Comme les 5 doigts de la main d’Alexandre Arcady

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Posted 29 avril 2010 by Dextarian in

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by Dextarian
Full Article

Sortie le 28 avril 2010

Alexandre Arcady revient derrière la caméra après Tu peux garder un secret, avec toute une ribambelle d’acteurs plus ou moins connus du grand public1 pour Comme les 5 doigts de la main, un film policier qui lorgne du point de vue formel sur Jason Bourne pour certaines séquence (musique comprise) et sur les thèmes favoris du réalisateur. A savoir les communautés2, la famille et les secrets… Rien d’étonnant et rien de détonnant non plus en somme, si ce n’est une histoire policière qui plonge dans un univers assez stéréotypé et convenu.


Dan (Patrick Bruel), David (Vincent Elbaz), Jonathan (Pascal Elbé), Julien (Eric Caravaca) et Michael (Mathieu Delarive) sont cinq frères aux caractères très différents, élevés par une mère devenue veuve trop tôt.  David s’était ainsi éloigné de la famille et lorsqu’il réapparaît, il est poursuivi par un gang de trafiquants gitans, dirigé par Boban le gitan, à qui il a volé de l’argent.

Accablé, blessé, il se réfugie parmi les siens, ce qui va réveiller des secrets que l’on pensait à jamais enfouis. Il a en effet assisté à la mort de leurs père et en sait plus ce que les autres. Ou du moins va-t-il déclencher toute une série d’événements qui amènera vers la piste du tueur de leur père. Les cinq, ensemble malgré les réticences nombreuses, vont trouver l’énergie de se défendre et le moyen de venger la mémoire de leur père assassiné…

http://www.youtube.com/v/PxSC53mC9t0&hl=fr_FR&fs=1&
Comme les 5 doigts de la main – Trailer – 2010

Avec Comme les 5 doigts de la main, on pourrait se croire dans le désormais classique Rocco et ses frères de Luchino Visconti avec Alain Delon mais c’est plutôt dans la lignée Quatre frères3, que le dernier Arcady Lorgne. En effet, ce dernier mettait en lumière, à la sauce américaine, une fratrie improbable. Et ici, on est donc plus proche du second cité que du premier, avec un restaurateur qui a fait son service en Israël en tant que sniper4 incarné par Patrick Bruel, un autre qui a fait de la taule et vit dangereusement (Vincent Elbaz), un pharmacien qui veut aller vivre en terre sainte (Pascal Elbé), un professeur athée (Eric Caravaca) et un joueur de poker (Mathieu Delarive). Au regard de cette belle brochette d’acteurs incarnant des personnages haut en couleur, le film ne parvient pourtant pas à décoller.

En effet, Comme les 5 doigts de la main se veut être une grande fresque sur la famille mais les situations convenues et les personnages trop caricaturaux empêchent toute immersion du spectateur dans une intrigue aux trop nombreuses ramifications. Et c’est bien dommage. Il aurait peut-être fallu aussi que le film se concentre sur un thème précis, comme dans L’Immortel5 où le noyau central de ce dernier était la rédemption et la famille, pour que l’oeuvre d’Arcady parvienne à faire mouche.

Mais las, on nous présente la famille, ainsi que les us et coutume de la communauté juive (encore une fois serait-on tenté de penser au regard de la filmographie du réalisateur), mais également des clichés assez lourdingues comme le fait que les islamistes soient les seuls trafiquants d’armes en France ou encore que les gitans jouent autant du couteau qu’ils sont impulsifs. Autant ce type de situation binaire trouvait un écho dans les années1980, quand Arcady faisait L’Union sacrée (avec le duo Bruel- Berry), autant aujourd’hui, ce type de canevas est complètement dépassé, même s’il est vrai qu’avec Grand Pardon 2, véritable nanar de combat, le réalisateur avait déjà amorcé ce processus.

Et c’est bien dommage que Comme les 5 doigts de la main s’empêtre tout seul dans des sous histoires sans en ressortir quelque chose de fort à la fin. Le propos sur la famille, surtout sur le thème des frères ennemis, qui  pourrait se régler assez rapidement, traine  en longueur. Le conflit qui oppose le duo Elbaz-Bruel est tiré jusqu’à plus soif.

Pour le reste, l’intrigue n’est évidemment pas très nouveau et surtout assez tiré par les cheveux6. Par ailleurs, On est en 2010, et les flics sont moins cons que dans les années 80 (ou du moins présentés comme tel actuellement), comme en témoigne le bon film Gardiens de l’ordre. Mais pour Alexandre Arcady, il faut croire que cette vision de la police n’a pas bougé d’un iota. C’est donc bien dommage, même si le rôle de la commissaire, incarné par Lubna Azabal, évitait les clichés au début avant de retomber dedans à la fin.

Mais ce film permet de retrouver Moussa Maaskri, déjà vu récemment dans L’Immortel, Tête de Turc (de Pascal Elbé) et Adèle Blanc-Sec qui joue ici Samy Boban, un gitan (sic), toujours avec son accent marseillais, bien sûr. Tout comme Philippe Nahon, dont cela doit être le 275e film où il apparait cette année.

Comme les 5 doigts de la main sent donc bon le formol, le vieux, le renfermé et ce n’est pas avec une histoire, certes universelle sur les frères que le film parvient à nous sortir d’une certaine torpeur. La faute à une direction d’acteur timorée, à une ambiance autant façon Jason Bourne que typée Grand Pardon, des second rôles féminins certes très « Melvillien » (et accessoirement très Johnnie To, son digne successeur) mais totalement inutile ou presque.

Comme les 5 doigts de la main d’Alexandre Arcady | Scénario de Daniel Saint-Hamont, Alexandre Arcady et Eric Assous | Photographie de Gilles Henry | Musique d’Armand Amar | Avec Patrick Bruel, Vincent Elbaz, Pascal Elbé, Eric Caravaca, Mathieu Delarive, Françoise Fabian, Caterina Murino, Philippe Nahon, Amidou, Michel Aumont, Moussa Maaskri, Judith El Zein | France | 2009 | 117 min. | Policier | Distribué par ARP Sélection |  Crédit photographique : ARP Sélection

  1. De Bruel, Aumont ou encore Fabian d’un côté et pour les moins connus, Delarive et Caravaca de l’autre. []
  2. Surtout juives et arabes mais aussi ici gitanes. []
  3. De John Singleton avec Mark Wahlberg. []
  4. Ce qui tombe ra très bien pour la suite du film. []
  5. Film qui se passe aussi en partie à Marseille… décidément, cette ville a de plus en plus la côte pour les films policiers. []
  6. Spoiler : le personnage incarné par Michel Aumont qui veut se venger du père parce qu’il traite soit disant comme un chien, est assez bof. []

Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

4 Commentaires


  1. avatar
     
    Anonymous

    J’ai difficilement réussi à me concentrer sur vos commentaires au regard des multiples fautes de français et d’orthographe…




  2. avatar
     
    Dimrost

    Ouais, c’est surtout Alexandre Arcady et Patrick Bruel, qu’on devrait corriger…




  3. avatar
     
    Dextarian

    D’abord mon article
    Le reste plus tard





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