L’Immortel de Richard Berry

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Posted 6 avril 2010 by Dextarian in

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by Dextarian
Full Article

L’Immortel est le quatrième film de Richard Berry après L’art (délicat) de la séduction (2001), Moi César, 10 ans 1/2, 1m39 (2003) et La boîte noire (2005), deux comédies et un thriller. C’est ici l’adaptation du livre éponyme de Franz-Olivier Giesbert qui s’inspire d’un épisode de la vie romancée d’un des derniers parrains historique de Marseille, Jacques Imbert dit Jacky le Mat. J’avoue que je suis allé voir ce film en partie pour rire de Kad Merad, complètement à contre emploi dans ce film et qui est foncièrement drôle en parrain de la mafia marseillaise et dont la bande annonce me promettait beaucoup de ce côté là… Passer du rôle de gentil français moyen à un dur de dur, ça ne s’improvise pas.


L’Immortel évoque donc l’histoire de Charly Matteï (Jean Reno), un bandit de Marseille qui a tourné la page de son passé de hors la loi. Depuis trois ans, il mène une vie paisible et se consacre à sa femme et ses deux enfants. Pourtant, un matin d’hiver, il est laissé pour mort dans le parking du vieux port à Marseille avec 22 balles dans le corps. Contre toute attente, il ne va pas mourir… Cette histoire est inspirée de faits réels, mais où tout est inventé, au cÅ“ur du Milieu marseillais.

http://www.youtube.com/v/YDAntN0AVSw&hl=fr_FR&fs=1&
L’Immortel – trailer – 2010

Richard Berry aime bien la région marseillaise puisqu’il avait déjà participé au film Les insoumis, brave petit film cheap qui reprenait un peu, à un moment, le concept phare d’Assault sur le central 13 et qui se déroulait plutôt du coté d’Istres et Fos (un coin désert et un peu en friche depuis quelques années..). L’Immortel est lui implanté à Marseille, même si des scènes ont été tournées à Paris et à Avignon (étrange de voir les remparts de cette ville, surtout lorsqu’on y a trainé pendant des années… sans faire le trottoir…comprenne qui pourra).

Richard Berry a du s’inspirer d’Olivier Marshall (36, Quai des Orfèvre, MR 73), l’ancien flic qui fait des films irréels et complètement irréaliste et même surréaliste sur la vie rêvée ou cauchemardée des flics, tous pourris ou presque pour réaliser son Immortel. Tel est du moins le constat de ce machin trop gros pour tout le monde, où seul Reno semble surnager. Il faut dire qu’hormis Darroussin, qui a une réelle stature (et qui tourne aussi souvent dans le coin), les autres acteurs semblent un peu perdu, à commencer par Merad et Foïs (pas facile de jouer une mère veuve). L’histoire est typiquement une histoire de polar où penserait inévitablement à Gabin, Ventura ou encore Constantin. Mais comme ils n’ont pas réussir à braver la mort, ils ne sont pas dans le film et c’est bien dommage. C’était des gueules de cinéma.

Parce qu’il faut bien le dire, L’Immortel sent le formol à plein nez. Certes la scène du parking où Reno se prend plus de balles qu’il n’en faudrait pour mourir est d’une rare violence, comme celle de la vengeance qu’il exercera après la mort de son ami, joué par Moussa Maaskri (d’ailleurs, on n’a pas le temps de s’attacher au personnage, même si juste avant, on nous présente sa famille qu’il va clamser).

Ce qui est en plus assez emmerdant, c’est le gimmick récurrent « le sang versé ne sèche jamais » que les protagonistes se renvoient à la gueule dans le film. On n’a pas envie de leur dire : non mais bande de cons, vous pouviez faire un autre métier, non ? Un truc pas illégal pour un sous ? Vous voulez nous faire pleurer alors que vous êtes des assassins ? C’est un peu hallucinant comme on essaye de nous peindre un portrait romancé de salopards qui n’hésitent pas à tuer des pères de famille, des frères, des maris pour arriver à leur fin. Cette gloriole ne serait pas en soi choquant si justement cette phrase, totalement débile dans un contexte pareil (je suis pas persuadé qu’en vrai, les mafieux aient autant de remords sur leur

Au niveau de la mise en scène et de la photographie, c’est digne d’un téléfilm France 3 (pour être gentil, on peut aller jusqu’à France 2 ou TF1). C’est vilain tout plein, la lumière de la région n’est pas réellement exploitée. C’est en plus monté sans forcément une réelle logique (les scènes avec l’acteur Richard Berry sont complètement inutiles puisque sous exploitées, voire non exploitées et arrivant comme un cheveu sur la soupe).

Et Kad Merad dans tout ça ? Et bien, dès qu’il parle dans ce film, on ne peut s’empêcher de pouffer de rire. C’est malheureux mais il faut dire que le voir se prendre pour Don Corleone, c’est quelque chose.

Ce genre d’histoire doit finir mal, comme l’Impasse, film merveilleux sur la quête d’une rédemption forcément impossible. D’autant plus qu’avec leur histoire de sang versé qui ne sèche jamais, on aurait pu s’y attendre. Mais non, Reno pourra vivre tranquille ou presque, alors que ça doit mourir dans le milieu. Parce que l’argent facile ne le reste jamais longtemps (ça aurait pu être une autre phrase de ce film con con).

L’Immortel est donc long, avec un assez mauvais choix de casting, doté d’une candeur désarmente et d’un parti pris un peu ridicule, mi glorieux, mi nostalgique sur les truands, doté d’une moralité assez ambiguë et douteuse, avec une mise en scène et un montage vraiment mauvais, une musique banale, une histoire débile (si c’est vraiment arrivé comme ça, avec des mecs qui veulent tirer un trait sur leur passé en tuant les autres, je veux voir ça) et nostalgique et un esprit très téléfilm de manière générale.

L’Immortel de Richard Berry | Scénario de Richard Berry, Alexandre de La Patellière, Matthieu Delaporte et Eric Assous d’après l’Å“uvre de Franz-Olivier Giesbert | Photographie de Thomas Hardmeier | Musique de Klaus Badelt | Avec Jean Reno, Kad Merad, Jean-Pierre Darroussin, Marina Foïs, Joey Starr, Richard Berry, Philippe Magnan, Carlo Brandt, Fani Kolarova, Moussa Maaskri | France | 2009 | 115 min. | Policier | Distribué par EuropaCorp Distribution | Crédit photographique : EuropaCorp


Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

5 Commentaires


  1. avatar
     
    Amoth

    Je trouve qu’il y a de belles lumières dans ce film.





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