La Tête en friche de Jean Becker

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Posted 11 juin 2010 by Dextarian in

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by Dextarian
Full Article

Le réalisateur de L’Eté meurtrier, Elisa, Les enfants du marais, Dialogue avec mon jardinier et Deux jours à tuer (entres autres choses ) revient donc avec La Tête en friche, son nouveau film produit par son fils Louis Becker. Jean Becker retrouve Gisèle Casadesus, la célèbre actrice de théâtre et Sociétaire de l’Académie française, avec laquelle il avait déja tourné Les Enfants du marais quelques années plus tôt. C’est ici à l’adaptation du roman éponyme de Marie-Sabine Roger qu’il s’attaque, avec un casting intéressant, en dépit, comme souvent de toute contrainte temporelle. En effet, à la manière d’Ensemble, nous allons vivre une très, très grande histoire d’amour, La Tête en friche est resté figé dans le temps. Mais ce n’est pas ici, bien sûr, le plus important.

Ainsi donc, La Tête en friche nous narre l’histoire de Germain (incarné par Gérard Depardieu), 45 ans et quasi analphabète. Il vit sa petite vie tranquille entre ses potes de bistrot, sa copine Annette (Sophie Guillemin), le parc où il va compter les pigeons et le jardin potager qu’il a planté derrière sa caravane, elle-même installée au fond du jardin de sa mère, avec laquelle les rapports sont très conflictuels.

Il n’a en effet pas connu son père, sa mère s’est retrouvée enceinte de lui sans l’avoir voulu, et le lui a bien fait sentir depuis qu’il est petit. D’ailleurs, à l’école primaire son instituteur l’a vite pris en grippe, il n’a jamais été cultivé, il est resté  » en friche « .

Un jour, au parc, il fait la connaissance de Margueritte, une très vieille dame, ancienne chercheuse en agronomie, qui a voyagé dans le monde entier et qui a passé sa vie à lire.
Elle vit seule, à présent, en maison de retraite. Et elle aussi, elle compte les pigeons.
Entre Germain et Margueritte va naître une vraie tendresse, une histoire d’amour de grand-mère à petit fils, et un véritable échange puisqu’elle lui fera découvrir L’Etranger de Camus ou encore La Promesse de l’aube de Gary.

http://www.youtube.com/v/qJCUBOs_36E&hl=fr_FR&fs=1&
La Tête en friche – bande annonce – 2010

Gérard Depardieu campe ici un gars naïf et limite demeuré, dans la continuité de ceux de Léopold, le bistrotier d’Uranus de Claude Berri et du « Quentin de Montargis » de Tais-toi ! de Francis Veber.. On pourrait même ajouter le rôle d’Obelix puisque ce dernier est aussi naif sans être pour autant demeuré. Ce n’est donc pas vraiment une révélation dans La Tête en friche mais simplement une continuité.

Comme dit plus haut, La Tête en friche est intemporel, figé dans le temps. Ce n’est évidemment pas la première fois que Becker utilise ce procédé pour raconter une histoire mais ici, la modernité est incarné par Stéphanie (Mélanie Bernier), la seule fille qui parle dans un portable, en Kit Main libre blue tooth. C’est d’ailleurs l’un des rares personnages peu sympathiques du film, avec l’instituteur puisque même la mère de Germain va se retrouver l’être à la fin de cette tranche de vie.

Une des bonnes idées de La Tête en friche a été de mettre l’insupportable et très lassant Régis Laspalès en instit ancienne école, donc forcément en salopard tyrannique que nos ancêtres ont connus. L’autre bonne idée est celle du rôle de François-Xavier Demaison, qui devient tout aussi insupportable le temps passant. Je dois donc féliciter la directrice de casting Sylvia Allegre pour l’ingéniosité de la distribution.

Quant au tandem Gérard Depardieu et Gisèle Casadesus, ils sont dans les clous. Comment ne pas dire autrement. Ce sont deux acteurs qui savent jouer et qui savent raconter des histoires, qu’elles plaisent ou non. C’est d’ailleurs un peu facile à mon gout et le plaisir n’est jamais dans la facilité, il parait. Que voulez-vous deux acteurs qui ont des énormes carrières derrière eux, au théâtre ou au cinéma, on pourrait leur faire jouer un peu n’importe quoi. Ils sont d’ailleurs ici en roue libre, même si c’est bien évidemment une roue libre qui forcera l’émotion, étant donné que Gisèle Casadesus est proche de la centaine et que Depardieu commence également à se faire vieux. Ce n’est donc pas vraiment un choc des cultures comme je suppose que ça devait l’être dans le film. Mais le final est joli et le film se regarde.

D’ailleurs, on peut dire que le montage de La Tête en friche est serré. Pour un film qui se veut classique, les scènes déboulent les unes à la suite des autres sans temps mort et je ne vois pas bien là un film dans une longue lignée classique. Non pas que c’est pour me déplaire, le film étant d’ailleurs relativement court mais pour une fois, ce n’est pas un film totalement classique qu’on nous propose au niveau technique, malgré sa photo très « téléfilmesque » et cette impression que les décors changeant peu, on a tourné assez vite les scènes.

Faut-il en dire plus ? Je ne crois pas. Je devais être le seule « jeune » dans la salle, entouré de têtes blanches, qui connaissent l’actrice et le réalisateur. Ils sont en terrain connu et ont gardé cet humour que l’on pourrait taxer d’un peu vieillot. Mais La Tête en friche ne vole pas le spectateur. On sait ce qu’on va voir, que cela plaise ou non.

La Tête en friche de Jean Becker | Scénario de Jean-Loup Dabadie, Jean Becker d’après l’oeuvre de Marie-Sabine Roger | photographie de Arthur Cloquet | Musique de Laurent Voulzy | Avec Gérard Depardieu, Gisèle Casadesus, Maurane, Patrick Bouchitey, Jean-François Stévenin, Sophie Guillemin, Claire Maurier, Anne Le Guernec, François-Xavier Demaison, Mélanie Bernier | France | 2009 | 82 min. | Comédie dramatique | Distribué par StudioCanal | Crédit photographique : StudioCanal


Le Rédacteur

Dextarian
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Le rédacteur ciné le plus prolifique (et je ne tiens pas à perdre ce titre!)

4 Commentaires


  1. avatar
     
    Luc

    Trés beau film avec en prime un hasard incroyable.
    La thématique de la perte de vision de la mamie à cause d’une DMLA, dégénérescence maculaire liée à l’âge et le tournage à Pons, petite ville située en Charente-Maritime, relie le film à la plus importante association luttant contre les maladies de la vue.
    Retina France, http://www.retina.fr, oeuvre contre la DMLA et a été fondée à Pons en 1984.
    25 ans d’écart pour une même destinée !!!




  2. avatar
     
    Dextarian

    Merci pour ton commentaire et les précisions que tu apportes, Luc.





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