Streets of Blood de Charles Winkler
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Film machiste et très manichéen, Streets of Blood est un thriller de la semaine. Entendez par là un film qu’il s’oubli aussi rapidement qu’il se voit. Mais c’est un peu logique puisqu’on le doit à Charlers Winkler, le spécialiste des suites « direct to video « des films à succès (comme Bleu d’enfer 2 et Traque sur Internet 2.0). Son seul fait de gloire étant jusqu’à présent d’avoir été second réalisateur et producteur de Rocky Balboa. Doté d’un casting d’has been et de seconds couteaux, ce film traitant de la violence, drogue et corruption chez les flics auraient tout pour être dans la même veine que Training Day. Mais alors, juste sur le papier…parce qu’au final, il ne parvient pas vraiment à nous sortir de la torpeur estivale…
A la Nouvelle Orléans, deux officiers de police, aidés de deux autres plutôt énervés, doivent faire face au chaos et à la délinquance qui succède au passage de l’ouragan Katrina, sous fond de corruption, de trafic de drogues, d’enquête du FBI sur les agissements de la police locale et sous la pression d’une psychologue qui cherche à comprendre ce qui s’est passé pendant les derniers jours.
http://www.youtube.com/v/XpA3YNcH_qQ&hl=fr_FR&fs=1
Streets of Blood – trailer – 2009
Avec des mouvements de caméra et des plans un peu bizarres, tentant de suggérer le mouvement et l’adrénaline plutôt que de la montrer, Street of Blood n’est malheureusement qu’un produit dérivé de ce qui se fait comme film noir ou thriller noir (si tant est que le terme puisse être utilisé). On est loin de King Of New York, des dialogues au couteau de Boy’z in the Hood ou Menace II society, de Bad Times ou même de Training Day. Ici, c’est juste très vulgaire, les filles sont toujours à poils et des moins que rien. C’est peut être la vision des quartiers de la Nouvelle Orléans mais on dirait plutôt celle de Los Angeles, où les gangs sont encore plus présents.
Car le film se passe à La Nouvelle Orléans, cadré rêvé depuis le triste Ouragan qui l’a balayé en partie. Beaucoup de réalisateurs ont été ému, comme la communauté internationale, par le drame qu’ont subi les habitants de cette ville et toutes les occasions sont bonnes pour faire du film. Même transposer un univers dur des gangs très californiens dans un endroit qui ne l’est pas forcément. D’autant plus que Bad Lieutenant d’Herzog est déjà passé par là (même si j’avoue ne pas savoir lequel des deux, Bad ou Streets, a été réalisé en premier aux Etats-Unis) et en beaucoup mieux. Street of Blood souffre en effet de la comparaison avec ce dernier puisque des thèmes similaires y sont présents : drogues, putes, corruption et la présence de Val Kilmer (ce dernier enchainant les merdouilles à la vitesse de l’éclair ces dernières années).
C’est justement pour cela que le film de Winkler est pauvre produit dérivé, sans saveur, malgré un casting surprenant : Sharon Stone (mais à quoi sert-elle dans ce film????) et Curtis « 50 Cent » Jackson qui tient bien la barre, avec une retenue et une contenance tout en son honneur dans son rôle de flic partagé entre la corruption et la vie de famille tranquille…
Avec son ambiance faussement désenchantée et noire (et beaucoup moins bien réussie que la lumière de Bad Lieutenant), son scénario déjà vu et revu (et surtout digne d’une série policière), des acteurs qui font le métier sans plus et une bande son inintéressante, Streets of Blood n’est à proprement parler un bon film. Il est à éviter soigneusement sauf si, comme l’auteur de ces lignes, vous adorez les thrillers. Auquel cas, il en vaut bien un autre…(et j’avoue que je ne résiste pas à la vision d’un thriller). Il aurait peut-être dû s’appeler Streets of Rage, comme le célèbre jeu vidéo de Sega… cela aurait mieux marché qui sait ?
Streets of Blood de Charles Winkler | Scénario d’Eugene Hess et Dennis Fanning | Photographie de Roy H. Wagner | Musique de Stephen Endelman | Avec Val Kilmer, Curtis « 50 Cent » Jackson, Sharon Stone, Dylan McDermott, Brian Presley, Michael Biehn, Michael Biehn, David Andriole, Barry Shabaka Henley, Charles Winkler, Jose Pablo Cantillo | Etats-Unis | 2009 | 95 min. | Thriller | DVD édité par Seven 7








































