80 minutes de Thomas Jahn

80 minutes fait partie de la mode qui consiste, en Allemagne, à faire des films américains avec des acteurs allemands qui ont des noms américains (les personnages s’appellent Alex North, Lloyd, Floyd, Walter, Dr. Vincent North, Mike ou encore Gordon). Bien sûr il n’y a pas d’argent et bien sûr c’est cheap (le mot est faible,  très faible). 80 minutes de Thomas Jahn s’inscrit donc dans cette veine ou ce film Canada dry (ou American dry) est bien entendu totalement mal fichu et surtout lorgne difficilement du coté de son maitre, The Game, avec une touche d’Hypertension (voire une grosse touche tellement le canevas de départ sont semblable).


Alex North (Gabriel Mann) attend avec excitation sa superbe copine Mona afin de célébrer le soir de sa fête. Mais c’est son vieil ami Walter qui se pointe… quelle surprise ! Walter en a assez d’Alex et il veut ravoir son argent… maintenant ! Walter va donc piéger Alex en lui injectant un poison mortel dans les veines. Cette scène va nous prendre bien 10 minutes rien qu’en palabres inutiles.

Mais si Alex ne fait pas ce qu’on lui dit, il est un homme mort. Alex a donc exactement 80 minutes (d’où le titre du film) pour rendre l’argent qu’il doit… et c’est ainsi que va commencer une heure et demi d’enfer dans une pauvre banlieue allemande où les rues sont désertes et l’action vaine…

http://www.youtube.com/v/vvhPJhHaWXs&hl=fr_FR&fs=1
80 minutes – trailer – 2008

Véritable hommes orchestre, Thomas Jahn réalise, scénarise et monte ses films. Mais c’est tout. Pour le reste, euh, c’est juste très mal fait. Le réalisateur tente bien une incursion dans le film noir américain complètement raté. C’est d’ailleurs en anglais, ce qui permettra de suivre si l’on ne parle pas vraiment allemand (ce qui est mon cas). Mais de toute façon, il n’y a rien à voir dans ce pauvre film totalement cretin dans la pure tradition de ce que savent faire les allemands quand ils veulent copier leurs maitres en matière de film de genre1

Mais 80 minutes ne fait donc pas dans le film de voitures mais dans le film débile, à la Hypertension et Shoot’Em up. Sans le style, sans les moyens et surtout avec un humour très teuton qui nous seront complètement hermétique. Si on doit parler d’identité nationale, ça serait surtout niveau humour que cela se situerait. On ne rit pas des mêmes choses et c’est bien ça le problème. Mais ici, de toute façon, on s’emmerde tellement à suivre une caméra qui ne sait même pas où elle va qu’on ne va pas non plus s’empoisoner l’existence avec des comparaisons qui n’ont, finalement pas lieu d’être.

Car 80 minutes ne sait même plus où il veut aller. Déjà que le scénar de base est con (un type qui doit de l’argent alors qu’il a juste de quoi payer avec ce qu’il a dans son appart, c’est juste trop lol) mais les acteurs sont tous aussi mauvais les uns que les autres. On se demande d’ailelurs comment Gabriel Mann a pu s’embarquer dans cette galère, tout comme Joshua Dallas (mais cela ne l’empêchera de se retrouver dans Thor où il jouera Fandral).

Finalement, Thomas Jahn a l’air de vouloir suivre les traces de son frère d’age, Uwe Boll (ils sont nés tous les deux en 1965) puisqu’il tourne avec quelques acteurs américains en langue anglaise, comme le prouve Shoot the Duke et The Boxer, des films sans le sous non plus. 80 minutes n’égalent donc pas ses modèles, Hypertension et The Game et ne s’y rapproche même pas, hormis pour plagier les concepts de chaque film…

80 minutes de Thomas Jahn | Scénario de Thomas Jahn | Photographie de Henning Jessel | Musique de Boris Salchow | Avec Gabriel Mann, Oliver Kieran-Jones, Joshua Dallas, Natalia Avelon, Francis Fulton-Smith, Max Urlacher, Pierre Shrady, Axel Wedekind | Allemagne | 2008 | 92 min | Action et Thriller | DVD zone 1 disponible sur priceminister.com et amazon.com

  1. Autoroute Racer, totalement con ou encore Fast Track: No Limits, encore plus tartignole… On sait s’amuser en Allemagne, autant qu’en France. []