Chloé d’Atom Egoyan
Chloé est le remake du film d’Anne Fontaine, Nathalie… sorti en 2003 avec Fanny Ardant, Emmanuelle Béart et Gérard Depardieu, qui avait connu un certain succès et que je n’ai pas vu. Ce qui est un peu ennuyeux lorsqu’on voit un remake. Mais qu’importe, puisque c’est Atom Egoyan à la réalisation. Ce réalisateur canadien a eu en effet une certaine côte dans les années 80 et 90 avant de sombrer dans l’oubli dans les années 2000. Mais grâce surement à Chloé, qui fait la part belle aux acteurs, c’est à dire Julianne Moore, Amanda Seyfried (de grandes chances qu’on va la voir plus souvent) et bien sûr l’inévitable Liam Neeson, qui doit enchainer autant de films dans une années que Dennis Quaid (ce qui n’est pas une mince affaire). Il parait qu’il est plus sulfureux que l’original et plus érotique… on veut bien croire ça…Ainsi donc, une femme, Catherine Stewart (Julianne Moore) pensant que son mari, David (Liam Neeson) est infidèle décide d’embaucher une escort girl, Chloé (Amanda Seyfried) afin de prendre son époux en flagrant délit d’adultère. Celle-ci doit lui rendre un rapport détaillé de toutes ses entrevues avec son mari. Peu à peu, à mesure des rencontres, Catherine a de plus en plus de mal à contenir autant la jeune fille qu’elle-même… et met ainsi sa famille en danger, autant que son fils que son couple..
Comme souvent avec les films d’Egoyan, le traitement photo est toujours très joli. L’homme aime jouer sur les couleurs et les tons, insistant autant avec ces derniers que sur l’intensité dramatique, dont Exotica est, d’une certaine manière, la quintessence. Ce film n’est d’ailleurs pas sans rappeler par certains cotés son nouveau film, Chloé. En effet, tant par le traitement que par les thèmes, il se dégage des deux oeuvres certaines similitudes.
Il faut dire que le réalisateur n’a pas son pareil pour ce genre d’histoire. Il était donc normal qu’il décide de remaker le film de Nathalie, en faisant la part belle à Julianne Moore, qui porte littéralement le film sur ses épaules. C’est en effet sa jalousie, ses troubles amoureux et sa passion naissante, quoique révulsée et déniée pour Chloé, interprété par  Amanda Seyfried qui est bonne dans ce rôle, dans un premier temps, qui constituent le ressort principal du film. Cela donne souvent des scènes d’un certain érotisme, tout en jouant plus sur la provocation que ce que l’on pourrait supposer de l’autre côté de l’Amérique. En effet la Chloé n’hésite pas à faire irruption dans  sa vie, alors que c’est supposé être une prostituée de luxe. Ce changement d’attitude est bien marquée, notamment par la broche qu’elle souhaite à tout prix donner à Catherine.
Et ce sont ces passages qui nous ramène à un cinéma nord américain classique, très thriller. En effet, cette broche associé à certains aspects très thriller ne parviennent pas à faire décoller le film. C’est bien dommage mais c’est malheureusement souvent le cas avec ce genre de films, partant d’une bonne idée. On aurait comme l’impression que les scénaristes et les réalisateurs américains doivent remplir un cahier des charges, avec ce qu’il faut de suspense et d’intrigue pour coller le spectateur.
Chloé est donc à mi-chemin entre un bon film et un film insipide. S’il n’y avait pas la relation à trois (enfin à deux plus une fantasmée pour approcher une relation à deux), et une façon de mettre en scène les deux protagonistes, piégées autant qu’attirée l’une et l’autre, on aurait droit à un simple thriller, donc la conclusion finale nous ramène d’ailleurs vers cela. C’est un peu dommage puisque la fin gâche un peu le spectacle, par sa brutalité autant que par son aspect quelque factice.
























































