant d’être placé à l’orphelinat… Kim a conservé quelques traits hérités de sa petite enfance dans la communauté asiatique, notamment un amour immodéré pour cet art millénaire qu’est le karaoké. Kim a plusieurs gros soucis dans la vie, il est maladivement radin et plaît beaucoup aux filles à physique difficile…
Ce ne sont pas les meilleurs flics de France, ni de la région parisienne, ni de leur commissariat… et pourtant ce sont eux qui, sous les ordres d’Aude Lettelier (Carole Bouquet), directeur de la police nationale, sont chargés de déjouer une vague d’attentats qui touche notre beau pays.
http://www.youtube.com/v/RzozaUP-ZGk&hl=fr_FR&fs=1&
Pour appuyer le propos, Protéger et servir l’appuie. Et fort. On voit donc un Cornillac être un parfait pingre dans plusieurs scène, jusqu’à ce qu’on identifie bien son problème. Comme Merad, également. Ces scènes, beaucoup trop longues, sont malheureusement au détriment de l’histoire qui est tout aussi tarte. Mais c’est une comédie et ça passe bien entendu. D’ailleurs Bouquet, la méchante de l’histoire s’en donne encore une fois à cœur joie, tout comme les potes belges que sont François Damiens et Jean-Luc Couchard, révélé par Dikkenek et Taxi 4.
Mais Protéger et servir manque de rythme et surtout tente de faire dans l’absurde et la dérision, chose qu’il est toujours difficile de mettre en scène puisqu’il faut des acteurs à la hauteur. Et autant Merad que Cornillac ne semblent pas particulièrement inspiré ici. De toute façon Merad cabotine à mort, avec ces trois mimiques et Cornillac a l’air un peu absent, à des lieux de son rôle de Brice de Nice, tout aussi absurde mais beaucoup plus enlevé.
Mais il faut dire que le réalisateur tourne en ridicule des personnages qui sont déjà des clichés. Et ça, c’est un problème assez fondamentalement français qui consiste à être plus malin que le voisin. Problème que ne connaissent pas les humoristes américains qui savent totalement se fondre dans leur personnage et en ressortir aussi tôt, appuyés par des réalisateurs qui jouent le jeu à fond. Ici, on sent bien que Lavaine est un type malin et qui veut être drôle, même si son meilleur film pour le moment est Incognito (faut dire qu’avec Poltergay, on se situait juste au fond des chiottes).
On est donc loin de ce que savent proposer les frères Farrelly, Ben stiller, Adam Sandler, Seth Rogen, Judd Apatow, Kevin Smith ou encore Rowan Atkinson pour ne citer que quelques spécialistes plus ou moins, du comique absurde. Protéger et servir avait de l’idée, avec un esprit très canal + de la bonne époque (on sent bien l’hommage au sketch des nuls et l’absurdité de la bande de H derrière tout ça) mais ça ne va pas au dela. Bien dommage.
Protéger et servir d’Eric Lavaine | Scénario d’Eric Lavaine et Héctor Cabello Reyes | Photographie de Stéphane Cami | Avec Clovis Cornillac, Kad Merad, Carole Bouquet, François Damiens, Elsa Kikoïne, Jean-Luc Couchard, Henri Guybet, Stephan Wojtowicz, Gérard Loussine | France | 2010 | 90 min. | Comédie et Policier | Distribué par Pathé Distribution






































