Precious de Lee Daniels
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A l’origine, Lee Daniels, le réalisateur du film (dont l’unique Å“uvre était jusqu’alors Shadowboxer avec Cuba Gooding Jr.), ne voulait pas montrer Precious, basé sur livre « Push » de Sapphire de 1996, au festival de Cannes. Il craignait que ce film donne une mauvaise image de la communauté afro-américaine. Ces craintes n’ont bien entendu pas survécu. En effet, le film a reçu une pluie de récompenses à travers un grand nombre de cérémonie et festival, que cela soit à Sundance ou à Cannes ou il reçu le prix du Jury.

Nous sommes en 1987, à Harlem. Claireece Jones Precious (Gabourey Sidibe) a 16 ans. Elle supporte des privations et tortures inimaginables pour une si jeune vie. Abusé par sa mère, violée par son père, elle grandit pauvre, en colère, illettré, grosse, impopulaire et passe généralement inaperçu. Elle attend un second enfant.
Lorsque Precious apprend à lire et à écrire dans une école alternative, un monde nouveau s’ouvre à elle. Un monde où elle peut enfin parler et raconter tout ce qui l’étouffe. Un monde où toutes les filles peuvent devenir belles, fortes, indépendantes. Comme Precious…
http://www.youtube.com/v/b5FYahzVU44&hl=fr_FR&fs=1&
Precious – Trailer – 2009
Ame sensibles, s’abstenir. Quoique non. C’est un film qu’il faut voir. Precious n’est pas basé sur une histoire vraie, enfin celui de la fille. Ca serait plutôt l’expérience de professeur de Sapphire (Mlle Rain joué par Paula Patton) qui l’a amené vers la rédaction du livre. Certains critiquent d’ailleurs, à juste titre, que cette fille ne pourrait pas exister, étant donné tous les problèmes qu’elle a (incestes, femmes battues, sida…). Elle récolte en effet toutes les plaies modernes et actuels. Mais passé outre ce détail, le film de Lee Daniels est intéressant pour plusieurs choses.
La première est qu’il adapte plus que correctement le livre. Enfin, d’après ce que j’en ai vu puisque je me suis tapé que des résumés. Toujours est-il que l’ambiance qu’il donne, par une photographie très réaliste et somme toute assez sombre (c’est le moins qu’on puisse dire), pour les passages de la vie réelle. Tout ceci contraste évidemment avec ce qu’imagine Précious, avec une autre lumière, plus artificielle, plus irréelle mais aussi plus chaleureuse, dans l’endroit, dans sa tête où elle se réfugie pour éliminer la dureté de sa vie. On peut bien entendu critiquer ce parti pris choisi par le réalisateur. Mais il me semble qu’il est pourtant assez judicieux.
Il est tout aussi saisissant de voir le nombre de personnalités qui ont décidé d’apparaitre au casting, tel Mariah Carey (Mme Weiss l’assistante sociale) et Lenny Kravitz, tout bonnement méconnaissable. Tout comme bien entendu l’actrice qui incarne Precious, remarquée parmi plus de 300 candidates lors de casting. Elle porte littéralement le film sur ses non frêles épaules et elle joue agréablement bien son rôle de fille totalement perdu qui se réfugie dans un monde idéal.
Precious est donc un film dur (si vous voulez apprendre des grossièretés, c’est le bon film), contre balancé par une bande son souvent joyeuse, mais aussi assez émouvant, pour peu que le physique ingrat de l’actrice ne rebute pas définitivement. Mais tout ceci est une autre histoire…
Precious (Precious: Based on the Novel ‘Push’ by Sapphire) de Lee Daniels | Scénario de Geoffrey Fletcher et Damien Paul d’après l’Å“uvre de Ramona Lofton | Photographie d’Andrew Dunn | Musique de Mario Grigorov | Avec Gabourey Sidibe, Mo’Nique, Paula Patton, Mariah Carey, Lenny Kravitz, Sherri Shepherd, Chyna Layne, Angelic Zambrana | Etats-Unis | 2008 | 109 min. | Drame | Distribué par ARP Sélection






































