Karaté Kid de John G. Avildsen
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Karaté Kid fait partie des films classiques américains des années 1980. Sous fond d’une histoire d’adolescent qui cherche à se faire une place dans un nouvel univers qu’il ne connaît, le film est aussi assez engagé puisqu’on y retrouve les principaux thèmes de l’époque, à savoir les dérives de l’après Viêt Nam avec le fanatique sensei Kreese ; l’apparition des familles monoparentales et du chômage avec la mère de Daniel qui se trouve dans une situation difficile ; le déracinement avec ce déménagement du New Jersey vers la Californie et la difficulté de s’intégrer1 ; Relation maître / élève, le respect de la sagesse et des traditions, Les bienfaits du travail et la force de la volonté … Ce sont ces thèmes, avec l’enseignement un peu bizarre du maitre Miyagi, qui ont contribué au succès de Karaté Kid2.
Le jeune Daniel Larusso (Ralph Macchio), 16 ans, et sa mère veuve, originaires du New Jersey, partent s’installer en Californie car elle y a trouvé un nouveau travail. Un soir, il fait la connaissance de la ravissante Ali (Elisabeth Shue) mais ils sont bientôt dérangés par une bande de motards, menée par Johnny (William Zabka), l’ancien petit ami d’Ali, qui aborde brutalement cette dernière. Daniel tente de s’interposer mais reçoit une véritable correction.
Il décide alors d’apprendre le karaté pour se défendre. Miyagi (Pat Morita), le vieux jardinier, semble être un maître dans cet art et accepte de le lui enseigner, mais il semble plus intéressé de voir Daniel lui peindre ses palissades, lui laver ses voitures et lui faire attraper des mouches avec des baguettes que de lui enseigner réellement l’art du combat. Le jeune « Daniel-san » découvrira par la suite les vertus de ces corvées apparemment inutiles…
http://www.youtube.com/v/FOUGf_s4hy4?fs=1&hl=fr_FR
Karaté Kid – trailer – 1984
Ralph Macchio était déjà un jeune adulte. Mais avec sa gueule de poupon, il paraissait relativement jeune. Ce n’est pas le seul à tricher puisque Pat Morita, qui incarne le grand Miyagi, ne pratiquait même pas les arts martiaux. Ca se voit avec le recul mais la première fois où l’on voit Karaté Kid, c’est-à -dire assez jeune, on ne se rend pas compte que le Morita a finalement des prises peu orthodoxes.
Les thèmes évoqués en introduction de ce petit article permettent réellement de s’identifier aux personnages, surtout dans les années 1980 où il existe un nouvel exode vers la Californie, terre de toutes les promesses. Il faut se faire sa place dans cette nouvelle époque, où les blonds dominent les bruns. Cette revanche, faite d’abnégation, de travail et de courage, le Daniel-san l’incarne. Il est moins fort et moins grand que les autres mais c’est sa volonté qui va lui permettre de battre les autres.
Les travaux que lui fait faire Miyagi ont marqué toute une génération d’adolescent. Comme le futur Karaté Kid,, on avait bien du mal à comprendre le pourquoi du comment. Le scénario est donc, de ce point de vue là , bien bien ficelé, beaucoup mieux que d’autres productions destinées aux adolescents. Il est vrai aussi qu’à l’époque, le marché des films pour ado était à conquérir et trouver des histoires était aussi peut-être plus simple.
Surtout que Karaté Kid est finalement assez violent mais pas d’une violence physique. Il pourrait presque choquer dans une certaine mesure puisque le pauvre Daniel s’en prend plein la tête jusqu’à la toute fin. Il n’y a que le dernier plat, avec sa célèbre prise de l’oiseau, qu’il semble l’emporter definitivement. Mais comme le film se termine là -dessus, on n’aurait même pas le privilège de savourer. Et c’est comme cela tout au long de ceKaraté Kid,, orchestrée par une bande son de Bill Conti et Jack Eskew qui nous plonge dans l’ambiance.
Karaté Kid était un peu le pendant pour les adolescents du premier Rocky, très adulte également et du même niveau. Cette transposition se voyait d’ailleurs dans les entrainements des deux personnages, aussi peu conventionnels dans Rocky que dans Karaté Kid ((Le Rocky qui devait attraper des poulets et ce pauvre Daniel qui doit repeindre une palissade.)). Sans moyens, on s’entraîne comme on peut.
On pourrait moins faire ce genre de choses aujourd’hui. On le fait moins. Il est admis que le travail ne paie plus forcément, ni que les gentils gagnent toujours à la fin en suivant les règles. Les films pour ado ont changé, sont devenus autant plus immoral que paradoxalement plus édulcoré. Mais peu peuvent se targuer d’avoir créé une véritable icône comme le maitre Myagi, qui a fait tripper une génération tout simplement parce qu’on aurait voulu avoir un type comme ça, qui nous apprenne la vie de cette façon, simplement. C’est peut-être un hyppie après l’heure, allez savoir…
Karaté Kid (The Karate Kid) de John G. Avildsen | Scénario de Robert Mark Kamen | Photographie de James Crabe | Musique de Bill Conti | Avec Ralph Macchio, Pat Morita, Elisabeth Shue, Martin Kove, Randee Heller, William Zabka, Larry Drake, Israel Juarbe, Larry B. Scott | États-Unis | 1984 | 126 min. | Action et Drame
- Daniel le petit brun au milieu des blondinets californiens. [↩]
- Et malheureusement contribué à produire des suites toutes pourries. [↩]









































Film culte!