Wolfman de Joe Johnston
Peut-on dire que Wolfman est un film raté ? Sans aucun doute lorsque l’on voit le long-métrage de Joe Johnston (réalisateur de plusieurs films plus ou moins cotés comme The Rocketeer, Jumanji, Jurassic Park III et Hidalgo en attendant Captain America: The First Avenger) avec Benicio Del Toro, Anthony Hopkins et Emily Blunt, inspiré du classique de George Waggner, Le Loup-Garou (1941), avec Lon Chaney Jr. dans le rôle principal. La noirceur est certes palpable mais pas véritablement mise en lumière. Le mythe du Loup Garou est mis de coté pour une sombre histoire de famille et la tension entre un père et son fils semble un peu trop terne, malgré le choc émotionnel que cela engendre forcément.
L’enfance de Lawrence Talbot (Benicio Del Toro) prit fin à la mort de sa mère. Ayant quitté le paisible hameau de Blackmoor puisqu’étant en froid avec son père (Anthony Hopkins), il a passé plusieurs décennies à essayer d’oublier. Mais, sous les suppliques de la fiancée de son frère, Gwen Conliffe, il revient à Blackmoor pour l’aider à retrouver l’homme qu’elle aime. Il y apprend qu’une créature brutale et assoiffée de sang s’affère à décimer les villageois et que Aberline, un inspecteur soupçonneux de Scotland Yard, est là pour mener l’enquête.
Réunissant petit à petit les pièces du puzzle sanglant, Talbot découvre une malédiction ancestrale qui transforme ses victimes en loups-garous les nuits de pleine lune. Pour mettre fin au massacre et protéger la femme dont il est tombé amoureux, il doit anéantir la créature macabre qui rôde dans les forêts encerclant Blackmoor. Alors qu’il traque la bête infernale, cet homme hanté par le passé va découvrir une part de lui-même qu’il n’aurait jamais soupçonnée.
Wolfman joue un peu sur le même canevas que le Hulk d’Ang Lee. A savoir que le véritable mal vient de la famille. Et que l’on se retrouve dans un complexe d’oedipe particulièrement intemporel, sous couvert de fantastique et d’obscurité puisque le cadre principal est ici le loup garou. Le potentiel est donc intéressant mais le film n’arrive pas à se hisser vers des sommets que l’on aurait pu apercevoir avec un tel casting.
Il faut en effet bien le dire, ou l’écrire, Wolfman se perd au fil des minutes dans des allers/retours et des affrontements psychologiques avant d’être physiques entre un père et son fils qui manquent cruellement de percussion. Le combat final est d’ailleurs à l’image du film : totalement banal et sans intensité dramatique que les acteurs ont souvent l’habitude de donner dans l’interprétation de leurs rôles. On ne sait si c’est réellement le film que voulait faire Johnston qui est sorti sur les écrans mais il semble qu’il manque des passages ou qu’il soit monté pour donner une certaine continuité, certes propice pour un public peu à même de cinéma, mais qui rend le film assez chiant à voir, il faut bien le reconnaître.
Pourtant l’ambiance de Wolfman est prenante, faite de lumière froide pour le jour et de lumière chaude pour la nuit. Ce contraste, assez saisissant, est particulièrement propice à poser un cadre vraiment prenant pour un grand film épique autant que noir. C’est donc d’autant plus dommage que cette énième version du loup garou ne soit pas assez passionnante à voir, avec un rythme trop mou et une impression désagréable qui manque un petit quelque chose pour rendre ce film totalement passionnante, voire même, dans une certaine mesure, culte. La transformation progressive d’un homme en loup est certes jolie mais la tension n’est pas toujours très palpable, malgré le rôle d’Hopkins.
On pourrait comparer Wolfman au Lancelot avec Richard Gere qui avait aussi ce défaut, bien ce que ce dernier soit bien moins réussi sur le plan formel. Trop de poids sur les acteurs et pas assez sur l’histoire, qui est pourtant assez dramatique, quoique prévisible dans le cas du personnage joué par Del Toro. Un film poétique et noir qui aurait pu avoir un autre traitement, assurément… dommage.























































