Alice au Pays des Merveilles de Tim Burton

Sortie le 24 mars 2010
Tim Burton et Johnny Depp c’est déjà une longue histoire. En effet, ils ont fait ensemble pas moins de 6 films ensemble avant celui-là (Edward aux mains d’argent, Ed Wood, Sleepy Hollow – La Légende du cavalier sans tête, Charlie et la chocolaterie, Les Noces funèbres et Sweeney Todd : Le Diabolique Barbier de Fleet Street). Bien sûr la femme de Burton, Helena Bonham Carter, en est à 6, sans parler du compositeur Danny Elfman… La famille Burton est décidément une grande et unie famille.. C’est donc une nouvelle Adaptation des deux romans de Lewis Caroll, Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du miroir que  Burton nous livre. cette dernière se sert du même procédé que Peter Pan avec Hook : un personnage qui a grandi ou muri, qui a tout oublié et qui retourne dans le monde qu’il a connu plus tôt. D’une vraie originalité folle, n’est ce pas ? C’est donc l’adaptation sans être totalement une adaptation par ce biais là…

 


Alice (Mia Wasikowska), est désormais âgée de 19 ans. En se rendant à une fête où elle doit officiellement épouser un lord anglais, elle aperçoit un lapin. En le suivant, elle retourne dans le monde fantastique qu’elle a découvert quand elle était enfant et dont elle a tout oublié. Pour elle tout ceci est un rêve, un rêve éveillé.

Elle y retrouve pourtant ses amis le Lapin Blanc, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, le Loir, la Chenille (Alan Rickman), le Chat du Cheshire et, bien entendu, le Chapelier Fou (Johnny Depp). Alice s’embarque alors dans une aventure extraordinaire où elle accomplira son destin : mettre fin au règne de terreur de la Reine Rouge (Helena Bonham Carter).

http://www.youtube.com/v/c4ais9sftFE&hl=fr_FR&fs=1&
Alice au Pays des Merveilles – trailer – 2010

Burton, depuis Charlie et la chocolaterie, ne fait plus que des films pour enfants, ou presque si l’on excepte son Sweeney Todd (m’enfin, vu que c’est une comédie dramatique musicale, on va dire que l’on est pas loin d’un genre ultra balisé et codifié, ce qui entraîne un public peut-être un peu plus nombreux). Films pour enfants et films à grand spectacle, donc. J’avoue que j’ignore si Alice au Pays des Merveilles, comme La Planète des singes, est un pur film de commande. Mais vu le cahier des charges des productions Disney, en général, c’est pire. Très pire.

C’est pour cela qu’Alice au Pays des Merveilles manque cruellement de folie par rapport au dessin animé de mon enfance de Disney, sur lequel je ne comprenais rien, sauf que tout était fou dans ce pays des merveilles. Bien sûr, Alice au Pays des Merveilles et son bestiaire ont survécu au temps, ont été plus ou moins pompés ou recopiés, ce qui permet de dire que nous sommes assez familier avec cette univers. On retrouvera aussi la devinette sans réponse :« Pourquoi un corbeau ressemble à un bureau? » ou encore la reine rouge et sa manie de couper les têtes.

J’avoue que je ne comprend toujours pas la logique de la 3D au cinéma. Certes, on voit de la profondeur, ce qui donne une certaine impression d’être présent, mais elle est encore totalement factice. Il manque un certain charme, que certains jeux vidéos arrivent mieux à faire à l’heure actuelle. Certes, les deux armées, de cartes et de jeux d’échecs, sont sacrément mieux foutues que ceux de Star Wars, la menace fantôme (mais bon, vu qu’il y a presque 10 ans d’écart entre les deux films, ça parait finalement assez logique). Certes, enfin, le combat final, sur le château délabré est bien foutu. Mais on dirait un peu Le monde de Narnia, un truc bien pour les petits enfants, mais sans totalement l’être…

Pour le reste, Alice au Pays des Merveilles est trop sage, beaucoup trop sage. Même si on voit Alice marcher sur les têtes découpées sur ordre de la Reine rouge, ce qui  peut paraître assez traumatisant. Le Chapelier fou, incarné par Johnny Depp, fait le métier sans plus. il se situe loin de son rôle dans Pirate des Caraïbes, Edward aux mains d’argent ou encore Benny et Joon, où il arrivait à incarner cette folie douce et sincère. On le sent ici crouler sous le poid. De manière générale, on est loin du Alice, le dessin animé Disney. La reine rouge est bien entendu méchante mais on prend bien soin de nous expliquer pourquoi.

Mais tout ces détails n’empêcheront pas, pour le grand public, de découvrir une Mia Wasikowska au nom de famille imprononçable mais plus de charme. Elle n’est pas d’ailleurs une inconnue dans le cinéma, on lui doit des rôles dans des films tels que September et Rogue en 2007, Les insurgés en 2008 ou encore Amelia en 2009. Elle a déjà une petite carrière devant elle à a peine 20 ans et il y a fort à parier que grâce à Alice au Pays des Merveilles, elle croule sous les propositions de rôles dans les années à venir. Vu son âge et son physique, ça va sûrement devenir la prochaine Kirsten Dunst, pour peu qu’une réalisatrice de cinéma d’auteur américain s’intéresse à elle.

Alice au Pays des Merveilles ne s’adresse pas vraiment aux enfants, ni aux adolescents et encore moins aux jeunes ou vieux adultes, qui auront bien du mal à reconnaître ce qui faisait la magie du livre comme des dessins animés successifs. Mais est-ce là l’essentiel ? Tout les fans de Burton, comme ceux du personnage et ceux de Disney iront remplir les salles et seront tous plus que moins ravis de cela..

Alice au Pays des Merveilles (Alice in Wonderland) de Tim Burton | Scénario de Linda Woolverton d’après l’œuvre de Lewis Carroll | Photogrpahie de Dariusz Wolski | Musique de Danny Elfman | Avec Johnny Depp, Mia Wasikowska, Michael Sheen, Helena Bonham Carter, Matt Lucas, Anne Hathaway, Crispin Glover, Frances de la Tour, Alan Rickman, Stephen Fry | Etats-Unis | 2009 | 109 min. | Fantastique et aventure | Distribué par Walt Disney Studios Motion
Pictures France | Crédit photographique : Walt Disney