Tête de Turc de Pascal Elbé
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Distribué par Warner Bros. France, ce qui est un peu hallucinant vu le nombre de société de productions en France qui ne servent à rien, hormis à engraisser des star has been, Tête de Turc, premier film de l’acteur Pascal Elbé tient assez bien la route. Ce qui constitue d’ailleurs une bonne surprise, tant on sait que passer derrière une caméra après avoir été acteur est souvent assez casse gueule. D’autant plus qu’entre film policier et peinture d’une partie de la société (les banlieusards), ce premier long métrage tente de surfer, avec plus ou moins de succès sur une vague assez peu maitrisable…tout ceci avec un jeu de mot dans le titre…
L’histoire est simple. C’est un simple fait divers dans une banlieue parisienne. De ce fait divers découle toute une série d’événements en cascade et provoquer le destin de quelques personnes. Un geste, et tout va basculer. Bora (Samir Makhlouf), un adolescent de 14 ans sans père, un médecin urgentiste (Pascal Elbé), un flic en quête de vengeance et frère du médecin (Roschdy Zem), une mère qui se bat pour les siens et une vie meilleure (Ronit Elkabetz), un homme anéanti par la mort de sa femme (Simon Abkarian) voient leurs destins désormais liés. Alors que le médecin passe plusieurs jours entre la vie et la mort, les événements s’enchaînent et tous seront entraînés par l’onde de choc.
http://www.youtube.com/v/xdB-WoD0ExA&hl=fr_FR&fs=1&
Tête de Turc – trailer – 2010
Pour son premier film, Pascal Elbé s’est entouré d’ami, comme Roschdy Zem, pour lequel il a écrit le scénario de son premier film en tant que réalisateur, Mauvaise foi, ou encore de Simon Abkarian avec qui il avait partagé l’affiche du film Les Mauvais joueurs. D’ailleurs, ce dernier a tourné dans le film réalisé par Ronit Elkabetz, Prendre femme, qui interprète magistralement dans Tête de Turc la mère de Bora dans le film d’Elbé. D’autant plus que le fils de Pascal Elbé joue également dans le film, incarnant le frère de Bora. Le cinéma est décidément une petite famille et encore plus avec ce film.
Tête de Turc a des apparences de film américains. En effet, cette contrée s’est fait une spécialité de faire des films a plusieurs personnages dont le destin va finir par les faire se rencontrer, avec plus ou moins de chocs. Ici, c’est bien entendu à cause d’un cocktail Molotov lancé sur la voiture d’un urgentiste, alors soigneur dans une cité par Bora que va se déclencher une réaction en chaine, dont les médias ainsi que la maire (ou mairesse) de la ville vont s’emparer pour monter en épingle un simple fait divers. Le sujet a donc un écho dans l’actualité, et les personnages, simples en apparences, brossés comme tel tout d’abord, vont se révéler d’une humanité profonde.
On voit ici en effet l’esprit de Pascal Elbé, qui a souvent un syndrome Boy Scout dans ses films et dont on retrouve indéniablement la touche ici, que cela plaise ou non. Son rôle est d’ailleurs en ce sens, puisqu’il se situe, malgré les trois jours de coma et ce qu’il a vécu, au dessus des autres, plus un sage qu’une victime. Ca peut un tantinet énervé, même si on conçoit sans peine qu’un urgentiste en a connu d’autres.
Tête de Turc évite les clichés. Il ne prend pas parti, malgré les uns et les autres. C’est toute sa qualité, même si, à force de passer d’un personnage à l’autre, on en arrive à un aspect un factice, surtout vers la fin où il fallait une conclusion dramatique pour clore un chapitre et passer à un autre. Il y a pourtant des choses à garder dans ce film, qui se veut autant une chronique d’un fait divers, une réflexion sur les pouvoirs publics et les services public en banlieue (qu’elle soit chaude ou non, d’ailleurs), le poids des médias et cet esprit de no future qui semble régner dans les quartiers.
Hormis quelques défauts de formes et de fond, Tête de Turc est une bonne surprise, autant pour ses personnages, véritables acteurs plus ou moins confirmés, pour ses plus jeunes acteurs tel Samir Makhlouf et Adèle Exarchopoulos (qui joue la petite ami de Bora dans le film) et pour une volonté de faire autant un film de genre qu’un film dramatique. Sans compter qu’il fait moins téléfilm que d’autres grosses productions françaises de ces dernières semaines.
Tête de Turc de Pascal Elbé | Scénario de Pascal Elbé et Virginie Le Pionnier | Photographie de Jean-François Hensgens | Avec Roschdy Zem, Pascal Elbé, Ronit Elkabetz, Samir Makhlouf, Simon Abkarian, Florence Thomassin, Valérie Benguigui, Monique Chaumette, Laure Marsac, Brigitte Catillon | France | 2009 | 87 min. | Drame et Policier | Distribué par Warner Bros. France | Crédit photographique : Warner Bros.








































Je trouve surtout que ce qu’il y a à sauver dans ce film, c’est la réa. J’attendais pas du tout Elbé sur ce plan-là , et franchement, j’ai été impressioné.
Après, côté scénar, c’est un peu là que le bat blesse… Au début, ouais, beaucoup de bonnes intentions, on évite les clichés, on prend une direction plutôt pas mal. Mais à tiers-film, ça s’éparpille trop. Le défaut de la plupart des scénaristes français (et d’Elbé en particulier): il veut parler de TOUT. Nan, en plus de parler des banlieues, toussa, ce qui est déjà pas facile, il va aussi parler de la dure vie de flic, il va réconcilier les turcs et les arméniens, il va montrer comme c’est dur d’être une mère célibataire, et ainsi de suite.
Dommage… Il serait resté sur l’axe de la première demie-heure du film, ça aurait pu être terrible…
Ah, et aussi, le film est bien dans la première demie-heure parce que ELBE Y EST DANS LE COMA!
Autant il m’a impressioné en tant que réa, autant, en tant qu’acteur, il est toujours aussi mauvais…