
WAZ (w Delta z) de Tom Shankland
WAZ (w Delta z ou encore The Killing Gene pour la version nord américaine) a trainé, paraît-il, dans les tiroirs du scénariste et des possibles producteurs pendant des années. Il a fallu attendre le succès du premier volume de Saw pour qu’il ressurgisse du néant et puisse être mis en scène par le réalisateur anglais, Tom Shankland. Ce dernier, avec les moyens du bord, réalise un polar horreur intéressant, lorgnant autant du coté du célèbre film au tueur au puzzle que de Seven, avec en ligne de mire une équation sur l’égoïsme ou l’altruisme des animaux, et aussi des humains, ou l’équation de Price qui sert donc ici de toile de fond pour un serial killer.
Dans une ville inconnue, des cadavres sont retrouvés dans les rues sombres et désertes : certains horriblement torturés ou mutilés, d’autres avec l’équation gravée dans la chair (WAZ). Au cours de leur enquête, l’inspecteur Eddie Argo (Stellan Skarsgard) et sa nouvelle partenaire Helen Westcott (Melissa George) découvrent peu à peu que chaque victime a dû faire un terrible choix : tuer leurs proches ou mourir eux- même…
WAZ a donc une ambiance digne de Seven, dont le tandem composé de Stellan Skarsgard et Melissa George n’est pas sans rappelé celui de Pitt – Freeman dans Seven. L’opposition classique entre le vieux de la vieille, qui a tout vécu et tout vu, aigri et désabusé et la jeune recrue plein d’idéalisme et de vertu. Cette dernière, incarné par Melissa George (30 jours de nuit), permet surtout à nous, spectateur, de s’identifier plus facilement au personnage et d’apprendre, comme elle, les tenants et les aboutissants de l’histoire.
WAZ, suivant les codes du polar, met beaucoup de temps à démarrer, pour nous présenter les différents personnages et les liens qui unissent les uns avec les autres avant de déboucher, vers la moitié du film, sur la révélation du serial killer, qui dézingue à tout va et découpe tout ce qu’il veut. Mais le tueur n’est pas en lui-même l’objet du film, comme le révélera la fin du film, mais n’est qu’une victime parmi tant d’autres. C’est à partir de ce postulat que WAZ démarre, tout comme Scar où dans ce dernier, les victimes étaient aussi des amies qui devait choisir entre se faire torturer ou accepter que leurs meilleurs amis souffrent et meurent à leur place… et vivre avec cela jusqu’à la fin de leur vie.
Si dans Scar, la mise en scène se contente plus de faire la part belle à l’horreur et au choc post traumatique que cela entraîne, comme une cicatrice ouverte jusqu’à la fin de nous jours, dans WAZ, on tente de nous expliquer pourquoi les humains réagissent comme cela au travers d’une équation mathématique post-darwiniste qui ravira donc les cyniques ou peut-être les pragmatiques.
On sent que l’œuvre de Tom Shankland a souffert d’un budget assez faible, tant les situations manquent d’envergures et de plans d’ensemble, pour se concentrer sur le coté noir du scénario : les rues sont peu éclairées, le commissariat sale, les personnages fatigués. Bref, des ingrédients classiques mais qui mit bout à bout donnent à WAZ un joli parfum de polar noir du plus bel effet. Ce n’est en effet pas ici la torture en elle-même qui est mise en lumière mais le pourquoi du comment. Tout passe d’ailleurs par le tandem, qui de cadavres en cadavres, va vite trouver la piste du tueur, aidé qui plus est par ce dernier. L’actrice qui joue ce tueur est vraiment intéressante et ce qu’elle a subi permet ces atrocités, dans une certaine mesure.
WAZ ne cherche pas à racoler, par une mise en scène outrancière sur des cadavres empilés. Honnête polar-thriller avec soupçon d’horreur, il tiendra en haleine pour peu que l’on s’accroche rapidement et que l’on suive les indices laissés par-ci par là par le scénariste et le réalisateur. A partir de ce moment là, la fin nous parait évidente et le film prendra une autre tournure.














































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