Le Psy d’Hollywood de Jonas Pate
Le Psy d’Hollywood, qui a fait l’ouverture au festival de Sundance de 2009, débarque dans notre contrée en DVD pour le plus grand bonheur des fans de Kevin Spacey. Car, hormis eux, et ceux intéressé par le monde cruel d’Hollywood, on doute que le film trouve un grand écho dans notre contrée, d’où sa sortie directement en DVD. Il est vrai que ce film choral englobant des personnages différent, qui tournent autour d’un psy (le Shrink du titre en VO) est assez symptomatique de la production dite « indé » de l’autre coté des États-Unis : sous prétexte d’une lumière un tantinet naturelle, on nous enfonce des clichés à tour de bras sur la vie, le bonheur et le reste… Sans la prestation des acteurs, ce drame de Jonas Pate nous ferait sombrer dans l’ennui le plus total.
A Hollywood, les gens dans le besoin gravitent autour du docteur Henry Carter (Kevin Spacey), un psy fumeur de marijuana chronique et qui ne s’occupe plus de son apparence : Jack, une star vieillissante qui veut la permission de tromper sa femme ; Shamus, un directeur qui est cocaïnomane ; Patrick, qui est un producteur « germo-phobique » très puissant ; Jemma (Keke Palmer), une lycéenne, sèche l’école pour aller au cinéma et Kate, une actrice faisant face à la crise du milieu de la trentaine.
La femme d’Henry est récemment morte; il peine, se blâmant, fumant tas du de joint et perd sa capacité à aider ses patients. Les amis d’Henry essayent de l’aider, sans succès. De plus, un dossier d’un patient d’Henry est volé. L’assistant de Patrick, Daisy qui est enceinte, voit dans le travail de Jeremy quelque chose de prometteur. Et, Jésus, le trafiquant de drogue d’Henry, lui vend une certaine mauvaise herbe puissante. Qu’est ce qui peut sortir de bon de tout cela ?
http://www.youtube.com/v/81GMmDy2VzQ&hl=fr_FR&fs=1
Le Psy d’Hollywood - trailer – 2010
Le Psy d’Hollywood est un film que l’on voit et que l’on oublie vite. C’est assez malheureux pour tous les gens qui ont bossé pour faire naitre se projet mais le monde est cruel. Adapté d’une Å“uvre d’Henry Rearden (que j’avoue ne pas connaître du tout) ce film ne sait pas trop où nous emmener, si ce n’est vers la crise irrémédiable d’une personne qui ne se remet pas de la mort de sa femme et qui commence à comprendre que les choses sont plus complexes qu’elles n’y paraissent au prime abord.
Du moins est ce l’explication que je me fais du film puisque les livres que le Shrink a écrit sont terriblement bête et d’une naïveté toute plate. Peut-être est ce la façon d’aider les gens mais on peut comprendre aisément que cela ne soit pas le cas pour lui. Kevin Spacey, avec son regard désillusionné, drogué et abattu est assez admirable, tout comme la petite Keke Palmer qui est en fait la véritable héroïne de cette Å“uvre puisque toute l’histoire sera concentrée vers elle à la fin.
Jonas Pate (qui est surtout connu comme réalisateur de séries) tente de nous montrer l’envers du décor de ce charmant Holywood, qui gravite autour de personnages qui tournent plus ou moins autour du cinéma et qui en fait donc un film totalement insipide puisque les gens se fouttent en général royalement de ce qui peut se passer derrière les gens du show business. C’est d’ailleurs assez intriguant que ce film ai pu réunir une somme assez conséquentes pour se monter, en sachant qu’en France, ce genre de script serait parti à la poubelle directement, sans même être lu. Il faut croire que les américains prennent plus de risques que les français, à moins que cela soit la présence de Spacey, pourtant en perte de vitesse niveau box office, qui ai convaincu des producteurs de faire confiance à ce réalisateur.
D’un autre coté, on comprend que le monde factice du cinéma soit le cadre rêvé pour montrer un psy au bout du rouleau et qui ne sait plus trop bien comment réagir lorsque lui-même se trouve en proie à un drame. On comprend également que le parallèle entre la vraie vie et ce monde factice – fait de paillettes, de fête et de drogues – soit le terrain de jeux idéal ou planter une caméra prend tout son sens. L’idée était séduisante mais la mise en scène ne suit pas. Il fait dire que la concurrence est rude en la matière puisque des films sur l’envers du décor d’Hollywood sont assez nombreux. Les américains n’hésitent pas à pointer du doigt les travers d’un décor qu’ils ont eux-même planté. L’autocritique fonctionnant bien, surtout dans les films « indé », Le Psy d’Hollywood manque un peu beaucoup de percussion.
Ainsi, Le Psy d’Hollywood est peu emballant, assez mal fagoté, avec une intrigue très basique et des personnages pas assez brossés, psychologiquement parlant. Ce qui pour un film, qui parle des maux de l’âme, des blessures ouvertes, de l’incapacité à faire face à une situation nouvelle, est un peu problématique. On reste sur notre faim, avec une impression de déjà vu qui nous colle à la peau. Sans compter que le sujet se prettait à explorer d’autres pistes, des situations incongrues, peu banales ou tout simplement qui sortent de l’ordinaire, à travers les personnages que ce « shrink » reçoit. Maitriser le film choral est quelque chose d’assez difficile en soi, il faut arriver à faire passer le message à travers des scenettes et c’est tout un art comme par exemple a su faire un Paul Thomas Anderson avec son Magnolia (on pourrait aussi penser à Collision, qui était bien réussi sur ce plan là ).
Sans compter que le final est un peu trop joli par rapport au début. Et ce n’est pas les quelques divagations métaphysique des personnages qui pourront nous amener à penser que ce film mérite mieux que son sort… c’est-à -dire la vision sur une chaine câblée dans deux ans, pour peu que l’on ait les moyens de se l’offrir.
Le Psy d’Hollywood (Shrink) de Jonas Pate | Scénario de Thomas Moffett d’après l’oeuvre d’Henry Rearden | Photographie de Lukas Ettlin | Musique de Brian Rietzell et Ken Andrews | Avec Kevin Spacey, Saffron Burrows, Jack Huston, Griffin Dunne, Robin Williams, Pell James, Robert Loggia, Keke Palmer, Laura Ramsey, Gore Vidal | Etats-Unis | 2008 | 104 min. | Drame



































